Pour cette journée, de la pluie était prévue sur l’ouest du Japon: Que je reste à Kyôto ou que je bouge, je m’exposais à un temps peu propice aux visites en extérieur. C’est donc assez débilement que je suis parti vers Hiroshima (80% de chance de pluie). après 2h de Shinkansen et 25 minutes de train local, j’arrive en face de l’île sacrée de Miyajima. Le temps est couvert, mais ça tient. La traversée en ferry est rapide, est à peine débarqués nous sommes accueillis par des daims, qui pullulent ici, que ce soit sur la plage ou dans les montagnes. La plupart du temps ils ignorent les humains. Ils ont raison les cons.
Après une visite du sanctuaire Itsukushima, un temple “les pieds dans l’eau”, et la traversée du parc Momijidani, je prends une remontée mécanique, puis finit par gravir les derniers hectomêtres vers le mont Misen, point culminant de l’île. Le temps change alors, et c’est sous la pluie que je fais la descente pédestrement. Pendant une heure, je ne croise personne sur le chemin -pas même un daim-, c’est impressionant.
Ce n’est pas une Nikko non plus (cf ici), la pluie ne tombe pas drue, et sur la fin de parcours, moins casse-binette, je sors mon parapluie-300円-de-chez-Family-Mart. J’arrive alors au temple bouddhiste Daisho-In. J’ai passé 5 heures sur Miyajima, et je suis ravi de ce trek.
De retour à Hiroshima, sans plan, je galère un peu pour trouver le parc mémoriel de la Paix, établi à côté du dôme exactement au dessus duquel la bombe a explosé… ce pourquoi la structure a un tant soit peu resisté. Le parc est très émouvant, et que dire alors du musée. Jamais je n’ai participé à une visite de la sorte. Les yeux sont humides du début à la fin, et tout n’est que silence et retenu. Avec un message positif: reconstruction, espoir.
Je connaissais l’histoire de Sadako Sasaki, et à présent elle est gravée dans ma mémoire jusqu’à la mort. Ou alzheimer.
Après si poignante expérience, je n’ai plus trop envie d’aller voir le château d’Hiroshima, je retourne donc tranquilement vers la gare, où de toutes façons j’ai réservé mon billet retour. Je traverse pour cela d’immense rues bigarrées et animées, pleine de néons et de vie. Arrivée à Kyôto vers 22h, j’ai les jambes en compottes et de nouveau beaux souvenirs, et de tristes aussi.
Enfin, finalement j’ai eu raison de faire ALL IN sur Hiroshima ce matin, pas sûr qu’un autre jour eût été davantage propice, si je puis me permettre un subjonctif capelloïque.


















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