Retour au mont Takao

Le mont Takao, que j’avais eu l’occasion de visiter en 2013 alors que j’étais dans de plus tendres et belles années (42 ans!), m’avais laissé le souvenir d’une sortie nature sympa et facile d’accès. Aussi, pour alterner avec notre dernière journée en ville, quoi de mieux que de filer à la montagne, à 1 heure de train environ de Shinjuku. Montagne est un bien grand mot, ça taquine juste les 600m.

Par excès de confiance, je n’avais pas trop regardé les petits détails de l’organisation pour arriver au pied du mont: En effet, le train JR provenant de la capitale, ne va pas au plus près. Il faut alors passer par dessus les voies pour rejoindre la gare d’une compagnie privée, Keio, qui a sa propre ligne qui se rapproche un peu plus encore, jusqu’à la jolie gare Takaosanguchi (“la bouche du mont Takao”). Comme il y a 10 ans, en allant chercher un plan des différents sentiers dans le centre d’accueil aux visiteurs, quelqu’un vient immédiatement nous abreuver d’informations in english sur les options. La première fois, j’avais opté pour un vrai chemin de randonnée (combo terre, racine, caillasse), là nous optons pour un chemin pavé, avec même option “remontée mécanique” pour gagner la moitié de la dénivellation en mode cheat.

Avant de commencer l’ascension, nous nous arrêtons manger quelque chose: des fritures (poulets patates) pour Laszlo, un modeste burger poulet wasabi pour le tonton. On se pose bien en terrace, sous des brumisateurs, à regarder une intervention d’électriciens sur un pylône proche. On s’est mis têtes nues pour profiter au mieux de l’éphémère fraîcheur, comme le font les laitues. On prie juste pour que le courant qui alimente ces brumisateurs ne saute pas.

Nous prenons nos allers simples pour la remontée mécanique, délaissant l’option cable car également disponible, et passons devant des consignes. Je propose à Laszlo qui se plaignait de son sac de l’y déposer. En mode yolo-je-réfléchirai-demain il dépose l’entièreté de son barda (sac à dos, banane, porte-monnaie, gourde…). J’ai cru un instant qu’il avait même laissé le ticket dont il aurait besoin 2 minutes plus tard. Mais il se rend compte aussi qu’il n’a plus sa casquette: Est-elle dans le casier? Je suis persuadé qu’il a oublié de la reprendre après notre repas, et l’assure que personne ne l’aura prise, et qu’elle sera encore soit au même endroit, soit mise de côté à son attention.

La montée auto n’est pas grisante de vitesse, mais je suis surpris par la vétusté de l’installation et l’apparente manque de sécurité. On n’est jamais très en hauteur sans un filet en dessous, mais aucune barre ne vient nous empêcher de basculer en avant.

Petit arrêt pour voir un enclos de singe-aux-culs-rouges, des fleurs et des araignées. Très dispensable. Mais si l’odeur de popot c’est votre kink, personne ne vous juge, foncez!

On se pose ensuite quelques minutes le temps de manger des dangos au miso, enfin, surtout moi, Lazlo n’aimant vraiment pas (je m’y attendais). Peut-être encore traumatisé du parc aux singes et de ses relents excréments désagréables.

Le temple bouddhiste Yakuo-in se trouve une vingtaine de minutes avant le sommet, avec des représentations de Tengus assez chouette. Et plusieurs niveaux de badasseries.

celui-ci est assez sérieux, déjà il tient une arme qui ressemble à quelque chose
Mais alors là, Luigi-tengu avec sa clé de 12, je comprends pas

Pour parvenir au sommet, on subit plusieurs escaliers, qui me font regretter mes 42 ans et 20 kg de moins (ça fonctionne aussi avec mes 20 ans et 42 kg de moins).

Il est environ 16:00, et le mont Fuji sera resté insaisissable à nos yeux.

La descente non mécanisée est interminable. La forte pente fait travailler plus que de raison les genoux, chaque pas faisant claquer en rythme les rotules qui résistent finalement jusqu’en bas, au moins encore pour cette fois. Laszlo lui court devant et m’attends plusieurs minutes à chaque fois que je le rattrape.

Alors que nous sommes en vue de l’échoppe où nous avions mangé, la jeune fille qui nous avait servi, accours en criant “bôshi!!”. Evidemment qu’elle avait trouvé la casquette après notre départ, et l’avais soigneusement mise de côté, j’imagine sous un post-it “kakkoii gaijin no”.
Le gros plus du service à la japonaise, il est probable qu’elle guettait scrupuleusement notre retour de randonnée depuis un moment.

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2 Responses to Retour au mont Takao

  1. guiguiabloc's avatar guiguiabloc says:

    Rhaa mais ils n’avaient pas de “luigi-tengu avec sa clé de 12” en petite statuette ?
    Je suis certain que sur le tableau de bord de Greg cela aurait eu une classe folle 😀

  2. Marc's avatar Marc says:

    Toujours un plaisir de lire tes aventures au Japon Fred. Profitez bien du séjour !

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