Le fail du voyage. Je quitte ma chambre ce matin, large en temps (et en fesses) avant un rdv pour le départ de l’excursion du jour. 30 minutes pour prendre le petit-déjeuner, puis 15 minutes de marche, easy. Mais alors que j’envoie quelques messages à l’ami William, je réalise qu’il est 8h et que le rdv n’est pas dans 45 min mais… passé de 15! En courant vite c’est mort. Et très très mort même en courant très très vite.
Mélanger 8h et 9h, je me dis que je suis quand même con (je suis grossier et me tutoies pendant mes monologues intérieurs). Je passe alors le temps du petit déjeuner à regarder sur mobile, vu qu’il y a Internet sur les téléphones maintenant, ce qu’il y a alentours dans mes listes personnelles de POIs -Points of Interest- sur Google Maps. Je décide d’aller à Usa. Ou ça? Oui.
Le premier train n’étant pas pour sitôt, je prends une réservation pour Nakatsu, toute proche, et j’y fais un petit tour en attendant un train local.
Nakatsu possède un château plutôt chouette. Il n’est pas d’époque, mais reconstruit from scratch il y a 60 ans, en recréant son aspect extérieur connu.
Plus loin il y a la résidence Fukuzawa. maison où a vécu Yukichi Fukuzawa, un érudit du 19e siècle ayant parcouru le monde, de Washington, Paris, Londres à St Petersbourg. Reconnu comme le plus grand spécialiste de l’occident de l’époque, il publie sur le sujet et a une grande influence pendant la restauration Meiji. Il fonda aussi une des plus grandes universités Japonaise encore prestigieuse actuellement. LE GOAT. Si ça se trouve il était bon également en point de croix.



En retournant à la gare prendre le train pour Usa, je traverse le plus triste shôtengai, ces rues commerçantes couvertes, que j’ai jamais vu: La plupart des stores baissés, partout des magasins désaffectés, deux boutiques de chaussures proposant des modèles des années 90, et une boutique de fringues, dont je n’ai pas regardé l’intérieur de peur d’apercevoir une personne momifiée derrière le comptoir.

À Usa, je veux voir le complexe shintô de la ville, le Hachimangû, à plus d’ une heure de marche de la gare. Ne sachant pas comment est la route (et quand il n’y a pas de trottoir c’est pas la joie de marcher le long d’une route japonaise), je préfère prendre un taxi à l’aller. Aucun problème finalement, ce n’était pas une route de campagne. En me déposant le chauffeur en gant blanc m’indique la station de taxi et l’arrêt de bus, de l’autre coté de la route. Je lui dit que je reviendrai en marchant si j’ai le temps. Je devine qu’il se fait un pari intérieur, et son acquiescement souriant est comme un “jamais tu le fais gros”.
Avant le premier torii, un alignement de boutiques de produits locaux et des restos avec des menus aux couleurs passées. Le Hachimangû fête cette années ses 1300 ans et a toujours eu un lien important avec la famille impériale japonaise.
C’est un vaste lieu, avec de larges allées séparant différents lieux de cultes et pavillons. Une série d’escaliers déserts grimpent à travers la forêt jusqu’à d’autres autels excentrés. Il y a également un terrain pour des démonstrations de Yabusame (archerie montée). J’aimerai bien un jour assister à un tel spectacle.
Il y a 2 étangs bien aménagés, mettant en valeur les bâtiments qui se trouvent à côté, reliés par de jolis ponts arrondis traditionnels.




Ce n’est pas sans évoquer un instant l’image du pavillon d’or, en moins opulent, moins tape-à-l’oeil, moins bouddhiste et moins fréquenté.
Le sanctuaire principal est entourés d’arbres magnifiques. On retrouve évidemment les murs d’Emas en bois, mais aussi des gourdes accrochées. Les gourdes sont considérées comme porte-bonheur, ici on peut en plus y placer son voeu.
Pour prier devant un autel shintô, le fidèle tape deux fois dans ses mains. Ici est une exception, il est d’usage de le faire quatre fois. J’avais déjà rencontré cette particularité au Izumo Taisha.


C’était une belle découverte pour moi. Du reste, je n’ai pas l’impression que ce sanctuaire soit très touristique, malgré l’importance qu’il représente visiblement au Japon, eut rapport à la famille impériale.
Au retour à la gare, avec 10 min de d’avance sur le train retour, je suis déçu que le taxi driver du midi ne soit pas là. J’aurai aimé le toiser et envoyer un coup de menton dans sa direction, comme pour demander “t’es deg?”.
Evidemment, la ville d’Usa joue énormément sur son nom. Sur une colline au loin sont placés 3 lettres blanches géantes U, S et A façon panneau Hollywood. Et dans la gare, leur panneau a des airs de bannière étoilée.






Je suis fan de ces longues allées boisées. Surtout quand tu aperçois le Torii derrière. Y’a pas à dire les mecs vendent bien leur religion 😀
Reste plus qu’à trouver un fournisseur de glaces au matcha.