Il fait déjà jour, et la brume n’a pas disparue.. La nuit au mont Kôya fut d’un repos tout relatif, mais ça valait le coup de se lever de bon matin pour assister au premier office de la matinée. Nous sommes une trentaine de spectateur dans la salle de méditation, dont une bonne moitié de touristes. Pour bien faire on s’assoit en Seiza, mais difficile de ne pas rapidement avoir très mal et d’attraper des fourmis dans les jambes. Rapidement on se tient tous n’importe comment. Trois moines officient, et psalmodient pendant une demi-heure. À la fin, ils nous autorisent à faire le tour de l’autel bouddhiste.
On nous conduit ensuite dans un bâtiment à l’extérieur de l’enceinte du Ekoin, pour assister au Goma. Pendant qu’un moine utilise un tambour, un autre démarre un feu et tout en le contrôlant le fait monter très haut au milieu de l’autel. Je reconnais là la cérémonie à laquelle j’avais assisté quelques jours plus tôt au Shitennô-ji à Ôsaka!
Quand il n’y a plus de flammes, mais des braises, chacun passe devant le feu pour faire un geste des mains dans les volutes.

En retournant dans ma chambre, le petit déjeuner est servi. Je prends ensuite le temps de regarder les horaires possibles (grace à www.hyperdia.com) pour me rendre à Onomichi, où j’ai fait expédier ma valise hier.
Tous les moines étaient particulièrement prévenant et nullement dérangés par cette curiosité mêlée d’intérêt. C’est à pied que je rejoins à nouveau la gare de Gokurakubashi avec nostalgie. Le chemin est cette fois-ci en descente. On transpire moins mais ça fait plus mal aux genous. Je croise un pékin et une pékinoise.
Je quitte alors la région du Kansai, pour rallier la ville d’Onomichi… Ce qui me fait prendre pas moins de 4 trains et un métro entre 2 gares à Osaka. Ce n’est pas génant: Les trains c’est un des trucs que je préfère au Japon, notamment l’ambiance des micro-gares.
Impossible d’avoir une place dans le Shinkansen dans la planning que je voulais (probablement à cause d’une incompréhension avec l’employé lors de la réservation à Shin-Ôsaka), mais ça ne me retarde pas beaucoup. L’hôtel où je descends dispose d’une vue assez démente vers le sud, mais c’est au prix d’une montée éreintante depuis la gare. Et merci googlemaps pour s’y retrouver dans les ribines. Cette photo est prise à la fenêtre de ma chambre.

Je sors néanmoins rapidement pour rejoindre le point culminant du coin. De l’observatoire du Parc Senkoji, la vue est belle sur la mer de Seto. Il s’agit de la zone délimitée par l’île principale du Japon, Honshû, l’île de Shikoku au sud, et Kyûshû à l’ouest. En particulier vers Shikoku, on voit nombre d’îles de tailles différentes, à travers lesquelles passent plusieurs ponts pour rejoindre Honshû à Shikoku par une autoroute.
À ce que j’ai compris, Onomichi est un lieu des arts très importants: Il y a un musée de la littérature, du cinéma. Un chemin existe parsemé de rochers avec des poèmes gravés dessus (ben oui, pas dedans).
En redescendant à travers un chemin bordé de temple, je rencontre autant de chats en train de bronzer au soleil que d’humains. Et un intrus au milieu des petits bonzes.

Arrivé en bord de mer, je passe par le terminal des ferries pour me renseigner sur les possibilités d’aller sur les différentes îles, et sur le Shimanami Kaido! Il s’agit d’un circuit de 70 km praticable à pied et à vélo, parallèle à la route pour voitures qui rejoint Honshû et Shikoku.
Demain je compte essayer d’en faire en bout, en fonction de l’état de mon pied droit. En effet, mes chaussures achetées à Ôsaka m’ont rapidement fichu une ampoule de compétition. Mais J’ai un plan B sympa si je ne fais la Shimanami Kaido: Retourner à Hiroshima & Miyajima.
J’aurai peut-être dû acheter des tongs.



T’inquiete à vélo les ampoules ne vont pas te déranger 😉