À Nagasaki, dernier jour sur Kyûshû

Les superlatifs manquent pour exprimer la chaleur en ce jour. Disons que mes coups de soleil ont attrapés des coups de soleil. Je viens de rentrer d’une journée passée à Nagasaki. En l’absence de Shinkansen (c’est prévu pour 2022), on s’y rend par un train méga classe, de nom et de look: Le Kamome. Intérieur cuir de série.

Nagasaki est un port, bordé de colline. Un téléphérique permet de monter en haut du mont Inasa. La vue de jour malgré la brume de chaleur est sympa, de nuit cela est paraît-il magique. À mon avis ça ne vaut pas la vue du mont Hadokate.

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De l’autre côté, à l’ouest, on voit la mer de Chine. Dans la cabine de téléphérique, à l’aller, je me trouve seule avec la jeune et charmante préposée aux commentaires. En plus d’assurer la sécurité, le rôle de cet emploi typiquement japonais est de commenter le trajet. Ce qui peut donner quelques chose comme: Désolée de vous avoir fait attendre, nous allons partir. Attention au démarrage, restez assis. Le mont Inasa fait 333m d’altitude, nous l’atteindrons en 5 minutes. À votre gauche se trouve le musée de la paix. À votre droite se trouve le port, nananinanana. Nous allons bientôt arriver. Nous sommes arrivés. Attention à votre tête. Merci d’avoir choisi ce téléphérique, à bientôt. Tout ceci avec des tournures de phrases extrêmement polies. Son boulot n’est pas palpitant. Toutes ses phrases sont scriptées, et alternent avec une traduction enregistrée dans la langue de George Bush, qu’elle déclenche avec une télécommande.

Mais aujourd’hui, c’est parti en sucette: La jeune et charmante demoiselle s’est emmêlé dans son speech en sautant des phrases. La traduction en anglais ne correspondait donc pas. Une fois, elle s’excuse, deux fois, elle bafouille. Puis prends le parti d’en rire. À l’arrivée nous sommes tous les deux pétés de lol. C’était surement un égarement lié à la chaleur, ou alors à mon mojo.

Notez: Cet emploi existe à plein d’endroit. Par exemple dans les ascenseurs des gratte-ciels ouverts au public disposant d’une terrasse observatoire. Un employé, généralement un modèle féminin, accompagne les gens qui prennent l’ascenseur en déclamant le même genre de script. À longueur de journée.

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Je sais que la suite de la journée sera moins désopilante, puisque je me rends au musée de bombe atomique. Ça commence intensément avec une première salle recréant l’ambiance de la ville avant le bombardement. Dans cette salle on entend un tic-tac stressant et incessant. La seconde salle expose des vestiges retrouvés après le bombardement: Tôles tordues, bouteilles fondues, et une horloge ravagées, arrêtée sur 11:02. Le tic-tac a disparu.

Les photos et vidéos montrant les ravages et les victimes sont évidemment difficiles à supporter, mais ce qui mouille le plus les yeux sont les nombreuses retranscriptions de témoignages recueillis peu après la bombe. Surtout auprès d’enfants.

J’ai aussi appris qu’une partie non négligeable de la population de Nagasaki était catholique. Et que de très nombreux coréens, enrôlés façon STO, avait péri pendant le bombardement.

Comme pour le musée à Hiroshima, un espace est consacré à la prolifération des armes nucléaires jusqu’à nos jours: Nombres d’ogives, nombres d’essais, tonnages. La France est super bien placée. Allez les bleus!

Le parc de la paix, proche, est plus joyeux, avec de nombreuses statues offertes par différents pays, et des grues en papier, Sadako Sasaki oblige. Des ouvriers s’affairent à monter des gradins: Les commémoration sont dans 3 jours.

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À la fin de la journée, je me suis rendu au sud de la ville, via un tram bondé, au temple Sukufuji. Il s’agit d’un temple bouddhiste zen. Oui, mais d’origine chinoise. Celui lui confère un look tout particulier. Par contre le gars qui vendait les billet à l’entrée ressemblait tellement à Anthony Wong que j’avais l’impression qu’il était des triades.

La ville de Nagasaki est vraiment très jolie, dommage de n’avoir pas prévu plus de temps à lui consacrer. Il faudra revenir à Kyûshû de toutes façons, avant 2022. Demain journée consacrée au trajet pour Tôkyô, à 1100 km de là.

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3 Responses to À Nagasaki, dernier jour sur Kyûshû

  1. Ravi d’avoir été invité à partager ce voyage à travers ton site. Le Japon est fascinant à mes yeux et certainement une future destination de voyage une fois mon projet fini. Je m’attarderai plus longtemps sur tes articles. Merci encore.

  2. Fabrice Bazard's avatar Fabrice Bazard says:

    Le Japon, quel pays fantastique ! En tout cas cet article donne envie de le découvrir et toutes mes félicitations pour ton site. Je vais le parcourir avec plaisir.

  3. Un beau récit de voyage d’un pays merveilleux, contrasté et d’une richesse exceptionnelle, bravo Fred 😉

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