Le Parc de Heiwadai

Avant de quitter Miyazaki pour Fukuoka, je fais un tour au nord de la ville, voir le parc Heiwadai. Dans le bus qui m’en rapproche depuis la gare, nous sommes d’abord au départ 3, puis 2, puis 1. Outre le chauffeur, hein, c est pas moi qui conduit. Celui-ci doit regretter de pas être tout seul. Je suis sûr que quand ça se produit il doit se lâcher, mettre Rire & Chansons à fond, péter, se mettre en slip.

En débarquant au parc, la première chose qui assaille les yeux, inratable, c’est la tour de la paix, haute de 37 mètres et érigée en 1940, grande époque de fraternité et d’amour entre les peuples. Elle est faite de pierres venant des 4 coins du globe. Quelle expression crétine quand y réfléchit un peu. Autant que de dire la goutte d’eau qui met le feu aux poudres, ou un tien vaut mieux qu’à la fin elle se casse (encore que celle-ci fasse sens)

Vraiment un bâtiment étrange, me rappelant la tour mémorielle du centenaire d’Hokkaido. vue il y a 13 ans, qui ressemblait à la tour d’Isengar du Seigneur des Anneaux.

Répartis autour de la tour, on voit 4 braseros vides, Tu te dis qu’avec Amber, Yoimiya ou Lyney (Emma, Laszlo, Gaëtan et Arnaud et eux seuls ont la réf) tu pourrais les allumer tous les 4 et déclencher un mécanisme pour que la tour décolle. Je me demande ce que les rappeurs de dans 4000 ans diront quand on en découvrira les vestiges enfouis suite à l’apocalypse atomique de 2031….

À coté de cette curieuse tour, se trouve le jardin des haniwas. Ce sont des objets en terre cuite, apparues au Japon dès le troisième siècle après Jacques Chirac. Elles étaient placées à côté des tombes de gens importants. Par exemple Joseph Pujol et Cyril Hanouna, réunis par la même profession.

Rassembler en ce jardin des reproductions d’Haniwas est une riche idée. Il y en a 400 disséminés au sol, disposés sur la mousse entre les arbres. Il y a des animaux et des objets, mais principalement des représentations humaines. Elles ont toutes de drôle de tronches et on NE PEUT PAS pas s’empêcher d’imaginer chaque haniwa vivant et en train de nous parler.

Le parc vallonné, en plus de la tour zarbi et des poteries primitives rigolotes, est un spot d’observation d’oiseaux, que l’on entend piailler au dessus de nos têtes à la fois nous narguant autant que nous enchantant. Il y a 3 endroits en hauteur, terrasses ou bâtiments, prévus pour l’ornithologie. Je croise un groupe d’écoliers de primaire en sortie accompagnée qui redescendent de l’un deux. Il me semble que pour observer les oiseaux il faut faire le moins de bruit possible. Nul doute qu’ils n’auront pas vu même la queue d’un piaf.

Le parc est vraiment joli, il y a une partie réservée aux sportifs de l’autre coté d’un étang, autant dire que j’ai fait demi-tour.

Finalement ici absolument tout m’a fait penser au parc de Penfeld, sauf pour l’étrange tour, sauf pour le jardin des homms-terre-cuite et sauf pour les spots à mater les zoziaux à la jumelle.

Je fais un brouillon de ce post dans le train pour Kagoshima, ou je récupère ma valise en consigne avant de reprendre un second train. C est l’heure de quitter le sud de Kyûshû après 8 jours, le prochain lever de soleil de mon point de vue sera à Fukuoka.

Posted in Uncategorized | 1 Comment

Miyazaki

Deuxième jour à Miyazaki, tranquille. Mes pieds pourraient me dire “hein? quoi? Tu déconnes!?”. Je ne vais quand même pas faire du vélo. Encore que.

Comme à Kagoshima et Takamatsu, Miyazaki est une ville propice au vélo, il y a des cyclistes everywhere: des bobos à chapeau et écharpes longues allant chez le bouquiniste, des collégiennes allant au collèges, des lycéens allant au lycée, des office ladies allant au bureau, des retraités en marcel et claquettes allant au pachinko. Miyazaki c’est tout plat, comme la plupart des maintenant nombreuses villes que je connais au Japon. A part Onomichi, qui est oufissime en terme de dénivelé. En mode San-Francisco. Pour se déplacer en deux-roues à l’intérieur de la ville, faut être genre Bruno, Pierre-Yves ou tonton Jean-Pierre: un roi de la petite reine (pour ce dernier c’est surtout la pizza du même nom). Oh ben rien de d’évoquer Onomichi j’ai d’un coup trop envie d’y retourner.

Je n’ai par contre toujours pas compris comment fonctionne le partage des trottoirs entre vélos et piétons ici. Sur les axes importants, les trottoirs sont très très larges et les vélos sont sensés rester du côté de la route, c’est souvent explicitement marqué au sol. Mais c’est jamais respecté, les vélos vont un peu où ils veulent, zigzagant entre les piétons. Mais jamais vite et toujours en faisant attention, mettant immédiatement pieds à terre et s’excusant au moindre début de risque.

Après avoir passé la première partie de la journée à errer sans but et entrer dans toutes les boutiques cool que je trouvais, je rejoins à nouveau un sanctuaire shintô, qui porte le nom de la ville, le Miyazaki Jingu. Il est dédié à l’empereur Jimmu, qui n’a probablement jamais existé.

C’est un temple calme, dans un parc densément boisé isolant l’endroit des bruits de circulation. De grandes lanternes délimitent les allées, qui ont de grands toriis en point de fuite.

J’hésite un peu à me rendre dans un musée à côté, le musée d’histoire naturelle de la préfecture de Miyazaki, mais il semble adressé aux plus jeunes. Pourtant je le suis encore dans la tête (mais que elle).

Par hasard je tombe sur un grand rassemblement d’exposants de plants pour les haies, d’arbustes fruitiers, de fleurs, et des acheteurs se baladant dans les allées pour piocher de nouveaux éléments pour leur jardin ou balcon. Si certaines espèces ont des noms japonais, il y a une grande majorité qui sont en anglais, écrits le jeu d’écriture dédié à la transcription des mots étrangers.

Il y a un vieux couple qui s’est spécialisé dans les plants de violettes, et contrairement à leur nom, il y en a de toutes les couleurs constate-je avec émotion.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Udo Jingu

Après avoir cavalé pour chopper le premier train pour Miyazaki, je peux reprendre mon souffle et pseudo-comater dans un wagon désert alors que le jour se lève. Par la fenêtre on voir défiler au loin les monts Kirishima atteignant 1700m. Ou 5600 en pieds, c’est plus impressionnant, mais il n’y a guère que les USA, le Liberia et les pilotes de lignes qui comptent ainsi (sauf en Chine, en Russie, et en Corée du Nord pour leurs 6 avions, true story).

Kirishima était sur ma liste des excursions possibles, mais il y a depuis quelques semaines une zone d’exclusion autour de certains sommets à cause d’émanations toxiques. J’aurai au moins vu ces montagnes de loin, et je ne désespère pas de pouvoir approcher un autre volcan plus tard. En partant de Miyazaki, où je constate rapidement que les palmiers sont plus nombreux qu’à Kagoshima, je me dirige vers le sud, voir le sanctuaire shintō Udo Jingu qui s’avère être formidable.

Udo Jingu.

Là où le dégradé céruleen de l’air et le bleu profond de l’océan s’associent pour offrir à nos rétines avides de beauté le plus majestueux des camaïeu azur, créant une toile de fond qui sublime les bois recouverts de cette délicate peinture vermillon propre à la religion shintō.

Banger, putain!


Une preuve de l’ existence d’un Dieu? Qui sait. Assurément une récompense du long trajet en bus bondé qui m’y a conduit.

Le sanctuaire est très petit mais je classe le lieu très haut dans mon panthéon des tartes dans la gueule reçues au Japon. Surtout avec une météo d’exception.

Un grand torii, une barrière au dessus de la mer, un escalier, une terrasse et une caverne, dans laquelle est caché le sanctuaire principal.

Je reprends le maudit bus, pour aller à présent à Aoshima, une petite île accessible par un pont, entouré de curieux rochers plats et alignés. C’est parfois beau la nature. Et c’est enfoui au milieu des palmiers que se cache un autre petit temple shintō, tout aussi charmant.

J’aime particulièrement une arche en bois à laquelle sont accrochées les plaquettes (Ema) customisées par les fidèles et ceux qui trouvent juste ça joli ou poétique.

Une belle et originale première journée dans la préfecture de Miyazaki, remplie de soleil et de couleurs. Et de trains, car en passant par la gare de Minami-Miyazaki j’en vois d’originaux. Celui de ce matin aussi avait de la gueule, tout noir.

Une des spécialités de Miyazaki ce sont les mangues! J’étais loin de l’imaginer, mais dans la gare beaucoup de produits locaux souvenirs en contiennent. A Kagoshima une des spécialités était le kurobuta, ou porc noir, élevé en nombres là bas et parait-il nourri de patates douces locales également. Tu te rends compte William, j’ai peut-être bouffé P-chan en tonkatsu!

À Nara avec Emma cet été, nous étions tombé sur des mini kouign-amann dans une boulangerie/salon de thé “Vie de France”, mais sans en acheter. Pirates! Pour le dessert de ce soir, j’ai testé le “Butter Kouign-Amann” de la chaîne Lawson auquel je n’avais encore jamais fait attention. Et ben JE VALIDE, c’est carrément quali pour un produit vendu en combini, à moins de 1€. Je n’ai malheureusement pas pu le réchauffer mais froid c’était déjà gras et fameux.

Posted in Uncategorized | 1 Comment

Tenmonkan

À des journées remplies succède une journée vide. J’avais prévu d’aller sur l’île de Sakurajima mais d’une part j’ai une forme de type bof, de celles qui font se recoucher, et d’autre part il pleut au matin. Moins de scrupule donc à ne rien faire en ce jour. Autant qu’il pleuve aujourd’hui plutôt qu’un jour où il fait beau, disait un humoriste tellement vieux qu’il est mort (je pense qu’il aurait adoré cette phrase).

Je sors tout de même prendre l’air avant la nuit, et réserver le train pour de demain, qui partira avant l’heure à laquelle mon voisin au boulot se lève! En principe je pars à l’est de Kyûshû.

N’ayant rien à raconter sur cette journée, je vais écrire rapidement sur le quartier de Tenmonkan où se trouve mon hôtel. Choisi comme lieu de résidence car 1/ à mi-chemin entre les deux gares de la ville, 2/ réputé pour être vivant et pourvu de multiples restaurants, et enfin /3 pour le prix incroyablement bas de mon hôtel. Environ 40€ par jour. Comme si la chambre était comprise dans le prix du petit-déj.

En débarquant de l’aéroport, de nombreux indices m’ont fait comprendre qu’en fait Tenmonkan était également le quartier de la nuit, le quartier du divertissement des adultes.

Par exemple un hôtel proche a des chambres à 3000 yens… les deux heures, c’est un signe. Pour la nuit complète c’est 7000 yens. Si tu prends une chambre pour la nuit en comptant dormir, oublie pas tes boules Quiès et amène un casse-croûte, ils font pas le petit-déjeuner. C’est ce qu’on appelle ici un love hotel. Cela n’a rien de glauque. La prostitution doit y être très marginale, c’est juste un lieu pratique (voire ludique) où peuvent se retrouve les couples qui n’ont pas forcément d’autres possibilités. Les love hotels ont souvent des façades et des noms tape-à-l’oeil.

En approchant de mon hôtel, je vois que son nom est écrit sur une façade rose… je commence à rigoler, mais fausse alerte, c’est un business hôtel tout ce qu’il y a de classique, avec des salarymen et tout. Je l’ai réservé très tard, et il était bradé car sous-rempli. Et quand il y a beaucoup de chambres vacantes, ces hôtels préfèrent accueillir des clients qui restent une semaine: moins de mouvements à la réception, moins de ménage à faire. car il n’est fait qu’à la demande.

Et donc dans les quelques rues alentours c’est une succession d’établissement n’ouvrant qu’à 20h et dont les noms évocateurs laissent peu de doute quant à leur finalité. C’est parfois moins discrets, avec quelques posters montrant de belles femmes habillés de belles et courtes robes, ou de belles femmes habillées en bunnies et autre cosplay. A côté, le bar à hotesses le “club dix – second” à l’air très bien d’après leur Insta c’est une déclinaison du “club dix”.
Le “club dix #3”, le “club dix 22” et le “club dix V” seront encore mieux.

Posted in Uncategorized | 1 Comment

Ibusuki

Je monte ce matin dans le premier “Tamatebako” du jour, un train touristique qui va à Ibusuki une ville côtière plus au sud.

Ce train-concept est basé sur la légende populaire de Tarô Urashima, originaire paraît-il de la région. Cette histoire folklorique narre le destin d un garçon qui après avoir sauvé une tortue, est emmenée par elle dans un palais au fond de la mer. Là, une princesse lui offre une boîte qu’il ne doit jamais ouvrir. À son retour plus tard dans le monde extérieur, Tarô réalise que tout a changé et que les gens qu’il connaissait ont tous disparus (Jean-Pierre Mader, si tu nous écoutes). En effet 300 ans se sont écoulés. Y-a quoi dans la boîte? What’s in the box… what’s in the box? La réponse tout de suite mais d’abord utilisez le code NordVPN et Holy, mettez un pouce bleu, abonnez vous, partagez à vos amis, vos parents, les mecs que vous rencontrez dans la rue, ceux qui vous doivent du fric, et n’oubliez pas d activer la petite cloche pour avoir les notifs parce que l’algo de youtube ouin-ouin c’est du caca re-ouin-ouin même s’ils me font vivre.
Maintenant que l’influenceur Youtube est sorti de mon corps, ce qui m’a fait bizarre: A la fin, de désespoir, Tarô ouvre la boîte. Il en sort une fumée blanche, symbolisant les années passées. Tarô se retrouve vieilli d’un coup, avec les cheveux blancs et noirs.

Il y a plein de versions différentes de l’histoire. Pour moi la morale, c’est que les tortues faut pas les sauver, et qu’il faut directement faire un high kick à une princesse sous-marine qui veut t’offrir un objet mystérieux.

La boîte mysérieuse est d’ailleurs la Tamatebako, qui donne son nom au train. Sa décoration extérieure est asymétrique, d’un côté noire de l’autre blanc, comme les cheveux du héros malheureux. L’intérieur est tout en bois, chaleureux, avec un coin bibliothèque. De la fumée blanche s’échappe du haut quand il s’arrête à quai, comme à l’ouverture de la boîte. Et sur le quai, quand le train s’élance, une demi-douzaine de collaborateurs d’employés de la compagnie JR nous souhaitent bon voyage en agitant de petits éventails avec des Târo dessus. Trop choupinou.

Ceux qui ont la chance d’être du bon coté, ne sont pas sur des sièges orientés dans le sens de la marche (ou de la roule) du train, mais tourné vers la mer.

Il y avait le neko-bus dans Totoro, là c’est le Taro-densha. Ça doit être le kif de bosser sur cette ligne, tout le monde est à la fête, c’est joyeux. Il y a partout des dessins, des livres, des objets en rapport avec le conte. Il est possible à l’avance de commander un bentô spécial, et il y a un coin où on vends nourriture, café et souvenirs. Beaucoup de voyageurs achètent et consomment de petits pots de crème brulée bicolore blanc-noir, la spécialité. On devine que c’est ancré profondément et que ça touche tout le monde au Japon, comme les contes de Pierrot chez nous.

Le train a en plus le mérite d’être rapide car direct, le retour le soir se fera par le train normal s’arrêtant à toutes les gares, parfois plusieurs minutes. Il n’y a qu’une seule voix sur les lignes de chemin de fer au sud de Kagoshima,

Je demande dans la gare d’Ibusuki à un volontaire accueillant les visiteurs si le musée Satsuma Denshokan de la ville est ouvert. En effet, nous sommes lundi et qui plus c’est journée nationale du travail. Le musée n’est pas fermé pour si peu.

Mais avant de visiter ce musée, une autre activité. Cela faisait longtemps que je voulais venir à Ibusuki, célèbre pour les onsens façon thalasso, avec des bains de sable chaud. Je choisis l’établissement le plus grand, mais de petits hôtels sur la côte offrent le même service. On revêt un yukata, en étant nu en dessous (attention le vent) et on s’allonge dans le sable noir. Là un collaborateur salarié du onsen, équipé d’une pelle et de son savoir-faire, nous recouvre jusqu’au cou de sable à plus de 50°. Merci la géo-thermie, énergie propre et renouvelable. Le poids du sable est impressionnant, davantage que la température.

Je reste moins de 15 minutes tel une paupiette en papillote. Dès le début, je sens le sang pulser dans mes doigts et surtout mes pieds, au rythme des battements de mon coeur. A l’issue de la séance, c’est un classique bain chaud public qui m’attends, après une douche pour enlever tout le sable collant.

Bien relax, je vais ensuite au musée privé Satsuma Denshokan complètement à l’écart du reste de la ville. C’est un bâtiment très claaasse, relié à un hôtel/auberge japonais qui semble luxueux et claaaase aussi.

Le musée dévoile des objets en porcelaine dont d’énormes vases antiques de cette région de Kyûshû (Satsuma) ou en provenance de Chine, période Ming et Qing. L’anedote tu-mourras-moins-con du jour: Au 15e siècle en Chine, alors que la représentation de dragons était en vogue sur les objets, une loi fut instaurée, interdisant sous peine de mort de faire apparaître des dragons avec plus de 4 griffes aux pattes. Les dragons à 5 griffes étant réservés au seul empereur. Les aristocrates n’avaient donc droit qu’à 4 griffes sur les pattes de leurs dragons. Les gens normaux n’étaient pas trop concernée, ça devait coûter un smic de l’époque. On raconte que des petits malins ont tenté de contourner la loi. “Mais non monsieur l’agent, c’est pas un dragon à 5 griffes qui est dessiné, c’est une créature mythique certes proche du dragon, mais radicalement différente, ça s’appelle un Kon”. Hop! perché!

Avec l’onéreux billet d’entrée au musée, ou nous donnait un ticket à échanger contre un café. Technique commerciale de génie: Le café, très bon au (Nicolas) demeurant, est disponible sur une machine en self-service… située dans la boutique du musée!! Là sont en vente des objets dont certains dépassent les 1,500,000 yens. Peut-être une autre fois. La gueule du passage à la douane “vous ramenez plus de 430€ d’achats?”.

Je retiens aussi de ce musée des toilettes premium, dont la télécommande est pourvue de 15 boutons, dont 2 analogiques. C’est pas le record, j’avais déjà vu 17 boutons, mais c’était le tout dernier modèle d’exposition, au show-room de Toto, dans le musée des cagoinces.

Posted in Uncategorized | 2 Comments

Chiran: Samurai & Tokko

Levé de bonne heure, de bonne humeur et de bon coeur, je prends le bus pour la ville de Chiran. Il y a du monde à l’arrêt des fesses du bus, mais deux files se sont auto-organisées, légèrement décalées, pour les 2 prochains bus qui vont passer, vers des destinations différentes.
– “Cette la file est pour le bus qui va à Chiran?”
– “Non c’est l’autre”

Chiran est rejoint en 80 minutes, soit 4 fois le temps de la douche “rapide” de jeudi. Le bus commence par longer la baie de Kagoshima, permettant d’admirer Sakurajima du côté sud, avec toujours son panache blanc émanant du volcan. Ensuite le bus sinue le long de lacets que j’aimerai pas monter en vélo sans une assistance électrique vénère.

Je m’arrête, comme de nombreux passagers, à l’arrêt Buke Yashiki Iriguchi-Mae -celui-là faut prendre sa respiration avant de le tenter- proche d’un quartier d’anciennes résidences de samurais. Sa rue principale, charmante et essentiellement piétonne, sépare des maisons d’époque. Elles possèdent de beaux jardins, parfois ouverts aux visiteurs. Cela me rappelle en plus vieux le quartier des bonsais à Saitama, que j’avais découvert avec ma reum il y a 2 ans.

De beaux et sereins jardins, dans une ville très jolie. Et il y a des roues et une femelle kappa.

Je vais ensuite au Toyotama-Hime Jinja, un petit sanctuaire shintô avec dans son enceinte un théâtre de poupées mécaniques, appelées karakuri, qui sont utilisées à l’occasion de festivaux estivals. Ça a l’air formidable à voir dans ce cadre.
Instant geek: Je connaissais le mot karakuri grace à un très original et peu connu manga adapté en anime: Karakuri Circus, où les personnages ne se battent pas avec des pouvoirs, mais avec des marionnettes qu’ils contrôlent.

Mais en plus de sa collection de bicoques de samurais, Chiran est aussi célèbre pour avoir été la principale base aérienne d’où partaient des kamikazes lors de la dernière (à l’heure ou j’écris) guerre mondiale, et un musée y est consacré. J’apprends rapidement là bas que si mot kamikaze est utilisé à l’international, au Japon c’est Tokko qui est utilisé.

De voir un zéro me rappelle la série Les Tête Brulées, un poil hagiographique, chère à Luc. Le musée ne glorifie absolument pas le sacrifice meurtrier de ces hommes à l’engagement volontaire mais victimes de la propagande et de la pression sociale.

Les murs de la salle principale sont tapissés de photos de 1036 pilotes morts en kamikaze. La plupart avaient une vingtaine d’années, les plus jeunes que 17 ans. Il y a énormément d’objets leur appartenant et des messages et lettres d’adieux, rédigés peu avant leur départ pour la mort, envoyés à des proches. Les mamans souvent. Bouleversant.

Egalement une collection de Yosegaki, drapeaux national nippon couvert de messages et signatures de leur unité, écrits en diagonale comme s’il s’agissait de rayons partant du soleil rouge central. Bouleversant

Je suis marqué aussi par une grande photo du Kaimon qui couvre le mur du fond. C’est un mont à l’extrême sud de Kyushu, qui marquait le début des 2h30 que les avions mettaient pour rallier les navires étasuniens cibles à Okinawa. Tant que le mont Kaimon était visible quand il se retournait, le pilote considérait qu’il était encore dans le domaine des vivants. Bouleversant.

En revenant à Kagoshima, sur une note plus positive, je déniche des kitkats “Mont-Blanc” qui devraient plaire du côté de Dirinon, de Saint-Marc et de Kerbonevez. Bouleversant mais moins.

Et il faut que je me calme, même si c’est un toujours plaisir lors de mes voyages, quasiment une heure du mat’ ça fait tard pour rédiger un post de blog…

Posted in Uncategorized | 3 Comments

Meiji et Shiroyama

Deuxième calme journée à Kagoshima. J’apprécie de commencer ce voyage de façon posée, de prendre mon temps. La nuit n’ayant pas été bien réparatrice, ça m’arrange: J’ai passé toute la nuit à attendre jusqu’au matin, à plumer au poker des insomnies mon ange gardien.

Je prends, comme d’habitude un petit-déjeuner pantagruélique, avant de passer à la gare routière prendre des horaires pour demain. La gare ferroviaire est derrière, au second étage d’un grand magasin (un classique ici), coincé entre deux autres grands magasins, l’un d’eux arborant un bon gros Pikachu (pour Erell), et surmonté d’une grande roue. Sur un parvis, une douzaine de stands avec chacun 2 ou 3 représentants de compagnies de transport (aérien, bateau, fer…). J’ignore le but, juste distribuer des goodies ou faire du recrutement? Pour le train, pas besoin. Je pense qu’en France nombre de petits garçons rêvent d’être dans l’ordre: Influenceur, Pompier ou Astronaute. Au Japon c’est certainement Conducteur de train, Contrôleur de Train, Influenceur.

Le matin est consacré au Musée de la restauration Meiji, un sujet d’Histoire qui m’a toujours intéressé. Il s’agit d’une période au 19ème siècle riche en changements: Fin du shogunat et de la période appelée “Edo”, la ville d’Edo est renommée Tôkyô, Tôkyô devient la capitale à la place de Kyôto. La société japonaise est transformée radicalement, sous l’impulsion de l’empereur Meiji: Sortie de l’isolationnisme, industrialisation, grandes infrastructures. La hiérarchie sociale est remise à plat (il y avait une sorte de système de caste non officiel avant).

Et bien tout cela sera plutôt absent de ce musée, qui observe la période à travers le prisme régional: Vu de Satsuma, l’ancien nom de la zone correspondant à peu près à la préfecture actuelle de Kagoshima. Et aux travers de figures locales tels que le clan Shimazu, découvert hier, et Saigo Takamori.

Je retiendrai surtout les 2 expériences se déroulant dans un petit amphi, avec narration, projection d’images, de vidéos, d’effets sonores, et apparitions d’animatroniques sortant du sol. Je me suis découvert une fascination morbide pour ce procédé que je n’avais encore jamais vu.

Encore chamboulé par le souvenir de ces automates dérangeants, j’entreprends d’aller à pied au parc Shiroyama. Je passe le long d’un terrain avec un marché aux puces où se côtoient punks à chien altermondialistes et mamies du quartier.

L’essentiel de Kagoshima est plat et on y croise énormément de vélos, en cela la ville fait penser à Takamatsu. Il y a moins de vélos et moins de plat à l’approche de Shiroyama, qui veut dire montagne du chateau. C’est juste une petite colline, mais il y a des marches. Et c’est dûr.

En rentrant d’un voyage au Japon, je me dis à chaque fois que pour le prochain il faut que je sois plus affuté, que je fasse de l’exercice, que je mange mieux. Caramba, encore raté!

Le chemin se termine sur un parking, avec des cars de chinois et des cars de comités d’entreprise. J’entends une rabatteuse lancer des “ramen wa ikaga desu ka” (en français: wesh frère, t’es chaud pour un ramen?). Donc pour ce midi (enfin, plutôt 15h) c’est ramen.

L’objectif de cette montée était de rejoindre l’observatoire du parc, dominant la ville, en face de Sakurajima.

Cette belle vue précédée d’un copieux ramen m’a boosté, c’est incroyable comme je suis devenu plus fort: Je mets dix fois moins de temps à descendre qu’à monter la même distance. La fin de l’après-midi sera consacré à du lèche-vitrine, figurativement.

Et pour le soir, un plat local, le Keihan que j’ai découvert hier au petit-déjeuner, par un stand où on peut s’en préparer soit-même. Du riz dans un bol avec dessus poulet, oeuf, champignons noirs, brunoise de papaye et d’autres fruits et légumes, le tout dans un bouillon de poulet.

Le “tu mourras moins con” du jour, appris au musée Meiji: Dans le dialecte de Satsuma, “une grosse patate douce” se dit “wazze futoka kaimo”. Ça a beau être local, pas sûr d’être compris en disant ça dans le 7-Eleven du coin.

Posted in Uncategorized | 3 Comments

Un trou de verdure

Première journée à Kagoshima, en train vers le Sengan-en, un célèbre jardin à l’est de la ville. Dans le petit milieu des jardins, il pèse dans le game, sans toutefois entrer dans mon TOP 3 perso, constitué de ceux de Kanazawa, Takamatsu et Okayama et Kumamoto.

Le jardin consiste en une succession de différents agencements d’arbres, de plantes, de pierres, d’étangs. Aucune rivière ne chante, mais il y a une multitude de petites cascades. Cependant ce qui sublime le lieu, c’est la distante présence de Sakurajima.

En cet automne, le thème est le chrysanthème, il existe un festival ici consacré à cette fleur depuis plus de 50 ans. Il y en a des milliers à l’entrée, disposés parfois avec goût. Parfois pas.

Sont exposés des Chrysanthèmes qu’ont fait pousser les participants à un concours de beauté avec des règles imposées, du genre: 3 fleurs par pot, 60cm max, celle de derrière doit être la plus grande, tandis que les 2 fleurs de devant doivent faire la même taille, ou alors c’est celle de gauche qui peut-être légèrement plus grande. On parle bien de fleurs.

Tout dans le jardin est entretenu avec un soin infini. La mousse qui recouvre les chemins et les pierres semblent avoir été délicatement peinte par de fins pinceaux trempés dans une émulsion de poudre de thé vert.

En sortant du Sengan-en, j’entre dans un musée juste à côté: le Shoko Shuseikan, consacré au clan Shimazu, une lignée de nobles ayant contrôlé le sud de Kyûshû dès le 12ème siècle. Et par la suite la quasi-totalité de l’île sur des centaines d’années au fil de conquêtes, d’alliances avec ses voisins ou de trahisons vis-à-vis du shogunat Tokugawa. Beaucoup d’explications, parfaitement inclusives vis-à-vis du touriste anglophone. Une longue vidéo retrace l’évolution de l’influence du clan, et le déroulement de certaines batailles, avec un habillage qui évoque les jeux Dynasty Warriors.

Au 19e siècle le clan s’est tourné vers le commerce avec l’étranger, Chine et Corée pour commencer, ainsi que sur l’importation du savoir faire européen en matière de construction et d’ingénierie. Des étudiants japonais étaient par exemple envoyés étudier en Angleterre, tandis que des ingénieurs anglais venaient à Kagoshima. Ils étaient hébergés dans une maison de style colonial qui existe toujours.

Le Kamon (symbole d’armoiries au Japon) du clan Shimazu est étonnement sobre, une croix dans un cercle. On le retrouve un peu partout ici.

Après avoir mangé très tardivement, je me rends à l’endroit où le missionnaire François Xavier a débarqué au Japon pour prodiguer la foi chrétienne aux autochtones. Pour ériger sa statue à l’endroit où il a posé le pied en 1549, j’imagine qu’un géomètre passait par là au même instant, avec un jalon disponible. Notons le Kamon croix-dans-un-cercle sur la fresque à gauche de F.X..

Un peu plus loin, j’enchaîne deux parcs, le parc Tagayama, et le parc Ishibashi. On y trouve beaucoup de ponts et beaucoup d’enfants qui jouent dessus et dessous ces ponts.

Demain la journée devrait être assez similaire, pépouze. Un peu de verdure, un peu de culturel.

Posted in Uncategorized | 1 Comment

Installation à Kagoshima

Si il y a un aspect pas marrant d’un voyage au Japon, c’est bien la durée du trajet en avion pour s’y rendre, mais c’est tellement un pur kif une fois sur place que c’est un faible prix à payer (excepté celui du billet). Je prends donc mon mal en patience, aidé d’un peu de musique et d’un peu de film. Et bon, on propose de la soupe miso avec le plateau repas. Chic je vais en boire une par jour pendant 3 semaines.

Note pour le futur: Ne pas reprendre le poulet à l’estragon et son écrasé de pomme de terre.
En positif: en vrai, le goût est plutôt pas mal
En négatif: ça ressemble à rien, comme un plat Robuchon à Carrefour, que tu trouves presque appétissant sur la photo d’emballage. En plus le keum a l’air sérieux avec son uniforme de chef. Et il y a un petit morceau de persil sur le plat, tu te dis que c’est gastronomique. Mais invariablement t’es déçu à l’ouverture avant les 6 minutes au micro-ondes parce que le bain-marie c’est chiant: Le plat est mou, c’est une sorte d’état de la matière mystérieux et inexplicable par la physique du 21ème siècle, entre le liquide et le flasque. C’est mi-liquide, il y a pas d’autre moitié. Mais le bonus avec le poulet à l’estragon et son écrasé de pomme de terre Air France, c’est que le poulet (à l’estragon et son écrasé de pomme de terre) se fait facilement la malle depuis ta fourchette en carton pour piquer une tête sur ton t-shirt, comme s’il voulait en finir, de honte et de chagrin.

Après quelques heures d’attente à l’aréoport de Tôkyô, j’empreinte un vol (faudrait savoir!) Japan Airlines pour Kagoshima, au sud de l’île de Kyûshû, en bas à gauche sur la carte du Japon pour ceux que la géographie gonfle.

Le meilleur moment d’un vol JAL reste la vidéo des consignes de sécurité. Réalisée en 3D cheap, façon reconstitution de scène de faits divers sur NRJ12. Si chez Air France les consignes en vidéo c’est un court-métrage nunuche, chic, bien fichu, et publicitaire façon Amélie Poulain, avec la JAL la forme est marrante, mais le fond est méga sérieux. Ca montre notamment ce qui peu mal se passer si on ne respecte pas les consignes.
– T’as voulu récupérer ta valoche pendant l’évacuation? C’est malin, on peut plus passer, p’tet’ qu’on va mourir.
– Oh non, t’as gardé tes Louboutin sur le toboggan? Tu l’as déchiré, P’tet’ qu’on va mourir.

Par contre respecte les consignes, et tu vas t’enjailler en glissant sur le toboggan.

Le film actuel ci-après, avec le moment décrit plus haut. Réalisé en Unreal Engine 5, ceux que j’avais vu il y a douze ans tournaient sur PS2.

Les Personnels Navigants Commerciaux sont universellement souriants et aimables, mais au Japon c’est l’apex. Magnifique impression d’être un VIP alors que t’es juste un NPC en classe éco. Les hôtesses passent tout de même avec des catalogues de goodies, façon compagnie lowcost, LagardAir ou Ryan-Air, mais ici on offre le café, le thé vert et le jus de tomate rehaussé d’une pointe de céleri (une idée de Robuchon?).

Même le personnel de l’aéroport, sur la piste, fais des signes “coucou” à l’avion qui roule, à destination des enfants, des mamies et du touriste français assis au hublot sur la droite de l’appareil.

Et oui, à droite! Contrairement aux autres frustrantes fois où j’étais à gauche, on a une belle vue sur le Mont Fuji pendant plus de 10 minutes.

Et assurément, le Fuji-san dépasse en majesté le Mont Frugy quoiqu’en dise tata Thérèse, excusée de son chauvinisme bigouden bien naturel.

L’avion longe le sud de Shikoku avant d’arriver dans le sud de Kyûshû. Et la de la droite je ne vois pas en approche Sakurajima, (quasi) île-volcan en face de Kagoshima, que j’avais déjà visité il y a bien longtemps. Le volcan s’est d’ailleurs un peu réveillé ces derniers jours. Pas sûr que je puisse à nouveau me rendre sur l’île, donc. Cherchez pas des vidéos, celles qui sont impressionnantes sont générées par IA pour faire du clic, on n’arrête pas la connerie, même en se mettant devant.

Depuis l’aéroport de Kagoshima, assez loin de la ville, il faudra encore une heure de bus pour rallier le quartier de Tenmonkan où se trouve mon hôtel. J’ai choisi cet emplacement car le quartier semblait vivant, central et avec beaucoup de restaurant, pas mal pour le soir. Je re-évoquerai demain probablement le sujet, quand il y aura moins de sommeil en retard, il y a des trucs à dire.

Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, pris une douche rapide d’environ 20 minutes je vais à la plus proche des 2 gares de Kagoshima (25 minutes cependant, le temps de prendre 1 douche ¼ ) pour récupérer des passes de train, un pour le sud de kyûshû, un pour le nord, que j’utiliserai en séquence pour visiter des lieux qui feront l’objet de billets sur ce présent blog.

Et pour conclure, parce qu’on mourra tous un jour, mais en lisant ce qui suit on mourra moins con: Un article sur “pourquoi le jus de tomate dans l’avion?”: pourquoi le jus de tomate dans l’avion. A titre personnel j’en ai déjà pris 2 ou 3 fois par mimétisme et parce que la présence de la brique de jus de tomate sur le plateau des boissons proposées est intrigante. Et c’est vrai que c’est bon, bordel. Mais jamais ça sera dans mon frigo, juste une fois tous les 5 ans dans l’avion.

Posted in Uncategorized | 2 Comments

Japon dixième


Déjà un nouveau voyage, vivement le touch down en terre nippone. L’escale heureusement courte mais pénible à CDG fait que l’embarquement va être une delivrance. Entre toilettes inondées, quidams qui font des appels téléphoniques avec le haut parleur activé et surtout presse actu impossible à trouver dans les 3 magasins Relay disponibles, grrr!

Merci Lagardere, et donc Bolloré d’avoir transformé cette enseigne: On y trouve des souvenirs de Paris faits en Chine, des maillots de foot, des promos sur les petites bouteilles d’eau, 5€ les 2, des magazines souvent innofensifs, parfois d’opinion (plus Furia que Charlie) et des bouquins. En tête de gondole Zemmour, Bardella et Le Jolys De Villiers, ce dernier orné d’un bandeau rouge avec un sobre “époustouflant”. C’est ça la “Patte Bollo’” si vous me permettez ce jeu de mot milliardo-culinaire.

Et ouais, vénère avant même que de partir. Je voulais juste mon canard. #rants

Les prochains billets seront assurément plus positifs. 🙂

Posted in Uncategorized | 1 Comment