Je repose enfin les pieds sur l’île de Miyajima, 4 ans après ce qui fut une des plus belles journées passées à voyager Japon. Le torii marin, symbole de ce lieu de pèlerinage pour beaucoup, est une des 3 vues les plus célèbres du Japon. Ce n’est pas volé.
Immédiatement après avoir acheté beaucoup beaucoup d’eau nous entamons la montée vers le point culminant de l’île, qui offre une magnifique vue sur la baie de Hiroshima. Après un peu de grimpette tranquilou, une remontée mécanique nous rapproche du sommet. Plus nous prenons de l’altitude, plus nous distinguons la baie et ses nombreuses îles.
La station finale de la remontée mécanique est à 30 minutes de marche du sommet. Alors que nous rachetons quelques boissons supplémentaire, le distributeur nous prodigue un encouragement pour cette marche, en plus du traditionnel merci. Sympa comme tout cette machine.
Comme nous le laissait présager un dessin marrant, ce n’est pas 30 minutes faciles. On accuse carrément le coup, moi et pote le chiffon à sueur. On fait souvent des pauses lui et moi, en utilisant mon stratagème breveté de faire semblant de prendre des photos pour juste récupérer. Par contre Valentine ne paraît pas affectée par les marches qui s’additionnent.

En montant, nous rencontrons un daim isolé, bien loin de ses congénères qui affectionnent les abords du débarcadère car ils y trouvent facilement à manger. On en a vu un, en débarquant, chiper le plan de l’île qu’un étourdit tenait à la main. Sachez-le, ça peut vous servir un jour à Questions pour un Champion, le Daim est un gros morfal qui se nourrit même de papier.
Avant le sommet, passage par un pavillon bouddhiste qui abrite une flamme mythique, allumée par Kûkai himself, et qui dit-on ne s’est pas éteinte depuis 1200 ans. La légende dit que l’eau bouillie sur ce feu peut guérir tous les maux. Mais fait-elle de meilleurs Ramen?
À la manière d’un cierge dans une église, on peut acheter une bougie et y marquer un souhait, une prière, avant de l’allumer et de la laisser là. Valentine sacrifie à cette tradition.
Un peu partout par terre se trouve de petites figurines de Jizô en pierre pas toujours sérieuses, et souvent affublés d’accessoires.
Arrivés au sommet, nous prenons quelques minutes pour récupérer et nous émerveiller du décor autour. Ainsi que manger une barre énergétique car notre indicateur de charge interne clignotait. Comme chemin retour, je propose à Valentine celui qui passe par le temple bouddhiste Daishô-in: Motivée.
Sur les 2 heures de chemin pour atteindre le temple, nous n’aurons été dépassés que par une personne, et n’auront croisé qu’une poignée de courageux montant par là. Une américaine qui demande si c’est encore loin. Sorry, but… yes. La descente offre de bien beaux panoramas.
Le Daishô-in est composée de multiples bâtiments entrelacés d’escaliers qui cassent les jambes.
L’heure tourne, il est plus 16h quand nous redescendons vers le temple Shintô qui fait face au torii dans la mer, le sanctuaire d’Itsukushima. Les bâtiments sont tous sur pilotis, mais à marée basse, ce n’est pas la même ambiance vénitienne.
Quand nous reprenons le ferry pour revenir sur l’île d’Honshû, nous avons très peu de temps pour arriver avant la fermeture du musée mémoriel de la paix d’Hiroshima, à 18h30. Impossible de trouver la ligne de tramway adéquate, on doit se rabattre sur un taxi, car je tiens à ce que Valentine puisse voir le musée. Le chauffeur est sacrément dur de la feuille. J’ai beau lui parler à 5cm des escalopes, il faut répéter plusieurs fois. Il me montre un papelard avec ses destinations les plus fréquentes pour que je confirme le nom du doigt. Papelard qu’il scrute en conduisant, pile devant ses mirettes. Donc entre lui et la route. Donc entre NOUS et la route. On arrive néanmoins en deux morceaux respectifs 40 minutes avant la fermeture, et 10 avant que les portes d’entrées ne ferment.
Le musée est en travaux, avec des exposition moins vaste qu’il y a 4 ans, mais il prends toujours aux tripes avec la même de force. Nous ne trainons pas trop ensuite sur le parc qui fait face au musée. Demain c’est la commémoration des 70 ans de l’explosion et il y a une répétition protocolaire. Valentine passe voir le lieu consacré à Sadako Sasaki.
Nous sommes tous les deux complétement crevés de la journée quand nous nous réfugions dans le premier restaurant d’Okonomiyaki disponible, au 2ème étage d’un bâtiment. Nous sommes chaleureusement accueillis dans ce resto à l’évidence tenu par une famille. Il est 19h30 et de la journée nous n’avons mangé que des barres énergétique et des viennoiseries. Vraiment pas bien géré de ma part, mais notre appétit n’en est que décuplé. Encore un plat japonais dévoré par Valentine, avec les baguettes. Je ne peux finir ma “Supeshiaru” (“Special” en anglais japonais).
Il nous faudra prendre 2 tramways et le train avec un changement à Ôsaka pour revenir à notre base Kyôtoïte à 23h30. Avec de la caféine et quelques louzous pour tenir le coup. Ce fût une journée marquante mais aussi très fatigante. Pourtant Il me semble que plus la fatigue est grande, plus le billet écrit est long. Ce n’est pas logique. À moins que ce ne soit le signe qu’il y a matière à raconter.
Bref, demain c’est grasse mat’.
C’est toujours un plaisir de lire les aventures de Fred au Japon. Elle en a bien de la chance Valentine ! Tu ne voudrais pas adopter une autre filleule ?
Profitez en bien.
Merci pour ton commentaire Annaïg, à+