Biwako

Le lac Biwa, je l’avais vu de loin, en passant en train, je l’avais vu de près, j’étais allé dessus, mais jamais encore dedans. C’est à présent chose faite.

Une des plages les plus belles du lac, côté ouest, semble être celle de Omi-Maiko. Nous y partons vers 9h00 en passant par Kyôto. Devant la tranquille gare passe un chemin conduisant vers la plage, assez longue, ombragée par des pins, parsemée de barbecue en libre-service. Des boutiques vendent et louent du matériel de plage et de barbecue, et de la malbouffe de base pour ceux qui, comme nous, se pointent les mains dans les poches.

Nous nous installons après quelques minutes de marche, loin de nos voisins de gauche et pas trop près de nos voisins de droite (voisins à notre droite, hein, ça ne désigne pas les gens qui balancent des “et c’est Nicolas qui paie…” toutes les 5 minutes en étant à chaque fois plus fier de sa vanne rance).

Le petit groupe à droite donc est en mode Luc™, aussi appelé mode Greg™, unis sous la bannière Weber™: ça grillade à donf, et ça écoute de la musique aussi. D’abord de la lounge, puis une playlist de ballades vietanièmes♫ insipides.

L’eau du lac est aujourd’hui aux alentours de 30°, 2 fois plus qu’à Plouguerneau, hein Steven?. On y reste comme deux poireaux à mijoter dans la soupe 60, 90 minutes? difficile à dire. C’est l’envie d’une glace au matcha qui me fait sortir le premier. Emma reste continuer un peu la cuisson pour son premier bain au Japon.

Après cette matinée calme et reposante (“ce décrassage après les efforts d’hier” diraient Laszlo et Jean-Cri’ dans leur jargon de sportif), nous repartant à Ôsaka pour visiter le Kaiyukan, l’aquarium de la ville. Nous emprumptons la même ligne de métro que celle pour l’exposition universelle,

La visite de l”aquarium commence par le haut du bâtiment, au 8e étage. Certains bassins sont verticaux sur plusieurs étages, on peut donc découvrir les mêmes spécimens sous différents angles et hauteurs.

Le manège d’une jeune femme nous amuse: Accompagnée de celui qui est sans doute son papakatsu, elle s’arrête devant chaque bassin non pas pour regarder les spécimens qui s’y trouvent, mais pour être prise en photo avec des mimiques et des poses de top models. “Vous avez vu? Je suis belle devant les loutres” “Vous avez vu? Je suis beeelle devant les pingouins” “Vous avez vu? Je suis beeeeelllle devant les requins baleines?” et devant les chiottes, hein, t’y belle devant les chiottes?

Nous revenons à l’hôtel en métro alors qu’une grosse averse se déclenche. A la gare de Hommachi, Emma prends pour la première fois la mesure de ce que peut être une foule pressée dans une gare bondée, la pluie soudaine amenant un flot supplémentaire de passagers à l’heure de pointe.

Comme hier, nous ressortons déambuler en soirée autour de Dotonbori, et nous poser pour le diner. Poulet frit pour emma, et délicieuses nouilles dandan pour moi. Bouillon avec un goût proche d’une sauce saté, en plus épicé. Et pis c’est bon.

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Marches à l’ombre

Je m’étais fait un post-it mental avec écrit dessus “à faire” quand j’avais découvert l’existence de la voie de chemin de fer désaffectée de Takedao, au grès de mes recherches sur les alentours d’Ôsaka,

Et ça tombe bien, Emma aime bien l’urbex. Vers 9h nous nous rendons à la gare de Namaze pour faire excursion jusqu’à celle de Takedao, en suivant une ligne de chemin de fer abandonnée depuis 40 ans. elle a depuis été transformée en chemin de randonnée à travers les ouvrages d’art d’origine, ponts et tunnels ferroviaires, sécurisés. Faute de notes précises de mon côté, nous perdons du temps avant de trouver enfin le début du chemin, marqué par la présence d’un cantonnier aussi taciturne que fermé, silencieux et peu bavard.

Nous alternons les passages ombragés, les tunnels plus ou moins longs, et des ponts passant au dessus d’une rivière, dans une vallée encaissée. Ce matin le premier métro était bondé, les gares remplies, et là, une heure plus tard, il n’y a personne sur le chemin (à part le canonnier bourru et taiseux).

La petite rivière qui passe et les enchaînements de tunnels sont les deux trucs les plus agréables de la ballade: ils nous rafraîchissent. Certains tunnels font environ 350m, et il y fait probablement 15° de moins qu’à l’extérieur. Il y a aussi moins de lumière. Exactement aucune lulmière, nada, nilch, peau’d’zob, nanimo, hormi celle des lampes frontales et torches que nous avons amenés.

Les passages dans le noir sont l’occasion pour nous d’évoquer certaines histoires horrifiques du folklore et de la pop-culture japonaise. C’est dans ce genre d’ambiance qu’on aime à jouer à se faire peur, comme lors d’une nuit à la belle étoile autour d’un feu de camp, où chacun son tour raconte son histoire la plus flippante:

  • Emma ouvre sur une adaptation d’histoire de Junji Itto sur Netflix.
  • Je la suis d’une description du manga Uzumaki, son chef d’oeuvre.
  • Elle enchérie sur Feldup.
  • Je la contre-uno et enchainement sur +4 avec Sadako, The Ring, Dark Waters, et un soupçon de Dame blanche.
  • Elle fait dix-de-der sur le riche folklore japonais concernant les toilettes (Aka Manto, Hanako-san,…) quand on arrive à la fin du tunnel.

William, je suis un peu déçu de ne pas avoir croisé Mémé turbo dans cette ambiance évoquant le début de Dandadan. Pas d’envol de chauve-souris non plus.

Sur la fin du parcours, nous passons devant un groupe de 3 femmes en train de nique-piquer. Les premiers humains depuis le cantonnier peu loquage et ombrageux du début. Un peu plus loin, c’est un homme qui arrive en face. Je me demande si le cantonnier avare de mots (en plus il était pas beau, bref l’antithèse d’Anouk) sera toujours présent sur la route de ce marcheur.

Emma compte les tétards avant de laisser tomber parce que ballec en fait, pendant que je prends une n-ième photo avec le du bout de mon doigt visible en haut à gauche.
Foutus objectifs géants sur les mobiles récents.

Incroyable que ce chemin ne soit pas fréquenté. Environ 6km, sûr, original, dans une nature très jolie et avec une ambiance particulière dans les tunnels, il a tout pour lui.

Après cette belle randonnée, nous mangeons un assortiment de riz assaisonnés et de dangos à Takarazuka, puis nous allons voir le Nakayama-dera, temple bouddhiste lui aussi déserté.

Nous enchainons deux trains pour aller ensuite au park Mino-o. Le chemin pour se rendre à la cascade du même nom évoque par moment le mont Takao, mais en beaucoup plus court et avec des inclinaisons acceptables. Il y a quelques autres promeneurs, mais ça ne se bouscule pas là non plus! La chaleur y est suportable, merci la forêt, merci les arbres, merci la vie.

Comme quasiment partout au Japon quand on traverse un endroit comme cela, des affichettes donnent des recommandations en cas de rencontre avec des singes. On n’en croise pas. Tant mieux dis-je à Emma, ils sont facétieux et enclin à jeter du caca sur les gens qui passent. “Ou à voler les casquettes” dit-elle. Perso, je préfère qu’on me chourre ma casquette, mais elle, à choisir, préfère se prendre du caca dessus. C’est pas mon kink.

De retour à la gare principale d’Ôsaka, passage par le grand magasin Daimaru. Son 13e étage possède un Pokemon Center, un Nintendo Store, un Mugiwara Store, un Capcom Store, etc.

Une fois rentré à l’hôtel, à Namba, 3 moments très très TRÈS agréables nous attendent. Dans l’ordre: Enlever ses chaussures, enlever ses chaussettes, prendre une douche. Nous nous retrouvons vers 20h pour manger. Ce soir c’est pizza.

Bien qu’on ait marché toute la journée, Emma ne se fait pas prier pour qu’on aille en sortant du restaurant faire un tour de nuit dans le quartier de Dotonbori, célèbre pour ses rues et ses canaux animés et vibrants à ce moment de la journée. Un peu l’impression d’être dans un jeu de la franchise Yakuza/Ryu ga Gotoku.

Déjà minuit trente, rendez-vous demain à 8:15 pour une nouvelle journée où on ménagera nos pieds sinon ils vont finir par se mettre en grève.

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Ôsakanicule

De retour au Japon 15 mois après mon dernier voyage solo! C’est au tour de ma nièce Emma de me faire le cadeau de sa compagnie. Après une petite péripétie administrative-à-suspens-qu’on-en-rigole-à-présent au départ, et un vol aussi long qu’un barbecue sans merguez, nous touchdownons la piste de l’aéroport d’Ôsaka de bon matin. La chaleur et l’humidité nous ont précédé.

Les formalités à l’immigration se font à très haut débit, grâce aux investissement dans toujours plus d’appareils en self-service, associés à du personnel aimable et pro. Nous arrivons parmi les premiers aux douanes, après avoir gagné à la lotterie du caroussel à bagages, mais nous sommes repris par le peloton quand ma valise fait l’objet d’une fouille polie mais retardante. Ces derniers mois ont été difficiles et ont dû constituer un malus pour mon jet de sauvegarde de charisme.

Nous enchainons trains et métros jusqu’à la gare composite de Namba (4 gares d’autant de compagnies différentes, reliées entre elles), où nous laissons temporairement notre stuff à notre hôtel. Plus légers nous reprenons le métro en sens inverse pour aller voir un temple, le Shitennoji. Je suis très étonné du peu de visiteurs que nous croisons. Est-ce la chaleur? Est-ce que tout le monde est parti à l’Exposition Universelle? Ou à n’importe quel endroit de Kyôto?

Je ne l’avais encore jamais fait, mais nous montons au sommet de la pagode à 5 étages au moyen d’un double escalier en colimaçon, raides et étroits. Juste avant, dans une ambiance de sons de cloches et d’encens, nous avions assisté à la toute fin d’un office bouddhique.

Au nord se trouve un bassin dépourvu de carpes koï, mais pourvu d’innombrables petites tortues, s’ébattant dans l’eau, ou se faisant dorer la carapace au soleil. Elles seraient en fait parfaitement nombrables, mais ballec.

Ensuite nous passons rapidement dans le quartier de Shinsekai (littéralement nouveau monde) qui n’est pas du tout meilleur goût. On y trouve par exemple un pringle store, sorte de version (très) réduite et salé du M&M’s world ricain. Produit dérivé et mascotte kawaii, ou déclinaison à la kit-kat de goût locaux. Laszlo eut apprécié, en amateur de la marque, dont le sel fait mal à la commissure des lèvres à l’apéro. On va quand même pas bouffer que des tomates-cerises.

Nous allons ensuite à l’hôtel prendre possession des chambres et nous rafraîchir, mais avant une pause goûter à base de jus d’orange, de melon cream soda et de gateau-pancake. La technologie spaciale au service du nappage met sur notre route les célèbres petites dosettes permettant d’arroser en même temps de beurre et de sirop d’érable ce succulent délice.

En fin d’après midi, nous allons à pied vers Nippombachi et sa Den Den City, où se trouve le même genre de boutiques qu’à Akihabara: Produit dérivé de série animé et de plus en plus d’idoles ou de youtubers virtuels. A certains endroits il y a autant de rabatteuses pour les maid cafés que de passants.

Pour le repas du soir, c’est Yakisoba (nouilles sautées) de porc pour Emma, qui tente un premier plat local, et Okonomiyaki pour mézigue. Ca arrive tout près sur une plaque chauffante maintenant le miam-miam au chaud. Dommage l’Okonomiyaki n’est pas préparée sous nos yeux à moins de s’installer au comptoir.

Nous avons tellement peu dormi ces 36 dernières heures que nous devrions trouver le sommeil fissa (“EA Sports, it’s in the gaaame”).

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Himeji printanier

Comme ultime étape de ce voyage, je décide de retourner à Himeji. Je commence la journée en allant tout au nord de la ville. Pour cela je saute (façon de parler sinon c’est du sport et ça me fatigue par avance) dans un bus qui a pour terminus le téléphérique du mont Shosha, où se trouve un temple. Le bus est plein, et alors que je suis assis à l’arrière coté fenêtre, en occupant les deux tiers de la banquette, un type ressemblant vaguement à Pierre Bellemare, et de type “large du cul” lui aussi, vient prendre place à mes côtés. Quel soulagement quand il me demande si le bus fait le tour du château. Ah non Pierre, faut que vous descendiez à la prochaine. Et j’ai beaucoup ri quand vous chantiez Antisocial en Fuego avec Kad&Olivier.

Le mont Shosha est le lieu où se trouve le Engyōji, temple bouddhiste ancien qui apparaît dans Le Dernier Samurai. Pour le rejoindre on marche sur un chemin bordés de statues de bronze, jusqu’à une grand porte.

“Pas de bras pas de chocolats” ouais bon là c’est abusé

Le bâtiment principal atteint après 15 minutes de marche en impose, tout en hauteur sur ses poutres en bois. À l’intérieur une statue d’apparence insolite est l’objet d’un rituel: les fidèles utilisent un chiffon au bout d’un manche de bambou pour lui frotter le crâne et les autres parties du corps.

Plus loin dans la montagne se trouvent 3 grands halls, dont un dans lequel on peut entrer pour admirer différents objets historiques. Anciennes statues, tenues, calligraphie…

En quittant le Mont Shosha, je reprends le bus pour le château. Le parc qui l’entoure est plein de monde, de nombreux cerisiers en fleur attirant les visiteurs. Je ne refais pas l’intérieur du château, mais vais voir les murs d’enceinte.

Ensuite, tour rapide dans le jardin Kokoen, juste avant sa fermeture. Il est assez différent en cette saison, mais ce n’est pas un spot avec des tas de cerisiers. Le seul qui existe, à coté d’un pont enjambant un étang est splendide, aidé pour se déployer par une armature en bambou.

le père de Gunther

Ce voyage est déjà terminé. Quand je pense à tous les collègues qui ont pour projet de visiter ou de revisiter un jour le Japon, je mesure le privilège qui est mien, d’avoir pu enchaîner trois voyages aussi différents en un an. Celui-ci s’est beaucoup fait dans l’improvisation, mais je n’en retiens que du bon.

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Tokyo printanier

Aller-retour à Tōkyō aujourd’hui depuis Ōsaka. Ces jours-ci ont vu s’ouvrir les fleurs de cerisier dans la capitale, en même temps qu’à Fukuoka et Kumamoto (rapports d’avancement). J’y vais donc pour essayer de les voir, et faire des emplettes dans des endroits que je connais bien.

Je commence par me rendre à Ueno, pour déambuler dans Ameyoko, le quartier commerçant concentrant les rues sous la voie ferrée entre les gares de Okachimashi et d’Ueno, toujours un foutoir et toujours aussi vivant. Ensuite un tour dans les étages de Yamashiroya, tout autant chouette magasin de goodies que calvaire pour les phobique des espaces confignés. La partie JV fait la part belles aux produits dérivés de jeux indés (Undertale et Hollow Knight en tête)!

Le parc d’Ueno est blindé de monde, agglutiné et en extase devant certains cerisiers effectivement très fleuris. De grandes bâches sont déployées pour qui veut s’installer dessous pour profiter de l’ambiance. Les places sont chères, figurativement.

Je vais ensuite à ma destination shopping préférée de la capitale: Nakano Broadway, bâtiment vieillot riche de diverses: de la solderie, des montres de luxe, de la bouffe et des fringues (“petit Paris”), de la voyance, des cosmétiques et surtout des étages de boutique d’occasion pour figurines, mangas, animes, cosplay, bref toute la pop-culture. Il y a une vingtaine de Mandarake thématiques! Mais aussi beaucoup d’emplacement aux rideaux fermés, signe de turn-over. On y croise de plus en plus d’étrangers, signe que le quartier représente une sacrée alternative à Akihabara. Je reviens bredouille par contre, pas trouvé de Ni no Kuni sur Switch, gomen William.

Je m’arrête ensuite à Shinjuku pour aller voir, sous la pluie, le grand parc Shinjuku Gyoen. Là aussi les cerisiers les plus précoces ont fleuris ça et là.

En attendant le train du retour, derniere halte shopping dans la gare de Tokyo. Dans le train, maintenant ce billet quasiment fini je m’en vais réfléchir à mes options pour demain, dernier jour de ce voyage…

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Kobe

En ce dimanche, destination Kobe. Très rapide d’accès depuis Ôsaka, je m’y rends pour y visiter le musée consacré au tremblement de terre de 1995. Triste année s’il est en, et pas que pour le séisme nippon.

Mais avant cela, une halte dans un jardin japonais, en descendant à la gare de Sannomiya. Je croise des tas de boutiques sur le chemin, dont un Don Quijote duquel je ressors avec des kitkats inédits, dont fraise+haricot rouge réunis. A voir si c’est aussi bon que azuki seul.

Le Sorakuen n’est pas très grand, pourtant à l’entrée on propose des pamphlets dans une douzaine de langues, dont le français. On me le remet en me disant “merci bonjour”. De rien. Il y a un grand bâtiment claaaaass à l’arrière où sont organisés des banquets, mariage, séminaire d’entreprise AVEC VUE. Le jardin était à l’origine sur le terrain d’un notable qui deviendra le maire de Kobe. Il y a quelques bâtiments de style européen (maison, étables).

Le jardin japonais est classique et resserré, avec des cascades qui ruissellent joliment vers un étang où s’ébattent des carpes. A l’écart, une étendue d’herbe avec des bancs permet aux parents de s’asseoir pendant que les enfants s’ébattent sans risque de tomber dans les carpes.

Je prends ensuite un métro et un train pour aller au musée consacré au tremblement de terre qui ravagea le ville il y a 29 ans. A la sortie, un autre DonQui, mais j’ai plus de place dans mon sac à dos.

Le musée est situé dans un grand building sur la façade duquel est inscrite la date du 17 janvier 1995 et “magnitude 7”.

Un séisme de magnitude 7 n’est pas sensé être à ce point dévastateur pour un pays comme le Japon, mais celui-ci concernait une faille peu profonde, jusqu’alors inconnue, et qui court directement sous la ville. Les normes de construction en vigueur n’étaient alors pas aussi strictes à Kobe qu’à Tôkyô par exemple, plus “en risque”.
La plupart des maisons individuelles ont été détruites, et beaucoup de tours et d’infrastructure (routes, port, voies ferrées) très abîmés. L’essentiel des victimes dormait, à 5:46 le matin.
Les canalisations d’eau ayant été coupées, les nombreux feux déclenchés par le séisme (maison souvent en bois, gaz de ville) n’ont pu être éteints.

Le musée commence par une vidéo avec des images -pas d’archive, mais reconstituées- montrant le séisme dans les différents quartiers et aux alentours. Ça n’a pas était réalisé avec les moyens de Michael Bay, mais ça fait un peu cheap (plan serrés de cuisine où tout s’effondre, gros plan sur des chiens qui aboient) mais ça fait flipper, qui plus est avec un gros son. Quelques enfants étaient pas fiers (“kowai…”).
La vidéo suivante montre des images d’archives sur les heures et jours suivants, commentée par une femme qui avait 15 ans alors et a perdu sa sœur dans l’incendie subséquent de la maison affaissée.

Ensuite un nombre ahurissant d’objets exposés, de photos, de témoignages en texte et vidéos sur ce qui s’est passé pour les survivants. Plus de 40000 logements temporaires ont été construits, mais il a été difficile de reconstituer des communautés entre des gens se retrouvant dans un lieu impersonnel avec des voisins inconnus, sans repères en plus de la perte de la quasi-totalité de leurs vies et souvent de proches.

Un second building accessible par une passerelle aérienne apporte un côté explicatif, à destination des plus jeunes, des causes des catastrophes naturelles: cyclone, séisme, tsunami… Des expériences en VR, des mises en situation pour savoir que faire si ça arrive quand on est à la maison, dans un magasin, etc. Un petit côté “c’est pas sorcier”.

Un musée passionnant. J’imaginais qu’il serait aussi question de technologies anti-sismique. Il y a avait bien un petit laïus d’un intervenant scientifique (qui plus est traduite en anglais, pour un groupe de visiteurs turcs) sur le sujet, mais je reste un peu sur ma faim.

Demain, je fais un aller-retour à Tôkyô pour une journée qui s’annonce speed. De nombreux magasins disséminées à aller voir, et un petit passage dans le parc d’Ueno où j’espère voir du rose dans les arbres.

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Chikubushima

Chikubushima est une petite île au nord du lac Biwa, le plus grand lac du Japon (qui est un peu plus grand que le Lac Léman). On peut s’y rentre en bateau depuis plusieurs ville en bord du lac, je choisis de partir de Nagahama, à l’ouest. Il n’y a que 5 vacations par jour,  ce n’est qu’à partir de demain que le service de la compagnie Biwako Kisen bascule en horaires de pleine saison.

Après une quarantaine de minutes, le bateau accoste sur l’île. Quelques boutiques de souvenirs et de restauration basique à base de brochettes et de fritures sont sur le chemin, qui grimpe rapidement sous forme d’escaliers vers un templexe bouddhiste (Hogonji) mitoyen d’un sanctuaire shintô. Ici comme ailleurs au Japon les deux religions cohabitent (le cri d’amour du crapaud encore une référence desprogienne) en un syncrétisme évident.

Dans le temple il est possible d’acheter des petites figurines en bois (Onegai Daruma). La figurine est creuse et on peut insérer dans son séant un papier avec son souhait écrit dessus. Elle est ensuite scellée et exposée. C’est un moyen plus discret que d’écrire “je voudré ken Manon” sur une tablette, visible par tous.

Dans la partie shintô, un torii plus bas, face au lac, est l’objet d’une croyance: L’attendre en lançant un objet porterait chance. Ca tombe bien on vend juste à proximité de petits disques d’argile! Bon au moins ça ne pollue pas.

Un peu déçu que seule la partie temple de l’île soit praticable, pas de sentier pour en faire le tour. La luminosité de la journée est étrange, on ne distingue qu’en filigrane les côtes du lac et les montagnes lointaines.

Une fois revenu à Nagahama, je passe voir son petit château reconstruit en béton, qui abrite un musée. Il y a de grands cerisiers tout autour, pas encore en fleurs, mais un parterre de cerisiers plus petits et précoces sont eux au pix de leur floraison. Ce beau samedi est d’ailleurs mis à profit par quelques groupes d’amis ou de parents pour s’installer et pratiquer le hanami.

Je me rends ensuite dans Kurokabe, quartier commerçant, avec de jolies petites rue bordées de boutique d’artisanat, de restaurants… et de friperies pour mamies japonaises. Le genre de fringues qui n’existent qu’en occasion, c’est à se demander à quelle époque et par qui ça a pu s’acheter neuf un jour…. Et c’est mézigue, avec son sens de la mode osef qui l’écrit.

Juste derrière se trouve le temple Daitsuji, avec une imposante porte de bois, et un grand hall que l’on peut visiter pour en voir les pièces sobrement décorées, ainsi qu’une exposition sur des bonsaïs de plants en fleur, placés dans de classieux pots en grès (anatomie). Pots fabriqués pour l’occasion via une collaboration avec un collectif d’artisans.

Une journée plaisante, j’avais envie de reprendre encore une fois un bateau, fut-il d’eau douce. Et une destination calme sur le radar de peu de touristes, qui ont tous dû rester à Kyōto.

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Takara(Te)zuka

Takarazuka est une ville à 20km au nord-ouest d’Ôsaka. Ma première visite du jour est le Nakayamadera, un temple vénérant Jûichimen Kannon, sensée favoriser les naissances et les accouchements sans heurts. Je ne me prononce pas sur la véracité de cette croyante. Il y a en tout cas des escaliers roulants pour les femmes aux ventres joliment rebondis, mais pas qu’à elles.

Le temple est très fleuri, avec dans la longue allée qui y conduit plusieurs petits autels de chaque côté, dont j’ignore s’ils font partis d’un même ensemble ou sont indépendants. Ils ont chacun leur identité propre, comme un où les chiens sont à l’honneur.

Dans la partie haute du templexe (néologisme inventé à l’instant pour parler d’un complexe dans le cadre d’un temple. Notez-le ça risque de revenir, je dis ça si dis rien si vous m’autorisez cette expression à la con et même si vous m’y autorisez pas, ballec), il y a une pagode arrondie et une pagode à 5 étages.

En quittant le templexe (si vous vous demandez ce que c’est que ce mot, vous lisez vraiment en diagonal :/ ), je me dirige vers le lieu qui m’a initialement fait noter Takarazuka dans ma liste de destinations possibles: Le musée Osamu Tezuka. J’en ai découvert l’existence grâce à une émission de Sumimasen Turbo (N’hésitez pas comme moi à devenir patréote de ce projet). Ce sont les mêmes journalistes passionnés et érudits de pop culture japonaise qui animaient Daijin Dash sur Gamekult.com, et qui sont partis quand ce site s’est fait racheter par Reworld Media. Reworld Media c’est le putaclic érigé en méthode, tout ce qu’il touche se transforme en merde. C’est ce groupe qui a racheté Science & Vie, où l’essentiel de la rédaction s’est barré pour créer Epsiloon. Mais je diverge. Et diverge, c’est beaucoup disait Desproges.

Et donc le musée est consacré à Osamu Tezuka, mangaka à l’éternel béret, précurseur de son art et à l’oeuvre gigantesque. Astro (Tetsuwan Atom), Le Roi Léo (Jungle Taitei), Prince Saphir (Ribbon no Kishi) pour les titres les plus connus initialement, le dernier étant par exemple diffusé dans les années 70 en France. Lorsque les mangas se sont démocratisés en France, on a pu découvrir Black Jack (mon préféré personnel de l’auteur), Bouddha, L’histoire des 3 Adolf, Phénix (Hi no Tori, qui bénéficiait d’une exposition temporaire dans le musée).

Le musée n’est pas grand mais donne plein d’infos sur la vie de Tezuka (sa passion pour les insectes, ses études de médecine, son oeuvre). Une fresque gigantesque retrace ses activités. Un cinéma interne diffuse des courts métrages sans dialogues. J’ai pu voir Muramasa, Push et surtout Butchy in the City qui est absolument génial de drôlerie et de poésie.

Pour finir cette journée calme, ou je retrouve un peu la forme après une journée d’hier “sans”, je descends du train à la gare de Juso, au nord d’Ôsaka, pour faire le plein de bonbons à destination de mes plus jeunes nièces et marcher le long du parc de la rivière Yodo.

Demain, direction les rives du lac Biwa, où en 8 voyages je n’ai fait qu’une incursion, c’était à Hikone.

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Tsuwano

La nuitée dans un ryokan fut reposante et agréable. Dès mon arrivée la famille est accueillante, prévenante et discrète. Je dine le soir avec un florilège de la cuisine japonaise: riz, soupe, sashimis de poisson, praires farcies, soba froid, et surtout un nabe! C’est une sorte de pot au feu/fondu avec un bouillon où mijote divers ingrédients. Mijotaient des nouilles de kuzu, des champignons kinokos et légumes variés et des boulettes farcis de crevettes (je suppute). Je me couche tôt sur mon futon, après un bain délassant, typique japonais aussi, où on se lave avant de plonger propre dans un bain conservé chaud avec un couvercle pliant que l’on remet après son passage pour la personne suivante. Grande variété de plats également au petit-déjeuner. Je me rattraperai sur le café plus tard.

Quel plaisir au moment où je quitte l’auberge de découvrir un beau soleil. La gare est dans la rue adjacente, je laisse mon sac en consigne pour me balader léger.

Je commence par suivre une route qui serpente au dessus d’une colline pour atteindre un endroit dégagé d’où je peux admirer la petite ville.

J’entame ensuite une succession de temple, à commencer par le Kogenji. Grande statue et petit autel avec des représentations de hiboux.

Ensuite je grimpe un sentier escarpé longeant un cours d’eau qui dévale en petites cascades. Les pluies de ces derniers jours vont ruisseler encore longtemps. Le chemin mène à une petite église, la chapelle Ste Marie Otome Toge. Elle est toute petite, et fermée. Une statue immortalise la persécution des premiers chrétiens du Japon dans cette région. Assez saugrenu, il y a une cabine téléphonique à pièces à côté la chapelle.

Je passe rapidement devant un autre temple, le Entaiin, qui possède un très beau cerisier en fleur. Mais le gros morceau bouddhiste du jour, c’est le temple Yomeiji, original avec son toit en chaume! Devant l’autel, je vois des fléchages signifiant qu’il est possible de visiter. Je n’ai pas souvenir de temples où ce genre de chose est gratuit, mais il n’y a personne. Je me déchausse et enchaîne les couloirs et pièces ouvertes au public, toutes décorées, mais dans la simplicité. Une dame âgée arrive à pas feutrés, me vois et repars sans rien me dire. Je continue. Une salle fait office de mini-musée, qui contient différents objets relatifs au temple. Au fond, un jardin avec un étang. En repartant, je constate que la petite mamie est à un guichet, fermé quand je suis arrivé. Elle sourit quand je prends mon ticket pour me mettre en règle rétroactivement. Gentille, elle ne m’a pas mis de prune ou appelé SOS yakuzas pour qu’ils viennent casser les rotules de mes genoux dans un déferlement de violence pléonastique.

Dans un genre plus flamboyant, le Taikodani Inari jinja, est accessible par une route, ou en montant des escaliers sous des rangées de toriis, laissant joliment passer les rayons du soleil. On passe à proximité d’un building désaffecté qui doit attirer les fans d’urbex. Par contre les bâtiments du sanctuaire, au bout du long tunnel de toriis sont colorés et vivants, dominant la vallée et une partie de Tsuwano en son sein.

L’Ema (plaquette en bois où on inscrit un souhait) représentative du temple est ici souvent customisée avec des feutres de couleurs avant d’être accrochée.

Un peu plus loin, un peu plus haut se trouvait un château féodal maintenant détruit, mais dont il reste les fondations et murs de pierres. On peut les atteindre en télésiège, complété par une petite marche. La vue est magnifique, quel chance que le temps se soit amélioré!

Pour finir, une fois redescendu, je retourne au bourg en longeant la rivière, puis passe par la rue Tonomachi, ou subsiste d’anciennes maisons de Samurais. Il y a au bout de cette rue une église catholique en activité.

Je garderai un fameux souvenir de Tsuwano, visité dans de bonnes conditions. La ville est vraiment à l’écart du tourisme de masse. Et j’ai surtout croisés d’autres voyageurs solo. Il semble y avoir beaucoup de chemins de randonnées à proximité, peut-être une raison d’y revenir un jour.

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Yamaguchi

Ce soir j’ai prévu de passer la nuit dans un ryokan/minshuku, à Tsuwano, dans la préfecture de Shimane. Sur le chemin pour m’y rendre, je m’arrête visiter la ville de Yamaguchi.

Les différents lieux que je compte visiter sont dispersés, je commence par aller voir le sanctuaire Furukuma, carrément désert et moussu de partu.

Puis j’entame une longue marche vers le nord-est. De temps en temps j’entre-aperçois un peu de bleu dans le ciel, mais l’espoir de beau temps est régulièrement douché, littéralement. J’arrive au Joei-ji, temple zen, pas très fréquenté. On a accès en entrant, une fois déchaussé, à une salle comportant divers objets utilisés par le culte, et s’ouvrant sur un jardin minéral. 4 enfants gentiment turbulents s’amusent à courir en chaussette et à se cacher les uns des autres, rompant de manière amusante avec la solennité du lieu.

De l’autre coté, un jardin, le Sesshu, végétal cette fois, avec un étang. Très bel endroit, et le sentiment d’une expérience privilégiée de part le peu de monde.

Je passe devant le sanctuaire Gotoku de la préfecture de Yamaguchi. Les sanctuaires Gotoku sont consacrés aux personnes mortes pendant la guerre. Le lieu est là également désert, avec un énorme parking vide. Super endroit pour y installer un marché.

Mais le lieu le plus connu de Yamaguchi est sans conteste le Ruriko-ji, un temple bouddhiste avec une pagode malheureusement actuellement en réfaction. On ne peut rien voir des travaux, l’édifice est protégé par un sarcophage. Ca pourrait ressembler à une performance de David Coperfield dès années 80.

Le temple n’est pas grand mais regorge de statues et de coin de jardin avec quelques mises en scène assez fendardes, comme dans les deux photos ci-dessus avec le jeune moine kawaii et le vieux qui offre son miroir à la maigre créativité des photographes du dimanche qui rêvent de faire exploser leur clout sur Insta.

Il y a dans les hauteurs un cimetière compact ainsi qu’un chemin qui s’enfonce dans la forêt, mais que je ne l’ai pas parcouru longtemps par crainte de trop salir mes croquenots ou de glisser. Et puis ça monte encore, merde à la fin.

Un peu plus loin, se trouve un sanctuaire shintô, incroyable cette alternance, le Yamaguchi Daijingu. Il s’agit d’une version plus petite d’un sanctuaire que l’on trouve à Ise… que je n’avais pas pu visiter en 2019 car l’empereur et l’impératrice s’y rendais le même jour.. Le seigneur local, suite à une visite à Ise a fait construire des autels pour abriter les mêmes déités à Yamaguchi,

Je termine mon circuit de la ville dans le parc Kameyama, assis sur une butte. On y trouve l’Église Saint-François-Xavier, construite au siècle dernier pour commémorer les 400 ans de la visite au Japon du jésuite François-Xavier, venu faire un “j’irai dormir chez vous” de l’époque.

Au sous-sol de l’église il y a un petit musée intéressant sur l’arrivée du christianisme ici, centré sur François-Xavier. L’église a un look moderne de l’intérieur aussi, et de beaux orgues.

Dans le train pour Tsuwano j’observe une succession de montagnes recouvertes de denses forêts et de rizières en faisant un draft de ce billet, et en savourant par avance cette nuit en ryokan.

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