Iwakuni

Iwakuni est une ville côtière de la baie d’Hiroshima, au sud de l’île de Miyajima. Au départ de Fukuoka, je prends un shinkansen jusqu’à Tokuyama, une ville industrielle dont la vue par la fenêtre ne donne pas envie de sortir son appareil photo, mais de tirer le rideau. Puis un train, pas rapide lui, de la ligne Gantoku m’amène jusqu’à la gare de Kawanishi (“l’ouest de la rivière”) à l’entrée d’Iwakuni.

La renommée de la cité tient principalement dans le Kintaikyô, un pont piétonnier fait de bois avec des arches arrondies. Je l’aperçois de loin en longeant la rivière. Le lit de la rivière est très large, l’eau n’occupe pas toute la largeur, ce qui permet de s’approcher de l’admirer le pont d’en bas. Et ça fait de la place pour garer sa voiture ou sa Bruno-mobile (et oui il y a même quelques camping-cars!).

L’autre côté du pont s’ouvre sur le parc Kikko. De taille modeste, il est constitué d’un enchevêtrement de canaux, bassins et jets d’eau. Et une gloriette. Le modeste château d’Iwakuni est visible, dépassant timidement des arbres en haut d’une colline. Il y a un téléphérique pour s’y rendre, ou 2.5km de sentier, mais je me contenterai de l’avoir vu de loin.

À l’ouest, le Tosenji, petit temple bouddhiste est délaissé du public. C’est l’heure de la sieste, seul un moine en pierre s’occupe de passer le râteau dans le jardin, fort bien d’ailleurs. Proche se trouve un cimetière consacré à au clan Kikkawa, famille d’un ancien seigneur local.

De l’autre côté du parc, un sanctuaire shintô dont le terrain manque sérieusement de paillage ou de gravillons. Il abrite une statue de Hozumi Tanaka. Tu sais pas c’est qui? Moi non plus mais je me suis renseigné. Déjà 2 indices quant à sa profession: il y a une partoche à côté de la statue, ainsi qu’une musique qui est jouée par un appareil proche. Et oui il était compositeur, il posait pas du lino. Il parait que son Magnum Opus, c’est ceci.

Je vais ensuite à une autre gare, celle Nishiiwakuni (“ouest d’Iwakuni”). Elle est toute petite, avec des bancs en bois à la surface patinés par le temps et pourvus de coussins tricotés avec des motifs qui siérait bien à messieurs Saladin, Lochet et Morel.

La ligne Gantoku fait partie de celles où il n’y plus de personnel dans la plupart des gares, et pas de borne automatique. On sort par l’avant et c’est le conducteur du train qui contrôle les billets à la descente, comme dans un bus ou un tram. On ne peut d’ailleurs payer qu’en liquide pour acheter son billet papier dans ces gares.

Mon objectif de la soirée, c’est d’aller reprendre le train à Hiroshima, et de profiter pour manger une Okonimiyaki. Mais entre ici et Hiroshima, il y a Miyajima. Je décide donc de faire un rapide passage sur cette île aussi magique que touristique. Le temps est couvert et brumeux depuis ce matin, je me dis que dans cette ambiance cela changera du beau temps que j’ai eu lors de mes 3 passages précédents.

La plupart des visiteurs sont en train de quitter l’île quand j’arrive, mouvement très amplifié quand un peu plus tard il se met à pleuvoir des cordes. La mer est très basse, pour la première fois je passer à pied de l’autre côté du torii.

Arrivé à Hiroshima à la nuit tombée, je repousse un peu ma réservation de train retour pour bien prendre le temps de manger. Et trouver des kit-kats locaux (saveur Momiji Manju!). La journée fut longue: 2 métros, 6 trains, 2 bateaux et 26000 pas. Et pour mon téléphone aussi où pour la première fois la batterie n’a pas fait la journée. Maintenant que le billet est écrit, il me reste encore la valise à boucler pour demain, et oyasumi!

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teamLab Fukuoka

teamLab est le nom d’un collectif multidisciplinaire mêlant art et technologies pour proposer des expériences nouvelles et immersives. Initialement créé à Tôkyô, et maintenant dans d’autres villes à travers le monde, leurs expositions sont numériques et interactives.

L’exposition de Fukuoka, qui existe depuis 2020 s’appelle teamLab Forest. Elle est composée de deux partie. La première est une sorte de safari virtuel au milieu d’une forêt recréée par affichage sur tous les murs et les sols. On perd initialement ses repères, immergé par le son et surtout des images stylisés de décors, et d’animaux qui s’y promènent.

Via une application mobile, ersatz de Pokemon Go, on peut cibler un animal en réalité augmentée et le capturer au moyen de flèches et de filets virtuels. Une fois capturé, on débloque une fiche explicative sur l’animal en question. Pas d’inquiétude Brigitte Anderson et Pamela Bardot, on ne tue pas les animaux (ils sont qui plus est déjà en voie d’extinction), les flèches n’ont pas de bout pointu, c’est un bout en forme de cœur (plus-petit-que-3), et avant de pouvoir capturer un autre animal il faut relâcher le précédent. Cela doit prendre du temps de compléter le bestiaire virtuel, il y a 59 espèces différentes. Très très déçu qu’il n’y ait pas de classement d’ailleurs. Je me rattraperai sur Sujimon.

La seconde partie de l’exposition est une succession d’expériencez dans des pièces aux sols et aux murs interactifs. Dans l’une d’elle, en frottant les murs, on peut faire apparaître des nuées de papillons. Dans une autre, une partie du sol est mouvant (surface type trampoline) et l’affichage de la flore tiens compte du relief sur notre passage. Dans une autre on marche sur des champignons colorés dont le choix de passage influe sur l’affichage tout autour. C’est vraiment très immersif et sacrément bien foutu techniquement.

La résolution de l’affichage sur les murs n’est pas folle, mais c’est très réussi. J’ai eu l’impression d’être plongé dans un univers poétique virtuel, similaire aux jeux vidéos du créateur Jenova Chen ou du studio Media Molecule.

L’expérience se déroulait dans un bâtiment collé au stade de baseball de l’équipe de la ville, pas loin de la tour de Fukuoka, perdue dans le brouillard et invisible malgré ses 234m. Ce n’est pas le bon jour pour admirer le paysage au loin. J’enquille alors 3 parcs de la ville.

Le parc Nishi, le plus petit, propose surtout d’érables et de pins. Avec l’humidité régnante j’y trouve de beaux verts, et quelques sakura isolés qui ont fleuris et attirent les promeneurs.

Ensuite vient le parc Ohori, où je me rappelle avoir souffert de la chaleur en été la première fois que je m’y suis rendu. Il y a un grand étang qu’enjambent des ponts.

Enfin, le parc Maizuri, le plus grand, avec de grands espaces de promenade et des terrains de sport. A partir de dans 3 jours y est organisé un festival pour admirer les cerisiers en fleur. Ici aussi quelques arbres isolés ont de l’avance.

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Le musée national de Kyûshû

Because la pluie, je file tôt ce matin en direction d’un musée proche, dans la ville de Dazaifu. Pendant la période Nara du Japon, au 8ème siècle, c’est à cet endroit là qu’était installé le siège du gouvernement pour Kyûshû.

Le musée est question est le musée national de Kyûshû, justement, qui porte sur l’histoire de l’île, mais sans s’y limiter. De nombreux artefacts et expositions sont dédiés au Japon entier, et à d’autres cultures, chinoise, coréenne voir parfois plus lointaines encore. Il y a par exemple une salle autour de la notion de “jeu” avec des exemples d’instruments de musiques thaï, indien, mongolien. Et on croise même des objets artisanaux venus d’Iran.

Beaucoup d’exemple d’haniwa, sculptures et autres objets en terre cuite. Une grande salle dédiée aux sabres japonais, et un truc que j’aime beaucoup: des explications sur le fonctionnement du musée lui-même: déroulement et limite des restaurations, condition de stockage, etc.

le bâtiment du musée, qui a de la gueule

L’exposition permanente est vraiment gigantesque, de quoi occuper toute une journée, et cela est complété par une exposition “Tigres et Dragons” temporaire dédiée à Rotetsu, un peintre japonais qui a notamment fait des illustrations pour des temples. Y sont exposés d’immenses fusuma représentant souvent des animaux. Et pour contraster, un dessin de Rotetsu… sur un minuscule carré de 3cm de côté (heureusement avec une version zoomé numériquement)! Tonton Pierre aurait adoré.

Au sortir du musée, la pluie s’est temporairement arrêté, et je fais un tour au Dazaifu Tenmangu, un sanctuaire dédié à l’éducation et aux arts. Le bâtiment principal est en cours de travaux, mais a été aménagée un espace pour accueillir les événements, avec un toit végétal du plus bel effet. Il y a d’ailleurs une cérémonie cette après-midi. Et énormément de visiteurs.

Demain la pluie devrait être encore plus importante sur Fukuoka, mais j’ai réservé une place pour un événement abrité.

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Kumamoto

Après la journée tranquille d’hier, j’inaugure le premier shinkansen de ce voyage pour aller à Kumamoto à moins d’une heure de Fukuoka. Depuis la gare, je longe longuement les berges de la rivière Shirakawa en direction du château. J’apprécie les promenades le long des berges japonaises. Quand elles sont larges comme ici il y a souvent moyen de marcher au niveau de la route ou au niveau de l’eau. Ce qui fait gagner du temps en passant sous les ponts, fuck les passages piétons.

Le château de Kumamoto est absolument magnifique. Toutefois, il n’est pas d’époque, c’est une reconstruction moderne, en béton armé, qui s’efforce de garder l’aspect du bâtiment original détruit en 1877 lors de la révolte des samurais. Par contre d’autres éléments, murs d’enceinte et Yaguras (tours) sont d’origine et restaurés. En 2016 un tremblement de terre les a à nouveaux abîmés et d’autres travaux sont en cours, jusqu’à 2038!

Le château, refait avec les normes actuelles de construction, est également moderne à l’intérieur, avec des escaliers facilement praticable (il y a même des ascenseurs pour les anciens, les handicapés, les enfants chiants et les flemmards). Rien à voir donc avec Himeji et Matsuyama. Il renferme des tonnes d’informations sur l’histoire de l’édifice et sa (re)construction. A noter que pour accéder au château, on emprunte une large rampe aérienne qui permet d’e profiter d’une vue de l’arrière.

Au dernier étage, des verrières permettent d’admirer au loin à 360°, et de contempler les montagnes notamment à l’est. C’est plus pratique que des meurtrières.

Sorti du château, je passe dans un un modeste sanctuaire mitoyen, le katô-jinja, puis prends à pied la direction d’un jardin réputé, mais distant.

Après une heure de marche, j’atteins le Suizenji. C’est un beau jardin, bien entretenu, construit autour d’un étang central et dessinant des collines recouvertes d’une fine pelouse. Il y a un sanctuaire shintô à l’intérieur de l’enclave.

Quelques jolis cerisiers blancs sont en fleur, mais pas encore de sakura bien rose.

Au fil de la journée j’ai régulièrement croisé Kumamon, la mascotte de la préfecture de Kumamoto (déjà rencontré quand j’étais passé il y a longtemps dans la ville de Kagoshima). C’est un ours enjoué avec les joues rouges. Est-ce parce qu’il pique un fard, a froid ou est bourré? Non, c’est le petit détail pour le rendre plus kawaii.

Une fois rentré à l’hôtel, je finis de rédiger le billet d’hier et pars me trouver une nouvelle paire de chaussures. La paire actuelle n’a plus beaucoup de gomme entre la route et ma plante de pied :/

Dans les 4 ou 5 jours à venir le temps va se dégrader, avec des pluies torrentielles annoncées dimanche.

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Installation à Fukuoka

Arrivé tardivement à cause des vents violents qui ont temporairement perturbé les trains mercredi, je m’offre une matinée de répit à ma masse gratinée. Et c’est reparti pour de longues heures de marche à travers la grande ville. Il fait chaud, mais il reste encore quelques jours avant l’éclosion des cerisiers en ville.

Ma destination première cette après-midi est le sanctuaire shintô Kushida.

J’y entends un groupe de français avec leur guide français (local j’imagine) au moment où ils demandent s’il connait le Youtubeur Louis-san. Je n’ose imaginer le nombre de fois où des compatriotes lui ont posé la question…

Je me promène ensuite un peu au hasard en suivant les canaux fleuris. Il y a de grands centres commerciaux, parfois en souterrain, comme le Tenjin Chikagai. On pourrait appeler cela une déambulation shopping, mais je n’achète rien. C’est une simple déambulation en fait.

Je remarque quelques buildings à l’architecture originale, tel celui de la salle de concert ACROS avec un extérieur en paliers végétalisés. Le nom ACROS est acronyme signifiant “Asian Cross Road Over the Sea”. Je suis un peu déçu, ça n’a aucun rapport avec l’organisation secrète dans Excel Saga, cette extraordinaire série parodique de près de 30 ans.

Un rapide billet, écrit en retard qui plus est, mais voilà qui laisse une trace de cette toute petite journée.

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Les enfers de Beppu

Le “Beppu Jigoku Meguri”, le Tour des Enfers de Beppu, est un ensemble de 7 attractions disséminées au nord-est de la ville. On peut acquérir des tickets individuels, ou un carnet à souche pour faire l’intégrale. 5 enfers sont groupés dans un premier quartier, Kannawa, les 2 derniers un peu plus loin à Shibaseki. C’est par ce quartier que je commence, afin ensuite d’aller à Kannawa, puis de rentrer à pied attraper un train vers 16:20 pour Fukuoka.

En me documentant, j’avais lu que les Enfers de Beppu relevait plus d’attractions touristiques que de sites chargés d’histoire, à la beauté majestueuse et naturelle. C’est un euphémisme.

Le premier enfer est le “Chinoike Jigoku” (l’enfer du lac de sang). Un étang à la couleur d’un orange très foncé. C’est certes très étonnant, mais ça aurait tout aussi bien pu s’appeler l’enter de la soupe à la tomate. L’odeur de souffre est très forte mais pas incommodante. Sur une échelle de 1 à 10, 10 correspondant à “c’est génial” et 1 correspondant à “je préfère m’insérer une pomme de pin dans le fondement”, je donnerai la note de 2 à ce premier enfer visité.

Juste à côté se trouve le “Tatsumaki Jigoku” (l’enfer du geyser, rien à voir avec One-Punch Man)

Un geyser qui dure quelques minutes puis se met en pause pour 30 à 40 minutes. Vu la configuration, avec quelques bancs et des gradins dans un décor moisi, je pensais pendant les 10 minutes que j’ai attendu que ce serait pas une expérience inoubliable.

Je ne m’attendais à rien, je suis quand même déçu. Je note 2 sur 10 aussi, avec 1 point bonus pour l’incroyable enthousiasme de ce jeune employé, probablement à son premier jour, qui lançait des “mercis d’être venus!” tonitruants. Et puis, la pomme de pin, quand même..

Après à peine 20 minutes de visite, je me demande si j’ai bien fait de prendre l’option carnet à souche. Mais si les 5 autres sont pareils, ça peut quand même laisser un souvenir impérissable. Comme quand on regarde un nanard. J’entreprends donc de rallier le quartier de Kannawa, à travers de petites routes sinueuses et accidentées. Ce n’était pas prévu, mais un grain commence à proximité d’un temple où je peux m’abriter et sortir mon parapluie.

Pour l’instant, de Beppu je n’avais vu que le centre ville et le bord de mer. Les hauteurs regorgent d’onsens plus modestes, familiaux. De la vapeur est visible un peu partout, signe de l’activité souterraine.

Le troisième enfer est le “Shiraike Jigoku”.

C’est un étang verdâtre à la vapeur évoquant l’œuf dur cuit 5 minutes de trop. C’est pas super, mais toujours mieux que les premiers. J’aurai noté 3 sur 10 si il n’y avait sur place un aquarium avec des poissons énormes dans un espace riquiqui. Alors ça retombe à 2.

Le quatrième enfer est le “Oniyama Jigoku” (l’enfer de la montagne aux démons). Le bassin a peu d’importante, le thème ici, c’est les crocodiles. Il y en a des dizaines parqués derrière des grilles sur une surface ridicule, occupés sous la pluie à attendre la mort et une réincarnation en sacs à main, et à nous faire avoir honte d’être venu les voir.

A l’entrée du “Kamado Jigoku” (l’enfer de la marmite), le cinquième des enfers, le temps est vraiment dégradé, avec un gros vent bien froid. Une statue de démon rouge nous accueille avec son ustensile de cuisine en main, le thème c’est la cuisson à la vapeur.

On peut “tremper ses mains” dans la vapeur, voir l’inhaler volontairement à la sortie de tubes spécialement placés à notre hauteur. C’est sensé hydrater la peau et déboucher le nez. Oui, mais pour l’avoir fait, j’ai regretté l’odeur de sève de pin de mon hôtel en ville.

Il est également possible de trouver des œufs et des puddings cuits à l’étuvée, mais j’ai fait l’impasse. Il y avait foule pour essayer, à l’abri de la pluie.

Le meilleur des enfers fut le sixième visité, le “Umi Jigoku” (l’enfer de la mer). Déjà, il fait beaucoup moins moins carton-pâte et kitsch que les autres. Le jardin autour est assez beau en cette saison, il y a un petit sanctuaire shintô après un bassin d’eau à 98° d’un beau bleu cobalt dégageant une grande quantité de vapeur.

Le dernier des enfers, le “Oniishi Bozû Jigoku” (l’enfer du crâne du moine) est un ensemble de bassins d’une épaisse vase grisâtre qui bouillonne lentement. Le nom de cet enfer provient justement de la forme des bulles évoquant le crâne dégarni des moines (bozû).

Il est possible ici aussi de faire faire trempette à ses petons (dans de l’eau tiède, pas dans la vase), et je m’octroie quinze minutes de répit thermal avant de prendre le chemin du centre-ville.

Au cours de la marche, des éclaircies apparaissent mais le vent redouble, voire triple de vigueur. A tel point que les trains en sont perturbés. C’est donc seulement vers 19h que j’arrive à Fukuoka, 11 ans après un premier passage dans cette très grande ville.

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Yufu

Yufu c’est vaguement l’inverse d’Usuki, visité hier. C’est blindé de monde, de streetfood et de boutiques pour touristes. Et de Onsens aussi, ils en sont l’attrait principal, avec la vue du mont Yufu qui toise la ville de ses 1583 mètres.

C’est en direction de cette montagne que tout le monde se dirige à travers une rue étroite. De temps en temps une voiture passe, en allant difficilement plus vite que le plus lent des piétons. Au bout de cette voie se trouve le Kinrinko, un (tout petit) lac. Il parait qu’il est superbe à voir quand le matin se lève et qu’il y a de la brume. Ni le matin ne se levait, ni la brume ne se montrait.

On peut admirer, comme dans la ville de Beppu, de la vapeur s’élever par endroits. Le temps est très variable aujourd’hui, avec des averses, du crachin et des accalmies qui alternent. Une raison de plus pour ne pas me lancer dans l’ascension du mont Yufu. Il faut deux heures pour atteindre le sommet, mais je redoute la descente. Même si j’ai passé cette nuit le pic de ma crise de goutte, je connais mes rotules et elles aiment pas trop les fortes pentes descendantes. C’est triste d’être usé.

La très longue rue commerçante offre des occasions de me mettre régulièrement à l’abri. Je retiens un magasin avec les chats pour thème (et un bar à chats au second étage). Mon ami Philippe du Québec aurait probablement dévalisé la boutique tant 90% des articles étaient kawaii (les 10% restants, cringe). Je plains néanmoins les vendeuses car la bande son dans le magasin consistait en des thèmes connus de la musique classique, avec un arrangement “Bontempi” où toutes les hauteurs de note sont des miaulements. En face, le même concept de magasin, mais pour les chiens. Et la bande son de circonstance.

A côté de la gare, il y a un ashiyu, un bain pour les pieds. Je profite qu’un groupe s’en aille pour m’installer. Par chance je m’étais justement acheté une petite serviette commémorative le matin à Beppu (où il y a carrément un bain pour les mains).

Mon passage à Yufu, c’tait pas fou. Dernière nuit à Beppu ce soir, avant d’aller prendre mes quartiers à Fukuoka.

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Usuki

Usuki est une petite ville cotière à une cinquantaine de kilomètres de Beppu. Le beau temps est de mise, alors je n’hésite pas trop à braver une crise de goutte qui a pourtant commencé hier soir. Encore de la marche aujourd’hui, mais allant moins vite.

Je commence par un site un peu éloigné de la ville, accessible par de rares bus et une importante flotte de taxis, qui doivent en faire leur business en journée: Les Bouddhas de pierre. Plusieurs groupes de divinités taillées en haut-relief dans de la roche volcanique, datant pour certaines de plus de 1000 ans. On ignore par qui, mais assurément par des gaillards qui avaient de l’abnégation et beaucoup de temps libre. Et pas de TikTok à cette épique époque, du coup ils pouvaient rester focus.

Le tout dans un décor calme et bucolique de campagne japonaise.

Plus tard un bus me ramène à l’entrée de la ville, où je passe admirer le temple bouddhiste Ryugen-ji à pagode. Je mange un morceau dans le coin et vais voir le proche Fukuratenmangu, shintô lui (pas de jaloux), dédiés aux chats! Avec un autel peuplé de divers maneki-nekos, ces chats porte-bonheur.

Mais c’est au cœur d’Usuki que se trouve le site qui m’a le plu le plus: Le Nioza. Un ensemble de ruelles étroites très anciens, bordés de maisons anciennes, certaines d’époque féodale.

Et pour finir, un peu plus loin sur une colline, les vestiges du château d’Usuki. La hauteur donne un beau point de vue sur la ville, que ce soit côté mer ou côté montagne. Au milieu un grand terrain de jeu sablé avec des cerisiers malheureusement pas éclos de façon flamboyante. Je découvre qu’ici les locaux ne jouent pas à la pétanque, mais à une sorte de croquet! Probablement parce que le pastis est dur à trouver ici. Ils ne connaissent pas la jambe de chinois.

Une magnifique petite ville, également accessible en ferry depuis Shikoku. Ce premier jour de goutte m’aura ralenti mais pas empêché d’en profiter.

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Kokura, Cartographie et toilettes

Mauvais temps ce matin sur Beppu et tous les environs. Heureusement, dans ma liste de points de chute dans cette éventualité, il y a une ville possédant 2 musées pouvant m’abriter: Kitakyûshû, au nord de Kyûshû. C’est d’ailleurs littéralement ce que son nom signifie. Au menu du jour: Un musée du manga et le Toto Museum, du nom de la marque ayant créé les washlets, qui font l’intérêt des toilettes japonaises.

Après 80 minutes de train, c’est sous un crachin inoffensif que j’arrive dans le centre. La gare de Kokura est immense et s’ouvre coté sur un bâtiment original, celui de la branche Kyûshû de la NHK. Il y a l’air d’avoir une gallerie commerciale mitoyenne, je m’y dirige pour dégoter un parapluie. À l’intérieur je tombe sur un magasin, avec de beaux articles, celui du “Musée Zenrin” dont je n’ai jamais entendu parler. Renseignement pris, Zenrin est une compagnie nationale spécialisée dans la cartographie. Et le musée retrace l’histoire des cartes du Japon. Ça a l’air intéressant, et c’est dans le même bâtiment, 13 étages au dessus. Hop, changement de programme, je vais commencer par ça.

Et ce fut si intéressant que cela durera deux heures! Il y a une partie sur les cartes du monde et de l’Asie, et se focalisant de plus en plus sur le Japon. De l’antiquité avec les cartes d’Eratosthenes jusqu’à celles de Mercator et autres productions d’explorateurs européens.

Mais la partie la plus passionnante documentait la façon dont un certain Inô Tadataka a cartographié minutieusement le Japon en dirigeant une équipe de géomètres à partir de 1800, initialement sur ses propres deniers, jusqu’à son décès en 1818. Son équipe achèvera le travail 3 ans plus tard.

Petit musée, mais riche. Compliqué toutefois il y a beaucoup de chose à lire. Un site donne heureusement les explications en anglais, on ne peut y accéder qu’en venant du wifi interne au musée. Vive le deep web. Le personnel du musée était absolument adorable, jusqu’à me ramener les 100 yens de la consigne de bagage (que je croyais payante) jusque dans l’ascenseur.

Le temps d’un rapide ramen à moins de 1000 yens, et direction le musée Toto, en passant par le parc du château de Kokura.

Toto a été fondé ici, à Kitakyûshû. L’entreprise est implantée sur une sacrée surface dans la ville, le musée fait partie de ce complexe. Ce n’est pas à proprement parler un musée des toilettes japonaises, mais un musée (à la gloire) de la marque. Des débuts dans la porcelaine, jusqu’à tout ce qui touche aux sanitaires, robinetterie, faïence. Et comme on est au Japon, il y a beau avoir un habillage ludique, c’est traité très sérieusement. Super audio guide, avec à la fin de chaque exposé un bruit de “ploc!”, ahahah.

Les toilettes spécialement faites pour les sumos m’ont étonné, mais le clou c’est le “Toilet Bike Neo”, qui carbure aux déjections animales. Le siège en forme de WC c’est juste de la déco, le Japon souvent fringe sur le bon goût.

Evidemment, les toilettes du musée disposent du tout dernier modèle de la marque pour faire popo pour de vrai. Et donc voici le boitier de commande de l’engin. 17 boutons. Et c’est la première fois que je suis confronté à des WC dont l’abattant s’ouvre quand je m’approche. On doit pouvoir faire tourner Doom dessus.

Après cette visite aussi instructive qu’étonnante, je retourne près de la gare pour le musée du manga de la ville. On passe devant une statue qui rappellera leur enfance à Luc, Gwen, Erwan et tant d’autres. Et oui, Leiji Matsumoto le papa de Captain Harlock (Albator) est natif de la région.

Le musée est au 6e étage d’un bâtiment entièrement consacré à la pop culture. Gros choc, c’est une sorte d’Akihabara vertical en concentré. Il y a pléthore de magasin dont plusieurs Mandarake avec un nombre fou de figurine d’occasions, de cartes à collections, de jeux et manga (certaines étagères où ils sont à 10 yens / pièce), Animate, Gee Store, C-labo, Gamers, un café Demon Slayer, des gatchapons autour de Chainsaw Man, etc.

Mais finalement le temps est passé vite à musarder le temps de monter les étages, et je préfère ne pas me lancer dans la visite du musée, qui ferme dans l’heure. Et je reste basé encore au moins une semaine à Kyûshû.

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de Shikoku à Kyûshû

Après une consistante journée à Matsuyama, je prends un train pour Yawatahama, le port le plus proche avec une ligne maritime pour l’île de Kyûshû. Ce train passe dans des endroits forts beaux, comme Ozu qui possède maintenant un post-it sur mon tableau mental des endroits à peut-être visiter.

Sur le ferry que je prends, en plus de la classe éco et de la première classe, il y a des boxes privés avec vue, ce qui me parait abusé pour juste quelques heures de traversée. Je dis donc au revoir à Shikoku.

Le cap Sada, au bout de la longue péninsule de Sadamisaki.

C’est l’heure du goûter quand nous débarquons sous un temps splendide. Je rejoins le centre de la ville en musardant le long de la côte jusqu’à la tour de Beppu. Je repère ensuite la gare principale et ses environs, et trouve non sans mal mon hôtel.

Peu de choses à raconter aujourd’hui, à part sur cet hôtel où je descends. L’enregistrement rapidement fait, on apporte ma valise que j’avais faite expédier en takkyubin hier matin (ça m’épate toujours autant, 12 ans après mon premier voyage).

Gros inconvénient: il n’y a qu’un seul ascenseur. Pour 10 étages à desservir. A mon étage, le 9, choc quand la porte de l’ascenseur s’ouvre: Tout, la moquette, le papier peint, me fait penser que j’entre dans un espace liminal. Puis le décor de ma chambre: comme si le proprio près de ses sous d’un hôtel borgne c’était dit que ça rendrait son établissement plus classe et cossu de rajouter des frises adhésives au mur et de choisir du mobilier d’occasion des années 40. Mais surtout, une odeur épouvantable me submerge. Quel horreur… ça empeste la sève de pins! C’est pas juste une bouffée de déodorant d’intérieur qui a été passé pour annuler une odeur de tabac. A ce niveau de pestilence résineuse l’objectif était de masquer une scène de crime.

Mais bon, le personnel est sympa.

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