Cette semaine se déroule à Yokohama, des célébrations autour de Pokémon. Avec notamment des championnats du monde e-sport. Toute la zone commerciale Minato Mirai 21 du port de Yokohama était aux couleurs de Pikachu et autres monstres de poche. On n’avait pas pris la mesure de l’événement, mais au fur et à mesure que l’on s’approche du port, nous croisons de plus en plus de familles et de badauds munis de chapeaux en carton jaune caractéristique de la mascotte. Et il y en a partout, dans les centres commerciaux, les entreprises, les transports, les rues.
J’emmène tout d’abord Laszlo voir la ville vu du sommet de la Landmark Tower. On tourne un peu en rond avant d’enfin trouver l’ascenseur qui nous amène en 40 secondes à 296m. Je me rappelle de la première fois que j’y étais allé, au milieu de groupes d’écoliers très vocaux. Aujourd’hui il n’y avait que de simple “wow!”, tout à fait adéquats et suffisants. C’est vrai quoi pas la peine de beugler.
Après le repas du midi, nous entrons dans le musée du Cup Noodles (bols de nouilles instantanées), mais les billets les plus interactifs étaient déjà tous vendus. Ce n’est pas encore cette fois donc que je pourrais faire ce musée à la gloire de l’une des plus emblématiques inventions japonaises du 20e siècle. Nous passons faire un tour dans le parc Yamashita. Beaucoup de soleil, pas beaucoup d’ombre en cette journée très chaude. On a beau garder toujours sur soi une bouteille de frais breuvage, et la remplacer par une pleine dès qu’on la vide, je me dis que le Japon en août c’est vraiment extreme pour mes vieux os.
Après nous être approchés du Gundam Factory de Yokohama (qui possède un Gundam de 18m en mouvement… à certains moments de la journée), on s’éloigne un peu de la mer en direction du quartier chinois.
Il y a en effet une communauté chinoise assez importante à Yokohama, et cette Chinatown en est un lieu touristique revendiqué et vivant. De grands portiques délimitent le quartier, où pullulent les petits magasins et restaurants, les soins beauté et les stands de bonne aventure (ligne de la main, etc). C’est déjà une institution au Japon, dans ce quartier ça prends une dimension supérieure encore.
Dans des bruits de tambours et de claquants et odorants pétards, nous sommes témoins de dance du dragon directement dans la rue. Était-ce lié à un événement particulier du calendrier du quartier, ou une activité régulière pour le tourisme, nous ne le saurons pas. Une chose est sûre: Cela n’avait rien à voir avec Pokémon aujourd’hui.
Passage obligé à chaque voyage au Japon, la chasse aux multiples parfums locaux et temporaires de Kit-Kat. Il faut toujours avoir de la place dans la valise pour en ramener, pour sa consommation personnelle et son entourage. Et avec des morfales comme Dom ou Marianne “Minipousse” (mais Maxiappétit) mieux vaut prévoir la quantité. Afin de ne pas mettre tout en vrac dans la valoche au risque d’émietter les divins biscuits, je recommande les boîtes de 2.6l actuellement en vente chez Daiso, cette célèbre enseigne de tout-à-100-yens ou à-multiple-de-100-yens. Rajouter 10% de TVA à la caisse.
Si on trouvait facilement le parfum Saké, Cheesecake ou thé vert (miam!), c’est en furetant à Nakano Broadway que nous sommes tombés sur un magasin discount avec un choix assez large. On en a fait le thème du jour. Au départ, nous étions partis vers Nakano pour nous balader dans ses boutiques vintages. Tant pour les fripes (kiloshop pour grand-mères) que pour les goodies de série live ou anime des années 60 à 2000. Pour moi c’est le Akihabara des vieux. Et Laszlo y a découvert des petits métiers qu’il ne connaissait finalement pas si bien que ça: “ah bon? Les cordonniers ça répare les chaussures? Je croyais que ça faisait les clés”.
Je cherchais aussi la boutique d’affiches de films anciens que j’affectionne mais elle était introuvable ou fermée (définitivement?). Pas de nouveaux posters de Kaijûs donc. Il y a par contre encore plus de boutiques de montres que dans mes souvenirs.
A la poursuite de toujours plus de Kit-Kat en fin de journée, dans la galerie marchante sous la gare de Tôkyô il y avait également un très grand choix de parfums supplémentaires mais à un prix premium cette fois. Nous y repasserons donc en dernier ressort après avoir exploré d’autres pistes.
Le mont Takao, que j’avais eu l’occasion de visiter en 2013 alors que j’étais dans de plus tendres et belles années (42 ans!), m’avais laissé le souvenir d’une sortie nature sympa et facile d’accès. Aussi, pour alterner avec notre dernière journée en ville, quoi de mieux que de filer à la montagne, à 1 heure de train environ de Shinjuku. Montagne est un bien grand mot, ça taquine juste les 600m.
Par excès de confiance, je n’avais pas trop regardé les petits détails de l’organisation pour arriver au pied du mont: En effet, le train JR provenant de la capitale, ne va pas au plus près. Il faut alors passer par dessus les voies pour rejoindre la gare d’une compagnie privée, Keio, qui a sa propre ligne qui se rapproche un peu plus encore, jusqu’à la jolie gare Takaosanguchi (“la bouche du mont Takao”). Comme il y a 10 ans, en allant chercher un plan des différents sentiers dans le centre d’accueil aux visiteurs, quelqu’un vient immédiatement nous abreuver d’informations in english sur les options. La première fois, j’avais opté pour un vrai chemin de randonnée (combo terre, racine, caillasse), là nous optons pour un chemin pavé, avec même option “remontée mécanique” pour gagner la moitié de la dénivellation en mode cheat.
Avant de commencer l’ascension, nous nous arrêtons manger quelque chose: des fritures (poulets patates) pour Laszlo, un modeste burger poulet wasabi pour le tonton. On se pose bien en terrace, sous des brumisateurs, à regarder une intervention d’électriciens sur un pylône proche. On s’est mis têtes nues pour profiter au mieux de l’éphémère fraîcheur, comme le font les laitues. On prie juste pour que le courant qui alimente ces brumisateurs ne saute pas.
Nous prenons nos allers simples pour la remontée mécanique, délaissant l’option cable car également disponible, et passons devant des consignes. Je propose à Laszlo qui se plaignait de son sac de l’y déposer. En mode yolo-je-réfléchirai-demain il dépose l’entièreté de son barda (sac à dos, banane, porte-monnaie, gourde…). J’ai cru un instant qu’il avait même laissé le ticket dont il aurait besoin 2 minutes plus tard. Mais il se rend compte aussi qu’il n’a plus sa casquette: Est-elle dans le casier? Je suis persuadé qu’il a oublié de la reprendre après notre repas, et l’assure que personne ne l’aura prise, et qu’elle sera encore soit au même endroit, soit mise de côté à son attention.
La montée auto n’est pas grisante de vitesse, mais je suis surpris par la vétusté de l’installation et l’apparente manque de sécurité. On n’est jamais très en hauteur sans un filet en dessous, mais aucune barre ne vient nous empêcher de basculer en avant.
Petit arrêt pour voir un enclos de singe-aux-culs-rouges, des fleurs et des araignées. Très dispensable. Mais si l’odeur de popot c’est votre kink, personne ne vous juge, foncez!
On se pose ensuite quelques minutes le temps de manger des dangos au miso, enfin, surtout moi, Lazlo n’aimant vraiment pas (je m’y attendais). Peut-être encore traumatisé du parc aux singes et de ses relents excréments désagréables.
Le temple bouddhiste Yakuo-in se trouve une vingtaine de minutes avant le sommet, avec des représentations de Tengus assez chouette. Et plusieurs niveaux de badasseries.
celui-ci est assez sérieux, déjà il tient une arme qui ressemble à quelque chose
Mais alors là, Luigi-tengu avec sa clé de 12, je comprends pas
Pour parvenir au sommet, on subit plusieurs escaliers, qui me font regretter mes 42 ans et 20 kg de moins (ça fonctionne aussi avec mes 20 ans et 42 kg de moins).
Il est environ 16:00, et le mont Fuji sera resté insaisissable à nos yeux.
La descente non mécanisée est interminable. La forte pente fait travailler plus que de raison les genoux, chaque pas faisant claquer en rythme les rotules qui résistent finalement jusqu’en bas, au moins encore pour cette fois. Laszlo lui court devant et m’attends plusieurs minutes à chaque fois que je le rattrape.
Alors que nous sommes en vue de l’échoppe où nous avions mangé, la jeune fille qui nous avait servi, accours en criant “bôshi!!”. Evidemment qu’elle avait trouvé la casquette après notre départ, et l’avais soigneusement mise de côté, j’imagine sous un post-it “kakkoii gaijin no”. Le gros plus du service à la japonaise, il est probable qu’elle guettait scrupuleusement notre retour de randonnée depuis un moment.
Après un samedi qui a fait mal au arpions, voici un dimanche qui a fait mal aux nougats. Point trop de marches, mais de longue distance de trottoir, bitume, asphalt, chaussée et autre macadam, avec par-ci par-là des escaliers roulants une-bien-belle-invention-pour-notre-monde-de-tanches. On reste dans Tôkyô ce dimanche pour faire les magasins. #hurbain
C’est en fin de matinée seulement que nous sortons, après avoir pu lancer deux tournées de lessive. Ce fut un peu la guerre ces derniers jours pour trouver une machine à laver disponible. C’est dans l’hôtel que nous occupons une expérience des plus frustrantes: Il y a 3 machines à pièces, et c’est bien sûr premier arrivé, premier servi. Elles sont 9 étages en dessous de notre chambre. Ces derniers soirs, les machines étaient toutes soient en marche, soit en attente de déchargement (protégée par un code). Alors sauf à accepter de faire le pied de grue (et ça aussi c’est fatigant pour les guibolles🎵) jusqu’à ce qu’un programme se termine puis que la personne qui l’a lancé se manifeste pour venir retirer ses guenilles chaudes et moites en déverrouillant la machine (ce qui peut prendre de 0 à 30 minutes de plus si elle n’en a rien à faire des autres ou a oublié), je n’ai pas eu d’autres choix que de faire ce que l’on appelle en informatique du polling: La technique était de surveiller sur l’écran utilitaire de la tv de l’hôtel le statut en cours des machines, et de ne descendre que quand une des machines étaient vraiment disponibles. Evidemment rien de dit qu’entre temps quelques n’aura pas été plus rapide. Et oui, cela m’est arrivé de croiser quelqu’un sortant du local en faisant un petit sourire du genre “désolé mec, moi ça fait depuis le 10 juin que j’essayais d’avoir une machine”. Donc le soir c’est l’embouteillage, mais notez-le: c’est bien plus simple de faire la lessive le matin, quand les gens dorment encore ou sont déjà partis en excursion.
C’est en fin de matinée seulement que nous sortons, disais-je en phrase introductive du paragraphe précédent, avant de me perdre dans une digression lavandière. Avec la satisfaction de ce blanchissage réussi, donc nous sortons de l’hôtel: Il tombe une très fine pluie, qui pourrait ressembler à un ersatz de crachin breton, à la petite différence près que l’eau qui nous tombe du ciel est grave chaude. Il va falloir s’y habituer, il semble que pour la semaine à venir ce soit ce type de temps qui attend le pays tout entier. Ca ne dure jamais plus de quelques minutes, pour l’instant nous n’avons pas eu besoin d’acheter de parapluie. Et lors de l’orage de la semaine dernière… c’était trop tard. Il fait quelques degrés de moins, mais je préfère quand ça tutoie les 32° que quand ça vouvoie les 38°.
C’est en fin de matinée seulement que nous sortons, disais-je en phrase introductive des deux paragraphes précédents, avant de partir dans des digressions d’abord lavandière puis météorologique, pour nous rendre au parc Yoyogi, proche de la gare d’Harajuku. Le sanctuaire Meiji au sein du parc est un lieu de sortie populaire. En approchant, je suis toujours aussi épatés par les alignements de barils de saké et de divers tonneaux de Bourgognes. Le vin je m’en ballek, mais il y a des amateurs qui doivent être malheureux: Aucune technique bachique, mise en carafe ou ajout de poudre de perlimpimpon ne peuvent rattraper les années passées à macérer au soleil. A moins que cela ne subliiiiime le breuvage, on ne le saura jamais.
Lors de mes visites précédentes, j’étais tombé sur des mariages, ou à tout le moins des séance de photos pour nouveaux mariés, qui choisissent souvent ce lieu pour immortaliser leur bonheur sur du papier glacé. Certes c’est du voyeurisme, mais cela ne m’aurait pas déplu de revoir de beaux habits traditionnels, pour faire encore plus contraste avec le reste de la journée.
Nous retournons ensuite à Harajuku pour la mythique rue Takeshita, le meilleur endroit de la ville pour sortir habillé de son look le plus extravagant, et surtout assumer sa différence. Beaucoup plus de Goth que de Sweet Lolita, Les magasins kawaii, creepy, ou les deux à la fois s’enchaînent. On s’amuse particulièrement avec Laszlo d’un magasin improbable proposant des déguisements flamboyants mêlant renaissance, carnaval et BDSM. Quelques boutiques de créateurs aussi, avec des t-shirts à 30000 yens.
On voyait partout ici des affichettes pour SutoPuri (abbréviation de “Strawberry Prince”), un boys band qui je croyais était virtuel, mais qui finalement est bien constitué de vrais personnes, se cachant derrière des avatars anime sur leurs chaines Youtube aux millions d’abonnés, sauf lors d’événements live. Beaucoup de filles et de femmes à faire la queue pour un event, dont je n’ai pas bien compris la finalité.
Parmi les 4 membres actifs, il y en a un qui a pour pseudo Colon. Ca risque de lui faire un choc un jour.
Mais il y a en un qui a eu un choc magnitude 10 en quittant cette rue incroyable: Laszlo découvrant un magasin New Balance sur 4 étages. Moi j’aime bien les snickers, surtout grace au caramel, lui il est plutôt sneakers. Il était excité comme un acarien au salon de la moquette (Stéphane 🙏). C’est vrai qu’une paire de 2002R+protection pack couleur Navy c’est joli, et c’est une bonne affaire par rapport au taux de change du moment. Après avoir choisi la bonne taille et passé à la caisse, il ressort avec le sac au couleur de la marque fier comme bar-tabac. J’espère qu’à la douane ils ouvriront pas sa valise …
Nous poursuivons ensuite vers Shibuya, où la densité de la foule monte encore d’un cran. Encore. des. magasins. plein. Alors que nous sommes assis sur des marches pour reprendre un peu notre souffle, une voisine d’escalier me tend son téléphone où elle a traduit du chinois en anglais “where are you from?”. On entame alors une conversation en parlant chacun son tour dans son tel qui traduit et retranscrit. Je comprends que si elle ne parle que chinois dans Tôkyô, il y a des moments où elle doit avoir envie de sortir de sa bulle, même pour échanger des small talks (oui je l’écris en anglais, car le mot équivalent en français est horrible).
Demain nous changeons d’hôtel pour nous raccrocher à notre circuit prévu initialement, après 6 nuits supplémentaires réservées dans l’improvisation prudente. Nous devions ensuite rester jusqu’à la fin du voyage à Tôkyô mais j’ai espoir de pouvoir tenter une destination bien lointaine, et qui me tient à cœur, à cheval sur mardi et mercredi. A suivre.
Du fait de notre semaine annulée dans la région d’Ōsaka, c’est en faisant un aller-retour à la journée depuis la capitale que nous nous déplaçons à Kyōto. Premier Shinkansen donc pour Laszlo.
Il y a tant de choses à voir ici, tant de temples et sanctuaires répartis sur l’ensemble de la ville, pas toujours faciles d’accès sauf à prendre le bus, qui n’est pas mon moyen de locomotion de prédilection au Japon. Je fais le choix de trois lieux emblématiques regroupés à l’est de la ville, et pas trop éloignés de la gare pour que nous puissions les enchaîner à pieds. Rapidement, la différence avec Tôkyô saute au yeux: Ici, c’est vraiment la campagne.
Le premier site s’appelle le Sanjūsangen-dō. C’est le nom d’un bâtiment en bois, de plus de 100m de long, abritant 28 statues du panthéon bouddhistes, tels Fūjin ou Garuda. Et derrière eux, un milliers de statues de Kannon sculptées dans du bois. Laszlo est impressionné: Chaque statue est différente, et possède une quarantaine de bras. Pratique. Impossible de prendre des photos à l’intérieur, ce qui est une bonne chose pour garder la surprise de la découverte.
Le second site que nous visitons, un peu plus au nord est le Kiyomizu-dera, autre lieu bouddhiste parmi les plus connus de la ville. Il y a beaucoup de monde, mais nous arrivons par un chemin très peu fréquenté, longeant un grand cimetière à flanc de colline. Tant qu’à se faire incinérer, puis enterrer dans une urne, autant que ce soit dans un endroit valable. C’est clairement le cas ici, idéal pour y passer l’éternité (qui, rappelons-le a tendance à étre longue, surtout vers la fin).
Le complexe possède surtout une grande plateforme en bois, s’avançant dans le vide, et supporté par d’énormes pilotis. Belle vue sur Kyōto. Mais c’est le cas à peu prés partout ici, étant donné que la ville est entourée de collines.
Nous regagnons le centre ville en passant par la route principale, dans une ambiance proche du Mont Saint-Michel, quand on monte vers l’abbaye.
Pour ma première fois depuis le début du voyage, Laszlo m’annonce qu’il a faim, ce qui est une super nouvelle. On casse une croûte près de la gare, avant de prendre le train qui part en direction de Nara, juste pour quelques minutes. Nous descendons à la station Inari, sise à l’entrée du complexe -Shinto cette fois- Fushimi Inari.
C’est un autre lieu parmi les plus célèbres ici. Des milliers de tori à la couleur claquante font comme un tunnel au dessus du chemin qui monte jusqu’au sommet du mont Inari. Au bout d’un moment je ne peux plus suivre le rythme, et dois attendre Laszlo qui continue vers le sommet. La vieillesse est un naufrage.
beaucoup de sympathie pour ce vieux monsieur au bout de sa vie, j’ai un peu vécu la même chose.
Revenus à la gare principale de Kyōto, on change à la dernière minute nos billets de retour vers Tōkyō histoire de gagner une heure sur notre horaire de retour à l’hôtel. Demain, j’ai promis une journée plus pépouze.
Cité balnéaire proche de Tôkyô, Kamakura est une ancienne capitale du Japon, et un lieu chargé d’histoires. Multiples temples bouddhistes s’y trouvent, mais ce n’est pas tellement le culturel qui nous appelle, mais la plage: Que Laszlo puisse piquer une tête dans le Pacifique.
Comme ce n’est pas le week-end, la plage n’est pas bondée, d’autant plus que la mer est basse. La chaleur fait que marcher sur le sable sombre est douloureux pour la voûte plantaire. La plage est plus propre que dans mes souvenirs. De grandes vagues font que mon neveu s’amuse bien, à défaut de pouvoir nager. Aucune piqûre de méduses.
Après la plage, nous allons voir le Bouddha géant en bronze, afin de prendre la même pose que Valentine en 2015!
Nous empruntons ensuite prendre la petite ligne de train Enoden afin de rejoindre plus à l’ouest l’île d’Enoshima. Un pont routier et piétonnier la lie à la côte. La chaleur est vraiment étouffante cet après-midi, et nous nous arrêtons un moment arrivés sur l’île pour nous sustenter.
Il est possible de grimper au sommet de l’île, où il y a un grand sanctuaire shinto, ainsi qu’un phare assez stylé, de 2 façons; par des escaliers classiques en pierre, ou moyennant une petite participation financière, via plusieurs tapis roulants.
Pour rejoindre Tôkyô en fin d’après-midi, on continue jusqu’au terminus de la ligne Enoden à Fujisawa, où nous trouvons une ligne nous ramenant rapidement Tôkyô. J’avais dû faire le deuil de l’application Hyperdia afin de planifier les voyages en train, mais Jorudan est une bonne alternative, et permet tout aussi bien de voir les durées de correspondance, et les numéros des quais à chercher.
Demain nous devrions prendre le Shinkansen, enfin, pour la première fois de ce voyage.
C’est une journée satisfaisante qui s’achève, de bonne augure pour le reste de ce voyage. Espérons que les ennuis de santé soient entièrement derrière nous, et que nous courrions plus vite qu’eux. Un passage de bon matin pour une visite de contrôle (échappements/anti-pollution/réglage des niveaux) à l’hôpital confirme le mieux-aller. Le docteur, appelons-le A-Sensei en toute anonymité et cohérence, car c’est à la fois son initiale et son titre, ne cache pas son plaisir mais refuse finalement le petit sachet de caramels-au-beurre-salés-sa-mère que je lui offrait en remerciement de la haute qualité professionnelle et humaine de ses services lundi et ce jeudi. Quelle probité. Je signale au passage le mojo de Laszlo qui parvient à passer l’épreuve de la prise de sang avec la kangoshi la plus mignonne de la place.
Afin de tester cette forme retrouvée en conditions réelles de cagnard, nous allons voir ceux (de canards) qui barbotent dans les étangs du parc d’Ueno. Ce n’est pas le parc le plus beau, surtout en été, mais je l’aime bien tant je suis attaché au quartier qui en est l’écrin. C’est le premier endroit où j’ai posé mon sac il y a 12 ans au Japon. Comme tous les étés, la masse de lotus est amazing.
L’après-midi nous allons visiter le Koishikawa Korakuen, un jardin japonais traditionnel à côté du Tôkyô Dome (énorme stade de baseball couvert). La aussi, les couleurs de l’automne ou du printemps manquent pour sublimer l’espace, mais nous recherchons la fraîcheur, un peu à l’abri du béton, et ça fonctionne. A l’entrée du jardin, on nous prête d’ailleurs des éventails en papier, avec lesquels on a autrement l’air moins glands qu’équipés d’un ventilateur électrique portable. Le nouveau gadget à la mode de tous les possesseurs de perche à selfie.
On essaie d’observer les cigales en pleine cymbalisation. Je connaissais pas le mot non plus avant de le chercher. Les cigales vivantes sont assez difficiles à repérer sur les arbres. En tout cas plus que leurs exosquelettes, qui bien que silencieux nous rendent la tâche aisée en restant bêtement au sol.
Nous allons enfin à pied voir le Kanda Myojin, un temple qui est le point central d’un matsuri très important qui a lieu une fois toutes les deux ans en mai. Et donc là en août c’est tout de même très calme (d’un sens tant mieux) et reposant alors que le jour commence a avoir sommeil.
Coup de chaud lundi matin, après même pas 48 heures au Japon: grosse fièvre et divers symptômes où tu pressens que rester au lit avec juste du doliprane n’est pas des plus sage. Décision est prise de pas tergiverser et de filer masqués en taxi dans un hôpital réputé pour son accueil bilingue. Une bonne partie du personnel parle anglais oui, mais le lieu conserve le côté “maison qui rend fou” (des 12 travaux d’Asterix) de l’administration Japonaise. La plupart des guichets par lesquels il faut passer, et ils sont nombreux, ont leur propre système de gestion de file d’attente, avec passage de document papier de l’un à l’autre. Information, Admission, Création d’un dossier pour obtenir une carte à puce, Service de Médecine Interne, 7 ou 8 passages box/salle d’attente avec le médecin entre entretiens/auscultations/analyses/examen par un spécialiste supplémentaire, pharmacie, facturation, règlement. Le règlement se fait d’ailleurs sur des bornes libre-service, et ce même pour payer en liquide.
De retour à l’hôtel nous sommes assez rassurés: il ne s’agissait “que” d’une grosse déshydratation. Des perfusions ont fait effet l’organisme et réduit la fièvre. Mais face à l’incertitude de ce qui allait se passer, j’ai préféré avant d’arriver à l’hôpital prolonger notre séjour dans l’hôtel actuel, que nous devions sinon quitter ce mardi pour aller à Maibara et annuler toutes les autres réservations prévues. Nous passerons donc toutes nos nuits à Tôkyô.
Après ce lundi riche en stress et émotions, mais pauvre en satisfaction nous restons tranquilles ce mardi 1er août pour requincage. Un énorme orage éclate dans la matinée. Je dois le braver juste le temps d’un aller-retour à un combini pour le repas du midi. Combini pris d’assaut par des acheteurs de parapluies. Vers 16:00 il ne pleut quasiment plus, nous en profitons pour aller dans le quartier d’Asakusa, avec une rue très touristique face au Sensô-ji.
Ensuite séance shopping “okatu” de l’autre côté de la Su-Su-Sumida (rien à voir avec Lagaf’ (lui-même absolument rien à voir avec Lagaffe)) dans la galerie marchande Solamachi. Les goodies de vieilles séries (Ultraman, Gundam) côtoient les classiques intemporels et les succès commerciaux plus récents (Kimetsu no Yaiba, Spy x Family, Oshi no Ko). Même principe sur les jeux vidéos: Autant de Dragon Quest que de Splatoon ou d’Apex Legends.
A l’extérieur nous croisons un événement matsuri, pour une petite perfusion de tradition dans toute cette modernité.
Levés dès 7:00 à cause du décalage horaire, nous petit-déjeunons plus tôt qu’escompté. Le buffet n’est pas exceptionnel à l’hôtel, mais il y a une sélection japonaise et continentale de bon aloi. Petit plaisir de la soupe miso du matin. Le neveu semble aussi être devenu adepte, à part pour les algues, mais ça passe car elles ont la bonne idée de rester au fond du bol. C’est pas bête le wakamé, en plus d’être joli (ça a une belle couleur wacamole).
Il nous faut récupérer un JR Pass pour rentabiliser nos déplacements ferrés. Nous l’achetons à la gare de Ueno, dont je me rappelle bien la configuration, après avoir fait chou blanc à la gare de Hamamatsuchô -car pas trouvé l’agence adéquate- et celle de Shimbashi -car trop tôt elle n’ouvre qu’à 10:00 le dimanche ma pov’ dame-. Le premier ennemi de la journée s’appelle la file d’attente. Il y du monde à vouloir aussi récupérer le sésame, et probablement pas assez d’employés en regard. Est-ce à cause de cette popularité devenue écrasante que la compagnie JR a décidé de faire prochainement exploser le tarifs de ces passes? C’est dommage car ça risque de concentrer le tourisme encore plus à Tôkyô et Kyôto au détriment des autres villes plus lointaines et donc moins abordables férovièrement parlant.
Nouveauté, le passe obtenu n’est plus un papier en carton dur moyen format que l’on montre aux employés de gare, mais un ticket que l’on insère et récupère à chaque passage à un portique. Alors oui on est autonome, mais c’est un tout petit bout de carton, similaire à des tas d’autres tickets que l’on amasse déjà. Gaffe à pas le paumer!
Avec le passe en poche, et la réservation de 4 trajets prévus dans les 8 prochains jours, nous allons à Odaiba. Passage obligé: on franchit le Rainbow Bridge en marchant. Petite alerte: je souffre grave pour monter les escaliers qui amènent au tablier du pont. En vrai ça doit être super en entrainement cardio pour les sportifs et les masochistes, mais je réalise tristement mes limites. Je suis plus masochistes que sportif (car il y avait un ascenseur).
Rapidement, le deuxième ennemi de la journée s’appelle la chaleur. Une petite glace pilée & sirop (kakigori) nous rafraîchit en passant devant la plage d’Odaiba.
Après un peu de lèche vitrines (qui New Balance, qui Disney Store, qui Gregory (keskifoulà?) qui qui qui sont les snorkies), nous décidons de prendre un billet pour monter en haut du building de la Fuji TV. Il a vraiment un design de guedin, et la sphere emblématique qu’il possède est une plateforme d’observation. La vue sur le nord depuis la céleste testicule est splendide et ouverte. Dans des magasins temporaires, Dragonball et surtout One Piece sont à l’honneur. Un peu de Tokyo Revengers (coucou Emma) et un event autour de Noitamina, la case anime exigeante où vient de reprendre Rurôni Kenshin, pour les 2 lecteurs de ce billets qui suivent.
On va voir la statue géante de Gundam. Elle ne bouge toujours pas, contrairement à celle de Yokohama. A 14:00 impossible de trouver une place dans le food court, on opte pour un sandwich et des morceaux de pommes. Et à boire.
Afin de trouver une petit peluche de Ronflex (aka Kabigon ici), qui je précise n’est pas pour moi, nous allons dans le saint des saints de la pokémanie: Le Pokémon Center DX. Pas facile à trouve le bougre, quand Googlemaps décide de faire nawak avec le petit point bleu sensé indiquer notre présence. Vous savez quand il passse en mode sheitan, à effectuer des 180° et des translations de 2 rues d’un coup. J’ai déjà une commande d’un évoli de la part de ma seconde filleule, on retournera donc dans le magasin, ça nous donnera une chance de prendre notre revanche sur Googlemaps.
Nous repassons par l’hôtel pour un rapide décrassage (je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire mais ça a l’air dans le monde du sport d’évoquer la récupération après l’effort) avant d’aller à la tour de Tôkyô cette fois à la nuit qui tombe. boum. Pour la première fois, je vois un peu le mont Fuji depuis la capitale. Quand la nuit est tombée, il y a des projections sur les vitres intérieurs de la plateforme d’observation, qui simulent des feus d’artifices et diverses ambiances. Subtil!
Nous devons attendre environ une heure avant de pouvoir monter sur le point le plus haut accessible, ce qui est précédé d’une visite guidée obligatoire et interminable de 5 minutes. Pas besoin vraiment de monter au delà de la plateforme à 150m. Que nous descendons à pieds (pas d’option parachute).
4 ans que je n’étais pas venu au P.J.L.*. Il y a eu ensuite le rouleau compresseur Covid, ou plutôt car c’est féminin, la roulotte compresseuse Covid. Et elle m’a forcé, la gredine, à annuler par deux fois un voyage au dernier moment, où je devais être accompagné de ma daronne. En attendant une prochaine occasion de lui faire voir en vrai les temples et les endroits qu’elle admire de loin, c’est Laszlo, mon neveu préféré et unique qui fait partie de la délégation Fred-in-Japan.
Nous arrivons cela dit avec un jour de retard, la faute à une correspondance “un peu juste” voire “impossible”. Mais une nuit à Paris aux bons soins d’Air France n’aura pas entamé notre enthousiasme. Vol plus long, conséquence de l’opération spéciale (ou guerre en Ukraine, selon que vous soyez Vichy ou Saint-Yorre). Les formalités sont un peu plus rapide qu’avant à la police des frontières et à la douane. (un peu) moins de papier à passer de mains en mains. Mais comme souvent ma valise est la dernière à débouler au carrousel des bagages.
Après avoir rejoint notre Hôtel, proche de la gare d’Hamamatsuchô (j’adore ce nom), on se pose fourbus. Je laisse Laszlo, qui est au téléphone, quelques minutes pour redescendre à la réception réclamer un paquet que j’attendais, et en remontant à la chambre, v’la t’y pas que je me goure de d’étage. Et donc forcément ma carte n’ouvre pas la chambre 1005, vu qu’elle est prévue pour la 1105. J’ai beau frapper, 3, 4, 5 fois Laszlo ne vient pas ouvrir la porte. vu qu’il est à un autre étage. Je reprend vite l’ascenseur quand je me rends compte de la méprise. Et ce juste avant qu’un Yakuza fulminant ne sorte de dessous sa douche pour me casser les genoux. Bon, c’est ce que j’ai imaginé comme conséquence jusqu’à ce que les portes de l’ascenseur ne se referment.
Il est plus de 22:00 quand nous sortons un moment pour nous imprégner de l’ambiance tokyoïte. La tour de Tôkyô est toute proche, nous allons à ses pieds l’admirer, uniquement d’en bas car il est trop tard pour y monter.
La chaleur moite surprends un peu, mon n’veu, bien que j’ai prévenu à l’avance de ce qui l’attendrait. En revanche je ne lui avais pas parlé du bruit des cigales en été. Elle font un vacarme assourdissant dès que l’on se trouve à proximité d’un espace vert en ville.
On reste dans le même quartier pour se poser casser la croute dans une enseigne Sukiya. Riz et anguille pour bibi, Curry et boeuf pour mon accompagnateur en pleine croissance.
Demain, première vraie journée. Mais cette soirée est déjà une réussite, puisque je viens de savourer ma première glace au thé vert depuis 2019. Le pot ne faisait vraiment que 110ml les années précédentes?
Je repose enfin les pieds sur l’île de Miyajima, 4 ans après ce qui fut une des plus belles journées passées à voyager Japon. Le torii marin, symbole de ce lieu de pèlerinage pour beaucoup, est une des 3 vues les plus célèbres du Japon. Ce n’est pas volé. Immédiatement après avoir acheté beaucoup beaucoup…