Zushi & Kamakura

Au sud-est de Kamakura se trouve la ville de Zushi, qui sera mon point de départ aujourd’hui, le plan étant de découvrir des temples bouddhistes que je ne connais pas, à l’est de Kamakura. Il y a encore des perturbations matinales de train, cette fois-ci pour “bruits anormaux”. Mais mieux vaut arriver en retard qu’abimé.

Il y a un parc qui, dit-on, offre une belle vue sur la côte Pacifique, sur l’ile d’Enoshima et avec de la chance le mont Fuji. Je me dirige dans sa direction.

Je comprends vite que le parc d’Hiroyama est en haut d’une colline. Renseignements pris, 91m. Une fois en haut, j’oublie les efforts consentis, tellement c’est magique.

On peut voir au sud la ville d’Hayama où il y a une villa impériale donnant sur la plage, avec des plantons en permanence. Pour quand un lundi matin, l’empereur (ou sa femme ou le petit prince) a envie de se baigner.

Le Fuji-san est visible en arrière plan de la petite île dEnoshina. Vers Kamakura des vélib-planchistes et des surfeurs s’amusent. Comme la croisière et Aran. Vous l’avez?

Le sommet a une petite plateforme d’observation, un bel alignement de bancs tournés vers le mont Fuji, des jeux pour enfants, une cage avec des singes. Un grande cage, mais une cage quand même.

Hier j’ai croisé des maternelles, aujourd’hui c’est un groupe d’anciens se déplaçant en canes ou en fauteuils roulants, tenus chacun par un bras ou propulsés par autant d’accompagnateurs. Un des ancêtres a l’air tellement âgé que je me demande s’il n’est pas le grand père du deuxième plus vieux du groupe!

A côté du coin à singes, un jeune est en train de vivre le meilleur moment de sa vie, comme un chien qui aurait deux quéquettes, à secouer la tête et jouer de la guitare en sourdine. Mais vraiment super pas fort. Genre à ce niveau de volume il a peur de déranger même les fleurs. C’est pas les vioques d’à côté qui risquent de se plaindre, ils doivent tous avoir un abonnement à Sonotone Magazine.

En suivant un chemin de randonnée, puis de larges rues flanquées de villas et de maisons d’architecte, puis se transformant en chemins étroits et escaliers à pic passant entre de petites maisons anciennes, tantôt décorées avec soin, tantôt avec même pas une trace homéopathique de soin, j’arrive au bord de mer.

La Marina a des airs, toutes proportions gardées, de Miami ou de Nice. C’est à dire qu’il y a des rangés de palmiers. Sur une inattention je me suis fait mal au genou, et ça devient difficile de descendre des marches et des pentes. Visiter les quelques temples que j’avais repéré est compromis, car pas sur du plat.

Mais il en reste un pas loin du bord de mer, proche de Kamakura.

Le Kômyôji a la gentillesse donc d’être sur terrain plat, à une altitude ridicule. Malheureusement il est en réfaction jusqu’en 2028, ce que je n’avais pas vérifié. Son bâtiment principal est couvert d’un sarcophage et on entends des ouvriers s’affairer à l’intérieur. Satoshi, t’as mis où la clé de 12? Rhôoo t’es con, non elle est pas là.

Quelques panneaux explicatifs décrivent les étapes et la nature des travaux. Il y a des lucarnes par endroit où on peut observer l’intérieur du chantier, ça c’est très cool. Le jardin minéral qu’il y a derrière est inaccessible.

Pour la première fois de ce voyage, je me déchausse pour pénétrer dans un temple annexe. C’est moins agréable quand les lattes de bois sont froides qu’e quand il fait 20°C. L’arrière donne sur un jardin.

Quand aux 3 ou 4 autres temples que j’avais noté, il faudra revenir. Il y en a plusieurs dizaines à Kamakura, et certains très très grands.

A la gare de Kamakura, je monte dans un train, super il est direct jusqu’à Shibuya. Je compte y faire quelques emplettes, il me reste en effet plein de choses que je m’étais dit que je ramènerai. Mais pas glop pas glop mon genou, et en plus je me paume! La gare est complexe, c’est en travaux autour depuis des années, et j’ai mes repères uniquement en sortant devant le carrefour connu & la statue d’Hachiko. Ça m’a gonflé, je suis reparti (Frédéric) Dard-dard.

Voilà, ainsi s’achève la mise à jour de ce blog pour ce voyage au Japon. Je sais que je ne reviendrai plus…

… cette année.

Au cours de ces 3 semaines j’ai énormément pensé à ceux qui m’ont déjà accompagnés.

À chaque fois que je passais devant un restaurant de ramen je pensais à ma filleule Valentine.
À chaque fois que je passais devant un magasin de sport je pensais à mon neveu Laszlo.
À chaque fois que je passais devant un temple je pensais à ma mère Marie-Noël.
À chaque fois que je passais devant un karaoké je pensais à ma nièce Emma.

Il y aura sans doute un autre voyage solo en 2026 (printemps? automne? por que no los dos?), avant si c’est possible de revenir avec une ado l’année d’après. Sans pouvoir rien promettre, j’aimerai bien.

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Arakawa

Arakawa est un arrondissement de Tôkyô qui prend son nom de la rivière Arakawa. Et comme j’aime suivre les rivières au Japon, je décide d’aller faire un tour dans les environs, sans but très précis.

La ballade débute en sortant de la gare ferrovière de Machiya, bien au nord d’Ueno. Une ligne de tram passe non loin. Je n’en avais jamais vu encore dans Tōkyō. Ici il y a quelques tours et immeubles bien sûr, faut optimiser l’espace, mais aussi des appartements de seulement 2 ou 3 étages, des petites maisons avec quelques m2 de jardin, des petits squares et parcs avec des jeux pour enfants, c’est résidentiel.

Je pars vers l’est voir un grand parc qui porte le même nom que le quartier. Du reste il y des tonnes de lieux ici qui ont /arakawa/ dans le nom.

Dans une première partie du parc, il y a 2 cygnes qui vivent en permanence sur un étang. Des groupes d’enfants de maternelle n’ont d’yeux que pour eux. Tous les enfants ici portent des casquettes colorées, jaunes, rouges, etc., pour savoir qui est à qui, pouvoir repérer facilement les égarés et que les accompagnateurs cornaquent les groupes. Je demande à des enfants quel est le mot en japonais en montrant un cygne. C’est Hakuchou. Vérification faite le mot s’écrit avec les idéogrammes pour “blanc” et oiseau”. Une certaine logique. Mais ça marche pas pour Corbeau.

Un écriteau informe que les deux cygnes s’appellent Léo et Sakura. Il y a une astuce pour distinguer le sexe de ces 2 cygnes, sans se tromper.

La femelle s’appelle pas Léo.

Un autre jardin connexe est fleuri avec des installations sportives. Et des statues étonnantes en bronze. comme celle-ci appelé (par moi) “maman, arrête de déconner”.

Courts de Tennis, piste de course, terrains de baseball, Waiwai Pool (Je sais pas c’est quoi). On peut admirer des vieux faire du Tai Chi, ou juste lentement des étirements, la distinction est pas facile quand c’est pas Michele Yeoh ou Jet Li qui font les mouvements.

Quand j’arrive au bord de la rivière, je me rends compte que c’est n’est pas l’Arakawa, mais la Sumida. Qui donne son nom au roman de Kafû Nagai. Pédant peut-être, mais dans ma grande bonté je vous instruit. Si dès fois vous passiez à Question pour un Champion et que ça tombe, je prendrai quelques tomes de l’encyclopédie.

Je persiste en allant vers le nord pour rejoindre la bonne rivière, encore bien loin. Je fais un crochet pour voir un sanctuaire shintô, le Senju, perdu au milieu de ribines sinueuses. Au contraire, un peu plus tôt j’avais vu l’entrée d’un autre sanctuaire, en bordure de 2×4 voies. Au Senju, tous les fumeurs du coin se sont réunis près d’un distributeur. Ils doivent parler de choses qui les concernent: Clan, Riz-la-croix, cancer, hypertension et passage en 2030 à un euro la sèche en France…

Arrivé enfin sur les bords de l’Arakawa, je constate que les berges sont très larges. Promeneurs, joggereurs, veloteurs y passent, et il y a des lycéens qui viennent de finir leur entrainement de baseball, assurément plus pratiqué ici que la pétanque, ou l’aqua-poney. C’est probablement encore plus populaire que le foot.

Sous aucun pont je n’aurai croisé Nino et Kou du manga/anime bien barré Arakawa Under the Bridge.

Après avoir marché une quinzaine de kilomètres avec chaque pieds (ce qui fait 30 en tout!!), je me dirige vers la Tôkyô Sky Tree, qui présente l’avantage d’être facile à repérer, 2 fois la tour Eiffel. J’avais vu qu’à côté se trouvait le sanctuaire de Takagi, hop petit détour.

En plus de sa couleur inhabituelle, le pourpre plutôt que le vermillon, le symbole du temple est… l’onigiri, cette boulette de riz simple, élément de base de tout casse-croute nippon.

Les arrangements de cailloux en forme d’onigiri sont trop drôles, surtout quand on a les codes des expressions faciales de manga, qui augmente encore la paréidolie.

C’était déjà étonnant d’associer un truc de bouffe à la religion shintô, mais cela prend une autre dimension: Takagi, le nom du temple, est également le nom d’une héroïne d’un manga appelé Karakai jôzu no Takagi-san, et bien le sanctuaire s’associe bien volontier à cet élément de la pop-culture.

Ce manga est une pépite: drôle, feel good, touchant.

Demain, dernier jour complet de ce dixième voyage au Japon. Celui-ci a manqué de temple bouddhique, je vais essayer d’y remédier, je ferais moins les magasins.

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Sagamiko

Hier je me suis rendu pour la première à Ginza. C’est une sorte de Shibuya moins bouillonnant, pour les vieux (25 ans et plus). Et c’est à peu près tout, une journée extrêmement calme.

Ce matin je prévoyais de visiter Sagamiko, ville un peu plus loin que le Mont Takao, puis faire dans l’après-midi son ascension. C’était sans compter sur de gros retards et des annulations de trains sur la ligne Chûô, directe depuis la gare de Tokyo jusqu’à Sagamiko. D’après Navitime, l’application que j’utilise pour savoir quels trains prendre, il y a des inspections sur les voies, qui commencent côté capitale pour progresser vers l’ouest… le sens qui m’intéresse . Je change mes plans pour commencer par Takao, car on peut s’y rendre avec une autre compagnie, il faut juste d’abord aller à Shinjuku. Que de temps perdu.

De retour donc au mont Takao, pour la 5 ou 6eme fois. La descente étant plus difficile pour ceux qui ont les genoux en mousse, je monte à pied en prévoyant d’user de télécabine pour raccourcir la descente. J’ai entendu merci? Ah oui, ce dont mes rotules qui me parlaient. De rien.

Je connais bien le chemin et, sans être blasé, je passe moins de temps à admirer les différents temples sur le chemin. Mais un peu quand même.

En haut, on le voit. Le Fuji-san, enfin: depuis le mont Takao c’est une première me semble-t’il. Comme toutes les automnes, il y a beaucoup de monde, et du randonneur équipé comme pour un grand sommet avec une lampe frontale de l’eau et des vivres pour 3 jours des toilettes portables, une fusée de détresse, une bombe au poivre contre les ours, bien sûr un télé7jeux, et un couteau au cas où il se coince entre deux rochers et doive se couper un bras… jusqu’au gars en tongs avec une poussette et son teckel, tous sont très souriants.

Lors de ma descente, un enfant qui monte demande à ses parents “mieru ka?” pour savoir s’il verra le Fuji. Je lui montre mon pouce levé. T’inquiète le mioche, tu te seras pas fait iech pour rien.

Je vérifie, la ligne Chûô est toujours perturbée, mais plus sur le tronçon qui m’intéresse. Je peux donc me rendre à Sagamiko à présent.

Sagamiko se trouve en bordure du Lac Sagami, à vingt minutes à peine de l’autre côté du mont Takao

De loin, il n’est pas aussi impressionnant môssieur Takao, avec ses 600 mètres. En fait même pas, 599 le nul. Sur la photo suivante il est d’autant moins impressionnant qu’il n’apparait pas, étant complètement de l’autre côté.

On trouve quelques bateaux sur le petit port du lac, mais principalement des pédalos-cygnes à louer. Le truc dans lequel seuls les enfants vont, ou les jeunes qui sortent ensemble pour la première fois, parce que la fille “trouve ça kawaii” et que le mec suit car il a envie de ken.

Cela dit, avec Valentine, on avait vu à Ueno un mec seul, en chemise, qui devait avoir un sérieux besoin de décompresser, ou alors s’entraînait-il en vue du meeting 2015 de “Pédalo acrobatique François Hollande” à Brive la Gaillarde.

Le coin est quasi-désert, j’irai jusqu’à dire quasi-désaffecté. Manque juste qu’un virevoltant ne traverse en roulant.

Par contre, le local où on achète les billets de pédalo est dans un hangar qui s’avère être une caverne d’ Ali Baba pour qui aime le vintage, car s’y trouve une petiote salle d’arcade poussiéreuse. Elle s’est spécialisée dans les bornes sans joystick et ses boutons habituels, mais avec un moyen de contrôle alternatif. Cela aurait bien plus à mes collègues Pascal et Laurent.

La plupart des jeux disponibles ici sont prévus pour être joués à deux.

Final Lap (1987), jeux de course, avec deux sièges baquets et deux volants. Il était même possible de jouer à 8 en reliant 4 bornes! Celui-là il est HS donc on pourrait jouer qu’à 6.

Un classique Taiko no Tatsujin (2001) jeu de rythme où on tape sur des tambours. à côté un Gunbarl (1999), jeu de tir au pistolet optique.

Une borne Densha de Go 2 (1999), où on conduit un train avec manette des gaz et frein. Le jeu est très populaire au Japon. Il existe sur consoles modernes, et il faut pour bien faire un contrôleur spécial qui coûte cher et ne peut servir à rien d’autre. Encore un jeu de course, en état de marche lui, Battle Gear 2 (2000).

Les bornes les plus originales, dont j’avais jamais entendu parler: Final Furlong (1997), jeu de course… hippique! On va d’avant en arrière sur le canasson pour avancer, on tient les rênes pour diriger et il y a un bouton pour donner un coup (virtuel) de cravache. A côté, également QLB (Quoi La Baise, francisation de WTF), Rapid River (1997). Il s’agit là de descendre des rapides assis à deux sur un raft, en utilisant des rames mécaniques devant soi.

A l’arrière une borne de boxe Hajime no Ippo (un génial manga de 1989 toujours en cours de parution après 140 tomes). Le combat se déroule sur l’écran, mais pour controler les coups, on frappe une cible devant soi en enfilant des gants. Ca doit sentir le rat mort dedans.

Il y a aussi des manèges, dont un train sur lequel jusqu’à 3 enfants peuvent s’assoir et pour 100 yens ressentir les frissons de leur vie, à tourner à 2 km/h sur des rails faisant un rond.

Plus intéressant des flippers verticaux (Pachinko) du début des années 90. C’est moins tape à l’oeil que maintenant où on se croit à Vegas.

Ahurissants, plusieurs UFO Catcher (Machine à pinces), dont un de 1985, le deuxième modèle sorti. Ils ont aussi le 7ème.

J’ai apprécié de passer dans cette ville de Sagamiko. Pas pour les raisons que j’avais imaginé, mais pour ce côté hors du temps. Il y a des randonnées à faire par ici, et un parc d’attraction qui a la réputation d’être un peu dans son jus. Et quand la nuit tombe, il y a des illuminations qui sont parait-elles superbes.

Au retour je m’arrête à Nakano Broadway, là où est mon meilleur “coin à champignons” de Kit-Kat, mais je ne trouve rien que je n’ai déjà dans la valise. Il y a moins de boutiques pour Otaku masculin qu’avant je trouve. Au moins les femmes, surtout de type Fujoshi, ont toujours le quartier d’Ikebukuro. Le 4ème étage est carrément vide. Dans un Mandarake (nom de boutiques d’occasion) spécialisé dans les vieilles revues, certains Animage et Newtype anciens dépassent les 5000 yens. Pas encore de quoi être riche, mais je ne vais pas jeter tous ceux que j’ai à la maison (bon d’accord, stockés chez mes parents).

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Takasaki

Il y a encore un an je ne connaissais pas l’existence de Takasaki, puis j’ai lu à son sujet et eu une furieuse envie de découvrir cette ville: C’est proche de Tôkyô, c’est la campagne autour d’une grande ville, et c’est l’endroit d’où est originaire le Daruma.

Le shinkansen entre Tôkyô et Nagano/Kanazawa s’arrête, après moins d’une heure, à Takasaki. Je descends du train avec marqués dans mon fidèle carnet Rhodia (un par voyage au Japon, ça fait un souvenir en plus d’être utile à la préparation) 3 lieux accessibles à pied pour la journée.

Je commence par aller voir une statue bouddhique géante, et pour chemin je choisis de passer par des sentiers et des escaliers plutôt que la route. Je passe se faisant sous une porte de temple dont j’ignore le nom.

Dans les escaliers, je croise un club d’athlétisme de lycéennes, et deux profs qui les chronomètrent alors qu’elles enchainent des montées d’escaliers. Elles ont la niaque. Toutes me disent bonjour les unes après les autres, sans doute surprises de me croiser, et amusées de me voir reprendre mon souffle très souvent. Je pense que c’est un club exclusivement féminin mais je vois ensuite deux garçons plus jeunes, comme en première année de lycée, Kôhai (junior) de ces valkyries, qui ont l’air de ne pas pouvoir suivre leur rythme. Je me sens moins seuls. Je pense que ce sont eux qui portent les bouteilles d’eau.

Du reste, Takasaki a l’air d’être un repère de sportifs. J’y rencontre beaucoup de joggers et de cyclistes équipés façon Jalabert (ouais bon j’ai arrêté de suivre le tour de France, je connais pas les nouveaux).

Je continue à monter quand victoire le chemin débouche sur un parking.

Et je vois apparaître la grande statue de Kannon. Contrairement à ce que son nom laisse penser, ce n’est pas la déesse de la guerre. Rien à voir avec les Tancs, et les Calashnikov. Non, c’est la déesse bouddhiste de la compassion. Du haut de ses 42 mètres, elle a l’air de compasser.

Quand j’arrive à ses pieds, je remarque qu’elle a de gros orteils, mais surtout qu’il y a un joli temple, le Jigen-In.

On peut monter au sommet de la statue. C’est la première fois que j’entre dans une déesse (j’entends à 14000 kilomètres Guillaume crier “Titre!”) qui ne soit pas une Citroën.

L’accès coûte 300 yens, mais la guérite où on peut acheter son ticket s’avère vide. La porte en est ouverte, mais personne. Alors que je suis sur le point de poser l’argent et de continuer en fufu, un papy se pointe en courant et en s’excusant. Il place en évidence un panneau qui je pense veut dire “je reviens de suite” et qu’il avait oublié de mettre pendant sa pause pipi.

Encore des marches. J’ai compté, il y a en exactement: Beaucoup trop. En vrai c’est un demi phare d’Eckmül, ça va. On voit au loin des sommets enneigés. Ici c’est peut-être le mont Haruna.

La statue qui compasse est quand même impressionnante, je craignais que ce soit un peu cringe, mais absolument pas.

L’endroit est magnifique, et il y a étonnement peu de monde (plus que sur les photos, évidemment j’attends et cadre spécifiquement pour pas qu’on les voit, c’est le jeu).

Je m’offre une pause matcha danns une petite échoppe bucolique tenue par baba sympa. Tout est décoré avec soin mais aussi un chouia d’ostentation. On peut se poser face à la nature, on n’entends que le bruit des oiseaux, et des mecs assis à côté qui rotent et qui pètent. Mais là y’en avait pas, juste des oiseaux.

Deuxième point d’intérêt dans mon carnet, le sanctuaire shintô Gunma-ken Gokoku, dédié aux morts à la guerre. La date est passée, mais reste encore des traces des festivités de Shichi-Go-San célébrant le passage à 3, 5 et 7 ans des enfants.

Encore un peu plus d’une heure de marche et j’arrive enfin au Shorinzan Daruma-ji, le temple des darumas. Ce sont des figurines en papier, en forme de tête, qui sont peintes, sauf initialement la pupille des yeux. En plus d’être kawaii tout plein, ils ont une utilité pour peu qu’on adhère à une croyance. On peut faire un voeu au moment ou on peint une des pupilles d’un daruma acheté dans un temple, et on le conserve bien en évidence chez soi. Cela sert à ce que l’on n’oublie pas son voeu, et cela peut avoir la vertu de nous encourager à le réaliser, si c’est en notre pouvoir. Si le voeu se réalise dans l’année, alors on peint l’autre pupille. Si ce n’est pas le cas, on peut l’envoyer au temple afin qu’il soit brulé avec d’autres lors d’une cérémonie annuelle.

Mode premier degré: Une superstition plutôt sympathique, à mon avis, mais seulement si elle s’arrête à des voeux tels que “je veux avoir mon bac”, sur lequel nos actions seules ont un impact. Le daruma, s’il n’est pas ramassé dans un tiroir mais est visible, peut nous rappeler cet objectif et constituer un encouragement. Si le voeu est “j’veux pas que mon papa i meure” c’est tout de suite pas sympathique du tout.

Le temple en expose de toutes les tailles. Ils ont les deux pupilles peintes donc ceux-ci ne semblent pas destinés à la crémation, mais renfermaient un voeu réalisé.

Encore des tapis de feuilles de Gingko. J’en croise tous les jours. Et oui Sophie je ramène une feuille.

Je récupère ensuite le train depuis la toute petite gare de Gumma Yawata, avec ses vitraux darumesques. Il n’y a qu’un train par heure pour Takasaki, mais que ça fait du bien d’être assis (sur des napperons en laine) après tant de crapahutage.

Au retour, je m’arrête à Ueno pour une première chasse au kit-kat dans la capitale. Bilan: 19 sachets ou boîtes, qui s’ajoutent à la bonne quinzaine trouvés à Kyûshû. Le Japon est aussi touché par la shrinkflation. Le prix n’a pas changé, mais les sachets passe de 10 à 9 kit-kats. Je suis surpris qu’il n’y ai pas un “Nouveau: format malin” dessus pour faire passer ça pour une bonne nouvelle. On nous prend faut pas déconner dès qu’on est né, pour des cons.

Très très bonne pioche que Takasaki. Il y a d’autres trucs à voir dans la ville, et c’est aussi un grand hub ferroviaire. Certainement un endroit où poser sa valise quelques jours, nudge-nudge say-no-more.

Demain: rien, nada, zilch. Jeux video & lessive

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Kōrakuen

Après une nuit dans un super ryokan à Kurashiki, un peu loin de tout, sans être à la campagne, je prends vers midi le train pour Tōkyō. Assez de temps pour revoir le Kōrakuen, magnifique jardin et joyau de la ville d’Okayama.

Il est étendu et ressemble assez à celui de Kanazawa, en plus ouvert. Comme toujours, l’entretien est impeccable. Il y a tellement de personnel entre les gardiens, plusieurs personnes au guichet (malgré les distributeurs de ticket) et tant de jardiniers,.. Ça doit coûter bonbon/un bras/une couille/une fortune/sa mère/cher à faire tourner. Le tarif d’entrée est assez modique au cours du change actuel (3€) mais les produits dérivés, les salons de café/thé/matcha et événements nocturnes saisonniers doivent compléter les revenus.

Il y a un couple, jeunes mariées probables, dans de beaux kimono, ombrelle pour elle, pour la belle, éventailli pour lui, pour le ??? <trouver un truc en i et mettre à jour le post parce que pour l’instant je trouve pas crotte ça m’énerve quand c’est comme ça>. Ils se font photographier devant tous les jolis points de vue du jardin. Il y en a Pléthore.

Séparé du jardin par la riviere Asahi, le château de Kanazawa semblant rire derrière sa moustache “ahah essayez de m’attaquer sales envahisseurs, j’espère que vous avez votre brevet de natation!”

Dans le long shinkansen (400m pour 16 wagons) je m’amuse toujours autant du balai des contrôleurs à l’entrée et la sortie de chaque wagon. Demi-tour-courbette-demi-tour. Leur formation doit inclure un module spécial, genre entrainement de l’oreille interne par monsieur Miyagi.
Ce vendredi, c’est la plus belle vision du Fuji, clair et enneigé que j’ai jamais vu du train, malheureusement sans être du bon coté (sièges E!).

Installation dans le quartier de Hamamatsuchô que je favorise maintenant depuis quelques voyages, dans un nouvel hôtel très cosy, son personnel génial, son espace cafét avec boissons gratuites en journée, une chambre étonnement grande associé avec une vue sur un mur très beau (non, même pas). Et un positionnement développement durable. Quand on fait 14 heures d’avion pour venir ça donne meilleure conscience. Ça compense peut-être la première seconde de roulement sur la piste avant le décollage.

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Kurashiki

Ce matin comme d’habitude entre deux “camps de base” distants, je confie ma valise au bon soin d’un transporteur pour les recevoir dans 2 jours à Tokyo. Les tarifs ont salement augmentés, mais c’est d’un tel confort…

Pour remercier l’employée de l’hôtel du temps qu’elle a consacré à m’aider à remplir le formulaire rose et à échanger au téléphone avec l’hôtel destination, je lui remets un petit sachet de caramels. En premier elle refuse, évidemment, et là je sors ma botte secrète (c’est figuratif, j’ai pas sorti une botte jaune de pêcheur breton cachée sous des algues au fond de mon sac): Il suffit de rajouter Minna no tame ni, ce qui veut dire que c’est pour tout le monde, l’ensemble du personnel. Elle ne peut pas refuser, alors que sa collègue Kasumi-san salive à côté sous son masque.
“Ah merde c’est pas que pour moi alors le cadeau de ce blanc?”. Ben fallait pas dire non pour commencer, cocotte. Note à Marina: Il faut indiquer ce qu’il y a dans la valise. J’ai mis fringues et bonbons.

Allégé, je dis alors au revoir à Fukuoka. “Fukuokan au revoir!” crie-je intérieurement, sinon les gens se seraient retournés. Hop, je saute dans le Shinkansen jusqu’à Okayama, une heure avant Ōsaka. Puis un train local vers Kurashiki, dans ses environs.

Le quartier de cette ville qui attire le plus de visiteurs est proche de la gare, mais je choisis d’aller d’abord voir un sanctuaire que j’ai repéré à 1h de marche au milieu d’une zone verte dans googlemaps. Je vois qu’au loin dans la direction où je vais il y a un bonne grosse colline.
Pourvu que ce ne soit pas en haut.

C’était en haut.
Je ne croise ni âmes qui vivent, ni âmes en peine. On voit bien la ville de là, de son côté le moins flatteur. Par contre je suis surpris de la taille de la ville, je pensais qu’elle était plutôt petite, mais fait plus de 400,000 habitants (Okayama qui lui est collé en fait 4 fois plus).

Ensuite je me rends dans le quartier historique, Bikan. L’aimant à touriste. Mélange d’ambiance Edo avec un côté occidental mêlé.

Je commence par le minuscule musée Karakuri de Momotarô. Le karakuri c’est l’art des marionnettes mécaniques, déjà évoqué dans le billet consacré à la ville de Chiran. Momotarô est lui un héros folklorique local. Son nom est la concaténation de Momo pour pêche et Tarô pour garçon. Beaucoup de gâteaux goût pèche et/ou en forme de popotin en vente dans le quartier.

Quasiment en face, Ivy Square, un endroit improbable ici reprenant le décor d’une grande usine faite de briques, aux murs couverts de lierre. Un beau jardin, un grand patio, un beau Lawson décoré pour être dans le ton. Lawson étant la chaine de Comibi qui vend le meilleur truc au monde: Le doramocchi-anko-whip, une sorte de kouign fourré de pâte de haricot rouge japonais (sucré) et crème fouettée. Fuck la pèche. Dans le quartier on peut aussi louer des kimonos une heure ou deux pour déambuler dans les environs.

Le quartier est lui traversé de canaux qui évoquent Venise si on une tendance à l’exagération (sur les forums de jv soutenus on dit hyperbole) car c’est large comme 8 baignoires Jacob Delafon.
Ces canaux m’évoquent Otaru, jolie ville d’Hokkaido.

C’est extrêmement photogénique.


Ce soir dodo dans un lieu qui n’a pas été facile à trouver…

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Takachiho

Après la journée à Usa, je décide de me réinscrire à l’excursion dont j’avais raté le départ. Mais en me promettant de garder les deux yeux fixés sur la montre,

Je ne suis pas très friand de faire des sorties avec un groupe hétérogène d’inconnus, à suivre en lemming un porteur de drapeau coloré avec un gilet jaune, mais il s’agit d’aller au nord de la préfecture de Miyazaki, voir des gorges qu’il est compliqué d’atteindre sans passer une nuit proche ou sans véhicule. Et vu la route, c’est moyen sérieux si on n’est pas du coin!

C’est donc au sein d’un groupe d’une vingtaine de personnes, majoritairement jeunes et chinoises que je prends le car. Le dawa: il y a une quinzaine de départs de cars en même temps, chacun avec son groupe qui cherche où est bus et où est le guide et le guide qui cherche où est son groupe.
La guide de la journée est chinoise, mais elle fait aussi les annonces dans un anglais impeccable. Le chauffeur est impayable, à mette des masques différents à chaque halte. Il n’y a pas de relous dans le groupe (ou alors c’est moi?).

La route que nous prenons passe tout près du mont Aso, côté sud, m’offrant un angle différent.

Nous faisons un premier arrêt au sanctuaire Kamishikimi Kumanoimasu, qui bien que possédant beaucoup de syllabes est un petit autel, en haut d’un escalier de 260 marches en pierre. Tout a fait charmant et à l’écart. Sa notoriété a explosé après qu’une mangaka de Kumamoto y ait placé l’action d’un manga, adapté ensuite en dessin anime. C’est la dessinatrice du renommé Natsume Yûjinchô / Le Pacte des Yokai.

J’aurai tant aimé découvrir cet endroit sous la pluie pour magnifier davantage encore cette ambiance née des vieilles pierres des marches et des lanternes, de la mousse, des feuilles tombées, de toute la végétation. Luxuriante dit-on.

Encore plus haut une grande cavité creusée dans un rocher nommé Ugetoiwa, qui aurait été faite par un démon à coup de pieds (il chaussait pas du 2), dit-on.

Ensuite, nous entrons dans la préfecture de Miyazaki. Nouvel arrêt pour le repas à Takachiho, admirer le sanctuaire Amano Iwato dedié à Amaterasu, la déesse du Soleil et ancêtre de la famille impériale, dit-on.

Ici le lieu mythique n’est pas en haut d’un escalier, mais en bas d’un escalier. C’est un petit autel et son torii dans une caverne. Caverne dans laquelle Amaterasu se serait cachée, plongeant le monde dans les ténèbres, dit-on.

Tout autour de petites pierres plates empilées forment des silhouettes humaines ou autres, selon l’inspiration et le talent des artistes improvisés de passage. On retrouve ça un peu partout dans le monde, mais ici c’est encouragé.

Vu qu’il doit bien faire 5°, pour me réchauffer je m’offre une petite glace locale à la mangue locale également, avant que nous ne rejoignons la dernière étape, les gorges de Takachiho.

Elles sont très différentes des gorges de Geibikei, découvertes il y a deux ans avec ma daronne. Là où ces dernières étaient larges et longues, là il ne s’agit que d’une ouverture dans la roche, de largeur très variable, mais creusée sur une hauteur impressionnante. Et on remercie et on applaudit le mont Aso pour ton activité volcanique. On peut s’approcher d’une cascade nommée Minainotaki, en ramant soi-même avec ses bras sur des barques à louer. À Geibikei nous étions mus en paquet de 20 sur une barge par un batelier-chanteur équipé d’une perche. Le bâton, pas le poisson ou la région.

C’était la dernière journée de ces deux semaines à écumer Kyûshû. Demain, train pour Okayama, une petite halte avant de finir par quelques jours à Tôkyô.

un petit gingko.gif maison.

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Usa

Le fail du voyage. Je quitte ma chambre ce matin, large en temps (et en fesses) avant un rdv pour le départ de l’excursion du jour. 30 minutes pour prendre le petit-déjeuner, puis 15 minutes de marche, easy. Mais alors que j’envoie quelques messages à l’ami William, je réalise qu’il est 8h et que le rdv n’est pas dans 45 min mais… passé de 15! En courant vite c’est mort. Et très très mort même en courant très très vite.

Mélanger 8h et 9h, je me dis que je suis quand même con (je suis grossier et me tutoies pendant mes monologues intérieurs). Je passe alors le temps du petit déjeuner à regarder sur mobile, vu qu’il y a Internet sur les téléphones maintenant, ce qu’il y a alentours dans mes listes personnelles de POIs -Points of Interest- sur Google Maps. Je décide d’aller à Usa. Ou ça? Oui.

Le premier train n’étant pas pour sitôt, je prends une réservation pour Nakatsu, toute proche, et j’y fais un petit tour en attendant un train local.

Nakatsu possède un château plutôt chouette. Il n’est pas d’époque, mais reconstruit from scratch il y a 60 ans, en recréant son aspect extérieur connu.

Plus loin il y a la résidence Fukuzawa. maison où a vécu Yukichi Fukuzawa, un érudit du 19e siècle ayant parcouru le monde, de Washington, Paris, Londres à St Petersbourg. Reconnu comme le plus grand spécialiste de l’occident de l’époque, il publie sur le sujet et a une grande influence pendant la restauration Meiji. Il fonda aussi une des plus grandes universités Japonaise encore prestigieuse actuellement. LE GOAT. Si ça se trouve il était bon également en point de croix.

En retournant à la gare prendre le train pour Usa, je traverse le plus triste shôtengai, ces rues commerçantes couvertes, que j’ai jamais vu: La plupart des stores baissés, partout des magasins désaffectés, deux boutiques de chaussures proposant des modèles des années 90, et une boutique de fringues, dont je n’ai pas regardé l’intérieur de peur d’apercevoir une personne momifiée derrière le comptoir.

À Usa, je veux voir le complexe shintô de la ville, le Hachimangû, à plus d’ une heure de marche de la gare. Ne sachant pas comment est la route (et quand il n’y a pas de trottoir c’est pas la joie de marcher le long d’une route japonaise), je préfère prendre un taxi à l’aller. Aucun problème finalement, ce n’était pas une route de campagne. En me déposant le chauffeur en gant blanc m’indique la station de taxi et l’arrêt de bus, de l’autre coté de la route. Je lui dit que je reviendrai en marchant si j’ai le temps. Je devine qu’il se fait un pari intérieur, et son acquiescement souriant est comme un “jamais tu le fais gros”.

Avant le premier torii, un alignement de boutiques de produits locaux et des restos avec des menus aux couleurs passées. Le Hachimangû fête cette années ses 1300 ans et a toujours eu un lien important avec la famille impériale japonaise.

C’est un vaste lieu, avec de larges allées séparant différents lieux de cultes et pavillons. Une série d’escaliers déserts grimpent à travers la forêt jusqu’à d’autres autels excentrés. Il y a également un terrain pour des démonstrations de Yabusame (archerie montée). J’aimerai bien un jour assister à un tel spectacle.

Il y a 2 étangs bien aménagés, mettant en valeur les bâtiments qui se trouvent à côté, reliés par de jolis ponts arrondis traditionnels.

Ce n’est pas sans évoquer un instant l’image du pavillon d’or, en moins opulent, moins tape-à-l’oeil, moins bouddhiste et moins fréquenté.

Le sanctuaire principal est entourés d’arbres magnifiques. On retrouve évidemment les murs d’Emas en bois, mais aussi des gourdes accrochées. Les gourdes sont considérées comme porte-bonheur, ici on peut en plus y placer son voeu.

Pour prier devant un autel shintô, le fidèle tape deux fois dans ses mains. Ici est une exception, il est d’usage de le faire quatre fois. J’avais déjà rencontré cette particularité au Izumo Taisha.

C’était une belle découverte pour moi. Du reste, je n’ai pas l’impression que ce sanctuaire soit très touristique, malgré l’importance qu’il représente visiblement au Japon, eut rapport à la famille impériale.

Au retour à la gare, avec 10 min de d’avance sur le train retour, je suis déçu que le taxi driver du midi ne soit pas là. J’aurai aimé le toiser et envoyer un coup de menton dans sa direction, comme pour demander “t’es deg?”.

Evidemment, la ville d’Usa joue énormément sur son nom. Sur une colline au loin sont placés 3 lettres blanches géantes U, S et A façon panneau Hollywood. Et dans la gare, leur panneau a des airs de bannière étoilée.

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Aso

Le mont Aso est une gigantesque caldeira faisant 120km de circonférence. Au milieu, le Nakadake, un de ses pics, possède un cratère fumant rivalisant avec Sakurajima au titre de plus actif du Japon. La caldeira du mont Aso s’est formée assez récemment, moins de 300,000 ans avant la naissance de Mamie Chéng.

De nombreux villages sont établis au sein du mont Aso, le principal est Aso. C’est astucieux d’avoir utilisé le même nom.

On a une impression assez vertigineuse en arrivant au Nakadake, visuellement on réalise que les montagnes distantes forment un cercle tout autour de nous, délimitant une zone qui s’est effondrée lors d’une éruption. C’est ça une caldeira (mais je ne suis pas un spécialiste du tout).

Le cratère au milieu fait 600 mètres de large et fume en permanence, ce qui pas bien. Il fume d’ailleurs beaucoup aujourd’hui, mais par instant se calme et expose le vert pale de son fond acide.

Les visiteurs qui ont 25000 yens en trop, et de la patience en trop aussi (longue est la file d’attente), peuvent faire 10 minutes d hélicoptère pour voir le cratère d’en haut. Ça fait 15€ la minute.
Les 5 premières minutes étant sans doute consacrées aux annonces de sécurité, les 2 suivantes à aider mamie Chéng, 89 vénérables printemps à boucler correctement sa ceinture de sécurité. Malgré cela en vol elle fait tomber son sac Montbell qui était tout vert. Sa bouteille de thé glacé betterave-rhubarbe roule par terre et se niche sous la pédale de frein de l’hélico. Le pilote a l’habitude de transporter des mamies Chéng, par chance personne n’a à s’éjecter. Les 2 dernières minutes du vol sont ensuite consacrés au débriefing et au remplissage du formulaire de satisfaction. Exceptionnel, Formidable, Très bon ou juste Bon. À la case “remarques” mamie Chéng, qui portait un t-shirt Bodycount, se plaint d’avoir gâché son ice tea.

Pas besoin de vol en hélico pour apprécier de se trouver là, sous un temps magnifique en plus.

Le voisinage du cratère est scindé en plusieurs zones. L’accès à la zone A, la plus proche, n’est que très rarement autorisé. Toutes les autres zones étaient ouvertes aujourd’hui, comme le sac Montbell de mamie Chéng! Sur place il y a un système de 4 couleurs, façon feu de circulation (ou TLP si on bosse dans la sécu), indiquant à chaque changement de zone si on peut passer. Cela est mis à jour toutes les 30 minutes, en fonction de la quantité de gaz sulfuré et du vent. Cela peut-être dangereux en plus de sentir mauvais. Un site de météo volcanique affiche également ces informations C’est du web “à la japonaise” qui semble dater de 1996, manque juste construc.gif, les vieux de l’Internet comprennent.

Chose impressionnante aussi, la présence de bunkers tous les 80m, où se réfugier si ça pète. En cas de petite éruption seulement, on imagine bien.

Entre le sakurajima en activité qui a cloué aux sols les avions 4 jours avant que j’ arrive à Kagoshima, Kirishima fermé et la vision du mont Aso, c est quand même incroyale comment ici on arrive à vivre avec le risque sismique omniprésent, et la résilience pour toute reconstruire, si jamais…

Il y a une surveillance stricte des changements.

Au niveau du cratère, il y a juste un petit parking où des navettes font des va-et-vient plus bas vers une aire de parking plus vaste avec de la restauration et des boutiques. On peut aussi marcher assez ses pieds entre les deux zones. J’imaginais qu’il y aurait eu une forte affluence, mais ce n’était pas le cas, même pour un dimanche. Les parkings n’étaient pas à moitié remplis.

La petite ville d’Aso, à une vingtaine de kilomètres, possède un sanctuaire shintô parmi les plus vieux du japon. Bien sûr il a été plusieurs abimé et reconstruit, comme en 2016 lors d’un tremblement de terre important.

A l’intérieur un gingko majestueux autour duquel s’est formé un majestueux tapis de majestueuses feuilles jaunes. Majestueux avec des érables rouges et des pins verts.

Avant de rentrer heureux d’avoir enfin pu voir le mont Aso. Pour varier du parfum matcha, c’est softcream kinako (soja grillé), aussi bon que cette journée loin de Fukuoka.

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Shimonoseki & Moji

Le détroit de Kanmon sépare Honshû, l’île principale du Japon, et Kyûshû au sud. D’un côté la ville de Shimonoseki, de l’autre Moji. Un pont et un tunnel les relient. Ma journée commence à Shimonoseki. Devant la gare on devine le quartier coréen au niveau de la Busan Gate, plutôt bof. Et rien à voir avec Solo Leveling, le célèbre manhwa.

Pour avoir une vision des alentours, je monte en trichant, aidé d’un providentiel ascenseur, en haut de la Yume Tower ou “la tour des rêves”, sans déconner on est à Barbie Land. La tour possède une plateforme d’observation à plus de 100m.

Longeant le port, je passe devant d’anciennes bâtisses, tel un ancien consulat britannique. Faut croire qu’ils ne mangent pas que du rosbif, mais du boeuf en sashimi aussi.

Puis on arrive sur un front de mer touristique, avec des restaurants de fruits de mer, principalement non cuits. Le poisson globe, ou Fugu ici, est à l’honneur, Shimonoseki est la ville fournissant le plus ce poisson au marché Japonais. Il est de tous les menus, faisant au passage gonfler la note. Le fugu est connu pour être dangereux à la consommation, mortel même, s’il n’est pas préparé comme il faut.

Mais pour manger du fugu, ou tout type de poisson cru, mieux vaut aller plus loin, jusqu’au marché aux poissons de Karato. Là, c’est joyeusement bordélique. Disparues les files d’attente ordonnées, on se croise dans tous les sens sous les cris des harangueurs. La concurrence est rude, les prix sont à peu près les mêmes partout.

Je goûte debout à un étal quelques sashimis de Fugu. L’apparence est extrêmement jolie, et c’est bon, mais pas non plus exceptionnel à mon palais. Je suis loin d’être un fin connaisseur cela dit. Un peu plus tard je me fais une petite sélection de sushis à emporter que je mange dehors, comme des centaines d’autres personnes qui ont eu la même idée.

Non loin il y a un temple shintô assez original, le sanctuaire d’Akama.

Je continue ma progression en direction du lointain pont routier entre les deux îles, jusqu’à passer dessous

On ne peut pas franchir ce pont autrement qu’un voiture, mais un peu plus loin se trouve l’entrée d’un tunnel routier à 60m sous le niveau de la mer. Il existe également un tunnel ferroviaire à un autre endroit.

Le tunnel routier ne permet pas aux piétons de longer les voitures, mais on peut marcher quelques mètres EN DESSOUS: Un tunnel pour piétons, et deux roues, pour relier entres elles deux îles du Japon, impossible de passer à côté.

Le tunnel n est pas si impressionnant, et nous sommes plusieurs dizaines de personnes dedans. Les cyclistes doivent pousser leur vélo (Sujet de philo, un cycliste poussant son vélo n’est-il pas qu’un piéton qui pousse un vélo?) Chose étonnante, le tunnel a beau faire des centaines de fois la longueur du passage rive droite sous le pont de Recouvrance, il pue pas le pipi.

Il y a un panneau indiquant comment appeler la police en cas de besoin, listant les raisons de le faire: On vous a volé quelque chose. OK. Vous trouvez un objet suspect. OK. Vous avez perdu ou trouvé quelque chose. OK malgré la redondance. Vous êtes perdu. Heu… quel est le fuck? C’est un tunnel. C’est une ligne droite. Il y a 2 extrémités.

Si on ne s’est pas perdu, du côté Kyushu, on ressort au port de Moji, un quartier de Kita-Kyûshû. Il y a fréquemment des fusions de villes aux Japon, Moji est une ancienne ville dont le port fut très important.

Je pourrais faire des blagues comme “Moji tôt”, “Moji Moji j’écoute”, “Moji offrirait des perles de pluie”, mais ça ferait rire surtout Philippe de l’autre coté de l’Atlantique nord, et Frédéric de l’autre côté de la Marne (si loin, si proche). S’ils ne se connaissent pas, ils sont unis sous la bannière “plus c’est con, plus c’est bon”.

Moji c’est bien charmant, plus calme et plus préservé que Shimonoseki. Je me fais doubler par un train touristique assez cool. Il y a de longues allées et là aussi d’anciens édifices conservés, comme un bâtiment des douanes de l’époque Meiji. Et il y également foule sur le port par ce beau samedi, mais ce n’est pas aussi trépidant qu’autour du marché au poisson d’en face.

Au retour à Fukuoka, je fais quelques emplettes alors que se déploie un marché de Noël devant la gare. Il est bien festif, et pas que pour les enfants.

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