Busshozan

Busshozan est un quartier bien au sud de Takamatsu, à quelques stations du centre sur la ligne de train pour Kotohira.

Mes souliers m’amènent d’abord voir le sanctuaire Tamura, complexe shintô construit autour du thème de l’eau de source.

Tout autour d’un majestueux dragon, auquel on peut faire des offrandes en -fausses- pièces d’or, se trouvent d’innombrables statues, dont beaucoup sont dédiées aux animaux du zodiaque japonais (saru, inu, ebi…). Mais pas que… on y trouve: tanuki… aux bourses bien pleines, étalon très très en forme, phallus, etc. C’est amusant mais un peu too much, ça a un petit côté parc d’attraction kitsch (probablement assumé).

Mitoyen du Tamura-Jinja, se trouve le plus sobre temple bouddhiste numéro 83 dans l’ordre du pèlerinage autour de Shikoku (qui en compte 88): L’Ichinomiya-ji. A l’entrée se trouve une borne indiquant le temple précédent et le suivant avec la distance. Je pense que les pélerins actuels, comme celui vu sur la photo à travers la porte disposent à présent de google maps.

J’ai déjà pas mal marché pour venir ici, et je me rends compte qu’une gare toute proche porte le nom du temple. C’est malin, vérification faite, je suis descendu 2 arrêts trop tôt. Pour me rapprocher du temple Hônen-ji, ma prochaine destination, je reprends le train pour Busshozan. Pris d’un doute sur le fait d’être sur le bon quai, je pose la question à un jeune homme qui attend aussi son densha. Dès que je l’interroge, je vois instantanément toute trace de vie s’éteindre sur son visage. Il bredouille un truc, mais il a carrément rebooté en mode sans échec, sans les drivers pour comprendre sa propre langue. Un /se[x|pt]agénaire/ lui sauve la mise en me confirmant en anglais “it’s two stations”. Il y avait longtemps que je n’avais pas croisé un japonais à ce point anxieux qu’un occidental lui adresse la parole. Je commence toujours par “ano… sumimasen / euh… excusez-moi” mais même là ça l’a fait vrillé.

Une fois repassé par la gare de Busshozan, je vais au sud-est rejoindre un étang à côté duquel s’élève le Hônen-ji. Il n’a pas de numéro de dossard, lui, ne faisant pas partie du pèlerinage circulaire traditionnel. Il ne faut toutefois pas y voir une seconde division.

J’imagine que les pèlerins peuvent faire un petit crochet lors de leur périple pour voir les autres temples périphériques. Celui-ci est caractérisé par une pagode à 5 étages et un grand cimetière qui monte jusqu’en haut d’une colline.

Pour finir cette visite des environs, je me rends aux bains publics du coin, le Busshozan Onsen. Cela faisait longtemps que je ne m’y étais pas adonné. Après s’être déchaussé on achète son billet d’entrée sur un distributeur, avec les différents éléments dont on a besoin. Je n’ai pas d’affaires de toilette avec moi, mais ça s’achète aussi. Qui une serviette de bain, qui une serviette de visage, qui une serviette de toilette.

Comme les autres fois, il faut passer outre la dissonance cognitive initiale: “oui, je suis à oilpé assis sur mon tabouret à me savonner des pieds à la tête à côté d’autres gus” avant de plonger dans les bains. Je passe une bonne heure en tout, à passer par les différents bassins. Tous sauf un, qui aura été squatté du début à la fin par 4 probables habitués qui en avaient fait leur base. L’onsen est plus petit que ce que je ne pensais, mais je passe un bon moment. Une fois sorti, je bois beaucoup et m’offre un Tamago Udon sur place.

Je reviens ensuite dans le centre de Takamatsu pour flâner dans les nombreux shôtengais, ces galeries commerçantes couvertes, vu que dès demain déjà je quitte la ville.

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