Averses sur Hiroshima

Plutôt épargnés jusqu’alors par le tsuyu, cette période à la météo très instable, avec des orages et des averses abondantes et soudaines, voilà que ce phénomène se rappelle à nous. Nous eussions préféré qu’il nous oubliât.

La journée avait plutôt bien commencée, avec notre trajet pour Hiroshima, avec un court segment en Shinkansen. Après 30 minutes de train local supplémentaire, on enchaine avec le bateau pour Miyajima, inon à la nage, sans palmes ça prend des plombes.

Il n’y a pas foule comparé à Août ou Octobre. Nous faisons la zone autour du sanctuaire d’Itsukushima et prenons un casse-croûte à l’écart des gens et des daims opportunistes, chapardeurs et gouelles.

Le projet du jour était de monter en haut du mont Misen à environ 535m pour dominer cette partie de la mer de Seto, comme en 2011 et en 2015, où j’avais trouvé cela difficile, malgré 10 ans et 20 kilos de moins. Première déconvenue, les télécabines sont à l’arrêt pour cause d’entretien, comme une vulgaire cabine pour les Capucins, et le service ne reprends qu’après-demain.

On envisageage un moment de s’en passer et de faire l”équivalent à pids mais cela fait d’environ 3h30 d’ascension, et nous n’avons pas suffisamment d’eau. Nous croisons deux gaillards au bout de leur vie en train de redescendre qui nous confirment qu’il y bien des distributeurs mais tout en haut et qu’il n’y a plus rien hormis les trucs bizarres (ça implique Qoo, soupe de maïs, etc.). Nous n’avons de toutes façons pas l’occasion d’hésiter trop longtemps, un orage est en train d’arriver et le temps de rallier le port qu’il pleut déjà. Merci AccuWeather, dont je suis devenu adepte grâce à ma nièce.

Avec quelques accalmies passagères sournoises, ce sont des trombes qui s’abattent sur Hiroshima. C’est toujours mieux que des bombes. Notre après-midi ayant été pourrie par le temps, je m’offre un petit plaisir perso, une soirée sushi, qu’Emma bien que non fan du genre, accepte d’essayer. Je choisis une chaine de Kaiten Sushi, d’une part parce que je sais qu’on y trouve pour elle une offre alternative en plats d’accompagnements, d’autre part car c’est une expérience amusante. Une nouvelle case de cochée après le karaoké.

C’est incroyable à quel point est poussé loin le processus d’automatisation à présent. Premier contact quand on arrive: une borne pour enregistrer notre intention de manger là: nombre des convives, préférence de placement (tabouret au comptoir ou table de 4 et plus). La machine nous sort un ticket numéroté, et il faut attendre d’être appelé… Quand notre numéro apparait sur un écran (et crié par une voix robotique dont le volume va jusqu’à 11 on se rend à une autre borne, pour y récupérer le ticket final, orné d’un beau QR code et de notre positionnement dans la salle. Là c’est conventionnel, on trouve des baguettes, des verres, un robinet d’eau chaude, de la poudre de thé (0.01% Matcha, 9.99% de fanes de radis et d’épluchures de concombre pour le goût herbacé et la couleur, coupé à 90% de talc sinon c’est trop de la strong), des lamelles de gingembre, etc.). Pour l’eau il faut aller la remplir soi-même ou commander un jus de mandarine ou de melon à 200 yens, coupé aux glaçons. Sinon c’est trop de la strong.

Toutes les commandes se font bien entendu au moyen d’une tablette. Ce que l’on commande arrive directement dans l’ordre de disponibilité, devant nous, sur une coupelle propulsée sur un tapis roulant dédié aux livraisons rapides. Un autre tapis présente différents sushis que l’on regarde passer et éventuellement que l’on prends car on se dit que “tiens, ce sushi de congre ne passe que depuis 60 minutes, il n’est peut-être pas encore faisandé, je tente le coup”. On laisse tomber dans une trape les coupelles vides, toutes les 5 coupelles on a un tirage au sort pour gagner… un sushi gratos. Pas con, quand tu as 4 coupelles il est difficile de lutter. On se croirait dans un gatcha. Les seules personnes que l’on croise sans jamais avoir à leur adresser la parole sont les collaborateursemployés qui passent débarrasser et nettoyer la table pour les prochains clients. A l’issue du repas on demande l’addition sur la tablette et on va scanner son code barre sur une dernière borne pour régler en toute autonomie. Les sushis étaient meilleurs à Kanazawa, ils étaient préparé par des gens que l’on voyait.

Il n’y a aucune raison que dans ce genre de chaîne, le personnel de cuisine et en salle ne soit pas remplacés un jour par des robots.. Ce billet s’achève sur une sale note, mais il n’y a pas que beau et du ‘youpi c’est beau la vie” dans la vie, comme on le verra demain.

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2 Responses to Averses sur Hiroshima

  1. bertrand's avatar bertrand says:

    D’après la description du fonctionnement les sushis c était chez Zura?
    Très bonne recette de la poudre de thé 😆

  2. Will's avatar Will says:

    C’est beau Miyajima quand même, un sacrifice cette année ce sera pour le voyage suivant.

    Un gachapon bouffe, je pense que je resterai devant un moment.

    Enjoy.

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