Dommage pour la blague, cette article aurait pu s’appeler “le musée déraille” mais la forme étant revenue ce serait mentir. La ville de Saitama au nord-ouest de Tôkyô, fait encore partie de sa banlieue. S’y est implémenté le Tetsudô Hakubutsukan, ou Railway Museum. On va dire plutôt comme ça, puisque c’est également son appellation officielle.
Le train est direct entre Shinjuku et Saitama. Le musée n’est ensuite qu’à 2km. On peut continuer sur le même moyen de transport: Un train local à la ville, permet de joindre le musée en 3 minutes, celui-ci possédant de son propre arrêt sur cette ligne. Ce train, sur pneus au passage, s’appelle le New Shuttle. Et je vois que ça fait 30 ans qu’il existe. QUESTION: N’est il pas temps de renommer ce train en juste “Shuttle”? Ou au moins dans un premier temps “Decently Recent Shuttle”? ou “Shuttle previously known as New Shuttle?”
Le ticket d’entrée pour le musée n’est pas un simple papier que l’on donne à l’entrée pour compostage ou coupage en deux, nous laissant à l’issue de la visite avec un demi bout de papelard froissé. Et cette terrible incertitude sur son devenir: Le conserver? comme les autres, et les plans, et les fascicules remis dans les temples et autres musées, et le ramener en France dans une pochette “Japon 2019” que peut-on on rouvrira un jour? Ou le jeter? Et ben dans ce musée, mazette, la question ne ce posera pas: Là on nous émet carrément une carte sans contact (je paye l’entrée avec via ma Suica, une autre carte sans contact, si c’est pas méta) spéciale pour le musée. Juste pour passer le portique de sécurité de gare genre, on change de monde. Et ça marche, nom de nom.
Le logo du musée, sur la partie basse de la carte est superbe de simplicité. Et ça ,tu l’habites, rajouterais Alain Chabat (ouais, c’est mieux avec cette orthographe).

Dimanche, alors évidemment pléthore d’enfants accompagnés de leurs mamans. Les papas, dans ce musée, étant eux-même des enfants, cela fait généralement des petits groupes de 2 ou 3 enfants. Mais PLEIN. Très japono-japonais, le train c’est un thème tellement important, une institution ici que les visiteurs domestiques noient dans leur volume les visiteurs étrangers. Le musée est du reste peu accessible aux étrangers, je ne sais même pas si il y a un audio guide (j’aime pas ça de toutes façons), probablement une appli mobile au moins, mais je préfère une traduction “in-situ”, difficile à bien concevoir évidemment, sans prendre trop d’espace.
Ce que je retiens surtout, c’est un wagon de l’époque des premières rames de Shinkasen, où l’on peut s’assoir. Force est de reconnaitre que ça reste confortable même pour nos standards fessiers plus évoluées. Là, une dizaine de grands écrans tactiles que l’on peut utiliser assis, s’ouvraient sur de la documentation hyper fournie sur une vingtaine de thème. Enormément de photos, et tous les textes étaient traduits nickel. Je pense être resté assis là plus d’une heure. Pas facile toujours de rester concentré assis dans ce wagon, que tout le monde vient traverser au moins une fois. Sauf les enfants, qui veulent le traverser dix fois. Ça inclue les enfants qui portent des grelots, et qui courent. Oui, dans une famille, l’un ou l’autre, ou les deux parents, on trouvé judicieux d’accrocher un grelot à chaque de leur DIX MILLE mioches. Ils étaient peut-être plus. C’est quoi le but? Il y a pas d’ours à Saitama. Ils ont peur de les perdre? Aucun risque avec ou sans gling-gling ils braillent comme des veaux. Ils m’ont fait penser à un certain fichier audio utilisé dans des canulars familiaux…
J’ai eu confirmation qu’avec l’ère des trains rapides s’est terminé les rejets, directement sur la voix, des déjections des toilettes des wagons. Avec de plus en plus d’habitations proches des gares, et la vitesse rendant totalement hors de contrôles les trajectoires de ce qui tombe du train… Un jour un mec est arrivé dans un bureau où des ingénieurs désoeuvrées devaient jouer au tarot: “Eh les binoclards, j’ai un sujet pour vous. Le caca”. Ils ont bossés dur. Le stockage dans des réservoirs initialement ne permettait pas à une rame de pouvoir tenir sur une journée de trafic, il fallait changer les réservoirs plusieurs fois, et donc avoir des rames en plus. La technologie évolue aussi sur ces sujets à la fois rigolo, puisqu’il y a du popo, et sérieux, puisqu’il y a du popo.
Sur un autre sujet, ou je suis moins sur d’avoir tout bien retenu, la couleur blanche des shinkansen a aussi été rendu possible par des évolutions technologiques sur les peintures, pour être moins rudoyées par les trajets salissants pour le “bas de caisse” notamment avec le noircissement consécutif à l’usure des disques de frein.
Après cette excellente visite au musée, je pars à l’autre bout de la capitale, au pied de la Tokyo Sky Tower, dans la grande galerie marchande Solamachi où tous les jours ça doit débiter des millions de yens. Mais c’est un spot sûr aux goods Pokémon. Le temps évoluant, ce n’est pas pour le neveu qui avait 4 ans quand j’ai fait mon premier voyage, mais pour sa troisième petite cousine qui a découvert Pikachu et Sacha.
C’est de base un univers plus intéressant et riche que Patte patrouille. Pas moins mercantile assurément. Dans le magasin, pas trop de personnes âgées cependant, alors qu’énormément de “vieux” jouent à Pokémon Go sur téléphone un peu partout. Ils doivent garder les sous pour faire des micro-achats en jeu. Donc pas trop croisé de mamies, je n’ai pas eu de nouvelles pastilles pour la gorge, et pourtant elle tousse encore et encore.
Je vais une fois cet éditeur fermé cogiter au programmes des 3 derniers jours. En fonction de la météo, j’aimerai repartir un peu marcher dans la nature, demain ou mardi. Le mercredi mon passe de train ne sera plus valable, donc pas de destination lointaine. Mais là, ma to-do list is empty.
Oh et Pascal: je m’avance peut-être mais trop tard, je te ramène LE goodie qui associe bon goût, rétro, documentaire, durabilité, utile.
Oh, et la carte IC émise comme ticket d’entrée dans le musée? Et ben il faut le restituer à la fin. J’ai vraiment été bête pour croire qu’il était à nous. Dommage, j’aurai volontiers payé plus cher pour le conserver! Du coup je n’ai même pas de petit papelard froissé à mettre dans la pochette “Japon 2019”.


