Matsuyama

Matsuyama est la plus grande ville de Shikoku, au nord-ouest de l’île, et je m’y rends de bon matin pour y passer 24 heures. C’est la première fois que je viens, et décide donc d’en voir les incontournables.

Pour la première fois avec le JR Pass, j’expérimente la réservation de place à une borne automatique, plutôt que de passer par un guichet. Depuis que le pass a pris la forme d’un simple billet c’est possible, en scannant un QR Code, et en tapant son numéro de passeport. On a ensuite accès à une recherche de trajet, horaires, sélection de train et enfin sélection de places. Et contrairement à ce que je pensais, ça fonctionne pour les groupes. Il suffit que chacun scanne son pass pour ensuite choisir plusieurs places côte-à-côte. J’aurai donc pu utiliser ce système l’année dernière même en duo.

Pas grand monde dans le wagon du train qui m’amène à Matsuyama. Les quelques voyageurs sont tous placés sur la droite, côté mer intérieure, que l’on longe parfois. A un moment sur le parcours monte un troupeau d’une douzaines d’américains, en groupe, qui s’installent sur la gauche. Le calme voluptueux jusqu’alors est rompu par des conversations diverses à voix hautes et interpellations du genre “Eh, Jean-Mi’, c’est toi qu’a les sandwiches?” “Nan c’est Louis qui a le tupperware”. Heureusement une fois les iPads sortis, ça joue à clash of crushes et Candy clans dans le calme.

Mais c’était un signal: Matsuyama est une ville sacrément touristique! Bien plus que Takamatsu où en 3 jours je n’ai croisés que quelques occidentaux.

Je commence par aller vers le château de la ville, en passant par son parc. Petit détour par le Ninomaru, jardin historique du seigneur. J’en retiens le son du goûte-à-goûte de l’eau que l’on peut entendre en mettant son oreille à un tube de bambou, particulièrement harmonieux. Tous les sens sont en éveil, enfin surtout Louis (celui qui a le tupperware).

Il faut ensuite monter, car qui dit château dit que c’est en hauteur. Il manque malheureusement deux semaines encore avant que tous les beaux cerisiers sur l’esplanade menant au château ne se mettent en fleur. Mais je ne vais quand même pas les rajouter avec Stable Diffusion.

L’extérieur du château n’est pas aussi grandiose que celui d’Himeji évidemment, par contre l’intérieur est truffé d’objets exposés et de dioramas. On passe par des escaliers aussi exigus que pentus. On en voit un exemple sur la photo du milieu, qui descends 2 étages d’un coup. On y voit aussi un bout des magnifiques pantoufles vertes que l’on porte pendant la visite (c’est précisé qu’on est pas obligé quand même, sinon il y en a qui ont du faire demi-tour).

Une des fiertés de la ville tourne autour de Natsume Sôseki. L’écrivain n’est pas né ici, mais y a séjourné et un de ses romans les plus célèbres, Botchan, s’y déroule. En descendant du château je croise une statue des deux personnages principaux (donc Botchan). Et plus loin vers le parc Dogo, une horloge qui toutes les 30 minutes fait une petite musique en faisant sortir des figurines du roman. Voilà qui me rappelle le coucou de la cuisine de Mamie et Dédé.

Le quartier est célèbre pour ses Onsens, dont le Dogo Onsen qui se targue(.gz) d’être le plus vieux du Japon. Une galerie commerçante sympa commence au terminus du tram. Notamment un magasin extra avec plein d’articles de toilettes magnifiques, du mouchoir à la grande serviette. Assez incroyable, on peut LOUER la serviette avec le motif de son choix pour l’utiliser dans le onsen d’à-côté.

Le parc Dogo tout proche est couvert de pins. Une partie est principalement dédiée aux promeneurs avec des chiens, certains trottinent, sans aller jusqu’à l’agility (mot que m’avait appris ma collègue Annaïg). Les promeneurs sont surtout des promeneuses. Je soupçonne les quelques garçons de s’être contenté d’emprunter un chien à quelqu’un pour s’infiltrer sur ce terrain riche en drague potentielle.

A côté encore se trouve un sanctuaire shintô Isaniwa. Il faut encore grimper des marches.

La dernière visite est consacrée au temple Ishiteji, dossard #51 du pèlerinage de Shikoku. Je me fais violence car j’ai beaucoup marché ces derniers jours mais il en mérite la peine.

Le temple est hérigé en l’honneur de Kûkai (Kobo Daishi) himself, Je tombe des nues en voyant au loin sur une colline derrière une immense statue non pas de San Ku Kai mais de Kûkai-san. Trop éloignée pour bien rendre en photo, on peut la voir ICI.

J’ai rarement eu autant l’impression d’être dans un vieux temple. Où est-ce un problème d’entretien? Mais il y a des tonnes de trucs à voir, avec comme hier (mais c’était pour un sanctuaire shintô) dans ce foisonnement une impression de fan service.

Mais quand même, le clou pour moi fut le tableau ci-après, qui m’a immédiatement fait avoir une pensée pour ma chère tata Thérèse.

Avec, d’après ma montre, plus de 20km de marche au compteur, je repars en tramway du côté de la gare pour récupérer mon sac en consigne puis rejoindre l’hôtel, où j’ai bien hâte de prendre une douche et d’appliquer un peu de pommade là où ça fait mal.

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3 Responses to Matsuyama

  1. Luc Troadec's avatar Luc Troadec says:

    T’as un super temps ! L’anneau en granit est impressionnant. toujours aussi intéressant de découvrir ces paysages ! Merci

    • Frédéric's avatar Frédéric says:

      Oui, encore aujourd’hui temps super pour prendre le bateau à Yawatahama. Ça va se dégrader un peu les jours à venir mais je vais pas me plaindre

  2. Louis L.'s avatar Louis L. says:

    super les photos de tes visites, et tres bon le tar.gz!

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