Iwakuni est une ville côtière de la baie d’Hiroshima, au sud de l’île de Miyajima. Au départ de Fukuoka, je prends un shinkansen jusqu’à Tokuyama, une ville industrielle dont la vue par la fenêtre ne donne pas envie de sortir son appareil photo, mais de tirer le rideau. Puis un train, pas rapide lui, de la ligne Gantoku m’amène jusqu’à la gare de Kawanishi (“l’ouest de la rivière”) à l’entrée d’Iwakuni.
La renommée de la cité tient principalement dans le Kintaikyô, un pont piétonnier fait de bois avec des arches arrondies. Je l’aperçois de loin en longeant la rivière. Le lit de la rivière est très large, l’eau n’occupe pas toute la largeur, ce qui permet de s’approcher de l’admirer le pont d’en bas. Et ça fait de la place pour garer sa voiture ou sa Bruno-mobile (et oui il y a même quelques camping-cars!).




L’autre côté du pont s’ouvre sur le parc Kikko. De taille modeste, il est constitué d’un enchevêtrement de canaux, bassins et jets d’eau. Et une gloriette. Le modeste château d’Iwakuni est visible, dépassant timidement des arbres en haut d’une colline. Il y a un téléphérique pour s’y rendre, ou 2.5km de sentier, mais je me contenterai de l’avoir vu de loin.


À l’ouest, le Tosenji, petit temple bouddhiste est délaissé du public. C’est l’heure de la sieste, seul un moine en pierre s’occupe de passer le râteau dans le jardin, fort bien d’ailleurs. Proche se trouve un cimetière consacré à au clan Kikkawa, famille d’un ancien seigneur local.




De l’autre côté du parc, un sanctuaire shintô dont le terrain manque sérieusement de paillage ou de gravillons. Il abrite une statue de Hozumi Tanaka. Tu sais pas c’est qui? Moi non plus mais je me suis renseigné. Déjà 2 indices quant à sa profession: il y a une partoche à côté de la statue, ainsi qu’une musique qui est jouée par un appareil proche. Et oui il était compositeur, il posait pas du lino. Il parait que son Magnum Opus, c’est ceci.


Je vais ensuite à une autre gare, celle Nishiiwakuni (“ouest d’Iwakuni”). Elle est toute petite, avec des bancs en bois à la surface patinés par le temps et pourvus de coussins tricotés avec des motifs qui siérait bien à messieurs Saladin, Lochet et Morel.

La ligne Gantoku fait partie de celles où il n’y plus de personnel dans la plupart des gares, et pas de borne automatique. On sort par l’avant et c’est le conducteur du train qui contrôle les billets à la descente, comme dans un bus ou un tram. On ne peut d’ailleurs payer qu’en liquide pour acheter son billet papier dans ces gares.
Mon objectif de la soirée, c’est d’aller reprendre le train à Hiroshima, et de profiter pour manger une Okonimiyaki. Mais entre ici et Hiroshima, il y a Miyajima. Je décide donc de faire un rapide passage sur cette île aussi magique que touristique. Le temps est couvert et brumeux depuis ce matin, je me dis que dans cette ambiance cela changera du beau temps que j’ai eu lors de mes 3 passages précédents.



La plupart des visiteurs sont en train de quitter l’île quand j’arrive, mouvement très amplifié quand un peu plus tard il se met à pleuvoir des cordes. La mer est très basse, pour la première fois je passer à pied de l’autre côté du torii.

Arrivé à Hiroshima à la nuit tombée, je repousse un peu ma réservation de train retour pour bien prendre le temps de manger. Et trouver des kit-kats locaux (saveur Momiji Manju!). La journée fut longue: 2 métros, 6 trains, 2 bateaux et 26000 pas. Et pour mon téléphone aussi où pour la première fois la batterie n’a pas fait la journée. Maintenant que le billet est écrit, il me reste encore la valise à boucler pour demain, et oyasumi!
