Hier je me suis rendu pour la première à Ginza. C’est une sorte de Shibuya moins bouillonnant, pour les vieux (25 ans et plus). Et c’est à peu près tout, une journée extrêmement calme.
Ce matin je prévoyais de visiter Sagamiko, ville un peu plus loin que le Mont Takao, puis faire dans l’après-midi son ascension. C’était sans compter sur de gros retards et des annulations de trains sur la ligne Chûô, directe depuis la gare de Tokyo jusqu’à Sagamiko. D’après Navitime, l’application que j’utilise pour savoir quels trains prendre, il y a des inspections sur les voies, qui commencent côté capitale pour progresser vers l’ouest… le sens qui m’intéresse . Je change mes plans pour commencer par Takao, car on peut s’y rendre avec une autre compagnie, il faut juste d’abord aller à Shinjuku. Que de temps perdu.
De retour donc au mont Takao, pour la 5 ou 6eme fois. La descente étant plus difficile pour ceux qui ont les genoux en mousse, je monte à pied en prévoyant d’user de télécabine pour raccourcir la descente. J’ai entendu merci? Ah oui, ce dont mes rotules qui me parlaient. De rien.

Je connais bien le chemin et, sans être blasé, je passe moins de temps à admirer les différents temples sur le chemin. Mais un peu quand même.


En haut, on le voit. Le Fuji-san, enfin: depuis le mont Takao c’est une première me semble-t’il. Comme toutes les automnes, il y a beaucoup de monde, et du randonneur équipé comme pour un grand sommet avec une lampe frontale de l’eau et des vivres pour 3 jours des toilettes portables, une fusée de détresse, une bombe au poivre contre les ours, bien sûr un télé7jeux, et un couteau au cas où il se coince entre deux rochers et doive se couper un bras… jusqu’au gars en tongs avec une poussette et son teckel, tous sont très souriants.
Lors de ma descente, un enfant qui monte demande à ses parents “mieru ka?” pour savoir s’il verra le Fuji. Je lui montre mon pouce levé. T’inquiète le mioche, tu te seras pas fait iech pour rien.

Je vérifie, la ligne Chûô est toujours perturbée, mais plus sur le tronçon qui m’intéresse. Je peux donc me rendre à Sagamiko à présent.


Sagamiko se trouve en bordure du Lac Sagami, à vingt minutes à peine de l’autre côté du mont Takao
De loin, il n’est pas aussi impressionnant môssieur Takao, avec ses 600 mètres. En fait même pas, 599 le nul. Sur la photo suivante il est d’autant moins impressionnant qu’il n’apparait pas, étant complètement de l’autre côté.
On trouve quelques bateaux sur le petit port du lac, mais principalement des pédalos-cygnes à louer. Le truc dans lequel seuls les enfants vont, ou les jeunes qui sortent ensemble pour la première fois, parce que la fille “trouve ça kawaii” et que le mec suit car il a envie de ken.
Cela dit, avec Valentine, on avait vu à Ueno un mec seul, en chemise, qui devait avoir un sérieux besoin de décompresser, ou alors s’entraînait-il en vue du meeting 2015 de “Pédalo acrobatique François Hollande” à Brive la Gaillarde.
Le coin est quasi-désert, j’irai jusqu’à dire quasi-désaffecté. Manque juste qu’un virevoltant ne traverse en roulant.


Par contre, le local où on achète les billets de pédalo est dans un hangar qui s’avère être une caverne d’ Ali Baba pour qui aime le vintage, car s’y trouve une petiote salle d’arcade poussiéreuse. Elle s’est spécialisée dans les bornes sans joystick et ses boutons habituels, mais avec un moyen de contrôle alternatif. Cela aurait bien plus à mes collègues Pascal et Laurent.
La plupart des jeux disponibles ici sont prévus pour être joués à deux.
Final Lap (1987), jeux de course, avec deux sièges baquets et deux volants. Il était même possible de jouer à 8 en reliant 4 bornes! Celui-là il est HS donc on pourrait jouer qu’à 6.

Un classique Taiko no Tatsujin (2001) jeu de rythme où on tape sur des tambours. à côté un Gunbarl (1999), jeu de tir au pistolet optique.

Une borne Densha de Go 2 (1999), où on conduit un train avec manette des gaz et frein. Le jeu est très populaire au Japon. Il existe sur consoles modernes, et il faut pour bien faire un contrôleur spécial qui coûte cher et ne peut servir à rien d’autre. Encore un jeu de course, en état de marche lui, Battle Gear 2 (2000).


Les bornes les plus originales, dont j’avais jamais entendu parler: Final Furlong (1997), jeu de course… hippique! On va d’avant en arrière sur le canasson pour avancer, on tient les rênes pour diriger et il y a un bouton pour donner un coup (virtuel) de cravache. A côté, également QLB (Quoi La Baise, francisation de WTF), Rapid River (1997). Il s’agit là de descendre des rapides assis à deux sur un raft, en utilisant des rames mécaniques devant soi.
A l’arrière une borne de boxe Hajime no Ippo (un génial manga de 1989 toujours en cours de parution après 140 tomes). Le combat se déroule sur l’écran, mais pour controler les coups, on frappe une cible devant soi en enfilant des gants. Ca doit sentir le rat mort dedans.
Il y a aussi des manèges, dont un train sur lequel jusqu’à 3 enfants peuvent s’assoir et pour 100 yens ressentir les frissons de leur vie, à tourner à 2 km/h sur des rails faisant un rond.
Plus intéressant des flippers verticaux (Pachinko) du début des années 90. C’est moins tape à l’oeil que maintenant où on se croit à Vegas.
Ahurissants, plusieurs UFO Catcher (Machine à pinces), dont un de 1985, le deuxième modèle sorti. Ils ont aussi le 7ème.
J’ai apprécié de passer dans cette ville de Sagamiko. Pas pour les raisons que j’avais imaginé, mais pour ce côté hors du temps. Il y a des randonnées à faire par ici, et un parc d’attraction qui a la réputation d’être un peu dans son jus. Et quand la nuit tombe, il y a des illuminations qui sont parait-elles superbes.
Au retour je m’arrête à Nakano Broadway, là où est mon meilleur “coin à champignons” de Kit-Kat, mais je ne trouve rien que je n’ai déjà dans la valise. Il y a moins de boutiques pour Otaku masculin qu’avant je trouve. Au moins les femmes, surtout de type Fujoshi, ont toujours le quartier d’Ikebukuro. Le 4ème étage est carrément vide. Dans un Mandarake (nom de boutiques d’occasion) spécialisé dans les vieilles revues, certains Animage et Newtype anciens dépassent les 5000 yens. Pas encore de quoi être riche, mais je ne vais pas jeter tous ceux que j’ai à la maison (bon d’accord, stockés chez mes parents).





Nan, Will et moi avons fait du pédalo-cygne à Ueno. C’était un super moment calme.
Le pire dans la location du cygne pédalo, c’était de voir qu’ils avaient choisi suan boto en traduction quand ils auraient pu dire hakuchoufune.
Remarque, pourquoi ils ont utilisé les deux prononciations chinoises pour cygne quand ils auraient pu dire shirotori. Les voies du Japonais sont impénétrables, même après une balade en cygne pédalo.