Zushi & Kamakura

Au sud-est de Kamakura se trouve la ville de Zushi, qui sera mon point de dĂ©part aujourd’hui, le plan Ă©tant de dĂ©couvrir des temples bouddhistes que je ne connais pas, Ă  l’est de Kamakura. Il y a encore des perturbations matinales de train, cette fois-ci pour “bruits anormaux”. Mais mieux vaut arriver en retard qu’abimĂ©.

Il y a un parc qui, dit-on, offre une belle vue sur la côte Pacifique, sur l’ile d’Enoshima et avec de la chance le mont Fuji. Je me dirige dans sa direction.

Je comprends vite que le parc d’Hiroyama est en haut d’une colline. Renseignements pris, 91m. Une fois en haut, j’oublie les efforts consentis, tellement c’est magique.

On peut voir au sud la ville d’Hayama oĂą il y a une villa impĂ©riale donnant sur la plage, avec des plantons en permanence. Pour quand un lundi matin, l’empereur (ou sa femme ou le petit prince) a envie de se baigner.

Le Fuji-san est visible en arrière plan de la petite île dEnoshina. Vers Kamakura des vélib-planchistes et des surfeurs s’amusent. Comme la croisière et Aran. Vous l’avez?

Le sommet a une petite plateforme d’observation, un bel alignement de bancs tournés vers le mont Fuji, des jeux pour enfants, une cage avec des singes. Un grande cage, mais une cage quand même.

Hier j’ai croisĂ© des maternelles, aujourd’hui c’est un groupe d’anciens se dĂ©plaçant en canes ou en fauteuils roulants, tenus chacun par un bras ou propulsĂ©s par autant d’accompagnateurs. Un des ancĂŞtres a l’air tellement âgĂ© que je me demande s’il n’est pas le grand père du deuxième plus vieux du groupe!

A cĂ´tĂ© du coin Ă  singes, un jeune est en train de vivre le meilleur moment de sa vie, comme un chien qui aurait deux quĂ©quettes, Ă  secouer la tĂŞte et jouer de la guitare en sourdine. Mais vraiment super pas fort. Genre Ă  ce niveau de volume il a peur de dĂ©ranger mĂŞme les fleurs. C’est pas les vioques d’Ă  cĂ´tĂ© qui risquent de se plaindre, ils doivent tous avoir un abonnement Ă  Sonotone Magazine.

En suivant un chemin de randonnĂ©e, puis de larges rues flanquĂ©es de villas et de maisons d’architecte, puis se transformant en chemins Ă©troits et escaliers Ă  pic passant entre de petites maisons anciennes, tantĂ´t dĂ©corĂ©es avec soin, tantĂ´t avec mĂŞme pas une trace homĂ©opathique de soin, j’arrive au bord de mer.

La Marina a des airs, toutes proportions gardĂ©es, de Miami ou de Nice. C’est Ă  dire qu’il y a des rangĂ©s de palmiers. Sur une inattention je me suis fait mal au genou, et ça devient difficile de descendre des marches et des pentes. Visiter les quelques temples que j’avais repĂ©rĂ© est compromis, car pas sur du plat.

Mais il en reste un pas loin du bord de mer, proche de Kamakura.

Le KĂ´myĂ´ji a la gentillesse donc d’ĂŞtre sur terrain plat, Ă  une altitude ridicule. Malheureusement il est en rĂ©faction jusqu’en 2028, ce que je n’avais pas vĂ©rifiĂ©. Son bâtiment principal est couvert d’un sarcophage et on entends des ouvriers s’affairer Ă  l’intĂ©rieur. Satoshi, t’as mis oĂą la clĂ© de 12? RhĂ´oo t’es con, non elle est pas lĂ .

Quelques panneaux explicatifs dĂ©crivent les Ă©tapes et la nature des travaux. Il y a des lucarnes par endroit oĂą on peut observer l’intĂ©rieur du chantier, ça c’est très cool. Le jardin minĂ©ral qu’il y a derrière est inaccessible.

Pour la première fois de ce voyage, je me dĂ©chausse pour pĂ©nĂ©trer dans un temple annexe. C’est moins agrĂ©able quand les lattes de bois sont froides qu’e quand il fait 20°C. L’arrière donne sur un jardin.

Quand aux 3 ou 4 autres temples que j’avais notĂ©, il faudra revenir. Il y en a plusieurs dizaines Ă  Kamakura, et certains très très grands.

A la gare de Kamakura, je monte dans un train, super il est direct jusqu’Ă  Shibuya. Je compte y faire quelques emplettes, il me reste en effet plein de choses que je m’Ă©tais dit que je ramènerai. Mais pas glop pas glop mon genou, et en plus je me paume! La gare est complexe, c’est en travaux autour depuis des annĂ©es, et j’ai mes repères uniquement en sortant devant le carrefour connu & la statue d’Hachiko. Ça m’a gonflĂ©, je suis reparti (FrĂ©dĂ©ric) Dard-dard.

VoilĂ , ainsi s’achève la mise Ă  jour de ce blog pour ce voyage au Japon. Je sais que je ne reviendrai plus…

… cette annĂ©e.

Au cours de ces 3 semaines j’ai Ă©normĂ©ment pensĂ© Ă  ceux qui m’ont dĂ©jĂ  accompagnĂ©s.

Ă€ chaque fois que je passais devant un restaurant de ramen je pensais Ă  ma filleule Valentine.
Ă€ chaque fois que je passais devant un magasin de sport je pensais Ă  mon neveu Laszlo.
À chaque fois que je passais devant un temple je pensais à ma mère Marie-Noël.
À chaque fois que je passais devant un karaoké je pensais à ma nièce Emma.

Il y aura sans doute un autre voyage solo en 2026 (printemps? automne? por que no los dos?), avant si c’est possible de revenir avec une ado l’annĂ©e d’après. Sans pouvoir rien promettre, j’aimerai bien.

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Arakawa

Arakawa est un arrondissement de TĂ´kyĂ´ qui prend son nom de la rivière Arakawa. Et comme j’aime suivre les rivières au Japon, je dĂ©cide d’aller faire un tour dans les environs, sans but très prĂ©cis.

La ballade dĂ©bute en sortant de la gare ferrovière de Machiya, bien au nord d’Ueno. Une ligne de tram passe non loin. Je n’en avais jamais vu encore dans TĹŤkyĹŤ. Ici il y a quelques tours et immeubles bien sĂ»r, faut optimiser l’espace, mais aussi des appartements de seulement 2 ou 3 Ă©tages, des petites maisons avec quelques m2 de jardin, des petits squares et parcs avec des jeux pour enfants, c’est rĂ©sidentiel.

Je pars vers l’est voir un grand parc qui porte le mĂŞme nom que le quartier. Du reste il y des tonnes de lieux ici qui ont /arakawa/ dans le nom.

Dans une première partie du parc, il y a 2 cygnes qui vivent en permanence sur un Ă©tang. Des groupes d’enfants de maternelle n’ont d’yeux que pour eux. Tous les enfants ici portent des casquettes colorĂ©es, jaunes, rouges, etc., pour savoir qui est Ă  qui, pouvoir repĂ©rer facilement les Ă©garĂ©s et que les accompagnateurs cornaquent les groupes. Je demande Ă  des enfants quel est le mot en japonais en montrant un cygne. C’est Hakuchou. VĂ©rification faite le mot s’Ă©crit avec les idĂ©ogrammes pour “blanc” et oiseau”. Une certaine logique. Mais ça marche pas pour Corbeau.

Un écriteau informe que les deux cygnes s’appellent Léo et Sakura. Il y a une astuce pour distinguer le sexe de ces 2 cygnes, sans se tromper.

La femelle s’appelle pas Léo.

Un autre jardin connexe est fleuri avec des installations sportives. Et des statues Ă©tonnantes en bronze. comme celle-ci appelĂ© (par moi) “maman, arrĂŞte de dĂ©conner”.

Courts de Tennis, piste de course, terrains de baseball, Waiwai Pool (Je sais pas c’est quoi). On peut admirer des vieux faire du Tai Chi, ou juste lentement des Ă©tirements, la distinction est pas facile quand c’est pas Michele Yeoh ou Jet Li qui font les mouvements.

Quand j’arrive au bord de la rivière, je me rends compte que c’est n’est pas l’Arakawa, mais la Sumida. Qui donne son nom au roman de KafĂ» Nagai. PĂ©dant peut-ĂŞtre, mais dans ma grande bontĂ© je vous instruit. Si dès fois vous passiez Ă  Question pour un Champion et que ça tombe, je prendrai quelques tomes de l’encyclopĂ©die.

Je persiste en allant vers le nord pour rejoindre la bonne rivière, encore bien loin. Je fais un crochet pour voir un sanctuaire shintĂ´, le Senju, perdu au milieu de ribines sinueuses. Au contraire, un peu plus tĂ´t j’avais vu l’entrĂ©e d’un autre sanctuaire, en bordure de 2×4 voies. Au Senju, tous les fumeurs du coin se sont rĂ©unis près d’un distributeur. Ils doivent parler de choses qui les concernent: Clan, Riz-la-croix, cancer, hypertension et passage en 2030 Ă  un euro la sèche en France…

ArrivĂ© enfin sur les bords de l’Arakawa, je constate que les berges sont très larges. Promeneurs, joggereurs, veloteurs y passent, et il y a des lycĂ©ens qui viennent de finir leur entrainement de baseball, assurĂ©ment plus pratiquĂ© ici que la pĂ©tanque, ou l’aqua-poney. C’est probablement encore plus populaire que le foot.

Sous aucun pont je n’aurai croisĂ© Nino et Kou du manga/anime bien barrĂ© Arakawa Under the Bridge.

Après avoir marchĂ© une quinzaine de kilomètres avec chaque pieds (ce qui fait 30 en tout!!), je me dirige vers la TĂ´kyĂ´ Sky Tree, qui prĂ©sente l’avantage d’ĂŞtre facile Ă  repĂ©rer, 2 fois la tour Eiffel. J’avais vu qu’Ă  cĂ´tĂ© se trouvait le sanctuaire de Takagi, hop petit dĂ©tour.

En plus de sa couleur inhabituelle, le pourpre plutĂ´t que le vermillon, le symbole du temple est… l’onigiri, cette boulette de riz simple, Ă©lĂ©ment de base de tout casse-croute nippon.

Les arrangements de cailloux en forme d’onigiri sont trop drĂ´les, surtout quand on a les codes des expressions faciales de manga, qui augmente encore la parĂ©idolie.

C’Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©tonnant d’associer un truc de bouffe Ă  la religion shintĂ´, mais cela prend une autre dimension: Takagi, le nom du temple, est Ă©galement le nom d’une hĂ©roĂŻne d’un manga appelĂ© Karakai jĂ´zu no Takagi-san, et bien le sanctuaire s’associe bien volontier Ă  cet Ă©lĂ©ment de la pop-culture.

Ce manga est une pépite: drôle, feel good, touchant.

Demain, dernier jour complet de ce dixième voyage au Japon. Celui-ci a manquĂ© de temple bouddhique, je vais essayer d’y remĂ©dier, je ferais moins les magasins.

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Sagamiko

Hier je me suis rendu pour la première Ă  Ginza. C’est une sorte de Shibuya moins bouillonnant, pour les vieux (25 ans et plus). Et c’est Ă  peu près tout, une journĂ©e extrĂŞmement calme.

Ce matin je prĂ©voyais de visiter Sagamiko, ville un peu plus loin que le Mont Takao, puis faire dans l’après-midi son ascension. C’Ă©tait sans compter sur de gros retards et des annulations de trains sur la ligne Chûô, directe depuis la gare de Tokyo jusqu’Ă  Sagamiko. D’après Navitime, l’application que j’utilise pour savoir quels trains prendre, il y a des inspections sur les voies, qui commencent cĂ´tĂ© capitale pour progresser vers l’ouest… le sens qui m’intĂ©resse . Je change mes plans pour commencer par Takao, car on peut s’y rendre avec une autre compagnie, il faut juste d’abord aller Ă  Shinjuku. Que de temps perdu.

De retour donc au mont Takao, pour la 5 ou 6eme fois. La descente étant plus difficile pour ceux qui ont les genoux en mousse, je monte à pied en prévoyant d’user de télécabine pour raccourcir la descente. J’ai entendu merci? Ah oui, ce dont mes rotules qui me parlaient. De rien.

Je connais bien le chemin et, sans être blasé, je passe moins de temps à admirer les différents temples sur le chemin. Mais un peu quand même.

En haut, on le voit. Le Fuji-san, enfin: depuis le mont Takao c’est une première me semble-t’il. Comme toutes les automnes, il y a beaucoup de monde, et du randonneur Ă©quipĂ© comme pour un grand sommet avec une lampe frontale de l’eau et des vivres pour 3 jours des toilettes portables, une fusĂ©e de dĂ©tresse, une bombe au poivre contre les ours, bien sĂ»r un tĂ©lĂ©7jeux, et un couteau au cas oĂą il se coince entre deux rochers et doive se couper un bras… jusqu’au gars en tongs avec une poussette et son teckel, tous sont très souriants.

Lors de ma descente, un enfant qui monte demande Ă  ses parents “mieru ka?” pour savoir s’il verra le Fuji. Je lui montre mon pouce levĂ©. T’inquiète le mioche, tu te seras pas fait iech pour rien.

Je vĂ©rifie, la ligne Chûô est toujours perturbĂ©e, mais plus sur le tronçon qui m’intĂ©resse. Je peux donc me rendre Ă  Sagamiko Ă  prĂ©sent.

Sagamiko se trouve en bordure du Lac Sagami, Ă  vingt minutes Ă  peine de l’autre cĂ´tĂ© du mont Takao

De loin, il n’est pas aussi impressionnant mĂ´ssieur Takao, avec ses 600 mètres. En fait mĂŞme pas, 599 le nul. Sur la photo suivante il est d’autant moins impressionnant qu’il n’apparait pas, Ă©tant complètement de l’autre cĂ´tĂ©.

On trouve quelques bateaux sur le petit port du lac, mais principalement des pédalos-cygnes à louer. Le truc dans lequel seuls les enfants vont, ou les jeunes qui sortent ensemble pour la première fois, parce que la fille “trouve ça kawaii” et que le mec suit car il a envie de ken.

Cela dit, avec Valentine, on avait vu Ă  Ueno un mec seul, en chemise, qui devait avoir un sĂ©rieux besoin de dĂ©compresser, ou alors s’entraĂ®nait-il en vue du meeting 2015 de “PĂ©dalo acrobatique François Hollande” Ă  Brive la Gaillarde.

Le coin est quasi-dĂ©sert, j’irai jusqu’à dire quasi-dĂ©saffectĂ©. Manque juste qu’un virevoltant ne traverse en roulant.

Par contre, le local oĂą on achète les billets de pĂ©dalo est dans un hangar qui s’avère ĂŞtre une caverne d’ Ali Baba pour qui aime le vintage, car s’y trouve une petiote salle d’arcade poussiĂ©reuse. Elle s’est spĂ©cialisĂ©e dans les bornes sans joystick et ses boutons habituels, mais avec un moyen de contrĂ´le alternatif. Cela aurait bien plus Ă  mes collègues Pascal et Laurent.

La plupart des jeux disponibles ici sont prévus pour être joués à deux.

Final Lap (1987), jeux de course, avec deux sièges baquets et deux volants. Il Ă©tait mĂŞme possible de jouer Ă  8 en reliant 4 bornes! Celui-lĂ  il est HS donc on pourrait jouer qu’Ă  6.

Un classique Taiko no Tatsujin (2001) jeu de rythme où on tape sur des tambours. à côté un Gunbarl (1999), jeu de tir au pistolet optique.

Une borne Densha de Go 2 (1999), oĂą on conduit un train avec manette des gaz et frein. Le jeu est très populaire au Japon. Il existe sur consoles modernes, et il faut pour bien faire un contrĂ´leur spĂ©cial qui coĂ»te cher et ne peut servir Ă  rien d’autre. Encore un jeu de course, en Ă©tat de marche lui, Battle Gear 2 (2000).

Les bornes les plus originales, dont j’avais jamais entendu parler: Final Furlong (1997), jeu de course… hippique! On va d’avant en arrière sur le canasson pour avancer, on tient les rĂŞnes pour diriger et il y a un bouton pour donner un coup (virtuel) de cravache. A cĂ´tĂ©, Ă©galement QLB (Quoi La Baise, francisation de WTF), Rapid River (1997). Il s’agit lĂ  de descendre des rapides assis Ă  deux sur un raft, en utilisant des rames mĂ©caniques devant soi.

A l’arrière une borne de boxe Hajime no Ippo (un gĂ©nial manga de 1989 toujours en cours de parution après 140 tomes). Le combat se dĂ©roule sur l’Ă©cran, mais pour controler les coups, on frappe une cible devant soi en enfilant des gants. Ca doit sentir le rat mort dedans.

Il y a aussi des manèges, dont un train sur lequel jusqu’Ă  3 enfants peuvent s’assoir et pour 100 yens ressentir les frissons de leur vie, Ă  tourner Ă  2 km/h sur des rails faisant un rond.

Plus intĂ©ressant des flippers verticaux (Pachinko) du dĂ©but des annĂ©es 90. C’est moins tape Ă  l’oeil que maintenant oĂą on se croit Ă  Vegas.

Ahurissants, plusieurs UFO Catcher (Machine à pinces), dont un de 1985, le deuxième modèle sorti. Ils ont aussi le 7ème.

J’ai apprĂ©ciĂ© de passer dans cette ville de Sagamiko. Pas pour les raisons que j’avais imaginĂ©, mais pour ce cĂ´tĂ© hors du temps. Il y a des randonnĂ©es Ă  faire par ici, et un parc d’attraction qui a la rĂ©putation d’ĂŞtre un peu dans son jus. Et quand la nuit tombe, il y a des illuminations qui sont parait-elles superbes.

Au retour je m’arrĂŞte Ă  Nakano Broadway, lĂ  oĂą est mon meilleur “coin Ă  champignons” de Kit-Kat, mais je ne trouve rien que je n’ai dĂ©jĂ  dans la valise. Il y a moins de boutiques pour Otaku masculin qu’avant je trouve. Au moins les femmes, surtout de type Fujoshi, ont toujours le quartier d’Ikebukuro. Le 4ème Ă©tage est carrĂ©ment vide. Dans un Mandarake (nom de boutiques d’occasion) spĂ©cialisĂ© dans les vieilles revues, certains Animage et Newtype anciens dĂ©passent les 5000 yens. Pas encore de quoi ĂŞtre riche, mais je ne vais pas jeter tous ceux que j’ai Ă  la maison (bon d’accord, stockĂ©s chez mes parents).

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Takasaki

Il y a encore un an je ne connaissais pas l’existence de Takasaki, puis j’ai lu Ă  son sujet et eu une furieuse envie de dĂ©couvrir cette ville: C’est proche de TĂ´kyĂ´, c’est la campagne autour d’une grande ville, et c’est l’endroit d’oĂą est originaire le Daruma.

Le shinkansen entre TĂ´kyĂ´ et Nagano/Kanazawa s’arrĂŞte, après moins d’une heure, Ă  Takasaki. Je descends du train avec marquĂ©s dans mon fidèle carnet Rhodia (un par voyage au Japon, ça fait un souvenir en plus d’ĂŞtre utile Ă  la prĂ©paration) 3 lieux accessibles Ă  pied pour la journĂ©e.

Je commence par aller voir une statue bouddhique gĂ©ante, et pour chemin je choisis de passer par des sentiers et des escaliers plutĂ´t que la route. Je passe se faisant sous une porte de temple dont j’ignore le nom.

Dans les escaliers, je croise un club d’athlĂ©tisme de lycĂ©ennes, et deux profs qui les chronomètrent alors qu’elles enchainent des montĂ©es d’escaliers. Elles ont la niaque. Toutes me disent bonjour les unes après les autres, sans doute surprises de me croiser, et amusĂ©es de me voir reprendre mon souffle très souvent. Je pense que c’est un club exclusivement fĂ©minin mais je vois ensuite deux garçons plus jeunes, comme en première annĂ©e de lycĂ©e, KĂ´hai (junior) de ces valkyries, qui ont l’air de ne pas pouvoir suivre leur rythme. Je me sens moins seuls. Je pense que ce sont eux qui portent les bouteilles d’eau.

Du reste, Takasaki a l’air d’ĂŞtre un repère de sportifs. J’y rencontre beaucoup de joggers et de cyclistes Ă©quipĂ©s façon Jalabert (ouais bon j’ai arrĂŞtĂ© de suivre le tour de France, je connais pas les nouveaux).

Je continue à monter quand victoire le chemin débouche sur un parking.

Et je vois apparaĂ®tre la grande statue de Kannon. Contrairement Ă  ce que son nom laisse penser, ce n’est pas la dĂ©esse de la guerre. Rien Ă  voir avec les Tancs, et les Calashnikov. Non, c’est la dĂ©esse bouddhiste de la compassion. Du haut de ses 42 mètres, elle a l’air de compasser.

Quand j’arrive Ă  ses pieds, je remarque qu’elle a de gros orteils, mais surtout qu’il y a un joli temple, le Jigen-In.

On peut monter au sommet de la statue. C’est la première fois que j’entre dans une dĂ©esse (j’entends Ă  14000 kilomètres Guillaume crier “Titre!”) qui ne soit pas une CitroĂ«n.

L’accès coĂ»te 300 yens, mais la guĂ©rite oĂą on peut acheter son ticket s’avère vide. La porte en est ouverte, mais personne. Alors que je suis sur le point de poser l’argent et de continuer en fufu, un papy se pointe en courant et en s’excusant. Il place en Ă©vidence un panneau qui je pense veut dire “je reviens de suite” et qu’il avait oubliĂ© de mettre pendant sa pause pipi.

Encore des marches. J’ai comptĂ©, il y a en exactement: Beaucoup trop. En vrai c’est un demi phare d’EckmĂĽl, ça va. On voit au loin des sommets enneigĂ©s. Ici c’est peut-ĂŞtre le mont Haruna.

La statue qui compasse est quand mĂŞme impressionnante, je craignais que ce soit un peu cringe, mais absolument pas.

L’endroit est magnifique, et il y a Ă©tonnement peu de monde (plus que sur les photos, Ă©videmment j’attends et cadre spĂ©cifiquement pour pas qu’on les voit, c’est le jeu).

Je m’offre une pause matcha danns une petite Ă©choppe bucolique tenue par baba sympa. Tout est dĂ©corĂ© avec soin mais aussi un chouia d’ostentation. On peut se poser face Ă  la nature, on n’entends que le bruit des oiseaux, et des mecs assis Ă  cĂ´tĂ© qui rotent et qui pètent. Mais lĂ  y’en avait pas, juste des oiseaux.

Deuxième point d’intĂ©rĂŞt dans mon carnet, le sanctuaire shintĂ´ Gunma-ken Gokoku, dĂ©diĂ© aux morts Ă  la guerre. La date est passĂ©e, mais reste encore des traces des festivitĂ©s de Shichi-Go-San cĂ©lĂ©brant le passage Ă  3, 5 et 7 ans des enfants.

Encore un peu plus d’une heure de marche et j’arrive enfin au Shorinzan Daruma-ji, le temple des darumas. Ce sont des figurines en papier, en forme de tĂŞte, qui sont peintes, sauf initialement la pupille des yeux. En plus d’ĂŞtre kawaii tout plein, ils ont une utilitĂ© pour peu qu’on adhère Ă  une croyance. On peut faire un voeu au moment ou on peint une des pupilles d’un daruma achetĂ© dans un temple, et on le conserve bien en Ă©vidence chez soi. Cela sert Ă  ce que l’on n’oublie pas son voeu, et cela peut avoir la vertu de nous encourager Ă  le rĂ©aliser, si c’est en notre pouvoir. Si le voeu se rĂ©alise dans l’annĂ©e, alors on peint l’autre pupille. Si ce n’est pas le cas, on peut l’envoyer au temple afin qu’il soit brulĂ© avec d’autres lors d’une cĂ©rĂ©monie annuelle.

Mode premier degrĂ©: Une superstition plutĂ´t sympathique, Ă  mon avis, mais seulement si elle s’arrĂŞte Ă  des voeux tels que “je veux avoir mon bac”, sur lequel nos actions seules ont un impact. Le daruma, s’il n’est pas ramassĂ© dans un tiroir mais est visible, peut nous rappeler cet objectif et constituer un encouragement. Si le voeu est “j’veux pas que mon papa i meure” c’est tout de suite pas sympathique du tout.

Le temple en expose de toutes les tailles. Ils ont les deux pupilles peintes donc ceux-ci ne semblent pas destinés à la crémation, mais renfermaient un voeu réalisé.

Encore des tapis de feuilles de Gingko. J’en croise tous les jours. Et oui Sophie je ramène une feuille.

Je rĂ©cupère ensuite le train depuis la toute petite gare de Gumma Yawata, avec ses vitraux darumesques. Il n’y a qu’un train par heure pour Takasaki, mais que ça fait du bien d’ĂŞtre assis (sur des napperons en laine) après tant de crapahutage.

Au retour, je m’arrĂŞte Ă  Ueno pour une première chasse au kit-kat dans la capitale. Bilan: 19 sachets ou boĂ®tes, qui s’ajoutent Ă  la bonne quinzaine trouvĂ©s Ă  KyĂ»shĂ». Le Japon est aussi touchĂ© par la shrinkflation. Le prix n’a pas changĂ©, mais les sachets passe de 10 Ă  9 kit-kats. Je suis surpris qu’il n’y ai pas un “Nouveau: format malin” dessus pour faire passer ça pour une bonne nouvelle. On nous prend faut pas dĂ©conner dès qu’on est nĂ©, pour des cons.

Très très bonne pioche que Takasaki. Il y a d’autres trucs Ă  voir dans la ville, et c’est aussi un grand hub ferroviaire. Certainement un endroit oĂą poser sa valise quelques jours, nudge-nudge say-no-more.

Demain: rien, nada, zilch. Jeux video & lessive

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KĹŤrakuen

Après une nuit dans un super ryokan à Kurashiki, un peu loin de tout, sans être à la campagne, je prends vers midi le train pour Tōkyō. Assez de temps pour revoir le Kōrakuen, magnifique jardin et joyau de la ville d’Okayama.

Il est Ă©tendu et ressemble assez Ă  celui de Kanazawa, en plus ouvert. Comme toujours, l’entretien est impeccable. Il y a tellement de personnel entre les gardiens, plusieurs personnes au guichet (malgrĂ© les distributeurs de ticket) et tant de jardiniers,.. Ça doit coĂ»ter bonbon/un bras/une couille/une fortune/sa mère/cher Ă  faire tourner. Le tarif d’entrĂ©e est assez modique au cours du change actuel (3€) mais les produits dĂ©rivĂ©s, les salons de cafĂ©/thĂ©/matcha et Ă©vĂ©nements nocturnes saisonniers doivent complĂ©ter les revenus.

Il y a un couple, jeunes mariĂ©es probables, dans de beaux kimono, ombrelle pour elle, pour la belle, Ă©ventailli pour lui, pour le ??? <trouver un truc en i et mettre Ă  jour le post parce que pour l’instant je trouve pas crotte ça m’Ă©nerve quand c’est comme ça>. Ils se font photographier devant tous les jolis points de vue du jardin. Il y en a PlĂ©thore.

SĂ©parĂ© du jardin par la riviere Asahi, le château de Kanazawa semblant rire derrière sa moustache “ahah essayez de m’attaquer sales envahisseurs, j’espère que vous avez votre brevet de natation!”

Dans le long shinkansen (400m pour 16 wagons) je m’amuse toujours autant du balai des contrĂ´leurs Ă  l’entrĂ©e et la sortie de chaque wagon. Demi-tour-courbette-demi-tour. Leur formation doit inclure un module spĂ©cial, genre entrainement de l’oreille interne par monsieur Miyagi.
Ce vendredi, c’est la plus belle vision du Fuji, clair et enneigĂ© que j’ai jamais vu du train, malheureusement sans ĂŞtre du bon cotĂ© (sièges E!).

Installation dans le quartier de HamamatsuchĂ´ que je favorise maintenant depuis quelques voyages, dans un nouvel hĂ´tel très cosy, son personnel gĂ©nial, son espace cafĂ©t avec boissons gratuites en journĂ©e, une chambre Ă©tonnement grande associĂ© avec une vue sur un mur très beau (non, mĂŞme pas). Et un positionnement dĂ©veloppement durable. Quand on fait 14 heures d’avion pour venir ça donne meilleure conscience. Ça compense peut-ĂŞtre la première seconde de roulement sur la piste avant le dĂ©collage.

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Kurashiki

Ce matin comme d’habitude entre deux “camps de base” distants, je confie ma valise au bon soin d’un transporteur pour les recevoir dans 2 jours Ă  Tokyo. Les tarifs ont salement augmentĂ©s, mais c’est d’un tel confort…

Pour remercier l’employĂ©e de l’hĂ´tel du temps qu’elle a consacrĂ© Ă  m’aider Ă  remplir le formulaire rose et Ă  Ă©changer au tĂ©lĂ©phone avec l’hĂ´tel destination, je lui remets un petit sachet de caramels. En premier elle refuse, Ă©videmment, et lĂ  je sors ma botte secrète (c’est figuratif, j’ai pas sorti une botte jaune de pĂŞcheur breton cachĂ©e sous des algues au fond de mon sac): Il suffit de rajouter Minna no tame ni, ce qui veut dire que c’est pour tout le monde, l’ensemble du personnel. Elle ne peut pas refuser, alors que sa collègue Kasumi-san salive Ă  cĂ´tĂ© sous son masque.
“Ah merde c’est pas que pour moi alors le cadeau de ce blanc?”. Ben fallait pas dire non pour commencer, cocotte. Note Ă  Marina: Il faut indiquer ce qu’il y a dans la valise. J’ai mis fringues et bonbons.

Allégé, je dis alors au revoir à Fukuoka. “Fukuokan au revoir!” crie-je intérieurement, sinon les gens se seraient retournés. Hop, je saute dans le Shinkansen jusqu’à Okayama, une heure avant Ōsaka. Puis un train local vers Kurashiki, dans ses environs.

Le quartier de cette ville qui attire le plus de visiteurs est proche de la gare, mais je choisis d’aller d’abord voir un sanctuaire que j’ai repĂ©rĂ© Ă  1h de marche au milieu d’une zone verte dans googlemaps. Je vois qu’au loin dans la direction oĂą je vais il y a un bonne grosse colline.
Pourvu que ce ne soit pas en haut.

C’Ă©tait en haut.
Je ne croise ni âmes qui vivent, ni âmes en peine. On voit bien la ville de lĂ , de son cĂ´tĂ© le moins flatteur. Par contre je suis surpris de la taille de la ville, je pensais qu’elle Ă©tait plutĂ´t petite, mais fait plus de 400,000 habitants (Okayama qui lui est collĂ© en fait 4 fois plus).

Ensuite je me rends dans le quartier historique, Bikan. L’aimant Ă  touriste. MĂ©lange d’ambiance Edo avec un cĂ´tĂ© occidental mĂŞlĂ©.

Je commence par le minuscule musĂ©e Karakuri de MomotarĂ´. Le karakuri c’est l’art des marionnettes mĂ©caniques, dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans le billet consacrĂ© Ă  la ville de Chiran. MomotarĂ´ est lui un hĂ©ros folklorique local. Son nom est la concatĂ©nation de Momo pour pĂŞche et TarĂ´ pour garçon. Beaucoup de gâteaux goĂ»t pèche et/ou en forme de popotin en vente dans le quartier.

Quasiment en face, Ivy Square, un endroit improbable ici reprenant le dĂ©cor d’une grande usine faite de briques, aux murs couverts de lierre. Un beau jardin, un grand patio, un beau Lawson dĂ©corĂ© pour ĂŞtre dans le ton. Lawson Ă©tant la chaine de Comibi qui vend le meilleur truc au monde: Le doramocchi-anko-whip, une sorte de kouign fourrĂ© de pâte de haricot rouge japonais (sucrĂ©) et crème fouettĂ©e. Fuck la pèche. Dans le quartier on peut aussi louer des kimonos une heure ou deux pour dĂ©ambuler dans les environs.

Le quartier est lui traversĂ© de canaux qui Ă©voquent Venise si on une tendance Ă  l’exagĂ©ration (sur les forums de jv soutenus on dit hyperbole) car c’est large comme 8 baignoires Jacob Delafon.
Ces canaux m’Ă©voquent Otaru, jolie ville d’Hokkaido.

C’est extrĂŞmement photogĂ©nique.


Ce soir dodo dans un lieu qui n’a pas Ă©tĂ© facile Ă  trouver…

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Takachiho

Après la journĂ©e Ă  Usa, je dĂ©cide de me rĂ©inscrire Ă  l’excursion dont j’avais ratĂ© le dĂ©part. Mais en me promettant de garder les deux yeux fixĂ©s sur la montre,

Je ne suis pas très friand de faire des sorties avec un groupe hĂ©tĂ©rogène d’inconnus, Ă  suivre en lemming un porteur de drapeau colorĂ© avec un gilet jaune, mais il s’agit d’aller au nord de la prĂ©fecture de Miyazaki, voir des gorges qu’il est compliquĂ© d’atteindre sans passer une nuit proche ou sans vĂ©hicule. Et vu la route, c’est moyen sĂ©rieux si on n’est pas du coin!

C’est donc au sein d’un groupe d’une vingtaine de personnes, majoritairement jeunes et chinoises que je prends le car. Le dawa: il y a une quinzaine de dĂ©parts de cars en mĂŞme temps, chacun avec son groupe qui cherche oĂą est bus et oĂą est le guide et le guide qui cherche oĂą est son groupe.
La guide de la journĂ©e est chinoise, mais elle fait aussi les annonces dans un anglais impeccable. Le chauffeur est impayable, Ă  mette des masques diffĂ©rents Ă  chaque halte. Il n’y a pas de relous dans le groupe (ou alors c’est moi?).

La route que nous prenons passe tout près du mont Aso, côté sud, m’offrant un angle différent.

Nous faisons un premier arrĂŞt au sanctuaire Kamishikimi Kumanoimasu, qui bien que possĂ©dant beaucoup de syllabes est un petit autel, en haut d’un escalier de 260 marches en pierre. Tout a fait charmant et Ă  l’Ă©cart. Sa notoriĂ©tĂ© a explosĂ© après qu’une mangaka de Kumamoto y ait placĂ© l’action d’un manga, adaptĂ© ensuite en dessin anime. C’est la dessinatrice du renommĂ© Natsume YĂ»jinchĂ´ / Le Pacte des Yokai.

J’aurai tant aimĂ© dĂ©couvrir cet endroit sous la pluie pour magnifier davantage encore cette ambiance nĂ©e des vieilles pierres des marches et des lanternes, de la mousse, des feuilles tombĂ©es, de toute la vĂ©gĂ©tation. Luxuriante dit-on.

Encore plus haut une grande cavité creusée dans un rocher nommé Ugetoiwa, qui aurait été faite par un démon à coup de pieds (il chaussait pas du 2), dit-on.

Ensuite, nous entrons dans la préfecture de Miyazaki. Nouvel arrêt pour le repas à Takachiho, admirer le sanctuaire Amano Iwato dedié à Amaterasu, la déesse du Soleil et ancêtre de la famille impériale, dit-on.

Ici le lieu mythique n’est pas en haut d’un escalier, mais en bas d’un escalier. C’est un petit autel et son torii dans une caverne. Caverne dans laquelle Amaterasu se serait cachĂ©e, plongeant le monde dans les tĂ©nèbres, dit-on.

Tout autour de petites pierres plates empilĂ©es forment des silhouettes humaines ou autres, selon l’inspiration et le talent des artistes improvisĂ©s de passage. On retrouve ça un peu partout dans le monde, mais ici c’est encouragĂ©.

Vu qu’il doit bien faire 5°, pour me rĂ©chauffer je m’offre une petite glace locale Ă  la mangue locale Ă©galement, avant que nous ne rejoignons la dernière Ă©tape, les gorges de Takachiho.

Elles sont très diffĂ©rentes des gorges de Geibikei, dĂ©couvertes il y a deux ans avec ma daronne. LĂ  oĂą ces dernières Ă©taient larges et longues, lĂ  il ne s’agit que d’une ouverture dans la roche, de largeur très variable, mais creusĂ©e sur une hauteur impressionnante. Et on remercie et on applaudit le mont Aso pour ton activitĂ© volcanique. On peut s’approcher d’une cascade nommĂ©e Minainotaki, en ramant soi-mĂŞme avec ses bras sur des barques Ă  louer. Ă€ Geibikei nous Ă©tions mus en paquet de 20 sur une barge par un batelier-chanteur Ă©quipĂ© d’une perche. Le bâton, pas le poisson ou la rĂ©gion.

C’Ă©tait la dernière journĂ©e de ces deux semaines Ă  Ă©cumer KyĂ»shĂ». Demain, train pour Okayama, une petite halte avant de finir par quelques jours Ă  TĂ´kyĂ´.

un petit gingko.gif maison.

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Usa

Le fail du voyage. Je quitte ma chambre ce matin, large en temps (et en fesses) avant un rdv pour le dĂ©part de l’excursion du jour. 30 minutes pour prendre le petit-dĂ©jeuner, puis 15 minutes de marche, easy. Mais alors que j’envoie quelques messages Ă  l’ami William, je rĂ©alise qu’il est 8h et que le rdv n’est pas dans 45 min mais… passĂ© de 15! En courant vite c’est mort. Et très très mort mĂŞme en courant très très vite.

MĂ©langer 8h et 9h, je me dis que je suis quand mĂŞme con (je suis grossier et me tutoies pendant mes monologues intĂ©rieurs). Je passe alors le temps du petit dĂ©jeuner Ă  regarder sur mobile, vu qu’il y a Internet sur les tĂ©lĂ©phones maintenant, ce qu’il y a alentours dans mes listes personnelles de POIs -Points of Interest- sur Google Maps. Je dĂ©cide d’aller Ă  Usa. Ou ça? Oui.

Le premier train n’Ă©tant pas pour sitĂ´t, je prends une rĂ©servation pour Nakatsu, toute proche, et j’y fais un petit tour en attendant un train local.

Nakatsu possède un château plutĂ´t chouette. Il n’est pas d’époque, mais reconstruit from scratch il y a 60 ans, en recrĂ©ant son aspect extĂ©rieur connu.

Plus loin il y a la rĂ©sidence Fukuzawa. maison oĂą a vĂ©cu Yukichi Fukuzawa, un Ă©rudit du 19e siècle ayant parcouru le monde, de Washington, Paris, Londres Ă  St Petersbourg. Reconnu comme le plus grand spĂ©cialiste de l’occident de l’Ă©poque, il publie sur le sujet et a une grande influence pendant la restauration Meiji. Il fonda aussi une des plus grandes universitĂ©s Japonaise encore prestigieuse actuellement. LE GOAT. Si ça se trouve il Ă©tait bon Ă©galement en point de croix.

En retournant Ă  la gare prendre le train pour Usa, je traverse le plus triste shĂ´tengai, ces rues commerçantes couvertes, que j’ai jamais vu: La plupart des stores baissĂ©s, partout des magasins dĂ©saffectĂ©s, deux boutiques de chaussures proposant des modèles des annĂ©es 90, et une boutique de fringues, dont je n’ai pas regardĂ© l’intĂ©rieur de peur d’apercevoir une personne momifiĂ©e derrière le comptoir.

Ă€ Usa, je veux voir le complexe shintĂ´ de la ville, le HachimangĂ», Ă  plus d’ une heure de marche de la gare. Ne sachant pas comment est la route (et quand il n’y a pas de trottoir c’est pas la joie de marcher le long d’une route japonaise), je prĂ©fère prendre un taxi Ă  l’aller. Aucun problème finalement, ce n’Ă©tait pas une route de campagne. En me dĂ©posant le chauffeur en gant blanc m’indique la station de taxi et l’arrĂŞt de bus, de l’autre cotĂ© de la route. Je lui dit que je reviendrai en marchant si j’ai le temps. Je devine qu’il se fait un pari intĂ©rieur, et son acquiescement souriant est comme un “jamais tu le fais gros”.

Avant le premier torii, un alignement de boutiques de produits locaux et des restos avec des menus aux couleurs passées. Le Hachimangû fête cette années ses 1300 ans et a toujours eu un lien important avec la famille impériale japonaise.

C’est un vaste lieu, avec de larges allĂ©es sĂ©parant diffĂ©rents lieux de cultes et pavillons. Une sĂ©rie d’escaliers dĂ©serts grimpent Ă  travers la forĂŞt jusqu’Ă  d’autres autels excentrĂ©s. Il y a Ă©galement un terrain pour des dĂ©monstrations de Yabusame (archerie montĂ©e). J’aimerai bien un jour assister Ă  un tel spectacle.

Il y a 2 étangs bien aménagés, mettant en valeur les bâtiments qui se trouvent à côté, reliés par de jolis ponts arrondis traditionnels.

Ce n’est pas sans Ă©voquer un instant l’image du pavillon d’or, en moins opulent, moins tape-Ă -l’oeil, moins bouddhiste et moins frĂ©quentĂ©.

Le sanctuaire principal est entourĂ©s d’arbres magnifiques. On retrouve Ă©videmment les murs d’Emas en bois, mais aussi des gourdes accrochĂ©es. Les gourdes sont considĂ©rĂ©es comme porte-bonheur, ici on peut en plus y placer son voeu.

Pour prier devant un autel shintĂ´, le fidèle tape deux fois dans ses mains. Ici est une exception, il est d’usage de le faire quatre fois. J’avais dĂ©jĂ  rencontrĂ© cette particularitĂ© au Izumo Taisha.

C’Ă©tait une belle dĂ©couverte pour moi. Du reste, je n’ai pas l’impression que ce sanctuaire soit très touristique, malgrĂ© l’importance qu’il reprĂ©sente visiblement au Japon, eut rapport Ă  la famille impĂ©riale.

Au retour Ă  la gare, avec 10 min de d’avance sur le train retour, je suis déçu que le taxi driver du midi ne soit pas lĂ . J’aurai aimĂ© le toiser et envoyer un coup de menton dans sa direction, comme pour demander “t’es deg?”.

Evidemment, la ville d’Usa joue Ă©normĂ©ment sur son nom. Sur une colline au loin sont placĂ©s 3 lettres blanches gĂ©antes U, S et A façon panneau Hollywood. Et dans la gare, leur panneau a des airs de bannière Ă©toilĂ©e.

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Aso

Le mont Aso est une gigantesque caldeira faisant 120km de circonférence. Au milieu, le Nakadake, un de ses pics, possède un cratère fumant rivalisant avec Sakurajima au titre de plus actif du Japon. La caldeira du mont Aso s’est formée assez récemment, moins de 300,000 ans avant la naissance de Mamie Chéng.

De nombreux villages sont établis au sein du mont Aso, le principal est Aso. C’est astucieux d’avoir utilisé le même nom.

On a une impression assez vertigineuse en arrivant au Nakadake, visuellement on rĂ©alise que les montagnes distantes forment un cercle tout autour de nous, dĂ©limitant une zone qui s’est effondrĂ©e lors d’une Ă©ruption. C’est ça une caldeira (mais je ne suis pas un spĂ©cialiste du tout).

Le cratère au milieu fait 600 mètres de large et fume en permanence, ce qui pas bien. Il fume d’ailleurs beaucoup aujourd’hui, mais par instant se calme et expose le vert pale de son fond acide.

Les visiteurs qui ont 25000 yens en trop, et de la patience en trop aussi (longue est la file d’attente), peuvent faire 10 minutes d hélicoptère pour voir le cratère d’en haut. Ça fait 15€ la minute.
Les 5 premières minutes Ă©tant sans doute consacrĂ©es aux annonces de sĂ©curitĂ©, les 2 suivantes Ă  aider mamie ChĂ©ng, 89 vĂ©nĂ©rables printemps Ă  boucler correctement sa ceinture de sĂ©curitĂ©. MalgrĂ© cela en vol elle fait tomber son sac Montbell qui Ă©tait tout vert. Sa bouteille de thĂ© glacĂ© betterave-rhubarbe roule par terre et se niche sous la pĂ©dale de frein de l’hĂ©lico. Le pilote a l’habitude de transporter des mamies ChĂ©ng, par chance personne n’a Ă  s’éjecter. Les 2 dernières minutes du vol sont ensuite consacrĂ©s au dĂ©briefing et au remplissage du formulaire de satisfaction. Exceptionnel, Formidable, Très bon ou juste Bon. Ă€ la case “remarques” mamie ChĂ©ng, qui portait un t-shirt Bodycount, se plaint d’avoir gâchĂ© son ice tea.

Pas besoin de vol en hélico pour apprécier de se trouver là, sous un temps magnifique en plus.

Le voisinage du cratère est scindĂ© en plusieurs zones. L’accès Ă  la zone A, la plus proche, n’est que très rarement autorisĂ©. Toutes les autres zones Ă©taient ouvertes aujourd’hui, comme le sac Montbell de mamie ChĂ©ng! Sur place il y a un système de 4 couleurs, façon feu de circulation (ou TLP si on bosse dans la sĂ©cu), indiquant Ă  chaque changement de zone si on peut passer. Cela est mis Ă  jour toutes les 30 minutes, en fonction de la quantitĂ© de gaz sulfurĂ© et du vent. Cela peut-ĂŞtre dangereux en plus de sentir mauvais. Un site de mĂ©tĂ©o volcanique affiche Ă©galement ces informations C’est du web “à la japonaise” qui semble dater de 1996, manque juste construc.gif, les vieux de l’Internet comprennent.

Chose impressionnante aussi, la présence de bunkers tous les 80m, où se réfugier si ça pète. En cas de petite éruption seulement, on imagine bien.

Entre le sakurajima en activitĂ© qui a clouĂ© aux sols les avions 4 jours avant que j’ arrive Ă  Kagoshima, Kirishima fermĂ© et la vision du mont Aso, c est quand mĂŞme incroyale comment ici on arrive Ă  vivre avec le risque sismique omniprĂ©sent, et la rĂ©silience pour toute reconstruire, si jamais…

Il y a une surveillance stricte des changements.

Au niveau du cratère, il y a juste un petit parking où des navettes font des va-et-vient plus bas vers une aire de parking plus vaste avec de la restauration et des boutiques. On peut aussi marcher assez ses pieds entre les deux zones. J’imaginais qu’il y aurait eu une forte affluence, mais ce n’était pas le cas, même pour un dimanche. Les parkings n’étaient pas à moitié remplis.

La petite ville d’Aso, Ă  une vingtaine de kilomètres, possède un sanctuaire shintĂ´ parmi les plus vieux du japon. Bien sĂ»r il a Ă©tĂ© plusieurs abimĂ© et reconstruit, comme en 2016 lors d’un tremblement de terre important.

A l’intérieur un gingko majestueux autour duquel s’est formé un majestueux tapis de majestueuses feuilles jaunes. Majestueux avec des érables rouges et des pins verts.

Avant de rentrer heureux d’avoir enfin pu voir le mont Aso. Pour varier du parfum matcha, c’est softcream kinako (soja grillé), aussi bon que cette journée loin de Fukuoka.

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Shimonoseki & Moji

Le dĂ©troit de Kanmon sĂ©pare HonshĂ», l’Ă®le principale du Japon, et KyĂ»shĂ» au sud. D’un cĂ´tĂ© la ville de Shimonoseki, de l’autre Moji. Un pont et un tunnel les relient. Ma journĂ©e commence Ă  Shimonoseki. Devant la gare on devine le quartier corĂ©en au niveau de la Busan Gate, plutĂ´t bof. Et rien Ă  voir avec Solo Leveling, le cĂ©lèbre manhwa.

Pour avoir une vision des alentours, je monte en trichant, aidĂ© d’un providentiel ascenseur, en haut de la Yume Tower ou “la tour des rĂŞves”, sans dĂ©conner on est Ă  Barbie Land. La tour possède une plateforme d’observation Ă  plus de 100m.

Longeant le port, je passe devant d’anciennes bâtisses, tel un ancien consulat britannique. Faut croire qu’ils ne mangent pas que du rosbif, mais du boeuf en sashimi aussi.

Puis on arrive sur un front de mer touristique, avec des restaurants de fruits de mer, principalement non cuits. Le poisson globe, ou Fugu ici, est Ă  l’honneur, Shimonoseki est la ville fournissant le plus ce poisson au marchĂ© Japonais. Il est de tous les menus, faisant au passage gonfler la note. Le fugu est connu pour ĂŞtre dangereux Ă  la consommation, mortel mĂŞme, s’il n’est pas prĂ©parĂ© comme il faut.

Mais pour manger du fugu, ou tout type de poisson cru, mieux vaut aller plus loin, jusqu’au marchĂ© aux poissons de Karato. LĂ , c’est joyeusement bordĂ©lique. Disparues les files d’attente ordonnĂ©es, on se croise dans tous les sens sous les cris des harangueurs. La concurrence est rude, les prix sont Ă  peu près les mĂŞmes partout.

Je goĂ»te debout Ă  un Ă©tal quelques sashimis de Fugu. L’apparence est extrĂŞmement jolie, et c’est bon, mais pas non plus exceptionnel Ă  mon palais. Je suis loin d’ĂŞtre un fin connaisseur cela dit. Un peu plus tard je me fais une petite sĂ©lection de sushis Ă  emporter que je mange dehors, comme des centaines d’autres personnes qui ont eu la mĂŞme idĂ©e.

Non loin il y a un temple shintĂ´ assez original, le sanctuaire d’Akama.

Je continue ma progression en direction du lointain pont routier entre les deux Ă®les, jusqu’Ă  passer dessous

On ne peut pas franchir ce pont autrement qu’un voiture, mais un peu plus loin se trouve l’entrĂ©e d’un tunnel routier Ă  60m sous le niveau de la mer. Il existe Ă©galement un tunnel ferroviaire Ă  un autre endroit.

Le tunnel routier ne permet pas aux piétons de longer les voitures, mais on peut marcher quelques mètres EN DESSOUS: Un tunnel pour piétons, et deux roues, pour relier entres elles deux îles du Japon, impossible de passer à côté.

Le tunnel n est pas si impressionnant, et nous sommes plusieurs dizaines de personnes dedans. Les cyclistes doivent pousser leur vĂ©lo (Sujet de philo, un cycliste poussant son vĂ©lo n’est-il pas qu’un piĂ©ton qui pousse un vĂ©lo?) Chose Ă©tonnante, le tunnel a beau faire des centaines de fois la longueur du passage rive droite sous le pont de Recouvrance, il pue pas le pipi.

Il y a un panneau indiquant comment appeler la police en cas de besoin, listant les raisons de le faire: On vous a volĂ© quelque chose. OK. Vous trouvez un objet suspect. OK. Vous avez perdu ou trouvĂ© quelque chose. OK malgrĂ© la redondance. Vous ĂŞtes perdu. Heu… quel est le fuck? C’est un tunnel. C’est une ligne droite. Il y a 2 extrĂ©mitĂ©s.

Si on ne s’est pas perdu, du cĂ´tĂ© Kyushu, on ressort au port de Moji, un quartier de Kita-KyĂ»shĂ». Il y a frĂ©quemment des fusions de villes aux Japon, Moji est une ancienne ville dont le port fut très important.

Je pourrais faire des blagues comme “Moji tĂ´t”, “Moji Moji j’Ă©coute”, “Moji offrirait des perles de pluie”, mais ça ferait rire surtout Philippe de l’autre cotĂ© de l’Atlantique nord, et FrĂ©dĂ©ric de l’autre cĂ´tĂ© de la Marne (si loin, si proche). S’ils ne se connaissent pas, ils sont unis sous la bannière “plus c’est con, plus c’est bon”.

Moji c’est bien charmant, plus calme et plus prĂ©servĂ© que Shimonoseki. Je me fais doubler par un train touristique assez cool. Il y a de longues allĂ©es et lĂ  aussi d’anciens Ă©difices conservĂ©s, comme un bâtiment des douanes de l’Ă©poque Meiji. Et il y Ă©galement foule sur le port par ce beau samedi, mais ce n’est pas aussi trĂ©pidant qu’autour du marchĂ© au poisson d’en face.

Au retour à Fukuoka, je fais quelques emplettes alors que se déploie un marché de Noël devant la gare. Il est bien festif, et pas que pour les enfants.

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