Chiran: Samurai & Tokko

Levé de bonne heure, de bonne humeur et de bon coeur, je prends le bus pour la ville de Chiran. Il y a du monde à l’arrêt des fesses du bus, mais deux files se sont auto-organisées, légèrement décalées, pour les 2 prochains bus qui vont passer, vers des destinations différentes.
– “Cette la file est pour le bus qui va à Chiran?”
– “Non c’est l’autre”

Chiran est rejoint en 80 minutes, soit 4 fois le temps de la douche “rapide” de jeudi. Le bus commence par longer la baie de Kagoshima, permettant d’admirer Sakurajima du côté sud, avec toujours son panache blanc émanant du volcan. Ensuite le bus sinue le long de lacets que j’aimerai pas monter en vélo sans une assistance électrique vénère.

Je m’arrête, comme de nombreux passagers, à l’arrêt Buke Yashiki Iriguchi-Mae -celui-là faut prendre sa respiration avant de le tenter- proche d’un quartier d’anciennes résidences de samurais. Sa rue principale, charmante et essentiellement piétonne, sépare des maisons d’époque. Elles possèdent de beaux jardins, parfois ouverts aux visiteurs. Cela me rappelle en plus vieux le quartier des bonsais à Saitama, que j’avais découvert avec ma reum il y a 2 ans.

De beaux et sereins jardins, dans une ville très jolie. Et il y a des roues et une femelle kappa.

Je vais ensuite au Toyotama-Hime Jinja, un petit sanctuaire shintô avec dans son enceinte un théâtre de poupées mécaniques, appelées karakuri, qui sont utilisées à l’occasion de festivaux estivals. Ça a l’air formidable à voir dans ce cadre.
Instant geek: Je connaissais le mot karakuri grace à un très original et peu connu manga adapté en anime: Karakuri Circus, où les personnages ne se battent pas avec des pouvoirs, mais avec des marionnettes qu’ils contrôlent.

Mais en plus de sa collection de bicoques de samurais, Chiran est aussi célèbre pour avoir été la principale base aérienne d’où partaient des kamikazes lors de la dernière (à l’heure ou j’écris) guerre mondiale, et un musée y est consacré. J’apprends rapidement là bas que si mot kamikaze est utilisé à l’international, au Japon c’est Tokko qui est utilisé.

De voir un zéro me rappelle la série Les Tête Brulées, un poil hagiographique, chère à Luc. Le musée ne glorifie absolument pas le sacrifice meurtrier de ces hommes à l’engagement volontaire mais victimes de la propagande et de la pression sociale.

Les murs de la salle principale sont tapissés de photos de 1036 pilotes morts en kamikaze. La plupart avaient une vingtaine d’années, les plus jeunes que 17 ans. Il y a énormément d’objets leur appartenant et des messages et lettres d’adieux, rédigés peu avant leur départ pour la mort, envoyés à des proches. Les mamans souvent. Bouleversant.

Egalement une collection de Yosegaki, drapeaux national nippon couvert de messages et signatures de leur unité, écrits en diagonale comme s’il s’agissait de rayons partant du soleil rouge central. Bouleversant

Je suis marqué aussi par une grande photo du Kaimon qui couvre le mur du fond. C’est un mont à l’extrême sud de Kyushu, qui marquait le début des 2h30 que les avions mettaient pour rallier les navires étasuniens cibles à Okinawa. Tant que le mont Kaimon était visible quand il se retournait, le pilote considérait qu’il était encore dans le domaine des vivants. Bouleversant.

En revenant à Kagoshima, sur une note plus positive, je déniche des kitkats “Mont-Blanc” qui devraient plaire du côté de Dirinon, de Saint-Marc et de Kerbonevez. Bouleversant mais moins.

Et il faut que je me calme, même si c’est un toujours plaisir lors de mes voyages, quasiment une heure du mat’ ça fait tard pour rédiger un post de blog…

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3 Responses to Chiran: Samurai & Tokko

  1. Marie-Noël's avatar Marie-Noël says:

    Toujours un grand plaisir de te lire et de te suivre dans pérégrinations au parfum d’ailleurs. Continue à nous faire voyager et découvrir paysages, histoire, cuisine…. Mais dodo quand même….

  2. Will's avatar Will says:

    J’en ai pas vu tant que ça des Kit Kat aux goûts originaux.

    Si je ne m’abuse, il me semble avoir lu que c’est à cette période que le gouvernement nippon a instrumentalisé le Bushidō pour embrigader les Takko justement.

    Dors bien et profite 🙂

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