Kokura, Cartographie et toilettes

Mauvais temps ce matin sur Beppu et tous les environs. Heureusement, dans ma liste de points de chute dans cette éventualité, il y a une ville possédant 2 musées pouvant m’abriter: Kitakyûshû, au nord de Kyûshû. C’est d’ailleurs littéralement ce que son nom signifie. Au menu du jour: Un musée du manga et le Toto Museum, du nom de la marque ayant créé les washlets, qui font l’intérêt des toilettes japonaises.

Après 80 minutes de train, c’est sous un crachin inoffensif que j’arrive dans le centre. La gare de Kokura est immense et s’ouvre coté sur un bâtiment original, celui de la branche Kyûshû de la NHK. Il y a l’air d’avoir une gallerie commerciale mitoyenne, je m’y dirige pour dégoter un parapluie. À l’intérieur je tombe sur un magasin, avec de beaux articles, celui du “Musée Zenrin” dont je n’ai jamais entendu parler. Renseignement pris, Zenrin est une compagnie nationale spécialisée dans la cartographie. Et le musée retrace l’histoire des cartes du Japon. Ça a l’air intéressant, et c’est dans le même bâtiment, 13 étages au dessus. Hop, changement de programme, je vais commencer par ça.

Et ce fut si intéressant que cela durera deux heures! Il y a une partie sur les cartes du monde et de l’Asie, et se focalisant de plus en plus sur le Japon. De l’antiquité avec les cartes d’Eratosthenes jusqu’à celles de Mercator et autres productions d’explorateurs européens.

Mais la partie la plus passionnante documentait la façon dont un certain Inô Tadataka a cartographié minutieusement le Japon en dirigeant une équipe de géomètres à partir de 1800, initialement sur ses propres deniers, jusqu’à son décès en 1818. Son équipe achèvera le travail 3 ans plus tard.

Petit musée, mais riche. Compliqué toutefois il y a beaucoup de chose à lire. Un site donne heureusement les explications en anglais, on ne peut y accéder qu’en venant du wifi interne au musée. Vive le deep web. Le personnel du musée était absolument adorable, jusqu’à me ramener les 100 yens de la consigne de bagage (que je croyais payante) jusque dans l’ascenseur.

Le temps d’un rapide ramen à moins de 1000 yens, et direction le musée Toto, en passant par le parc du château de Kokura.

Toto a été fondé ici, à Kitakyûshû. L’entreprise est implantée sur une sacrée surface dans la ville, le musée fait partie de ce complexe. Ce n’est pas à proprement parler un musée des toilettes japonaises, mais un musée (à la gloire) de la marque. Des débuts dans la porcelaine, jusqu’à tout ce qui touche aux sanitaires, robinetterie, faïence. Et comme on est au Japon, il y a beau avoir un habillage ludique, c’est traité très sérieusement. Super audio guide, avec à la fin de chaque exposé un bruit de “ploc!”, ahahah.

Les toilettes spécialement faites pour les sumos m’ont étonné, mais le clou c’est le “Toilet Bike Neo”, qui carbure aux déjections animales. Le siège en forme de WC c’est juste de la déco, le Japon souvent fringe sur le bon goût.

Evidemment, les toilettes du musée disposent du tout dernier modèle de la marque pour faire popo pour de vrai. Et donc voici le boitier de commande de l’engin. 17 boutons. Et c’est la première fois que je suis confronté à des WC dont l’abattant s’ouvre quand je m’approche. On doit pouvoir faire tourner Doom dessus.

Après cette visite aussi instructive qu’étonnante, je retourne près de la gare pour le musée du manga de la ville. On passe devant une statue qui rappellera leur enfance à Luc, Gwen, Erwan et tant d’autres. Et oui, Leiji Matsumoto le papa de Captain Harlock (Albator) est natif de la région.

Le musée est au 6e étage d’un bâtiment entièrement consacré à la pop culture. Gros choc, c’est une sorte d’Akihabara vertical en concentré. Il y a pléthore de magasin dont plusieurs Mandarake avec un nombre fou de figurine d’occasions, de cartes à collections, de jeux et manga (certaines étagères où ils sont à 10 yens / pièce), Animate, Gee Store, C-labo, Gamers, un café Demon Slayer, des gatchapons autour de Chainsaw Man, etc.

Mais finalement le temps est passé vite à musarder le temps de monter les étages, et je préfère ne pas me lancer dans la visite du musée, qui ferme dans l’heure. Et je reste basé encore au moins une semaine à Kyûshû.

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