En ce dimanche, destination Kobe. Très rapide d’accès depuis Ôsaka, je m’y rends pour y visiter le musée consacré au tremblement de terre de 1995. Triste année s’il est en, et pas que pour le séisme nippon.
Mais avant cela, une halte dans un jardin japonais, en descendant à la gare de Sannomiya. Je croise des tas de boutiques sur le chemin, dont un Don Quijote duquel je ressors avec des kitkats inédits, dont fraise+haricot rouge réunis. A voir si c’est aussi bon que azuki seul.
Le Sorakuen n’est pas très grand, pourtant à l’entrée on propose des pamphlets dans une douzaine de langues, dont le français. On me le remet en me disant “merci bonjour”. De rien. Il y a un grand bâtiment claaaaass à l’arrière où sont organisés des banquets, mariage, séminaire d’entreprise AVEC VUE. Le jardin était à l’origine sur le terrain d’un notable qui deviendra le maire de Kobe. Il y a quelques bâtiments de style européen (maison, étables).




Le jardin japonais est classique et resserré, avec des cascades qui ruissellent joliment vers un étang où s’ébattent des carpes. A l’écart, une étendue d’herbe avec des bancs permet aux parents de s’asseoir pendant que les enfants s’ébattent sans risque de tomber dans les carpes.



Je prends ensuite un métro et un train pour aller au musée consacré au tremblement de terre qui ravagea le ville il y a 29 ans. A la sortie, un autre DonQui, mais j’ai plus de place dans mon sac à dos.
Le musée est situé dans un grand building sur la façade duquel est inscrite la date du 17 janvier 1995 et “magnitude 7”.

Un séisme de magnitude 7 n’est pas sensé être à ce point dévastateur pour un pays comme le Japon, mais celui-ci concernait une faille peu profonde, jusqu’alors inconnue, et qui court directement sous la ville. Les normes de construction en vigueur n’étaient alors pas aussi strictes à Kobe qu’à Tôkyô par exemple, plus “en risque”.
La plupart des maisons individuelles ont été détruites, et beaucoup de tours et d’infrastructure (routes, port, voies ferrées) très abîmés. L’essentiel des victimes dormait, à 5:46 le matin.
Les canalisations d’eau ayant été coupées, les nombreux feux déclenchés par le séisme (maison souvent en bois, gaz de ville) n’ont pu être éteints.
Le musée commence par une vidéo avec des images -pas d’archive, mais reconstituées- montrant le séisme dans les différents quartiers et aux alentours. Ça n’a pas était réalisé avec les moyens de Michael Bay, mais ça fait un peu cheap (plan serrés de cuisine où tout s’effondre, gros plan sur des chiens qui aboient) mais ça fait flipper, qui plus est avec un gros son. Quelques enfants étaient pas fiers (“kowai…”).
La vidéo suivante montre des images d’archives sur les heures et jours suivants, commentée par une femme qui avait 15 ans alors et a perdu sa sœur dans l’incendie subséquent de la maison affaissée.
Ensuite un nombre ahurissant d’objets exposés, de photos, de témoignages en texte et vidéos sur ce qui s’est passé pour les survivants. Plus de 40000 logements temporaires ont été construits, mais il a été difficile de reconstituer des communautés entre des gens se retrouvant dans un lieu impersonnel avec des voisins inconnus, sans repères en plus de la perte de la quasi-totalité de leurs vies et souvent de proches.
Un second building accessible par une passerelle aérienne apporte un côté explicatif, à destination des plus jeunes, des causes des catastrophes naturelles: cyclone, séisme, tsunami… Des expériences en VR, des mises en situation pour savoir que faire si ça arrive quand on est à la maison, dans un magasin, etc. Un petit côté “c’est pas sorcier”.
Un musée passionnant. J’imaginais qu’il serait aussi question de technologies anti-sismique. Il y a avait bien un petit laïus d’un intervenant scientifique (qui plus est traduite en anglais, pour un groupe de visiteurs turcs) sur le sujet, mais je reste un peu sur ma faim.
Demain, je fais un aller-retour à Tôkyô pour une journée qui s’annonce speed. De nombreux magasins disséminées à aller voir, et un petit passage dans le parc d’Ueno où j’espère voir du rose dans les arbres.