Meiji et Shiroyama

Deuxième calme journée à Kagoshima. J’apprécie de commencer ce voyage de façon posée, de prendre mon temps. La nuit n’ayant pas été bien réparatrice, ça m’arrange: J’ai passé toute la nuit à attendre jusqu’au matin, à plumer au poker des insomnies mon ange gardien.

Je prends, comme d’habitude un petit-déjeuner pantagruélique, avant de passer à la gare routière prendre des horaires pour demain. La gare ferroviaire est derrière, au second étage d’un grand magasin (un classique ici), coincé entre deux autres grands magasins, l’un d’eux arborant un bon gros Pikachu (pour Erell), et surmonté d’une grande roue. Sur un parvis, une douzaine de stands avec chacun 2 ou 3 représentants de compagnies de transport (aérien, bateau, fer…). J’ignore le but, juste distribuer des goodies ou faire du recrutement? Pour le train, pas besoin. Je pense qu’en France nombre de petits garçons rêvent d’être dans l’ordre: Influenceur, Pompier ou Astronaute. Au Japon c’est certainement Conducteur de train, Contrôleur de Train, Influenceur.

Le matin est consacré au Musée de la restauration Meiji, un sujet d’Histoire qui m’a toujours intéressé. Il s’agit d’une période au 19ème siècle riche en changements: Fin du shogunat et de la période appelée “Edo”, la ville d’Edo est renommée Tôkyô, Tôkyô devient la capitale à la place de Kyôto. La société japonaise est transformée radicalement, sous l’impulsion de l’empereur Meiji: Sortie de l’isolationnisme, industrialisation, grandes infrastructures. La hiérarchie sociale est remise à plat (il y avait une sorte de système de caste non officiel avant).

Et bien tout cela sera plutôt absent de ce musée, qui observe la période à travers le prisme régional: Vu de Satsuma, l’ancien nom de la zone correspondant à peu près à la préfecture actuelle de Kagoshima. Et aux travers de figures locales tels que le clan Shimazu, découvert hier, et Saigo Takamori.

Je retiendrai surtout les 2 expériences se déroulant dans un petit amphi, avec narration, projection d’images, de vidéos, d’effets sonores, et apparitions d’animatroniques sortant du sol. Je me suis découvert une fascination morbide pour ce procédé que je n’avais encore jamais vu.

Encore chamboulé par le souvenir de ces automates dérangeants, j’entreprends d’aller à pied au parc Shiroyama. Je passe le long d’un terrain avec un marché aux puces où se côtoient punks à chien altermondialistes et mamies du quartier.

L’essentiel de Kagoshima est plat et on y croise énormément de vélos, en cela la ville fait penser à Takamatsu. Il y a moins de vélos et moins de plat à l’approche de Shiroyama, qui veut dire montagne du chateau. C’est juste une petite colline, mais il y a des marches. Et c’est dûr.

En rentrant d’un voyage au Japon, je me dis à chaque fois que pour le prochain il faut que je sois plus affuté, que je fasse de l’exercice, que je mange mieux. Caramba, encore raté!

Le chemin se termine sur un parking, avec des cars de chinois et des cars de comités d’entreprise. J’entends une rabatteuse lancer des “ramen wa ikaga desu ka” (en français: wesh frère, t’es chaud pour un ramen?). Donc pour ce midi (enfin, plutôt 15h) c’est ramen.

L’objectif de cette montée était de rejoindre l’observatoire du parc, dominant la ville, en face de Sakurajima.

Cette belle vue précédée d’un copieux ramen m’a boosté, c’est incroyable comme je suis devenu plus fort: Je mets dix fois moins de temps à descendre qu’à monter la même distance. La fin de l’après-midi sera consacré à du lèche-vitrine, figurativement.

Et pour le soir, un plat local, le Keihan que j’ai découvert hier au petit-déjeuner, par un stand où on peut s’en préparer soit-même. Du riz dans un bol avec dessus poulet, oeuf, champignons noirs, brunoise de papaye et d’autres fruits et légumes, le tout dans un bouillon de poulet.

Le “tu mourras moins con” du jour, appris au musée Meiji: Dans le dialecte de Satsuma, “une grosse patate douce” se dit “wazze futoka kaimo”. Ça a beau être local, pas sûr d’être compris en disant ça dans le 7-Eleven du coin.

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

3 Responses to Meiji et Shiroyama

  1. Will's avatar Will says:

    Le Keihan, c’est typiquement le plat japonais improbable je trouve pour lesquels ils sont hyper forts à se dire “Nan t’inquiète Oni chan, c’est trop oishii”. Des trucs qu’on aurait jamais mélangés ensemble et qu’au final tu te dis “Ouais il a raison Sempai”

    • Frédéric's avatar Frédéric says:

      Exact, de prime abord je me disais “mmmh oui maiz non” mais tant qu’à être là c’est dommage de se contenter de ce qu’on aime déjà.
      Et puis au fil des jours j’apprends à mieux doser la quantité de bouillon versé dessus. Le premier jour c’était de la soupe, pas facile à consommer, le second jour c’était trop sec, là j’arrive à quelque chose à la tenue proche du resto

      • Will's avatar Will says:

        J’ai eu un truc comme ça pour le petit déjeuner à Osaka et j’ai fait les mêmes erreurs 😀

Leave a reply to Frédéric Cancel reply