Matsuyama

Matsuyama est la plus grande ville de Shikoku, au nord-ouest de l’île, et je m’y rends de bon matin pour y passer 24 heures. C’est la première fois que je viens, et décide donc d’en voir les incontournables.

Pour la première fois avec le JR Pass, j’expérimente la réservation de place à une borne automatique, plutôt que de passer par un guichet. Depuis que le pass a pris la forme d’un simple billet c’est possible, en scannant un QR Code, et en tapant son numéro de passeport. On a ensuite accès à une recherche de trajet, horaires, sélection de train et enfin sélection de places. Et contrairement à ce que je pensais, ça fonctionne pour les groupes. Il suffit que chacun scanne son pass pour ensuite choisir plusieurs places côte-à-côte. J’aurai donc pu utiliser ce système l’année dernière même en duo.

Pas grand monde dans le wagon du train qui m’amène à Matsuyama. Les quelques voyageurs sont tous placés sur la droite, côté mer intérieure, que l’on longe parfois. A un moment sur le parcours monte un troupeau d’une douzaines d’américains, en groupe, qui s’installent sur la gauche. Le calme voluptueux jusqu’alors est rompu par des conversations diverses à voix hautes et interpellations du genre “Eh, Jean-Mi’, c’est toi qu’a les sandwiches?” “Nan c’est Louis qui a le tupperware”. Heureusement une fois les iPads sortis, ça joue à clash of crushes et Candy clans dans le calme.

Mais c’était un signal: Matsuyama est une ville sacrément touristique! Bien plus que Takamatsu où en 3 jours je n’ai croisés que quelques occidentaux.

Je commence par aller vers le château de la ville, en passant par son parc. Petit détour par le Ninomaru, jardin historique du seigneur. J’en retiens le son du goûte-à-goûte de l’eau que l’on peut entendre en mettant son oreille à un tube de bambou, particulièrement harmonieux. Tous les sens sont en éveil, enfin surtout Louis (celui qui a le tupperware).

Il faut ensuite monter, car qui dit château dit que c’est en hauteur. Il manque malheureusement deux semaines encore avant que tous les beaux cerisiers sur l’esplanade menant au château ne se mettent en fleur. Mais je ne vais quand même pas les rajouter avec Stable Diffusion.

L’extérieur du château n’est pas aussi grandiose que celui d’Himeji évidemment, par contre l’intérieur est truffé d’objets exposés et de dioramas. On passe par des escaliers aussi exigus que pentus. On en voit un exemple sur la photo du milieu, qui descends 2 étages d’un coup. On y voit aussi un bout des magnifiques pantoufles vertes que l’on porte pendant la visite (c’est précisé qu’on est pas obligé quand même, sinon il y en a qui ont du faire demi-tour).

Une des fiertés de la ville tourne autour de Natsume Sôseki. L’écrivain n’est pas né ici, mais y a séjourné et un de ses romans les plus célèbres, Botchan, s’y déroule. En descendant du château je croise une statue des deux personnages principaux (donc Botchan). Et plus loin vers le parc Dogo, une horloge qui toutes les 30 minutes fait une petite musique en faisant sortir des figurines du roman. Voilà qui me rappelle le coucou de la cuisine de Mamie et Dédé.

Le quartier est célèbre pour ses Onsens, dont le Dogo Onsen qui se targue(.gz) d’être le plus vieux du Japon. Une galerie commerçante sympa commence au terminus du tram. Notamment un magasin extra avec plein d’articles de toilettes magnifiques, du mouchoir à la grande serviette. Assez incroyable, on peut LOUER la serviette avec le motif de son choix pour l’utiliser dans le onsen d’à-côté.

Le parc Dogo tout proche est couvert de pins. Une partie est principalement dédiée aux promeneurs avec des chiens, certains trottinent, sans aller jusqu’à l’agility (mot que m’avait appris ma collègue Annaïg). Les promeneurs sont surtout des promeneuses. Je soupçonne les quelques garçons de s’être contenté d’emprunter un chien à quelqu’un pour s’infiltrer sur ce terrain riche en drague potentielle.

A côté encore se trouve un sanctuaire shintô Isaniwa. Il faut encore grimper des marches.

La dernière visite est consacrée au temple Ishiteji, dossard #51 du pèlerinage de Shikoku. Je me fais violence car j’ai beaucoup marché ces derniers jours mais il en mérite la peine.

Le temple est hérigé en l’honneur de Kûkai (Kobo Daishi) himself, Je tombe des nues en voyant au loin sur une colline derrière une immense statue non pas de San Ku Kai mais de Kûkai-san. Trop éloignée pour bien rendre en photo, on peut la voir ICI.

J’ai rarement eu autant l’impression d’être dans un vieux temple. Où est-ce un problème d’entretien? Mais il y a des tonnes de trucs à voir, avec comme hier (mais c’était pour un sanctuaire shintô) dans ce foisonnement une impression de fan service.

Mais quand même, le clou pour moi fut le tableau ci-après, qui m’a immédiatement fait avoir une pensée pour ma chère tata Thérèse.

Avec, d’après ma montre, plus de 20km de marche au compteur, je repars en tramway du côté de la gare pour récupérer mon sac en consigne puis rejoindre l’hôtel, où j’ai bien hâte de prendre une douche et d’appliquer un peu de pommade là où ça fait mal.

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Busshozan

Busshozan est un quartier bien au sud de Takamatsu, à quelques stations du centre sur la ligne de train pour Kotohira.

Mes souliers m’amènent d’abord voir le sanctuaire Tamura, complexe shintô construit autour du thème de l’eau de source.

Tout autour d’un majestueux dragon, auquel on peut faire des offrandes en -fausses- pièces d’or, se trouvent d’innombrables statues, dont beaucoup sont dédiées aux animaux du zodiaque japonais (saru, inu, ebi…). Mais pas que… on y trouve: tanuki… aux bourses bien pleines, étalon très très en forme, phallus, etc. C’est amusant mais un peu too much, ça a un petit côté parc d’attraction kitsch (probablement assumé).

Mitoyen du Tamura-Jinja, se trouve le plus sobre temple bouddhiste numéro 83 dans l’ordre du pèlerinage autour de Shikoku (qui en compte 88): L’Ichinomiya-ji. A l’entrée se trouve une borne indiquant le temple précédent et le suivant avec la distance. Je pense que les pélerins actuels, comme celui vu sur la photo à travers la porte disposent à présent de google maps.

J’ai déjà pas mal marché pour venir ici, et je me rends compte qu’une gare toute proche porte le nom du temple. C’est malin, vérification faite, je suis descendu 2 arrêts trop tôt. Pour me rapprocher du temple Hônen-ji, ma prochaine destination, je reprends le train pour Busshozan. Pris d’un doute sur le fait d’être sur le bon quai, je pose la question à un jeune homme qui attend aussi son densha. Dès que je l’interroge, je vois instantanément toute trace de vie s’éteindre sur son visage. Il bredouille un truc, mais il a carrément rebooté en mode sans échec, sans les drivers pour comprendre sa propre langue. Un /se[x|pt]agénaire/ lui sauve la mise en me confirmant en anglais “it’s two stations”. Il y avait longtemps que je n’avais pas croisé un japonais à ce point anxieux qu’un occidental lui adresse la parole. Je commence toujours par “ano… sumimasen / euh… excusez-moi” mais même là ça l’a fait vrillé.

Une fois repassé par la gare de Busshozan, je vais au sud-est rejoindre un étang à côté duquel s’élève le Hônen-ji. Il n’a pas de numéro de dossard, lui, ne faisant pas partie du pèlerinage circulaire traditionnel. Il ne faut toutefois pas y voir une seconde division.

J’imagine que les pèlerins peuvent faire un petit crochet lors de leur périple pour voir les autres temples périphériques. Celui-ci est caractérisé par une pagode à 5 étages et un grand cimetière qui monte jusqu’en haut d’une colline.

Pour finir cette visite des environs, je me rends aux bains publics du coin, le Busshozan Onsen. Cela faisait longtemps que je ne m’y étais pas adonné. Après s’être déchaussé on achète son billet d’entrée sur un distributeur, avec les différents éléments dont on a besoin. Je n’ai pas d’affaires de toilette avec moi, mais ça s’achète aussi. Qui une serviette de bain, qui une serviette de visage, qui une serviette de toilette.

Comme les autres fois, il faut passer outre la dissonance cognitive initiale: “oui, je suis à oilpé assis sur mon tabouret à me savonner des pieds à la tête à côté d’autres gus” avant de plonger dans les bains. Je passe une bonne heure en tout, à passer par les différents bassins. Tous sauf un, qui aura été squatté du début à la fin par 4 probables habitués qui en avaient fait leur base. L’onsen est plus petit que ce que je ne pensais, mais je passe un bon moment. Une fois sorti, je bois beaucoup et m’offre un Tamago Udon sur place.

Je reviens ensuite dans le centre de Takamatsu pour flâner dans les nombreux shôtengais, ces galeries commerçantes couvertes, vu que dès demain déjà je quitte la ville.

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Ogijima

Lors de mon passage précédent dans la région, je m’étais rendu sur l’île de Megijima en face de Takamatsu. Les rotations des charmants ferries de la petite compagnie Meon déservent une autre île toute proche, Ogijima, destination de ma première sortie.

Il fait frisquet ce matin à l’extérieur du bateau, et je me réfugie à l’intérieur pour les 40 minutes de traversée. Après une halte à Megijima, nous atteignons le petit port qui concentre l’essentiel des habitations.

Un bâtiment moderne et très beau attire immédiatement l’œil quand on s’approche. Je suis épaté par la luminosité à l’intérieur. Les grandes baies vitrées trompent nos sens, enfin principalement celui de la vue, et nous font croire toujours en l’extérieur. Cette construction s’appelle “L’âme d’Ogijima“, et c’est l’oeuvre d’un artiste espagnol, construit à l’occasion d’une triennale (ça veut dire qui-a-lieu-tous-les-trois-ans) d’art contemporain qui se déroule sur une dizaine d’îles de la mer de Seto. Ce festival est un moyen de dynamiser des lieux isolés et sujets à la dépopulation. Je crois que la population de l’île n’est que de 150 à 200 habitants. Une autre création un peu plus loin, “Takotsuboru”, représente une pieuvre à partir d’éléments et de cordage. Beaucoup d’autres créations, pour la plupart en extérieur, et littéralement inscrites dans les lieux (certains mûrs joliment bariolés).

A l’intérieur de l’âme d’Ogijima, qui fait office d’office du tourisme, une jeune femme dispense des informations sur l’île. Elle semble désolée qu’il n’y ait pas (ou plus) de plan de l’île en anglais, mais il y a un grand plan sur le port que j’ai pris en photo, avec les informations utiles. Elle me conseille un itinéraire, sachant que j’ai envie de marcher.

Je commence par longer la côte ouest (“tes palaces…“) pour rejoindre le phare de l’île, en montant jusqu’à un point où la vue est dégagée.

Sur le chemin de randonnée se trouvent des parterres de narcisses (l’occasion est trop belle de caser un petit Thièfaine pour Marina, Emma et mon B.F.F.), j’arrive un peu trop tard dans l’année pour être au pic de leur floraison.

Le long du chemin je ne croise guère que 3 marcheurs, ce qui n’est pas déplaisant. En revenant sur le port, je monte au sanctuaire Toyotamahime, dévolu à la naissance heureuse.

L’occasion ici aussi de croiser des chats en train de s’adonner à une de leurs activités favorites: glander au soleil. Par ce que je ne l’ai pas encore mentionné, mais des chats ici il y en a vraiment plein.

Sur le port un monsieur à la peau burinée par le sel vends des tempuras de poulpe. Une barquette sera mienne.

Le petit village est ramassé, vertical, et les passages entre les habitations sont étroits et pentus. Difficile de capter l’ambiance sans avoir l’impression d’être un peu voyeur.

Le chemin côté est de l’île longe la mer et des plages. L’occasion de croiser une arche-qui-marche, création d’un artiste japonais.

L’île d’Ogijima était le lieu idéal pour commencer ce voyage au Japon: De la marche en pleine nature, des fleurs, de la mer, du calme, du pittoresque.

Avant de reprendre le bateau pour Takamatsu, je repasse au lumineux office du tourisme dire tout le bien que j’ai pensé de la journée.

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8 heures d’attente à Tôkyô

Déjà de retour au Japon!

Après deux voyages accompagnés, en mode “guide” l’année dernière, avec Laszlo mon neveu et gars sûr puis ma daronne, sûre également, c’est seul que je pose mes pataugas à Tôkyô.

Pas pour longtemps, car comme en 2019 la première étape de mon voyage sera la ville de Takamatsu, pour laquelle j’attends à présent un avion. Un pacson d’heures à patienter au terminal domestique de l’aéroport, à me tourner les pouces de toutes les extrémités et observer l’activité. Un aéroport au Japon c’est comme un aéroport partout ailleurs dans le monde, mais avec beaucoup de calme et de sérénité.

Record à l’arrivée à l’immigration: 10 minutes pour passer toutes les formalités et franchir la douane avec ma valise, crachée dans les 3 premières par le carrousel à bagages (cette impression d’être un VIP! \o/ )
Chose récente, l’officier de l’immigration qui contrôle nos documents d’entrée sur le territoire, remplis dans l’avion (ou à l’avance sur Visit Japan Web) ne s’occupe plus de prendre notre photo et empreintes: On le fait au préalable sur des bornes automatiques.

J’ai pu vérifier sur un distributeur et avec soulagement que ma carte à puce Suica “normale” de 2015 fonctionne encore bien. Ca change de la “Welcome Suica“, la seule proposée à la vente quand on sort du terminal international, et qui expire au bout de 4 semaines sans que l’on puisse récupérer son solde. Une arnaque. PSA: Ne l’achetez pas.

Mise à jour 18:00: Installé à mon hôtel pour une séance d’enlevage de chaussures bien méritée. J’aurai du arriver lundi matin, mais un retard au décollage de Brest m’a à nouveau fait rater un vol pour le Japon. Raison de plus pour profiter à fond demain, où je compte faire un saut dans la mer intérieure de Seto, assez tôt.

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Le village des Bonsaïs

Ômiya est un arrondissement de la ville de Saitama, au nord de Tôkyô. Nous y passerons notre dernière journée au Japon avant de retourner au pays d’Hanouna. C’est aussi le pays de Descartes, sacré grand-écart intellectuel.

Nous commençons par aller visiter le Musée d’art du Bonsaï. Notez bien que l’on ne dit pas Bonzaï. La signification littérale du mot est “arbre en pot”.

C’est un petit musée, qui débute par une partie explicative sur l’histoire de la pratique (ça vient de Chine, comme énormément de chose assimilé ensuite par le Japon), la nomenclature, les principes de réalisation, des conseils pour en apprécier la beauté, etc. J’étais loin de m’imaginer la somme de travail nécessaire pour obtenir et surtout conserver un bonsaï.

De nombreux bonsaïs incroyables sont ensuite visibles à l’extérieur. Certains spécimens sont estimés à plusieurs centaines d’années!

Alors que nous finissons la visite par une exhibition sur l’histoire des bonsaïs (Chine, Japon puis à l’international), le gardien du musée vient me montrer des petites fiches en anglais: “donnez-moi vos billets, si vous voulez, je vais faire de l’origami pour vous”. Ma mère s’étonne qu’il veuille nous contrôler. “Non, tu vas voir, il va te faire un cadeau.”. Et le gentil gardien de plier son billet pour le transformer en un joli cœur de papier et de lui expliquer qu’en Japonais ça se dit Kokoro. J’hésite à ramener ma science et à lui dire que j’ai lu Sôseki. Il se met ensuite à plier mon billet, et, l’espace d’un instant alors que j’essaie de deviner ce qu’il plie, je crains qu’il ne sois en train de me confectionner un pénis en papier. Mais non, c’est une chemise. Ouf.

Si le musée du Bonsaï se trouve dans à Ômiya, c’est parce cet endroit est lié à cet art depuis un siècle. Après le grand tremblement de terre de 1923, beaucoup d’amateurs, souvent riches, s’y sont regroupés au sein d’un “Bonsai Village“. Avec un mini règlement pour en faire partie: posséder 10 bonsaïs au moins, ouvrir son jardin au public, etc. Cela existe encore de nos jours, et aux alentours du musée on peut voir des jardins incroyablement bien entretenus. Nous visitons le Seikouen. Ce groupement d’arboriste expose et loue(!) ses modèles.

Nous faisons ensuite un tour dans le grand parc d’Ômiya, pour admirer les arbres non miniatures (dont de gigantesques ginkgos au feuillage jaune) au son des clameurs du stade de Baseball attenant.

Dans l’enceinte du parc, se trouve le sanctuaire shintô de Hikawa. En plus des traditionnels Ema (tablettes en bois) accrochés pour que les Dieux lisent et exaucent le vœu écrit dessus, je découvre la variante Fukuro Ema: Elles sont en papier, et enveloppées dans un petit sac coloré, également accroché. Les Dieux pouvant lire à travers le sac.

Nous avons la chance de passer alors que se déroule des événements autour du Shichi-Go-San (voulant dire “7-5-3”), une fête pour les enfants de 3, 5 et 7 ans. On voit ainsi énormément de gamines kawaii et de gamins kakkoii, souvent en habits traditionnels, poser fièrement le temps d’une photo officielle avec leurs parents, fiers aussi.

Et alors que nous repartions, nous croisons à nouveau, après Kamakura, une petite procession, à l’occasion d’un mariage shintô.

Voilà une journée qui conclut un voyage formidable, sans impondérables, effectué en bonne compagnie. C’est sans regrets que je rentre au pays de Didier Raoult (et d’Alain Aspect, sacré grand écart là aussi).

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Effervescence

Le début de la semaine, passé à Sendai, nous a offert de belles sorties calmes en pleine nature. Il faut reconnaître que Tohoku est bien moins touristique que les régions que nous avons traversées avant. Le fait de retrouver Tôkyô vendredi nous a fait renouer avec l’effervescence de la foule.

J’emmène d’abord ma mère franchir le Rainbow Bridge à pied. Comme à chaque fois, je ne comprends pas comment c’est possible que les rampes piétonnes soient quasi-désertes. Bien sûr il faut tolérer le bruit (et l’odeur) épouvantable de la circulation des véhicules sur deux niveaux, et les impressionnantes vibrations du pont, mais la vue sur la ville est extraordinaire. Nous croisons quelques photographes et sportifs locaux. Dont un Jean-Christophe japonais qui n’a pas peur de respirer des gaz d’échappement en faisant son jogging.

Petit tour rapide du nord d’Odaiba avant de manger un succulent Tendon et de retourner en centre ville pour voir le parc Yoyogi alors que la nuit commence à tomber. Nous nous rendons à Shibuya, en passant vite fait dans l’excellentissime magasin Oriental Bazaar qui a bien changé. Il est plus petit, et moins bien placé. Malgré son nom assez naze, c’est la crème des magasins de souvenirs qui ne prend pas ses clients pour des pigeons.

Voir ma daronne découvrir Shibuya fut étonnant. Nullement impressionnée par la foule, elle s’en amuse, à essayer (comme beaucoup de monde, hein) de capturer en vidéo les milliers de personnes qui traversent à chaque fois que le feu devient vert. Même au moment de retourner à notre hôtel à Ueno, ça ne l’effraie pas de s’engouffrer dans la gare de Shibuya via son entrée principale, qui semble vomir un flot continue de passagers à contre-courant.

Le lendemain, ce samedi, nous allons au mont Takao à l’ouest de Tôkyô. J’avais lu, un peu inquiet, que les week-ends de fin novembre étaient très prisés des tokyoïtes amateur de kôyô, et qu’ils étaient nombreux à partir en randonnée à ce moment de l’année. C’est rien de le dire.

Au sommet le 25 novembre

Même endroit en août…

J’exagère peut être très légèrement en estimant que 30% de la population de la capitale s’est déplacée à Takao aujourd’hui.

Il y avait plusieurs jours que nous n’avions pas croisé de temple bouddhiste. Le Yakuo-in et ses tengus sont également pris d’assaut. Tiens, voilà du Bouddha, voilà du Bouddha (dédicace à tonton Jean-Pierre) semble nous dire les lieux.

Nous ne verrons malheureusement pas le Fuji-san depuis le somment aujourd’hui, mais de belles couleurs automnales. Pas étonnant donc que plus de la moitié des habitants de Tôkyô se soit déplacés!

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Les gorges de Geibikei

Au Japon, le 23 novembre c’est la Fête du travail. Ce n’est pas pour autant la fête des travailleurs, car ce n’est pas un jour chômé. Ceux-ci ont juste le droit à une petite tape commémorielle dans le dos, façon “c’est bien ce que vous faites pour l’économie quand même, hein!”. Un Otsukaresama national. En tant que touriste c’est très pratique car on n’a pas besoin de s’organiser spécifiquement pour ce jour, mais en tant que humain progressiste de base c’est navrant.

Nous visitons aujourd’hui Geibikei, au nord de Sendai, connu pour un ravin avec des parois montant à plus de 100m de hauteur au dessus de la rivière qui s’écoule au fond. Il est possible de remonter cette rivière dans des barques à fond plat. Le travailleur du jour, le seul qui fait des efforts sur 2 km, c’est notre guide.

C’est un véritable homme orchestre, capable d’assurer de multiples rôles. Tout ça pour un seul salaire.

  • Animateur: de façon continue, Alain Decaux enchaîne les anecdotes sur l’histoire et la géographie du lieu, qui sur un autel creusé dans la roche, qui sur un pan de falaise à la forme singulière…
  • Chanteur: sur la fin du parcours, Alain Voulzy (ou Laurent Souchon?) entonne un chant traditionnel. Je ne me suis pas jeté sur les CDs disponibles dans la boutique à la fin.
  • Comique: dans les rares trucs que je comprends de ce que raconte Sellig, il y a quelques vannes avec un bon sens du timing. Par exemple après avoir bu une gorgée à sa gourde pour reprendre son souffle, il lance avec un bon sens du timing “ça fait du bien… j’adore le vin blanc”
  • Navigateur: Kersau’ fait progresser l’embarcation avec une perche en usant de ses biscotos. Comme un gondolier sauf qu’on est une vingtaine et qu’il y a du courant.
  • Vendeur: sur la barque on peut acheter après de Pierre Bellemare des petits sachets de nourriture pour les nombreux conanards qui viennent immanquablement à la rencontre des barques. Très très amusant à faire.

La ballade était très reposante et belle, bien qu’un peu tard dans l’année: la végétation était rare. En été (vert) et en hiver (sous la neige) ça a l’air d’être magique aussi.

Depuis Sendai, pour atteindre les gorges de Geibikei, il faut passer par la ville de Ichinoseki, accessible en train rapide. En attendant celui du retour, nous avons poser nos quatre fesses dans un tout petit jardin équipé d’une gloriette.

Demain, retour à Tôkyô pour les 3 derniers jours de ce voyage. déjà…

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Le temple de la montagne

Déjà visité en octobre 2012, Yamadera faisait partie des bons souvenirs tagués #àrefaire. C’est chose faite aujourd’hui. Très facile d’accès en environ une heure de train de Sendai, il s’agit d’un complexe bouddhiste (de son vrai nom Risshaku-ji) dont les bâtiments sont éparpillés à mesure que l’on grimpe des escaliers, sur une hauteur d’environ 200m, le long d’une paroi plutôt raide.

C’est la troisième fois de ce séjour que l’on observe des sommets enneigés. D’abord en allant vers Kanazawa, puis le mont Fuji entre Kyôto et Tôkyô, et ici au loin, vers l’ouest. Mais nous ne sommes pas en altitude, et le temps est magnifique. Il est prévu de la neige ce week-end par ici, mais nous serons déjà ailleurs. Malin le lynx.

Les quelques 1015 marches d’escalier ne sont pas si difficiles à enchaîner, en se ménageant quelques pause de temps en temps. Du reste, exceptés quelques touristes, ce sont surtout des personnes du troisième et du quatrième âge qui font la montée en même temps que nous. Pour bon nombre plus âgés que ma mère. Ce serait une autre affaire par temps de canicule, mais là c’est juste un temps de ah-ben-super-il-faut-bon-et-on-sue-pas-comme-des-sumos.

Une terrasse d’observation en bois, le Godaido, faisant une avancée au dessus de la paroi de la montagne, nous offre une vue imprenable sur le village et sa vallée.

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Matsushima en rouge

Nous sommes arrivés hier dans la région de Tohoku, au nord de Tôkyô, pour 4 jours. Changement d’ambiance, on retrouve une ville non pas plus peuplée, mais plus verticale. Ce lundi était un jour de transition, et nous n’avons fait qu’une visite, celle du mausolée de Masamune Date, le plus célèbre membre du clan Date, et seigneur de la région il y a 400 ans. Trois membres d’une troupe de théâtre qui joue un spectacle visiblement historico-comique étaient là pour animer le lieu, distribuer des flyers et poser pour des photos loufoques avec les visiteurs. Ici, Masamune Date c’est LA figure emblématique de Sendai, on en trouve des représentations à tous les coins de rue.

La destination pour cette journée du mardi est la ville de Matsushima, qui porte le même nom que l’archipel d’îles qui lui fait face. Je reconnais avec émotion la charmante petite gare d’arrivée, toute proche de la mer. La première chose qui me saute aux yeux, c’est le restaurant de ramen où ma nièce Valentine m’avait épaté en finissant son bol de nouilles avant moi, qui est devenu un snack lambda. La deuxième chose qui me saute au yeux, ce sont les couleurs: Les érables ont mis leur robe d’automne. Il n’y a pas de troisième chose qui me saute aux yeux.

Ainsi, l’Entsu-in, temple renfermant un autre mausolée (celui du petit fils de Masamune Date, toujours dans les bons coup) voit son jardin minéral sublimé par les teintes des arbres qui l’entourent.

Le temple Zuigan-ji mitoyen s’est lui aussi paré de ses plus belles couleurs. Construit sous sa forme actuelle par Masamune Date (décidément!!), son bâtiment principal est visitable avec des intérieurs qui ne sont pas sans rappeler le château de Nijô que nous visitâmes deux jours plus tôt, si je puis me permettre ce rappel subjonctif. Il existe aussi un petit musée renfermant des vestiges plus anciens de toute la région de la baie de Matsushima.

Après la pause gourmande du midi, nous prenons le ferry pour un petit circuit à travers les îles de l’archipel. Matsu+Shima == Pin+Ile. Le gus qui a trouvé le nom s’est pas trop cassé la nénette mais c’est raccord. Chacune des îles est bien sûr nommée, généralement sur la base de sa plus évidente caractéristique.

Après cette agréable ballade marine nous passons un petit pont (25m), et plus tard un long pont (250m), pour rejoindre les îles d’Oshima puis Fukuurajima. Cette dernière abrite un riche jardin botanique naturel.

A la nuit tombante, nous rejoignons l’autre gare de la ville, un peu plus lointaine et un peu plus compliquée à trouver.

Si Masamune Date est le symbole de la région de Tohoku et de Sendai, Matsushima possède aussi une illustre représentante: La mascotte Nazuki Matsushima. Elle fait 1m50, est née le 15 août. Elle pourrait sortir d’un jeu de la série Atelier de Gust/Koei Tecmo. On la trouve partout: à la gare maritime, dans les commerces et… dans les temples bouddhistes.

Petite anecdote bonus: Au combini hier soir, un employé incroyablement téméraire me demande
– Where you from?
– From France
– Ah! You know Mbappé?

J’aurais dû lui demander s’il connaissait Masamune Date, tiens!

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Château de Nijô

Encore de longs kilomètres à user nos semelles pour notre dernier jour à Kyôto. D’ailleurs nous ne prendrons aujourd’hui pas le moindre train, métro ou bus. Nous commençons par aller voir deux temples: Le Higashi Hongan-ji et le Nishi Hongan-ji. Higashi et Nishi signifiant respectivement est et ouest, ils sont faciles à localiser l’un par rapport à l’autre. Le premier, celui de l’est, est tout proche de la gare principale, et de notre hôtel.

Ces temples appartiennent à une école populaire, moderne et engagée du bouddhisme. Nous entrapercevons la fin d’une cérémonie lors de notre visite du temple de l’ouest.

Mais le gros morceau de la journée, bien plus au nord de la ville est le château de Nijô, ou Nijô-jo. Construit il y a 400 ans, il a été la résidence principale du Shogun. On peut visiter un des palais du complexe, où le Shogun recevait ses visiteurs. On peut y admirer les 3 “salles d’attentes” où ceux-ci étaient placés avant la rencontre. La décoration de ces salles, avec des tigres sur les murs est faite pour d’emblée impressionner le chaland. C’est pourtant un animal que l’on ne rencontre pas dans cette contrée.

Curiosité: le plancher qui émet des piaillements semblabes au rossignol dès que l’on marche dessus, du fait de sa construction. La légende dit que c’était un moyen de défense, afin de détecter le moindre mouvement.

TLes bâtiment sont vastes, et les jardins alentour également. De différents styles, ils servent encore de nos jours à recevoir des hauts dignitaires (du niveau de Anne Hidalgo, ça déconne pas) lors d’événements internationaux mondains.

Nous allons ensuite voir le marché Nishiki, une grande artère commerçante couverte, spécialisée dans la nourriture (confiseries, patisseries, rotisseries, poissoneries, algueries, et plein d’autres trucs en -erie). L’occasion d’avaler une brochette d’anguille et des dangos avec de la crème de marron.

Nous continuons ensuite vers le quartier de Gion et le sanctuaire shintô Yasaka alors que la nuit tombe (tôt pour rappel, vers 17:00).

Pour le repas de ce soir, je voulais tester un restaurant d’okonomiyaki, repéré la veille, mais il était complet au moment d’y aller. A quelque chose malheur est (très) bon, cela nous a mis sur la route d’un autre restaurant. Après environ 30 minutes d’attente tout de même avant de pouvoir y entrer, nous nous sommes fait plaisir: Mon repas a consisté en une sélection de saveurs locales, en plus de délicieux tempuras et d’une bonne soupe. Le tout accompagné d’une sélection de 6 saké. hips.

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