L’ascension du Fujisan

Le départ classique de l’ascension du Mont Fuji  se fait depuis une des 4 stations qui se trouvent aux alentours de 2300m, j’ai opté pour la principale, tout simplement parce que c’est la plus facile d’accès en car depuis Tôkyô.

Débarqué vers midi, on voit un nombre important de groupes prêt à partir. Il est habituel de manger un bout avant de prendre le départ, pour avoir des forces, et pour s’habituer à l’altitude avant l’effort.

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Je prends le départ vers 13h, juste après avoir appelé un refuge parmi les plus en altitude, pour sécuriser une paillasse et un truc à manger. On m’indique qu’il faut environ 5h30 pour rejoindre ce refuge. En ce jeudi, le temps est bouché, on ne voit pas du tout la vallée en contrebas. Par contre vers le sommet c’est dégagé, avec juste des nappes de brumes par moment.

Dès les premiers hectomètres, un groupe de jeunes chantent l’hymne du mont Fuji, que les japonais apprennent petits à l’école. Le ton est donné, et l’ambiance est super décontracté. Ce qui tranche avec l’équipement incroyable, aux couleurs pétantes, dont s’est muni chacun. Je dépareille un peu à côté.

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J’atteins comme annoncé le refuge peu avant 18h, il fait déjà plus sombre. La montée est fatigante. Par endroits il faut s’aider de ses mains pour franchir de gros rochers et garder l’équilibre. Si j’ai des gants, je regrette vite de ne pas avoir acheter un bâton ou deux.

La progression est surtout uniforme: Certains passages sont étroits, et il y a tant de monde qu’on progresse bézu-like, à la queue-leu-leu.

Dans le refuge, nous sommes probablement 80 à 100 personnes, avec diner par petit groupe assis sur le tatami de la salle commune devant des bancs faisant offices de table. Le repas: Curry avec une bonne portion de riz, et un knacki façon Herta. J’ai pour voisins de table Aki qui travaille dans le refuge, et Risa et Satomi deux amies qui font la montée pour la première fois aussi. Risa est d’Hokkaido et n’en revient pas j’ai visité sa terre natale. Dans un mélange peu orthodoxe d’anglais et de japonais on parvient facilement à se comprendre et on se marre bien.

Puis c’est le dodo, car nous allons nous lever à 1h30, afin de faire avant le lever du jour la fin de l’ascension. Nous ne dormons pas dans des bannettes, mais l’un à côté de l’autre. Tout le monde joue un peu des coudes. Autant dire que si on se repose, on ne dors pas.

En me levant vers 22h pour aller aux cagoinces, je vous un peu partout les lueurs des lampes de courageux, ou de retardataires, qui continuent la montée.

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J’atteins le sommet un peu claqué vers 4h, soit 55 minutes avant le lever du soleil, et on se pèle grave les miches en l’attendant. Au loin les nuages ont déjà des couleurs, on voit les lueurs de villes proches, et surtout, quelques centaines de mètres plus bas, le balai des lampes de grimpeurs qui ont moins d’une heure maintenant pour nous rejoindre.

Il y a tellement de monde, qu’il n’y a pas besoin d’une lampe frontale par personne pour voir suffisamment où l’on marche. Ce n’est pas vraiment dangeureux.

10 minutes avant le lever du soleil, les couleurs sont magnifiques, et on distingue déjà la zone des lacs, à l’est, en face de notre point d’observation.

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Quand le soleil arrive, tout le monde est énervé. La fatigue et le froid sont oubliés instantanément. On a droits à des  kawaii! (“mignon”). Mais bon, au Japon un étron peut être kawaii s’il en forme de cochon d’Inde, alors un soleil qui se lève vu à 3776 mètres d’altitude, vous pensez si c’est kawaii.

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Le point rouge qui monte dure quelques minutes… Pendant lesquelles est diffusé l’hymne que chantaient les enfants quelques 12 heures plus tôt. Et oui, parce qu’au sommet il y a quand même quelques boutiques. Et ben le coca en haut du Fuji, s’il est cher, est meilleur marché qu’à Roissy. Mais là c’est surtout le chocolat, le café et le thé chaud qui avaient du succès.

Rapidement, il fait plein jour, et j’en profite pour faire le tour du cratère… ce qui prends tout de même 90 minutes. Par bonheur rapidement la température prends quelques degrés bienvenus.

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C’est plutôt étonnant, de par la couleurs des roches ont se croirait sur la lune, ou sur mars. Ce qui tranche avec le ciel, d’un bleu magnifique.

DSCF2575Le “sommet” officiel, de l’autre côté de notre point à l’est, a du succès. On y trouve à proximité un bureau de poste ouvert pendant l’été, entre 6h et 14h. Mais comparé à mon estimation de 1000 à 1500 personnes qui ont fait l’ascension complète ce matin, il y a peu de gens à rester à sommet

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Bien sûr, tout autour du cratère, on trouve des torii et autels Shintô. J’ai été également impressionné de voir quelques personnes vraiment bien âgées. Quel courage, la montée est pourtant fatigante. J’ai aussi vu l’arrivée au sommet, probablement d’un père et de sa fille, exténués, qui se sont tombés dans les bras l’un autre en franchissant le torii marquant la fin.

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Vers 7h, je prends le chemin du retour. On ne fait pas le trajet aller en sens inverse, un chemin dédié à la redescende à été fait au bulldozer. Littéralement.

Et c’est là le seul point noir de cette ascension: La descente. Ce fut moins fatigant que la montée, mais beaucoup plus stressant: on dérape pas mal, je me suis retrouvé assis à deux reprises sur les grosse fesses. Les occasions de se tordre la cheville sont nombreuses. Et les genoux dégustent. J’ai mis 3h15 pour faire la descente, et j’ai été doublé par beaucoup de monde. Rien que pour la descente, je ne crois pas que je referais l’ascension du Fujisan. Mais c’était un challenge, et je suis heureux de l’avoir accompli.

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Et par chance, un car avec de la place repartait pour Shinjuku à peine 15 minutes plus tard, j’ai donc déjà pu somnoler pas loin de 2h30 avant de finir le trajet en train et rejoindre Ueno et mon hôtel. Où je m’apprête après une douche et la rédaction de ce billet à entrer en sommeil pendant au moins 10 bonnes heures. Oyasumi nasai.

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9 Responses to L’ascension du Fujisan

  1. Bravo Fred 🙂 Repose toi bien

  2. Et ben bravo et merci pour le reportage 😀
    Je ne voyais pas du tout le sommet comme ça, en effet on dirait une autre planète.

  3. Superbe expérience, bravo Fred

  4. Je le ferais bien à vélo tiens 🙂

  5. emv's avatar emv says:

    super, mais il nous manque une photo de toi!

  6. Frédéric's avatar gidouin says:

    Mathias, Vincent, Pascal, Bruno: merci
    Steven: ça ne m’étonne pas de toi! je n’ai vu aucun vélo faire la montée après la route menant à la 5e station, mais on peut: http://www.mountainbikebill.com/J-MtFuji.htm
    Éric: https://fredinjapan.wordpress.com/?attachment_id=167833927

  7. Fañch's avatar Fañch says:

    Bienvenue au club des grimpeurs de volcans, Fred !! 🙂

  8. Luc's avatar Luc says:

    Merci pour ce reportage, vraiment enrichissant !

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