Arakawa

Arakawa est un arrondissement de Tôkyô qui prend son nom de la rivière Arakawa. Et comme j’aime suivre les rivières au Japon, je décide d’aller faire un tour dans les environs, sans but très précis.

La ballade débute en sortant de la gare ferrovière de Machiya, bien au nord d’Ueno. Une ligne de tram passe non loin. Je n’en avais jamais vu encore dans Tōkyō. Ici il y a quelques tours et immeubles bien sûr, faut optimiser l’espace, mais aussi des appartements de seulement 2 ou 3 étages, des petites maisons avec quelques m2 de jardin, des petits squares et parcs avec des jeux pour enfants, c’est résidentiel.

Je pars vers l’est voir un grand parc qui porte le même nom que le quartier. Du reste il y des tonnes de lieux ici qui ont /arakawa/ dans le nom.

Dans une première partie du parc, il y a 2 cygnes qui vivent en permanence sur un étang. Des groupes d’enfants de maternelle n’ont d’yeux que pour eux. Tous les enfants ici portent des casquettes colorées, jaunes, rouges, etc., pour savoir qui est à qui, pouvoir repérer facilement les égarés et que les accompagnateurs cornaquent les groupes. Je demande à des enfants quel est le mot en japonais en montrant un cygne. C’est Hakuchou. Vérification faite le mot s’écrit avec les idéogrammes pour “blanc” et oiseau”. Une certaine logique. Mais ça marche pas pour Corbeau.

Un écriteau informe que les deux cygnes s’appellent Léo et Sakura. Il y a une astuce pour distinguer le sexe de ces 2 cygnes, sans se tromper.

La femelle s’appelle pas Léo.

Un autre jardin connexe est fleuri avec des installations sportives. Et des statues étonnantes en bronze. comme celle-ci appelé (par moi) “maman, arrête de déconner”.

Courts de Tennis, piste de course, terrains de baseball, Waiwai Pool (Je sais pas c’est quoi). On peut admirer des vieux faire du Tai Chi, ou juste lentement des étirements, la distinction est pas facile quand c’est pas Michele Yeoh ou Jet Li qui font les mouvements.

Quand j’arrive au bord de la rivière, je me rends compte que c’est n’est pas l’Arakawa, mais la Sumida. Qui donne son nom au roman de Kafû Nagai. Pédant peut-être, mais dans ma grande bonté je vous instruit. Si dès fois vous passiez à Question pour un Champion et que ça tombe, je prendrai quelques tomes de l’encyclopédie.

Je persiste en allant vers le nord pour rejoindre la bonne rivière, encore bien loin. Je fais un crochet pour voir un sanctuaire shintô, le Senju, perdu au milieu de ribines sinueuses. Au contraire, un peu plus tôt j’avais vu l’entrée d’un autre sanctuaire, en bordure de 2×4 voies. Au Senju, tous les fumeurs du coin se sont réunis près d’un distributeur. Ils doivent parler de choses qui les concernent: Clan, Riz-la-croix, cancer, hypertension et passage en 2030 à un euro la sèche en France…

Arrivé enfin sur les bords de l’Arakawa, je constate que les berges sont très larges. Promeneurs, joggereurs, veloteurs y passent, et il y a des lycéens qui viennent de finir leur entrainement de baseball, assurément plus pratiqué ici que la pétanque, ou l’aqua-poney. C’est probablement encore plus populaire que le foot.

Sous aucun pont je n’aurai croisé Nino et Kou du manga/anime bien barré Arakawa Under the Bridge.

Après avoir marché une quinzaine de kilomètres avec chaque pieds (ce qui fait 30 en tout!!), je me dirige vers la Tôkyô Sky Tree, qui présente l’avantage d’être facile à repérer, 2 fois la tour Eiffel. J’avais vu qu’à côté se trouvait le sanctuaire de Takagi, hop petit détour.

En plus de sa couleur inhabituelle, le pourpre plutôt que le vermillon, le symbole du temple est… l’onigiri, cette boulette de riz simple, élément de base de tout casse-croute nippon.

Les arrangements de cailloux en forme d’onigiri sont trop drôles, surtout quand on a les codes des expressions faciales de manga, qui augmente encore la paréidolie.

C’était déjà étonnant d’associer un truc de bouffe à la religion shintô, mais cela prend une autre dimension: Takagi, le nom du temple, est également le nom d’une héroïne d’un manga appelé Karakai jôzu no Takagi-san, et bien le sanctuaire s’associe bien volontier à cet élément de la pop-culture.

Ce manga est une pépite: drôle, feel good, touchant.

Demain, dernier jour complet de ce dixième voyage au Japon. Celui-ci a manqué de temple bouddhique, je vais essayer d’y remédier, je ferais moins les magasins.

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1 Response to Arakawa

  1. Will's avatar Will says:

    Jamais dix sans onze ?

    La strat d’utiliser un perso populaire pour construire sa religion ça a l’air de bien marcher.

    Regardons Steve Travail ou Will Portails.

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