Ômiya est un arrondissement de la ville de Saitama, au nord de Tôkyô. Nous y passerons notre dernière journée au Japon avant de retourner au pays d’Hanouna. C’est aussi le pays de Descartes, sacré grand-écart intellectuel.
Nous commençons par aller visiter le Musée d’art du Bonsaï. Notez bien que l’on ne dit pas Bonzaï. La signification littérale du mot est “arbre en pot”.

C’est un petit musée, qui débute par une partie explicative sur l’histoire de la pratique (ça vient de Chine, comme énormément de chose assimilé ensuite par le Japon), la nomenclature, les principes de réalisation, des conseils pour en apprécier la beauté, etc. J’étais loin de m’imaginer la somme de travail nécessaire pour obtenir et surtout conserver un bonsaï.
De nombreux bonsaïs incroyables sont ensuite visibles à l’extérieur. Certains spécimens sont estimés à plusieurs centaines d’années!


Alors que nous finissons la visite par une exhibition sur l’histoire des bonsaïs (Chine, Japon puis à l’international), le gardien du musée vient me montrer des petites fiches en anglais: “donnez-moi vos billets, si vous voulez, je vais faire de l’origami pour vous”. Ma mère s’étonne qu’il veuille nous contrôler. “Non, tu vas voir, il va te faire un cadeau.”. Et le gentil gardien de plier son billet pour le transformer en un joli cœur de papier et de lui expliquer qu’en Japonais ça se dit Kokoro. J’hésite à ramener ma science et à lui dire que j’ai lu Sôseki. Il se met ensuite à plier mon billet, et, l’espace d’un instant alors que j’essaie de deviner ce qu’il plie, je crains qu’il ne sois en train de me confectionner un pénis en papier. Mais non, c’est une chemise. Ouf.

Si le musée du Bonsaï se trouve dans à Ômiya, c’est parce cet endroit est lié à cet art depuis un siècle. Après le grand tremblement de terre de 1923, beaucoup d’amateurs, souvent riches, s’y sont regroupés au sein d’un “Bonsai Village“. Avec un mini règlement pour en faire partie: posséder 10 bonsaïs au moins, ouvrir son jardin au public, etc. Cela existe encore de nos jours, et aux alentours du musée on peut voir des jardins incroyablement bien entretenus. Nous visitons le Seikouen. Ce groupement d’arboriste expose et loue(!) ses modèles.

Nous faisons ensuite un tour dans le grand parc d’Ômiya, pour admirer les arbres non miniatures (dont de gigantesques ginkgos au feuillage jaune) au son des clameurs du stade de Baseball attenant.

Dans l’enceinte du parc, se trouve le sanctuaire shintô de Hikawa. En plus des traditionnels Ema (tablettes en bois) accrochés pour que les Dieux lisent et exaucent le vœu écrit dessus, je découvre la variante Fukuro Ema: Elles sont en papier, et enveloppées dans un petit sac coloré, également accroché. Les Dieux pouvant lire à travers le sac.


Nous avons la chance de passer alors que se déroule des événements autour du Shichi-Go-San (voulant dire “7-5-3”), une fête pour les enfants de 3, 5 et 7 ans. On voit ainsi énormément de gamines kawaii et de gamins kakkoii, souvent en habits traditionnels, poser fièrement le temps d’une photo officielle avec leurs parents, fiers aussi.
Et alors que nous repartions, nous croisons à nouveau, après Kamakura, une petite procession, à l’occasion d’un mariage shintô.


Voilà une journée qui conclut un voyage formidable, sans impondérables, effectué en bonne compagnie. C’est sans regrets que je rentre au pays de Didier Raoult (et d’Alain Aspect, sacré grand écart là aussi).