Les enfers de Beppu

Le “Beppu Jigoku Meguri”, le Tour des Enfers de Beppu, est un ensemble de 7 attractions disséminées au nord-est de la ville. On peut acquérir des tickets individuels, ou un carnet à souche pour faire l’intégrale. 5 enfers sont groupés dans un premier quartier, Kannawa, les 2 derniers un peu plus loin à Shibaseki. C’est par ce quartier que je commence, afin ensuite d’aller à Kannawa, puis de rentrer à pied attraper un train vers 16:20 pour Fukuoka.

En me documentant, j’avais lu que les Enfers de Beppu relevait plus d’attractions touristiques que de sites chargés d’histoire, à la beauté majestueuse et naturelle. C’est un euphémisme.

Le premier enfer est le “Chinoike Jigoku” (l’enfer du lac de sang). Un étang à la couleur d’un orange très foncé. C’est certes très étonnant, mais ça aurait tout aussi bien pu s’appeler l’enter de la soupe à la tomate. L’odeur de souffre est très forte mais pas incommodante. Sur une échelle de 1 à 10, 10 correspondant à “c’est génial” et 1 correspondant à “je préfère m’insérer une pomme de pin dans le fondement”, je donnerai la note de 2 à ce premier enfer visité.

Juste à côté se trouve le “Tatsumaki Jigoku” (l’enfer du geyser, rien à voir avec One-Punch Man)

Un geyser qui dure quelques minutes puis se met en pause pour 30 à 40 minutes. Vu la configuration, avec quelques bancs et des gradins dans un décor moisi, je pensais pendant les 10 minutes que j’ai attendu que ce serait pas une expérience inoubliable.

Je ne m’attendais à rien, je suis quand même déçu. Je note 2 sur 10 aussi, avec 1 point bonus pour l’incroyable enthousiasme de ce jeune employé, probablement à son premier jour, qui lançait des “mercis d’être venus!” tonitruants. Et puis, la pomme de pin, quand même..

Après à peine 20 minutes de visite, je me demande si j’ai bien fait de prendre l’option carnet à souche. Mais si les 5 autres sont pareils, ça peut quand même laisser un souvenir impérissable. Comme quand on regarde un nanard. J’entreprends donc de rallier le quartier de Kannawa, à travers de petites routes sinueuses et accidentées. Ce n’était pas prévu, mais un grain commence à proximité d’un temple où je peux m’abriter et sortir mon parapluie.

Pour l’instant, de Beppu je n’avais vu que le centre ville et le bord de mer. Les hauteurs regorgent d’onsens plus modestes, familiaux. De la vapeur est visible un peu partout, signe de l’activité souterraine.

Le troisième enfer est le “Shiraike Jigoku”.

C’est un étang verdâtre à la vapeur évoquant l’œuf dur cuit 5 minutes de trop. C’est pas super, mais toujours mieux que les premiers. J’aurai noté 3 sur 10 si il n’y avait sur place un aquarium avec des poissons énormes dans un espace riquiqui. Alors ça retombe à 2.

Le quatrième enfer est le “Oniyama Jigoku” (l’enfer de la montagne aux démons). Le bassin a peu d’importante, le thème ici, c’est les crocodiles. Il y en a des dizaines parqués derrière des grilles sur une surface ridicule, occupés sous la pluie à attendre la mort et une réincarnation en sacs à main, et à nous faire avoir honte d’être venu les voir.

A l’entrée du “Kamado Jigoku” (l’enfer de la marmite), le cinquième des enfers, le temps est vraiment dégradé, avec un gros vent bien froid. Une statue de démon rouge nous accueille avec son ustensile de cuisine en main, le thème c’est la cuisson à la vapeur.

On peut “tremper ses mains” dans la vapeur, voir l’inhaler volontairement à la sortie de tubes spécialement placés à notre hauteur. C’est sensé hydrater la peau et déboucher le nez. Oui, mais pour l’avoir fait, j’ai regretté l’odeur de sève de pin de mon hôtel en ville.

Il est également possible de trouver des œufs et des puddings cuits à l’étuvée, mais j’ai fait l’impasse. Il y avait foule pour essayer, à l’abri de la pluie.

Le meilleur des enfers fut le sixième visité, le “Umi Jigoku” (l’enfer de la mer). Déjà, il fait beaucoup moins moins carton-pâte et kitsch que les autres. Le jardin autour est assez beau en cette saison, il y a un petit sanctuaire shintô après un bassin d’eau à 98° d’un beau bleu cobalt dégageant une grande quantité de vapeur.

Le dernier des enfers, le “Oniishi Bozû Jigoku” (l’enfer du crâne du moine) est un ensemble de bassins d’une épaisse vase grisâtre qui bouillonne lentement. Le nom de cet enfer provient justement de la forme des bulles évoquant le crâne dégarni des moines (bozû).

Il est possible ici aussi de faire faire trempette à ses petons (dans de l’eau tiède, pas dans la vase), et je m’octroie quinze minutes de répit thermal avant de prendre le chemin du centre-ville.

Au cours de la marche, des éclaircies apparaissent mais le vent redouble, voire triple de vigueur. A tel point que les trains en sont perturbés. C’est donc seulement vers 19h que j’arrive à Fukuoka, 11 ans après un premier passage dans cette très grande ville.

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