Ibusuki

Je monte ce matin dans le premier “Tamatebako” du jour, un train touristique qui va à Ibusuki une ville côtière plus au sud.

Ce train-concept est basé sur la légende populaire de Tarô Urashima, originaire paraît-il de la région. Cette histoire folklorique narre le destin d un garçon qui après avoir sauvé une tortue, est emmenée par elle dans un palais au fond de la mer. Là, une princesse lui offre une boîte qu’il ne doit jamais ouvrir. À son retour plus tard dans le monde extérieur, Tarô réalise que tout a changé et que les gens qu’il connaissait ont tous disparus (Jean-Pierre Mader, si tu nous écoutes). En effet 300 ans se sont écoulés. Y-a quoi dans la boîte? What’s in the box… what’s in the box? La réponse tout de suite mais d’abord utilisez le code NordVPN et Holy, mettez un pouce bleu, abonnez vous, partagez à vos amis, vos parents, les mecs que vous rencontrez dans la rue, ceux qui vous doivent du fric, et n’oubliez pas d activer la petite cloche pour avoir les notifs parce que l’algo de youtube ouin-ouin c’est du caca re-ouin-ouin même s’ils me font vivre.
Maintenant que l’influenceur Youtube est sorti de mon corps, ce qui m’a fait bizarre: A la fin, de désespoir, Tarô ouvre la boîte. Il en sort une fumée blanche, symbolisant les années passées. Tarô se retrouve vieilli d’un coup, avec les cheveux blancs et noirs.

Il y a plein de versions différentes de l’histoire. Pour moi la morale, c’est que les tortues faut pas les sauver, et qu’il faut directement faire un high kick à une princesse sous-marine qui veut t’offrir un objet mystérieux.

La boîte mysérieuse est d’ailleurs la Tamatebako, qui donne son nom au train. Sa décoration extérieure est asymétrique, d’un côté noire de l’autre blanc, comme les cheveux du héros malheureux. L’intérieur est tout en bois, chaleureux, avec un coin bibliothèque. De la fumée blanche s’échappe du haut quand il s’arrête à quai, comme à l’ouverture de la boîte. Et sur le quai, quand le train s’élance, une demi-douzaine de collaborateurs d’employés de la compagnie JR nous souhaitent bon voyage en agitant de petits éventails avec des Târo dessus. Trop choupinou.

Ceux qui ont la chance d’être du bon coté, ne sont pas sur des sièges orientés dans le sens de la marche (ou de la roule) du train, mais tourné vers la mer.

Il y avait le neko-bus dans Totoro, là c’est le Taro-densha. Ça doit être le kif de bosser sur cette ligne, tout le monde est à la fête, c’est joyeux. Il y a partout des dessins, des livres, des objets en rapport avec le conte. Il est possible à l’avance de commander un bentô spécial, et il y a un coin où on vends nourriture, café et souvenirs. Beaucoup de voyageurs achètent et consomment de petits pots de crème brulée bicolore blanc-noir, la spécialité. On devine que c’est ancré profondément et que ça touche tout le monde au Japon, comme les contes de Pierrot chez nous.

Le train a en plus le mérite d’être rapide car direct, le retour le soir se fera par le train normal s’arrêtant à toutes les gares, parfois plusieurs minutes. Il n’y a qu’une seule voix sur les lignes de chemin de fer au sud de Kagoshima,

Je demande dans la gare d’Ibusuki à un volontaire accueillant les visiteurs si le musée Satsuma Denshokan de la ville est ouvert. En effet, nous sommes lundi et qui plus c’est journée nationale du travail. Le musée n’est pas fermé pour si peu.

Mais avant de visiter ce musée, une autre activité. Cela faisait longtemps que je voulais venir à Ibusuki, célèbre pour les onsens façon thalasso, avec des bains de sable chaud. Je choisis l’établissement le plus grand, mais de petits hôtels sur la côte offrent le même service. On revêt un yukata, en étant nu en dessous (attention le vent) et on s’allonge dans le sable noir. Là un collaborateur salarié du onsen, équipé d’une pelle et de son savoir-faire, nous recouvre jusqu’au cou de sable à plus de 50°. Merci la géo-thermie, énergie propre et renouvelable. Le poids du sable est impressionnant, davantage que la température.

Je reste moins de 15 minutes tel une paupiette en papillote. Dès le début, je sens le sang pulser dans mes doigts et surtout mes pieds, au rythme des battements de mon coeur. A l’issue de la séance, c’est un classique bain chaud public qui m’attends, après une douche pour enlever tout le sable collant.

Bien relax, je vais ensuite au musée privé Satsuma Denshokan complètement à l’écart du reste de la ville. C’est un bâtiment très claaasse, relié à un hôtel/auberge japonais qui semble luxueux et claaaase aussi.

Le musée dévoile des objets en porcelaine dont d’énormes vases antiques de cette région de Kyûshû (Satsuma) ou en provenance de Chine, période Ming et Qing. L’anedote tu-mourras-moins-con du jour: Au 15e siècle en Chine, alors que la représentation de dragons était en vogue sur les objets, une loi fut instaurée, interdisant sous peine de mort de faire apparaître des dragons avec plus de 4 griffes aux pattes. Les dragons à 5 griffes étant réservés au seul empereur. Les aristocrates n’avaient donc droit qu’à 4 griffes sur les pattes de leurs dragons. Les gens normaux n’étaient pas trop concernée, ça devait coûter un smic de l’époque. On raconte que des petits malins ont tenté de contourner la loi. “Mais non monsieur l’agent, c’est pas un dragon à 5 griffes qui est dessiné, c’est une créature mythique certes proche du dragon, mais radicalement différente, ça s’appelle un Kon”. Hop! perché!

Avec l’onéreux billet d’entrée au musée, ou nous donnait un ticket à échanger contre un café. Technique commerciale de génie: Le café, très bon au (Nicolas) demeurant, est disponible sur une machine en self-service… située dans la boutique du musée!! Là sont en vente des objets dont certains dépassent les 1,500,000 yens. Peut-être une autre fois. La gueule du passage à la douane “vous ramenez plus de 430€ d’achats?”.

Je retiens aussi de ce musée des toilettes premium, dont la télécommande est pourvue de 15 boutons, dont 2 analogiques. C’est pas le record, j’avais déjà vu 17 boutons, mais c’était le tout dernier modèle d’exposition, au show-room de Toto, dans le musée des cagoinces.

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

2 Responses to Ibusuki

  1. guiguiabloc's avatar guiguiabloc says:

    En grande forme pour ce billet Fred 😀 :D:D

  2. Will's avatar Will says:

    Le train est tellement classe. Le musée privé aussi, j’aime beaucoup le bâtiment.

    Sympa la légende, on dirait Mario qui cherche sa princesse dans un autre château.

Leave a reply to Will Cancel reply