Avec plusieurs crises de migraines, et un gros mal de gorge persistant, à tel point que j’en ai même ramené des bouts à la maison, j’ai tout de même réussi à avoir des journées remplies, et seulement deux complètement perdues à rester à l’hôtel. Cela aurait pu être pire.
Ma montre connectée (Fitbit Charge 2) compte le nombre de pas effectués chaque jour, et donne une estimation de la distance parcourue et des étages grimpés (estimation souvent sotte grenue). Cela me permet de suivre sur les 3 semaines du séjour l’évolution des efforts. Et d’établir que sur cette période j’ai fait 318kilomètres. Avec chacun de mes deux pieds!!
Les différentes variétés de Kit-Kat ramenées de ce voyage: Patade douce, Melon-mascarpone, Cheesecake fraise, wasabi, thé, Tôkyô Banana (beurk)
Budget
Les dépenses courantes, réglées en liquide, ont été maîtrisées. Aucun gros achats impulsifs. Le “pire” jour pour le porte-monnaie, hors souvenirs ramenés, c’est à Nakano Broadway, d’où je sors avec quelques affiches de films (improbable Lady Oscar!!) et une figurine d’Alice des jeux Shin Megami Tensei/Persona dont j’ai mal estimé la rareté.
Pour la nourriture, je me suis contenté de bentô et de sandwicherie de combini, et de restaurants modiques (8 à 10 €, 4€ de plus si avec une bière).
Transport: billet d’avion Air France pour Tokyo ET vol intérieur All Nipon Airways pour Takamatsu sont sous les 1000 euros. Je n’ai pas fait de longs trajets en train, et n’ai sans doute donc pas rentabilisé mes passes de train, d’autant plus qu’autour de Tottori il y a un tronçon pas compris dans le forfait, mais que j’ai emprunté plusieurs fois.
Hébergements: Gamme d’hôtel très variable, de 50€ la nuit à Takamatsu (avec moyen de se faire un gros petit déj), mais jusqu’à 150€ sur les dernières nuits à Tôkyô, ce qui est foli et que je ne referais plus. Je voulais tester pour une fois un hôtel “chic” mais sur aucun des autres critères importants (emplacement, confort, calme) il ne contrebalançait ce prix exagéré. L’hôtel où je vais d’habitude est largement mieux en qualité/prix et est deux fois moins onéreux.
Malgré un rapport euros/yens moins bons que pour la plupart des autres voyages au Japon, celui-ci est celui qui m’a le moins coûté à la journée.
Globalement
Sept premiers jours formidables, avec beaucoup de satisfaction et de souvenirs positifs.
Ma santé a pénalisé de façon épars les 2 autres semaines. Assez mauvais choix de camp base pour Tottori, Matsue un peu plus à l’ouest eut été mieux. Nagoya pas forcément génial non plus au casting, en tout cas pas pour 6 jours. Mais l’hôtel était fantastique et la journée à Toyota passionnante. Enfin, le choix de Shinjuku comme quartier à Tôkyô était mauvais. Certes la gare est pratique le matin pour partir rapidement où on veut, mais c’est vraiment compliqué le soir en rentrant de trouver le bon chemin pour sortir pas loin de l’hôtel! On se perd très très facilement.
Le fait d’avoir pu planifier ce voyage et l’entreprendre était déjà une grande victoire pour moi. C’est vraiment ce que je retiens, en plus d’une autre chose: L’envie d’y retourner très vite. Printemps 2020, chiche?
Avant-Dernier jour de ce cinquième voyage au Japon. Objectif: prendre un bon bol d’air. Si possible en retrouvant ce qui a été le meilleur moment de ce voyage: Le tout début sur Shikoku. Avec la mer, un peu de marche, de l’originalité, de la tranquilité. Pour le tenter je me rends à l’entrée de la baie de Tôkyô.
En l’occurence à Yokosuka, au sud de Yokohama, après m’être trompé de train, ce n’est pas ni si ce sera la dernière fois. C’est ça quand on attrape la confiance.
Dans le port de Kurihama, je compte prendre un ferry pour traverser l’entrée de la baie de Tôkyô et me rendre côté ouest. Comme pour le ferry vers l’île aux démons, j’assiste en m’approchant du terminal au départ du navire. 90 minutes à attendre. Evidemment je peste, mais j’entends mon estomac qui crie de joie (croyez bien que ça fait bizarre) à l’idée de pouvoir recevoir sa pitance dans de bonnes conditions: assis confortablement, sans aucune pression de temps, avec un menu de gala. Ouais bof non, un tonkatsu très correct mais pas d’étoile au Michelin en vue.
Le ferry m’amène à Kanaya, et après un peu de marche je parviens à la station de téléphérique du mont Nokogiri. 330m. Au moment d’acheter mon billet A/R, je comprends que la dernière rotation pour re-descendre par le même chemin mécanique est de 16:00, ce qui arrivé en haut me laisse très peu de temps. La vue en sortant de la cabine est chouette, même si le temps est couvert, et froid, et très venteux, et sec, ça c’est bien. Dans l(‘énorm)e ferry il n’y avait qu’une voiture et quelques clampins à passer, ici il n’y a qu’un couple à monter en même temps que moi. Spoiler alert: Dans l’heure qui viens je ne croiserais qu’une poignée d’âmes.
Tout de suite sur le mont Nokogiri, un guichet. Parce qu’on n’y trouve pas qu’une belle vue sur l’ouverture de la baie, on y trouve aussi le Nihonji, un temple zen établi depuis 1300 ans. En réglant les 600 yens au vieux de l’entrée, il me donne un plan et me demande ce que je veux voir. Le daibutsu (grand Buddha) dis-je. Non non dit-il, pas le temps. Il me montre jusqu’ou je peux aller en espérant revenir pour 16h, mais c’est trop léger. Je lui demande d’oublier le téléphérique: Il fait donc un tracer sur le plan avec l’option “rentrer à pied et rallier une gare”. Sans être trop pressé par le temps, autre que la tombée de la nuit, je continue mon exploration du coin, à commencer par la vue de l’enfer (Jigoku Nozoki), un promontoire au dessus du vide. Un peu plus bas, une statue de 30m de la déesse Kannon (100-Shaku Kannon). Elle est récente, puisqu’elle date des années 60. Je croise le couple de tout à l’heure, qui se presse pour chopper le dernier téléphérique. Un peu plus tard, diffusion dans la montagne d’une musique guillerette qui signifie: Bordel, dépêchez-vous, on va fermer, s’il vous please.
Mauvais aiguillage à un moment, je ne tourne pas quand il aurait fallut afin de faire une boucle et voir un chemin parsemé de 1500 sculptures d’arkahts (disciples). Bien plus bas se trouve un plateau où, content de trouver enfin un distributeur, je m’arrête pour acheter une bouteille, la boire, et en acheter une seconde, pas la boire. Je croise 3 salarymen qui entreprennent de monter le chemin que je viens de descendre. Mais à eux 3 ils n’ont même pas 2 fois mon âge, c’est plus facile pour eux.
En me retournant, il me semble voir un truc un peu plus loin… Ah ben tiens, c’est le Bouddha. Il date de 1783, et a été taillé dans la pierre par Jingorô Eirei Ôno, secondé de 27 apprentis.
Sur le petit fascicule remis à l’entrée, un récapitulatif de la taille des Daibutsu du Japon:
Kamakura: 13.35 mètres, dont 11.312 mètres pour le corps seul. En bronze.
Todaiji à Nara: 18.18 mètres, dont 14.85 mètres pour le corps seul. En bronze.
Nihonji: 31.05 mètres, dont 21.30 mètres pour le corps seul. En pierre.
Il.n.y.a.pas.un.keum.à.cet.endroit non plus. C’est très surprenant.
Mais ça ne m’aura pas déplu. Hormis encore un lycéen que je rencontre en continuant à descendre, c’est désert, et je quitte le zone du Nihonji tranquillement en rattrapant une route à partir de laquelle la petite gare de Hota sera très bien indiquée. C’est par le côté est de la baie que je retourne dans la capitale.
Dernière nuit à l’hôtel, mais il va rester une journée complète sur place, l’avion du retour étant à 2h du matin, après-demain.
Dommage pour la blague, cette article aurait pu s’appeler “le musée déraille” mais la forme étant revenue ce serait mentir. La ville de Saitama au nord-ouest de Tôkyô, fait encore partie de sa banlieue. S’y est implémenté le Tetsudô Hakubutsukan, ou Railway Museum. On va dire plutôt comme ça, puisque c’est également son appellation officielle.
Le train est direct entre Shinjuku et Saitama. Le musée n’est ensuite qu’à 2km. On peut continuer sur le même moyen de transport: Un train local à la ville, permet de joindre le musée en 3 minutes, celui-ci possédant de son propre arrêt sur cette ligne. Ce train, sur pneus au passage, s’appelle le New Shuttle. Et je vois que ça fait 30 ans qu’il existe. QUESTION: N’est il pas temps de renommer ce train en juste “Shuttle”? Ou au moins dans un premier temps “Decently Recent Shuttle”? ou “Shuttle previously known as New Shuttle?”
Le ticket d’entrée pour le musée n’est pas un simple papier que l’on donne à l’entrée pour compostage ou coupage en deux, nous laissant à l’issue de la visite avec un demi bout de papelard froissé. Et cette terrible incertitude sur son devenir: Le conserver? comme les autres, et les plans, et les fascicules remis dans les temples et autres musées, et le ramener en France dans une pochette “Japon 2019” que peut-on on rouvrira un jour? Ou le jeter? Et ben dans ce musée, mazette, la question ne ce posera pas: Là on nous émet carrément une carte sans contact (je paye l’entrée avec via ma Suica, une autre carte sans contact, si c’est pas méta) spéciale pour le musée. Juste pour passer le portique de sécurité de gare genre, on change de monde. Et ça marche, nom de nom. Le logo du musée, sur la partie basse de la carte est superbe de simplicité. Et ça ,tu l’habites, rajouterais Alain Chabat (ouais, c’est mieux avec cette orthographe).
Dimanche, alors évidemment pléthore d’enfants accompagnés de leurs mamans. Les papas, dans ce musée, étant eux-même des enfants, cela fait généralement des petits groupes de 2 ou 3 enfants. Mais PLEIN. Très japono-japonais, le train c’est un thème tellement important, une institution ici que les visiteurs domestiques noient dans leur volume les visiteurs étrangers. Le musée est du reste peu accessible aux étrangers, je ne sais même pas si il y a un audio guide (j’aime pas ça de toutes façons), probablement une appli mobile au moins, mais je préfère une traduction “in-situ”, difficile à bien concevoir évidemment, sans prendre trop d’espace.
Ce que je retiens surtout, c’est un wagon de l’époque des premières rames de Shinkasen, où l’on peut s’assoir. Force est de reconnaitre que ça reste confortable même pour nos standards fessiers plus évoluées. Là, une dizaine de grands écrans tactiles que l’on peut utiliser assis, s’ouvraient sur de la documentation hyper fournie sur une vingtaine de thème. Enormément de photos, et tous les textes étaient traduits nickel. Je pense être resté assis là plus d’une heure. Pas facile toujours de rester concentré assis dans ce wagon, que tout le monde vient traverser au moins une fois. Sauf les enfants, qui veulent le traverser dix fois. Ça inclue les enfants qui portent des grelots, et qui courent. Oui, dans une famille, l’un ou l’autre, ou les deux parents, on trouvé judicieux d’accrocher un grelot à chaque de leur DIX MILLE mioches. Ils étaient peut-être plus. C’est quoi le but? Il y a pas d’ours à Saitama. Ils ont peur de les perdre? Aucun risque avec ou sans gling-gling ils braillent comme des veaux. Ils m’ont fait penser à un certain fichier audio utilisé dans des canulars familiaux…
J’ai eu confirmation qu’avec l’ère des trains rapides s’est terminé les rejets, directement sur la voix, des déjections des toilettes des wagons. Avec de plus en plus d’habitations proches des gares, et la vitesse rendant totalement hors de contrôles les trajectoires de ce qui tombe du train… Un jour un mec est arrivé dans un bureau où des ingénieurs désoeuvrées devaient jouer au tarot: “Eh les binoclards, j’ai un sujet pour vous. Le caca”. Ils ont bossés dur. Le stockage dans des réservoirs initialement ne permettait pas à une rame de pouvoir tenir sur une journée de trafic, il fallait changer les réservoirs plusieurs fois, et donc avoir des rames en plus. La technologie évolue aussi sur ces sujets à la fois rigolo, puisqu’il y a du popo, et sérieux, puisqu’il y a du popo.
Sur un autre sujet, ou je suis moins sur d’avoir tout bien retenu, la couleur blanche des shinkansen a aussi été rendu possible par des évolutions technologiques sur les peintures, pour être moins rudoyées par les trajets salissants pour le “bas de caisse” notamment avec le noircissement consécutif à l’usure des disques de frein.
Après cette excellente visite au musée, je pars à l’autre bout de la capitale, au pied de la Tokyo Sky Tower, dans la grande galerie marchande Solamachi où tous les jours ça doit débiter des millions de yens. Mais c’est un spot sûr aux goods Pokémon. Le temps évoluant, ce n’est pas pour le neveu qui avait 4 ans quand j’ai fait mon premier voyage, mais pour sa troisième petite cousine qui a découvert Pikachu et Sacha. C’est de base un univers plus intéressant et riche que Patte patrouille. Pas moins mercantile assurément. Dans le magasin, pas trop de personnes âgées cependant, alors qu’énormément de “vieux” jouent à Pokémon Go sur téléphone un peu partout. Ils doivent garder les sous pour faire des micro-achats en jeu. Donc pas trop croisé de mamies, je n’ai pas eu de nouvelles pastilles pour la gorge, et pourtant elle tousse encore et encore.
Je vais une fois cet éditeur fermé cogiter au programmes des 3 derniers jours. En fonction de la météo, j’aimerai repartir un peu marcher dans la nature, demain ou mardi. Le mercredi mon passe de train ne sera plus valable, donc pas de destination lointaine. Mais là, ma to-do list is empty.
Oh et Pascal: je m’avance peut-être mais trop tard, je te ramène LE goodie qui associe bon goût, rétro, documentaire, durabilité, utile.
Oh, et la carte IC émise comme ticket d’entrée dans le musée? Et ben il faut le restituer à la fin. J’ai vraiment été bête pour croire qu’il était à nous. Dommage, j’aurai volontiers payé plus cher pour le conserver! Du coup je n’ai même pas de petit papelard froissé à mettre dans la pochette “Japon 2019”.
Allez plop, un p’tit post. Quoi de neuf depuis 48h? un peu de tout, un peu d’la tête, un peu d’la toux. Quand vraiment une migraine vous rive à au lit, vous restez chez vous, ou à l’hôtel, ce n’est qu’une journée de paumée. Un coup de Do Not Disturb et le tour est joué. On relance les dés et sauf à faire double-un, le lendemain c’est mieux. Mais quand c’est le jour où il faut rendre les clés, pas le choix, il faut bouger pour la destination suivante. Qui s’avère ici être ma dernière étape, pour 4 jours, à Tôkyô. J’avais pris les billets de shinkansen afin de faire une halte d’environ 6 heures à Shizuoka, à mi-chemin, et où il devait faire beau. Ah et aussi ce 23 novembre 2019 est un jour férié au Japon, la fête du travail.
Je descends comme prévu à Shizuoka, pour voir. Et ce que je désirais voir dans cette ville s’appelle Nihondaira. Cette colline de 300m qui domine la ville offre par temps dégagé une vue sur le mont Fuji, Shizuoka en étant proche. Nihondairai via un court téléphérique permet ensuite de relier une moindre colline où se trouve un sanctuaire shintô, célèbre pour être le mausolée de Tokugawa Ieyasu. Lui même. Le Shôgun de la série avec Richard sex-appeal Chamberlain. Je précise pour Thérèse, ma tata du pays bigouden. OH! En checkant je vois que le personnage du Shôgun est joué dans la série par Toshiro Mifune, what else. Je me demande qui les mamans et les mémés des années 80 préféraient.
Impossible de mettre mon sac d’environ 5kg en consigne, toutes occupées, il va devoir supporter mon poids toute la journée. Repérer le bus à prendre pour rejoindre Nihondaira me prends 10 fois moins de temps qu’il n’en faudra ensuite à l’attendre. Rajouter encore une bonne heure pour arriver à destination. Petite douche froide, figurée. Pas de pluie à Shizuoka, mais de gros nuages entre le Fuji-san et mon emplacement sur la carte. Le plateau aménagé offre une jolie vue sur la ville, la mer, les montagnes derrières, mais pas LA montagne toute derrière.
Muni également d’un ticket retour pour quand je remonterai après la visite, je prends le téléphérique. L’attente pour y monter fut longue. Beaucoup de monde se presse. N’arrange pas non plus l’arrivée au galop d’une douzaine de gars habillés en secours (baroque: mi-mineur, mi-infirmier) avec 2 brancards, remontant la fille pour aller sauver quelqu’un(e)(s). Pas la peine ici de lancer une recherche google news ciblé, je sens bien que ce n’est pas cette fois lié à l’Empereur.
Une fois descendu du téléphérique, il faut grimper marches après marches pour passer devant les différents autels et bâtiments du sanctuaire, jusqu’à pouvoir arriver à l’autel correspondant au mausolée de Tokugawa Ieyasu. En passant, j’aurai vu des miko servir du matcha ou vendre différents jouets sous licences, hum. Je remarque, c’était déjà le cas à Ise, beaucoup d’explications en anglais sur les Omikuji, qui sont clairement un moyen de faire sortir 100 ou 200 yen aux touristes.
Il existe également sur le site un musée sur Ieyasu, mais je décide de faire l’impasse pour être dans les temps sur le train vers Tôkyô. Et ben raté. 1h à attendre le bus, autant pour revenir à la gare. Une gentille mamie s’assoit prêt de moi. Sumimasen dit-elle. Non non, tu n’auras que 40% de la banquette: c’est moi sumimasen. Sur le chemin, parce que je tousse, elle me donne 2 pastilles pour la gorge. J’avais l’impression de moins tousser pourtant. Ses pastilles doivent être plus fortes que les sortes de bonbons de l’autre jour: sur le papier il y a marqué: 0.25mg <truc que je sais pas lire>. Google Lens me traduis ça en <0,25mg Meiji>. C’est sûrement de la bonne.
Débarqué à Tôkyô à la gare de Shinagawa, il faut encore une demi heure, bien serré avec des sardines autour, pour arriver à Shinjuku, la gare la plus fréquentée au monde. Grosse pluie en mettant le nez à l’air libre. C’est pour ça que les sardines étaient mouillées.
En résumé. Je passe de ça, ce matin à Nagoya:
Ciel bleu magnifique extérieur de l’Hôtel super-classe.
à ceci:
On va dire qu’il fait beau au dessus des nuages. Mais de ce que je pensais être un “gratte-ciel”, mon Sunroute Plaza est même pas ceinture jaune.
Cela n’aura pas été une journée-plaisir mais elle s’achève mieux qu’elle n’a commencé puisque j’ai retrouvé un plumard et que maintenant c’est bientôt l’heure de dormir. Mais que j’ai furieusement les crocs et envie d’aller me faire un KebabSubway ramen.
Après plusieurs jours sans voir la mer, une destination côtière s’impose: Ise. Cette ville de taille modeste est connue pour donner son nom à la baie d’Ise*. Bien au sud de Nagoya, la présence de très nombreux sanctuaires Shinto en font un lieu important de cette religion. Au rayon sonore, Ise se prononce comme la fin du nom du célèbre dramaturge Djibrill Cissé.
J’aime beaucoup, en passant la sortie de la gare, me faire une première impression sur une ville que je découvre. Ici, c’est à taille humaine. Pas d’immeubles en vue, une grande rue piétonne qui part tout droit, des panneaux indicateurs japonais/anglais pour donner la direction et la distance des lieux principaux. Pas besoin de réfléchir, c’est donc effectivement tout droit pour se rentre au Ise Jungu. Ce grand complexe Shinto, agrégation d’une centaine de lieux, se concentre en deux endroits principaux. La rue piétonne repérée immédiatement est encore ici représentative des lieux touristiques. Confirmé également pour y être repassé à la nuit tombée, la nuit est vraiment un interrupteur marche-arrêt sur son activité. Ce n’est pas d’ailleurs un lieu de tourisme de masse mais plutôt de tourisme de ferveur. En m’approchant je suis surpris du nombre d’endroits où l’on ne peut pas aller. Avec parfois un garde posté à côté de la barrière temporaire, normalement très suffisante pour arrêter les importuns.
En passant devant une autre gare de la ville (Ujiyamada), je suis interloqué par la présence à plusieurs carrefours de photographes et d’équipes de tv à l’affut. Rétrospectivement j’en avais pas grand chose à carrer, mais pointait quand même une certaine curiosité. Je reprends ma route non sans avoir coché mentalement la coche [X] faire une recherche google news ce soir.
Résultat de la recherche: Non, ce n’était pas la rumeur de l’apparition de la gagnante de l’édition 2017 de Terrace House venue faire ses courses. C’est sans doute la présence du nouvel empereur qui a créé ces attroupements: Emperor, Empress arrive in Mie to visit Ise Shrine . On m’avait pas prévenu. Je n’en prends pas ombrage, on n’avait sans doute pas non plus prévenu le nouveau Daron du Japon de ma présence.
Après une nuit moyenne, mais une forme correcte au lever du paddock, j’ai envie d’avaler des kilomètres, même pas besoin de sauce creamy. Vers la côte donc, en prenant comme destination un lieu Shinto emblématique et marin: Le Meoto Iwa. Deux rochers reliés par un Shimenawa. Une nouvelle illustration de la capacité du Shinto à glorifier les belles choses de la nature.
Relent d’une société évidemment patriarcale: Le mari, c’est le gros rocher
Petit plaisir en repartant à travers la nature, la découverte d’un quai où j’ai pu reprendre le train pour la gare principale d’Ise, dans mon top 3 des micro-gares (enfin, quai) les plus bucoliques. Elle a même sa page wiki: Matsushita Station.
C’est la 3e fois seulement je crois que je fais appel à une prestation sur Internet pour organiser une sortie en car, difficile à planifier tout seul sinon. Cela implique d’être dans un groupe, avec des plus et des carrément moins genre les Bidochons en voyage. Au moins ici, le groupe n’existe que pendant 12 heures. Nous serons 2 cars: un car rempli de japonais only, et un car ou nous ne sommes qu’une vingtaine d’étrangers, à qui on associe une guide parlant un anglais impeccable. Mais dans notre car prennent également place 4 japonaises qui étaient en surnombre dans leur groupe naturel et à qui on associe du reste une guide parlant un japonais impeccable. Nous aurons donc deux guides pour le voyage. Mais ça va surement bien se passer, non? Déjà je n’avais prévu qu’une petite boîte de caramels en remerciement. Suspense, sera-t’elle pour l’une ou l’autre ou à se partager? pour le chauffeur? Voilà c’est à peu près tout l’enjeu dramatique de ce billet.
Le programme de la journée est le suivant; visite de la petite ville de Takayama, puis d’un village reculé appelé Shirakawago, possédant des fermes traditionnelles vieilles de plus de 250 ans. Le tout dans un environnement en altitude, puisque placé dans les Ales japonaises. Une chaînes de montagne dont les 5 sommets les plus hauts dépassent les 16000m (additionnés tous ensemble). Voilà pour le programme de la journée du bus. Le programme de MA journée dans le bus va consister à tousser régulièrement. Toux sous la forme d’une quinte que l’on peut intercepter en serrant sa mâchoire, de quinte flush sonore qui finisse en hoquet, et même de quinte flush royale où les micros des 2 guides sont couverts par mes expectorations et sont suivis d’un silence gênant de 5 secondes (toutefois brisé par la toux de quelqu’un d’autre, comme pour dire <hum><hum>). Après une nuit horrible, j’étais suffisamment bien réveillé et pas fiévreux, quel autre choix que de m’en tenir au plan, tel Hannibal Smith, sinon de rester sous la couette à perdre une journée.
Nous avons un quartier libre d’environ 90 minutes pour nous Balladur à notre guise dans Takayama. Le plan qu’on nous donne fait la part belle à une rue commerçante extrêmement étroite faisant la part belle au saké et aux boutiques vendant à emporter des plats de la région, faisant surtout la part belle au boeuf Hida. Moins connu que celui de Kobé il en est proche. Et si je n’ai jamais mangé de boeuf de Kobé, je goûte celui-ci sous forme de bun et sous forme de sushi (oui, tranche de boeuf cru, pas haché, sur son lit de riz gluant). Très bon. Je ne m’attarde pas près des commerces, pour favoriser une visite du Takayama Jinya. Un bâtiment officiel qui correspondait à une sorte de préfecture du temps du Shogunat Tokugawa.
Un repas sous forme de buffet japonais (dérivant sur du sino-vietnamien de bon aloi) nous attends peu après. Le plan de table est décidé. Meitetsu, la compagnie qui gère tout ça est d’abord une compagnie ferroviaire, ils ont le chic pour créer des ambiances qui pétillent. Un couple de chinois et leur petite fille, et 4 copines taiwanaises d’environ 25 piges chacune. Ambiance du tonnerre. De mon côté j’ai déjà du mal à trouver le temps de manger entre deux accalmie de toux.
Dans l’après-midi nous montons au village de Shirakawago, aux fermes centenaires caractéristiques de la région. Trois d’entres elles peuvent être visitées, dont une qui offre un thé chaud, et qui rencontre plus de succès que les autres. Une famille y habite à l’année. Les charpentes, énormes, n’utilisent aucun clou. Les toits font un angle aigu pour supporter le poids de la neige. L’intérieur sent très fort la fumée, évidemment la gestion du feu de chauffage est précise car si un incendie se déclare il ne peut être arrêté.
En revenant vers Nagoya et à l’occasion de la dernière pause pipi avant les embouteillages du soir, la guide bilingue revient avec des bonbons, qu’une des japonaises a acheté pour moi parce que le monsieur il a l’air d’avoir très mal à la gorge (et subsidiairement est très con d’être venu dans cet état tant pour lui que pour nous). Miel et orange, ça soulage et l’attention est adorable. Voilà, c’est cette gentille dame qui aura finalement hérité de la dernière boîte de caramels bretons que je possédais encore. Ah oui ça vient de France quand même, il y a marqué Caramel Sweets, je vais accepter. Les deux guides n’aillant pas arrêté de se tirer la bourre quand au partage du micro, c’est le chauffeur qui avait encore la meilleure côte avant ce rebondissement.
Le planning de ce mardi 19 est écrit dans mon petit carnet Rhodia “japon 2019” depuis plus d’un mois, dès lors que je me suis inscrit pour une visite guidée d’une usine d’assemblage de Toyota. Il faut s’y prendre longtemps à l’avance sans savoir si le jour choisi sera finalement adapté ou non. Le timing a finalement été bon: Hier, lundi, la journée fut complètement neutralisée avec alternance de siestes et de séances de sauna improvisées pour humidifier les bronches. Mise de nez dehors en fin d’après-midi pour un repérage des sorties à venir: où prendre tel ou tel car, métro, réservation de train, etc. Ce matin ça va mieux que quand j’étais KO 24 heures plus tôt, descendu des plateaux de phonos. On a perdu 3 ou 4 degrés dehors, mais j’en ai probablement perdu 2 dedans alors ça adoucit la différence. Je sors vers 8h00 après avoir avalé un Lipovitan. Ça se boit. Le redbull d’avant le redbull, en 10cl.
Le point de rendez-vous pour la visite guidée est fixé à 10h30 au musée Toyota Kaikan. Le site de l’inscription ne laisse aucun doute sur un point: c’est la GALÈRE pour s’y rendre, quelque soit le moyen utilisé. Déjà, ce n’est pas dans le centre de Nagoya, mais dans la ville de Toyota(!) dont le nom a été choisi pour service rendu par rapport au bassin d’emploi, en 1959 lors d’un regroupement de villes. Au Japon Clermont et Ferrand pourrait parfaitement être renommé “Michelin”, et Le Relecq-Kerhuon “SCD” ou n’importe quelle suite de 3 à 5 lettres.
Je m’y rends en métro. Des différents métros dans lesquels j’ai pu descendre au Japon, celui de Nagoya m’a paru le plus intimidant. A un moment tu ne peux pas changer d’avis, tu es obligé d’avancer -calmement- avec la file où tu te trouves. Mais après un changement dans la station de Fushimi en complet travaux du sol au sous-sol, une fois sur la bonne ligne, plus je m’éloigne de Nagoya, plus j’apprécie d’être dans le sens opposé du trafic principal des banlieues vers le centre. Il faut ensuite un gros paquet de secondes, entre 3000 et 4000, pour arriver à pied au musée Kaikan. C’est une sorte de showcase de différents véhicules, avec mise en avant explicative de la priorité numéro #1 de la société: l’environnement. Tant pour les optimisations sur les technologies hybrides (Prius) que pour la recherche en zéro émission de carbone: La Mirai. La mirai (“futur” en japonais) étant une voiture fonctionnant à l’hydrogène. Pour l’instant toujours à l’état de concept déployé en vrai, j’ignore combien il y a de stations où faire un plein d’hydrogène à sa voiture. Ni combien coûte l’extraction d’hydrogène jusqu’au réservoir. Jean-Marc Jancovici anybody? La seconde priorité numéro #1 est la sécurité sur la route. Diverses recherches là aussi sur l’intelligence artificielle, l’auto-conduite sur des portions de route, etc. Tous les constructeurs sont sur le coup, good luck il y en a un qui a un sacré train d’avance.
Parmi les quelques panneaux explicatifs de ce qui fait la singularité de Toyota, apparait les termes Just-in-Time, Jidôka, Poka-Yoke et KANBAN. Les non-passionnés-de-chaines-d’assemblage et les non-informaticiens, cherchez pas. Je ne mets même pas les liens vers des articles wikipedia ou de vulgarisation. Parce qu’au fond, moi, ce genre de trucs, ça me gonfle (Solveig, Valentine, Marina, vous l’avez?).
Mais dans le bureau où je bosse, en plus des odeurs de sang, de larme, de sueur, d’urine probable, de gel pour les cheveux même et une centaine d’autres fluides inconnus mais séchés par strate par les années passées, laissés par les malchanceux passés là avant nous, mais chanceux d’en être parti avant, il y a une poignée d’affreux, dans ce bureau donc, qui tous les jours, se retrouvent quand le dernier participant est arrivé, vers 10h15, debout, en cercle, serrés au point qu’on ne voit pas précisément en quoi consiste la cérémonie, mais semblant se donner mutuellement du plaisir et adorer une divinité en deux dimensions que nous autres gens normaux appelons des post-it. J’ai pensé à eux. Point de post-it dans le magasin du musée, sinon vous pensez…
Autre truc qui a attiré mon oeil, une voiture toutou. Un hommage au véhicule de Lloyd et Harry de Dumb and Dumber?
Mais au bout d’un moment passé dans les allées de ce musée, petit mais bourré de trucs intéressants, sonne le rassemblement vers le car qui conduira 3 douzaines de non japonais et une guide associée, vers l’usine retenue aujourd’hui, celle de Motomachi où sont produites notamment des Mirai et des Crowns. Un autre groupe de japonisant associé d’une guide payée moins chère voguera en parallèle sur le même parcours balisé à l’extrême.
Des consignes étaient données dès l’inscription, pas de vidéo ou photo dans l’enceinte de l’usine, ni même une PSP ou un routeur wifi. L’essentiel de la visite se passe sur une coursive tout en haut du plan où travaillent les travailleurs et les robots. En sus de limiter l’espionnage industriel, empêcher les touristes 5 mètres au dessus de ta tronche de te prendre en photo deux heures par jours, c’est un mieux pour l’ordre social.
Donc voilà, pendant la visite on ne peut pas utiliser de voiture, sinon elle est rayée en diagonale. On ne peut pas utiliser d’appareil photo, sinon une trace de doigt bien grasse est laissée sur l’objectif. On ne peut pas utiliser de mobile sinon l’écran est brisé en diagonale. Tu ne peux pas commander de McDo sinon on trace un trait rouge en diagonale sur ton menu (les frittes ont l’air safe). Tu ne peux pas amener ton chien fou sinon Raiden te fais un coupé-décalé dessus. Désolé, ça part loin.
Mais malgré ces limites, cela n’aura pas empêché à un espion chinois de s’introduire dans le groupe, en la personne d’une femme en fauteuil roulant qui n’avait visiblement rien à faire des explications données et qui était pourtant mise systématiquement à la meilleure place pour ne rien rater du ballet incroyable qui se déroulait plus bas. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille c’est le visage de son accompagnateur de mari, qui était celui de Thierry Rolland à qui on aurait rajouté 10 ans de plus qu’au matin de sa mort. Tant qu’à créer des visages d’espions quand ils sont de sortie, autant ne pas copier de gens connus.
On voit bien aux différents stades de la construction ce qui est 100% automatisé de ce qui n’est pas encore 100% automatisable. Il reste encore des choses à faire vraiment à la main (raccordement dans l’habitacle des éléments électroniques qui arrivent en plusieurs pièces par exemple), mais une grande partie de ce qui est manuel est de contrôler par la vue. Sur chaque chaine, les véhicules avancent très très lentement, mais inexorablement. En cas de problème ou de doutes, un ouvrier peut à tout moment demander à un contrôleur de venir l’épauler, en utilisant un bouton “orange”, et un bouton “vert” quand tout sera OK. Le orange va ralentir l’avancement, c’est normal, mais cela a des répercussions rapidement si la situation n’est pas remise en ordre en quelques secondes. Il y a des stats sur toutes les chaînes, en premier lieu le nombre de voitures à sortir à la fin de journée, et le nombre de voitures qui sont déjà sorties. Aujourd’hui il y avait un peu de retard.
La visite était passionnante de bout en bout en faisant alterner des sentiments de ouah c’est fou comment dingue: Le fait que la même chaîne puisse générer indépendamment des voitures avec différents options ou carrément conduite à gauche/conduite à droite. Ou avec les sentiments de ouah dingue comment c’est fou: Le test en cours de remplacement de l’appui sur le bouton orange par l’appui sur un brassard porté par l’opérateur pour gagner, parfois, une hypothétique seconde. Les deux espions n’en auront pas perdu une miette. Enfin, le mari était alors occupé à faire une blague limite sur les portugais.
Une journée très différente et enrichissante. On se dit que, quand même, cadre ou employé, c’est quand même pas mal par rapport à ce que font les ouvriers.
En retournant sur Nagoya, je me dis que tiens, au débotté, pourquoi pas aller voir le château de Nagoya vu que c’est une sorte de fil conducteur (Takamatsu, Himeji, Okayama…) et qu’il a sa petite réputation. Ci après la meilleure photo que j’en ramène parce que l’accès au parc autour ferme à 16:30 et on ne le voit pas bien de l’extérieur, en tout cas côté sud.
Demain le planning est déjà bouclé, il est possible qu’il fasse FROID là où je vais.
Et fun (question about a) fact: Le fondateur de la société Toyota que l’on connait maintenant s’appelait (Kiichiro) Toyoda. Pourquoi ne pas avoir gardé tel quel le nom de la famille?
Au revoir Tottori, et bonjour Nagoya mon nouveau camp de base. Comme d’habitude, je profite de déplacer mon barda virtuel (la valise voyageant de son côté) pour faire une halte sur le chemin. Comme je me suis déjà arrêté à Himeji à l’aller, cette fois ci c’est à Okayama que je vais descendre. Pour immédiatement faire un petit détour par la ville de Kojima.
La ville est connue pour deux choses: Sa rue consacrée aux Jeans. Pas le prénom, la toile dont on fait des futes. Cette rue possède des dizaines de boutiques dans la mouvance de la mode façon garçon vacher. Des marques japonaises connues y sont installées. Le second point notable de la ville, qui m’intéresse, est d’être la première sur l’Ile de Honshû après avoir quitté Shikoku par le rail. On peut voir donc le pont que j’avais emprunté en quittant Takamatsu il y a déjà 4 jours. De revoir la mer intérieure de Seto, mais cette fois depuis le côté nord me fond regretter de ne pas avoir posé mes valises plus longtemps à Shikoku.
Le point d’observation est à une petite heure de marche de la gare. Est-ce parce que nous ce étions dimanche (je suis dimanche, tu es dimanche) mais je ne croisai sur la route pas grand monde, exception faite de marginaux. La Palme revenant à un espèce de moine chauve du dessus mais avec les cheveux blancs et longs tout autour, qui transportait dans chaque mains d’énormes sacs de transparents contenant des canettes grises typique de la marque de bière Asahi. Et qui courrait presque. Ça risquait de faire de la mousse à la dégustation.
Le meilleur endroit pour admirer la mer de Seto, un belvédère en haut d’une colline, attire du monde, en ce dimanche. Il y a du populo sur les parkings. Quelques cars, des voitures de bonnes mères et de bons pères de famille, et des voitures de la jeunesse dorée des environ. Plusieurs dizaines de bolides flamboyants mais à l’arrêt sont l’object d’attention. La plupart des voitures ont des pneus comme je n’en avais jamais vu, inclinées vers l’extérieur avec un angle improbable. Est-ce l’aspect esthétique qui est recherché, ou un quelconque gain de performance dans les virages? En grattant un peu ce sujet que je ne maîtrise pas (mais nul doute que Pierre-Yves si), il s’avère que c’est un peu des deux, et ici cela s’appelle: Onikyan.
Je me retrouve beaucoup plus dans le look vintage en repérant plus loin une AE86 Trueno, voiture du héros de la série Initial D, et emblématique de la scène des afficionadi de voitures au Japon.
Je retourne ensuite â Okayama, grouillante gare, pour aller visiter le jardin de la ville, lui aussi considéré comme l’un des 3 plus beaux du Japon. Rude concurrence.
Devant la station je suis accosté par 3 collégiennes pour répondre à quelques questions. Il y en a l’entreprenante qui mène la discussion, la sage à lunettes qui prends des notes, et une rebelle (elle a des socquettes rouges). J’ai bien appris ma leçon, et me cantonne à leur causer dans la langue de Trump, le but étant quelles pratiquent l’anglais. Il s’agit d’un enquête sur l’achat de billets de train dans les gares et ce qui peut être amélioré. Pour finir je m’excuse auprès d’elle d’avoir la voix complètement éraillée, mais ça semble plutôt les amuser. Et oui, heureusement que l’insonorisation des chambres à Tottori étaient au top. Mes quintes de toux auraient pu faire se soulever l’étage entier, et j’aurai pu terminer la tête emmanchée sur une pique.
Le jardin d’Okayama est vaste, mais très différent de celui de Takamatsu: plutôt que d’offrir plusieurs ambiances différentes, autour d’étang de taille modeste, celui-ci est constitué d’une vaste prairie. Dans le fond, on aperçoit le château d’Okayama. Il est aussi noir que le château d’Himeji était blanc.
En terme de jardins, il n’y a pas photo: Kanazawa > Takamatsu >>> Okayama.
Pas fâché ce soir d’être arrivé à mon hôtel de Nagoya, vers 22h, fourbu comme jamais. Par chance dans le train j’ai pu faire un bon gros brouillon de ce post, que je termine après quelques heures de sommeil.
La ville de Hokuei, dans la préfecture de Tottori, est la ville natale du mangaka Gôshô Aoyama, créateur de la série Meitantei Conan, traduite littéralement en Détective Conan en Europe. Le succès du manga s’exprime par sa longévité: 25 ans et pas loin de 100 volumes. La série tv adaptée a dépassé les 900 épisodes, et des films sortent régulièrement au cinéma. Avec One Piece, Naruto et quelques autres c’est une des très grande locomotives du l’industrie du manga dans le monde. Qui tractent du pèze.
La petite gare de Yura est le point d’entrée principal pour qui veut découvrir la ville où est né le mangaka. Sur les quais, les premiers indices montrent que nous avons bien mis le pied à Conan-Land. Déjà à l’intérieur de la petite gare, Conan est partout, des murs aux plafonds. La gentille cheffe de gare assiste amusée à l’arrivée des visiteurs, systématiquement étonnés. Devant la gare, une première statue et des panneaux avec différents plans de la ville. Avec les différents personnages de Conan évidemment.
Une pluie fine tombe, mais pour un breton, qui plus est équipé d’une capuche, c’est pas un peu d’eau qui va m’empêcher d’aller où c’est que je veux. C’est un musée que je viens visiter ici, consacré au papa de Conan: Le gamf (Gosho Aoyama Manga Factory).
En y allant, je vais croiser de nombreuses petites statues (quand on passe sur le PONT Conan, quand on arrive devant la RUE commerçante Conan), et plaques au sol avant d’atteindre le musée, où les reproductions des couvertures des tomes font un compte à rebours. Il y a des bouches d’égouts à la gloire de la franchise aussi, mais ces bouches d’égouts sont joliment décorées partout ailleurs au Japon.
Le thème du musée est le dessinateur lui-même, et la partie consacrée à son enfance est sympathique, avec quelques uns de ses premiers dessins d’enfants, ou en cosplay de Char Aznable (Gundam) . La première série à succès du mangaka, Yaiba, est quasiment passée sous silence, ce qui est dommage. C’est bien Conan est les différents personnages de sa clique, et les antagonistes qui sont mis à l’honneur. Quelques éléments interactifs ont du succès auprès des enfants, des ados et adultes qui n’ont pas honte, tel qu’un simulateur de Skateboard. 2 heures de visite, en incluant un passage rapide dans les rayons de merchandising, plutôt sages.
En attendant le train qui me ramènera à Tottori, à l’intérieur de la gare, surprise: le thème de la série TV se met à retentir… Annonçant pendant une minute qu’un train décoré Conan arrive sur le quai. Le Japon.
Une visite pas inoubliable, mais sympathique, qui surtout était facile à faire dans ma condition de santé toujours pas top. Je tousse beaucoup et passe mon temps à renifler, c’est très gênant quand il y a d’autres personnes autour. Cela aura vraiment nuit à ces 4 jours dans la région de Tottori. Demain je lève le camp pour aller sur Nagoya, plus à l’est. Avec une halte dans les alentours d’Okayama.
Le beau temps est reviendu sur Tottori, développement adapté pour aller à la plage. Ou plus précisément devant la plage, puisqu’il ne sera pas possible de se baigner. Tottori est célèbre pas tant pour sa plage que pour ses dunes de sable. En effet sans être du même acabit que celles du Pilat du côté de la branche Sud-Ouest de la famille, elles offrent un dépaysement total parmi les paysages typiks du Japon.
N’écoutant que mon courage et ma montre connectée FitBit, je m’y rends à pieds. Sur le chemin, je longe les berges d’un cours d’eau, un type d’endroit que j’aime particulièrement. Ces berges sont souvent représentées dans la production japonaise de manga, drama, anime: Sur le chemin entre l’école et la maison dans plupart des rom-com, comme théâtre d’entrainement dans les titres de sports. Et il se passe toujours quelque chose, dans un cadre mi-ville mi-cambrousse. Et sur un plan que l’on suit, c’est facile de voir à l’avance où va déboucher la rivière ou le canal. Pas la peine de vérifier toutes les dix minutes qu’on est sur le chemin souhaité (et se rendre compte systématiquement qu’a a dévié).
Déception, les dunes ne m’impressionnent pas le moins du monde, au moins par la hauteur. Par contre elles sont étendues et les personnes qui sont de l’autre côté, tout au fond, n’apparaissent que sous la forme de 2 ou 3 pixels perdus sur une image 4K. La ménagerie n’était pas de sortie à ce moment-là, mais on peut trouver parfois des chameaux sur lesquels monter pour se croire dans Lawrence d’Arabie.
Le reste de la journée devait se passer dans la petite ville de Yura, tout à l’honneur du populaire héros Détective Conan, mais après avoir mangé un léger repas léger très léger, je rechigne à faire l’aller-retour en train dans l’après-midi. Je ne suis pas au meilleur de ma forme depuis l’arrivée à Tottori. Une bonne trachéite très pénalisante au Japon (dur de se moucher!). Elle passera peut-être mieux avec les louzous achetés tantôt à la pharmacie, qu’en ne faisant rien. Etonnant d’ailleurs comment les préparatrices/pharmaciennes sont plus réservées que dans d’autre profession à aborder le client étranger qui erre hagard dans les rayons, en comprenant moins que d’habitude ce qu’il a devant lui. Il y a rarement des photos sur les boîtes de médocs. La crainte pour les employées d’avoir du mal à comprendre et de converser si le gaijin avait un souci d’hémorroïdes? Petit soulagement quand je commence à causer dans leur langue, et que je n’ai qu’un problème à la gorge et pas du côté opposé.
Une fin d’après-midi de sieste et une nuit normale font que je suis en forme un peu plus en forme matin. Déjà pour pouvoir poster avec 10h de retard sur l’horaire habituel, ce billet de blog qui ne restera pas dans les annales.
Ah, et les chinois en force, faudra que j’en reparle.
Je repose enfin les pieds sur l’île de Miyajima, 4 ans après ce qui fut une des plus belles journées passées à voyager Japon. Le torii marin, symbole de ce lieu de pèlerinage pour beaucoup, est une des 3 vues les plus célèbres du Japon. Ce n’est pas volé. Immédiatement après avoir acheté beaucoup beaucoup…