Himeji est un des lieux touristiques incontournables du Japon, pour son grand et majestueux château blanc. Son image est probablement connue de toutes personnes préparant un voyage au Japon. Proche de Kyôto et d’Ôsaka, c’est une excursion idéale à la journée.
Mais Himeji est également sur le chemin entre Shikoku, que je quitte avec de bons souvenirs, et mon prochain “camp de base”. Un premier train me fait enjamber la mer intérieure de Seto pour arriver à Okayama, à 20 minutes à peine d’Himeji en train rapide. Dès ma montée dans le Shinkasen, je remarque dans le wagon plus d’occidentaux que je n’en aperçus ces 5 derniers jours. Shikoku est à l’évidence peu populaire. La barrière de la langue y est plus haute, mais c’est je pense plus une conséquence qu’une cause.
Le château d’Himeji est visible au loin à peine sorti de la gare. La rue qui y conduit est large, dégagée, et pile dans l’axe. Il faut marcher un quart d’heure en passant devant une multitudes de boutiques inhérentes au tourisme de masse. À savoir souvenirs et restaurants qui vont dans l’ordre du meilleur au pire, du restaurant un peu classe, au restaurant sans chichi, à la gargote peu engageante et à une franchise de Subway. Au centre d’une large enceinte murée, le château trône en hauteur. On peut le visiter et monter au sommet, pour se faire une idée de comment que c’était avant. À l’entrée de la zone payante on annonce: Temps d’attente: 0 minutes. Sans grouiller de monde, les rues de la ville et la zone devant le château étaient plurbantes. Plurbant ça n’existe pas, mais je n’ai pas trouvé de mot approprié pour dire que ça grouille un peu mais pas trop quand même.



Laurent m’avait prévenu, l’intérieur de château est assez vide. Il manque des panneaux explicatifs, des dioramas, etc. Mais y monter est assez casse-figure, les escaliers sont abrupts et il y a peu de place à mesure que l’on grimpe jusqu’au sixième “étage”. Ce serait ingérable pour le flux des visiteurs. lors des jours de grande affluence, s’il y avait d’avantage de raison de s’arrêter. Himeji all the people!
On peut également visiter une très longue coursive construite sur le mur ouest des remparts. Et là on trouve justement moult explications sur différents aspects du château: son histoire, ses défenses, l’histoire de la princesse Sen et ses différentes restaurations. Entre 2009 et 2015 le château a été rénové de fond en comble, et pendant ces travaux, bien qu’ouvert au public, il n’offrait pas la même splendeur que maintenant. C’est pour cela que j’avais fait l’impasse lors de mes précédentes incursion au pays du Sumo, des Geisha, du Sudoku, de Dragonball et des clichés.
Quasiment collé aux douves du château, existe un beau jardin récemment créé, puisqu’il a moins de 30 ans: Le Kôkoen. Il est découpé en une douzaine de zones thématiques que l’on visite l’une après l’autre par le chemin proposé. En cette saison il est le théâtre d’une représentation de couleurs automnales plus vives que celles observées sur Shikoku. Je ne sais pas si le pic est atteint ici pour 2019, mais ce n’est même pas sûr.



La saison des cerisiers doit être superbe dans ce jardin, et autour du château, mais le rouge des érables (momiji) en automne est superbe également. Dans le Kôkoen se trouve une bâtisse traditionnelle où l’on peut déguster un matcha (thé vert de cérémonie) dans un cadre magique. Une partie du jardin n’est visible que depuis ce lieu. Les 3 femmes en jolis kimonos préparant et servant le thé et la petite douceur de circonstance que l’on déguste avant et pendant que l’on boit le vert nectar (enfin nectar… c’est un goût acquis, pour certains ça sent le poisson), font la conversation avec leurs convives. Il y a également une famille japonaise et une famille de français. Moment frustrant quand alors que je parle avec l’une des “serveuses” (faute de meilleur terme), je suis incapable de comprendre une phrase pourtant en anglais. Phonétiquement cela donne nodoru temple fire. “nodoru” prononcé avec le son ‘u’ et pas ‘ou’. Cela restera un mystère. Ma meilleure piste serait “les nouilles du temple sont épicées”. Peut-être. Un moine a le droit de poivrer son ramen.
Bonne pioche que de s’être arrêté l’espace de 5 heures à Himeji. Un peu plus loin se trouve le mont Shosha et un temple qui valent d’y consacrer une visite, Himeji va donc rester dans la case mentale ‘à (re)faire’.
Et ce soir je suis arrivé à Tottori. Et oui ahahah Totoro qu’est ce qu’on rigole. Rien à voir. L’hôtel s’appelle le “Super Hotel”. C’est très très présomptueux.