Shikoku première

Première étape de ce voyage, Takamatsu.

Ta-Ka-Ma-Tsu. On peut mélanger dans tous les sens ces 4 syllabes, ça donne toujours quelque chose qui sonne comme une ville japonaise. Comme pour la plupart des villes du pays en fait. Donc c’est pas tellement intéressant. Ça commence bien.

Première nuit à l’hôtel WeBase très calme. Pas un bruit même, à se demander si il y a d’autres occupants ou si tout le monde marche sur la pointe des pieds, sur la moquette. L’hôtel est très vaste, et accueille d’autant plus de monde qu’il y a de grands dortoirs façon auberge de jeunesse. L’hôtel possède sa mascotte, un chat. et il y en a une reproduction dans chaque chambre, sur un mûr, comme pour accueillir le voyageur qui rentre le soir tantôt fourbu, tantôt ivre, tantôt ni ivre ni fourbu mais 100% normal. J’ai toujours rêvé d’avoir un chat que j’aurai appelé “le chien”. Et là, ce chat sur le mûr je me demandais comment j’allais pouvoir l’appeler. Finalement je lui ai pas donné de nom, puisque quoi je l’appelle il risque pas de venir, il est peint sur un mûr.

Pour la première sortie, je décide de faire assez simple et de ne pas aller loin, juste un peu au Nord-Est de la ville pour voir 2 temples bouddhistes, chacun sur sa colline à lui. Il y a donc deux (Phil) collines. Luc, c’est pour toi.

Premier train de la compagnie nationale JR pour Yashima, puis un petit bus dans lequel je voyage tout seul, outre la conductrice, pour  Yashima-ji, le temple bouddhiste numéro #84. Outre ce n’est pas le nom de la conductrice. C’est encore pour toi Luc.

 

En arrivant sur le site de bon matin, j’ai aperçu moult cars de sortie scolaire, reconnaissables à des files d’écoliers qui en sortaient. Habillés tous, filles et garçons, avec la même tenue aux couleurs de l’école: casquette, jogging, veste de sport, gourde en bandoulière, sac à dos contenant le casse-croûte du midi et le porte-monnaie avec le bifton de 1000 yens que la maman aura donné pour acheter un souvenir de rigueur avant de remonter dans le car.

La vue au sommet de la colline donne sur la mer intérieur de Japon, coincée entre les îles d’Honshû, Kyûshû et Shikoku. Le ciel très bas et menaçant.

IMGP0185Sur l’esplanade qui surplombe la mer au Nord, un écolier particulièrement agité se mets à jeter des petits cailloux ou des bouts de terre par dessus la barrière le séparant de la végétation sauvage qui descend vers la mer (avec peut-être un chemin dessous). Un accompagnant lui cries dessus. Le garçonnet influençable avait peut-être vu un reportage sur Kerangoff à la télé.

Evidemment peu de temps après la descente, le soleil disperse, comme Raoul Volvoni, les nuages façon puzzle. Sous ces conditions 2.0, je redécouvre de nouvelles choses dans l’enceinte du temple.

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On voit ainsi mieux les détails de deux statues de blaireaux qui m’ont immédiatement fait penser à Jean-Paul et David du boulot. J’espère qu’ils comprendront. Sinon je suis mal, l’un peut tuer un homme à 20 mètres avec son attaque acoustique secrète et l’autre est l’autre est le responsable hiérarchique du responsable hiérarchique de mon chef.

Via le même bus que tantôt, mais dans le sens inverse (sinon ça se peut pas), je rejoins le Shikoku Mura, sis dans un bois dense. C’est un musée à l’air libre, exposant les particularités de l’architecture des bâtiments de Shikoku dans l’histoire. Les chemins montent et descendent, mais surtout montent. Les bâtiments ont été déplacés ou reconstruits à l’identique, mais ce sont surtout les intérieurs qui m’impressionnent.

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Ensuite, je repars prendre un train cette fois ne marchant, mais dans une gare de la modeste compagnie locale Kotoden. Le forfait ferroviaire “All Shikoku” que j’ai acquis couvre la compagnie nationale JR et la Kotoden, c’est Toubon. Je me rends à quelques kilomètres, à Yakuri, pour aller voir le Yakuri-ji, le temple bouddhiste numéro #85.

NANI!? Le premier temple de la journée était le #84 et maintenant on parle de #85… Sur l’île de Shikoku de nombreux temples bouddhistes ont un numéro car ils font partie d’un pèlerinage (Henro) consistant à visiter les 88 temples du parcours. Pour les bouddhistes japonais c’est du même ordre que le chemin de Compostelle. On les reconnait habillés de leur tenue blanche et d’un “chapeau chinois”.

Comme tout à l’heure ça monte, ce qui ne serait pas bien grave en bus, mais je monte en chaussures là. Un funiculaire évite de faire la totalité du trajet dans la souffrance. J’y suis l’unique passager, pour deux employés de la compagnie dans la cabine. Pendant les 3 ou 4 minutes de l’ascension, après le laïus de sécurité du début et avant le laïus de sécurité de la fin, c’est une bande audio qui est diffusée, avec un son d’un autre âge. Cela ressemble à de l’Enka mais je ne comprends aucun mot qui pourrait m’aider à retrouver le titre après, parce que c’est formidablement bizarre. Je demande le titre à la fin, qu’on me donne comme: “i-ro-ha”. Une recherche pointe sur une chanson de Vocaloid, mais c’est aussi (d’abord) un célèbre poème.

Le Yakuri-ji est plus petit que le premier temple, mais j’y croise plus de pèlerins que pendant le reste de la journée. Mais pas un petit écolier.

 

A la fin du parcours, en arrivant sur un belvédère qui donne une vue différente sur les abords de Takamatsu, on trouve une statue de Kûkai a.k.a. Kôbô Daishi. Le bougre bénéficie d’une vue pas vilaine pour ses vieux jours. Et l’éternité c’est long, surtout vers la fin.

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Content de la première journée, je suis rentré tôt ce soir, au menu diverses denrées achetées dans un combini et grignotées en rédigeant ce billet qui me semble plus long que d’accoutumée.

Mais du coup je n’ai pas encore croisé mes premiers salarymen bourrés.

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1 Response to Shikoku première

  1. Luc's avatar Luc says:

    KO-MAT-SU c’est une marque de tractopelles mais ça ne va pas t’aider des masses, mon japonnais est assez limité…

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