Le détroit de Kanmon sépare Honshû, l’île principale du Japon, et Kyûshû au sud. D’un côté la ville de Shimonoseki, de l’autre Moji. Un pont et un tunnel les relient. Ma journée commence à Shimonoseki. Devant la gare on devine le quartier coréen au niveau de la Busan Gate, plutôt bof. Et rien à voir avec Solo Leveling, le célèbre manhwa.
Pour avoir une vision des alentours, je monte en trichant, aidé d’un providentiel ascenseur, en haut de la Yume Tower ou “la tour des rêves”, sans déconner on est à Barbie Land. La tour possède une plateforme d’observation à plus de 100m.



Longeant le port, je passe devant d’anciennes bâtisses, tel un ancien consulat britannique. Faut croire qu’ils ne mangent pas que du rosbif, mais du boeuf en sashimi aussi.


Puis on arrive sur un front de mer touristique, avec des restaurants de fruits de mer, principalement non cuits. Le poisson globe, ou Fugu ici, est à l’honneur, Shimonoseki est la ville fournissant le plus ce poisson au marché Japonais. Il est de tous les menus, faisant au passage gonfler la note. Le fugu est connu pour être dangereux à la consommation, mortel même, s’il n’est pas préparé comme il faut.
Mais pour manger du fugu, ou tout type de poisson cru, mieux vaut aller plus loin, jusqu’au marché aux poissons de Karato. Là, c’est joyeusement bordélique. Disparues les files d’attente ordonnées, on se croise dans tous les sens sous les cris des harangueurs. La concurrence est rude, les prix sont à peu près les mêmes partout.
Je goûte debout à un étal quelques sashimis de Fugu. L’apparence est extrêmement jolie, et c’est bon, mais pas non plus exceptionnel à mon palais. Je suis loin d’être un fin connaisseur cela dit. Un peu plus tard je me fais une petite sélection de sushis à emporter que je mange dehors, comme des centaines d’autres personnes qui ont eu la même idée.
Non loin il y a un temple shintô assez original, le sanctuaire d’Akama.
Je continue ma progression en direction du lointain pont routier entre les deux îles, jusqu’à passer dessous
On ne peut pas franchir ce pont autrement qu’un voiture, mais un peu plus loin se trouve l’entrée d’un tunnel routier à 60m sous le niveau de la mer. Il existe également un tunnel ferroviaire à un autre endroit.


Le tunnel routier ne permet pas aux piétons de longer les voitures, mais on peut marcher quelques mètres EN DESSOUS: Un tunnel pour piétons, et deux roues, pour relier entres elles deux îles du Japon, impossible de passer à côté.
Le tunnel n est pas si impressionnant, et nous sommes plusieurs dizaines de personnes dedans. Les cyclistes doivent pousser leur vélo (Sujet de philo, un cycliste poussant son vélo n’est-il pas qu’un piéton qui pousse un vélo?) Chose étonnante, le tunnel a beau faire des centaines de fois la longueur du passage rive droite sous le pont de Recouvrance, il pue pas le pipi.
Il y a un panneau indiquant comment appeler la police en cas de besoin, listant les raisons de le faire: On vous a volé quelque chose. OK. Vous trouvez un objet suspect. OK. Vous avez perdu ou trouvé quelque chose. OK malgré la redondance. Vous êtes perdu. Heu… quel est le fuck? C’est un tunnel. C’est une ligne droite. Il y a 2 extrémités.
Si on ne s’est pas perdu, du côté Kyushu, on ressort au port de Moji, un quartier de Kita-Kyûshû. Il y a fréquemment des fusions de villes aux Japon, Moji est une ancienne ville dont le port fut très important.
Je pourrais faire des blagues comme “Moji tôt”, “Moji Moji j’écoute”, “Moji offrirait des perles de pluie”, mais ça ferait rire surtout Philippe de l’autre coté de l’Atlantique nord, et Frédéric de l’autre côté de la Marne (si loin, si proche). S’ils ne se connaissent pas, ils sont unis sous la bannière “plus c’est con, plus c’est bon”.
Moji c’est bien charmant, plus calme et plus préservé que Shimonoseki. Je me fais doubler par un train touristique assez cool. Il y a de longues allées et là aussi d’anciens édifices conservés, comme un bâtiment des douanes de l’époque Meiji. Et il y également foule sur le port par ce beau samedi, mais ce n’est pas aussi trépidant qu’autour du marché au poisson d’en face.


Au retour à Fukuoka, je fais quelques emplettes alors que se déploie un marché de Noël devant la gare. Il est bien festif, et pas que pour les enfants.
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